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SÉPULTURE CHEZ I. PS GUARAOUNOS

suit les mouvements d'un œil inconscient et se met en marche derrière le convoi. On s'arrête près d'une fosse de un mètre de profondeur qui a été creusée par quatre jeunes femmes. On y dépose le corps avec le hamac et on le recouvre de terre. Le docteur ne peut arriver à se faire expliquer pourquoi l'on enterre la pauvre centenaire, alors que ce n'est pas .le mode de sépulture habituelle des Guaraounos.

Morin a obtenu de très beaux clicbés; de son côté, Crevaux trouve encore un modèle de bonne volonté pour un moulage de tête. Cette fois, il a soin d'empêcher l'adhérence des cheveux en interposant un morceau de mousseline bien huilée.

Le 20, on le prévient pendant la nuit qu'un jeune garçon de douze ans vient de mourir dans une case voisine de la sienne. 11 accourt au plus vite. Les Indiens se réunissent. La mère est couchée dans un hamac près de celui de son fils. Les assistants pleurent et chantent sur un ton larmoyant. Parfois l'un ou l'autre des Indiens interrompt

III TTE SACItÉE

ses pleurs pour fumer une cigarette hors de la case; puis il rentre et pleure en chantant de plus belle. Au jour, deux hommes creusent un tronc d'arbre en guise de cercueil. Le cadavre, enveloppé dans son hamac, est placé dans cette bière, on le recouvre de lattes disposées en long pour fermer la boîte, et par-dessus les femmes mettent une grande masse d'argile limoneuse pour obturer les moindres interstices.

Puis, le cercueil est placé sur deux branches fourchues enfoncées dans le sol près de la hutte.

Ce cadavre, placé à un mètre de la case de nos amis, n'est pas fait pour les réjouir, car la décompositoin se fait vite dans les pays chauds.

Crevaux et Raptistini ont de la fièvre et sentent qu'il est temps de quitter cette région pestilentielle. Une seule chose retient encore le docteur, c'est le désir qu'il a de se procurer quelques cercueils. Il en a remarqué plusieurs dans une hutte abandonnée en avant du village, hutte qui semble servir de dépôt ou de cimetière.

Les acheter est impossible ; il faudra donc les dérober, et sans éveiller l'attention des Indiens.

Crevaux s'entend avec son équipage pour la nuit prochaine. Oue personne ne dorme, et sitôt qu'on supposera les Indiens plongés dans leur premier sommeil, on se mettra

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