SUPPLICE DES FOURMIS
supplice du maraké. Le piay Panakiki fait saisir un des candidats au mariage par trois lionmies; l'un tient les jambes, l'autre les bras, tandis que le troisième lui renverse fortement la tête en arrière. Il lui applique alors sur la poitrine les dards d'une centaine de fourmis qui sont prises dans des treillis par le milieu du corps. Ces instruments de supplice ont des formes bizarres, ils représentent un quadrupède ou un oiseau fantastique. Une même application est faite sur le front avec des guêpes; tout le corps est ensuite piqué alternativement avec des fourmis et des guêpes. Le patient tombe infailliblement en syncope, il faut qu'on le porte dans son hamac comme un cadavre ; on l'y amarre solidement avec des tresses qui pendent de chaque côté et on fait un petit feu par-dessous. Le supplice continue sans interruption. Les malheureux patients sont apportés au fur et
à mesure dans un carbet. La douleur fait faire à chacun des mouvements désordonnés, et les hamacs se balançant dans tous les sens déterminent des vibrations qui font remuer la hutte au point de croire qu'elle va s'écrouler.
Les jeunes gens qui ont reçu le maraké doivent rester dans le hamac pendant quinze jours et ne manger qu'un peu de cassave sèche et des petits poissons rôtis sur la braise.
Quelque temps après cette cérémonie, mon collègue Panakiki reçoit la visite de deux Indiens qui viennent d'un village situé en haut de la grande chute Macayelé, aux sources du Yary. L'un d'eux, qui paraît désolé, s'approche respectueusement du vieux piay et lui offre une cigarette. Après un moment d'hésitation, le piay accepte, et l'étranger paraît très content.
Que signifie cette pantomime?
C'est un individu qui vient appeler le médecin en consultation. Le piay ayant accepté la cigarette a pris l'engagement d'aller visiter le malade. On lui promet en payement
un joli petit peigne fait avec des épines d'aouara, un petit hamac d'enfant et un manaré ou tamis pour passer la farine de manioc. Mais il est bien entendu qu'il ne recevra ses honoraires que lorsque le malade sera complètement guéri.
Je demande des renseignements aux nouveaux arrivés sur l'itinéraire qu'ils ont suivi; ils me disent qu'ils sont venus par terre, parce que le saut Macayelé est gardé par trois diables : Caicoui (tigre) yolock, Aïmara ijolock et Ticroké (blanc) yolock. Ce dernier, le diable blanc, e.'^t remarquable par une chevelure blanche qui lui lombe jusqu'à la ceinture en voilant complètement sa figure. Ces trois rois des eaux font chavirer les canots et dévorent les audacieux qui osent violer leur sanctuaire.
Une lettre avant la bataille. — Au voleur ! — Pas de guides ni de porteurs. — Adieu va ! — Les Indiens se laissent entraîner. — Marche accélérée. — Soif insatiable. — Ligne de partage des eaux entre le Yary et le Parou. — Nous entrons dans une région nouvelle. — Étrange usage des chasseurs roucouyennes. — Dolmen élevés au diable. — Manière d'indiquer l'absence. — Grossiers personnages qualifiés demaipouri. — J'engage une lutte contre la maladie. — Battu. — Je reviens à la charge. — Vainqueur.
Je ne tarde pas à être pris de nouveaux accès de fièvre qui détériorent profondément ma constitution. Les Indiens me trouvent une physionomie si piteuse qu'ils refusent de m'accompagner dans le Parou. Yacouman ne veut pas me conduire même au prix d'un fusil. Il objecte que je mourrai siirement pendant la traversée qui est très difficile.
« Nissa oiia, ippoui colé (Aller pas, montagne beaucoup).
— Nissa, aptaû, omàitanatati (Aller, dis-je, en chemin mort). »
C'est alors que j'écris la lettre suivante :
« Les voyages d'exploration sont des guerres livrées à la nature pour lui arracher ses secrets.
« Or, je suis à la veille d'une bataille décisive.
« Battu, je serai forcé de revenir par le Yary que j'ai déjà parcouru; vainqueur, j'effectuerai mon retour par une rivière nouvelle, le Parou, qui est un bel affluent de rive gauche de l'Amazone.
« Mais la lutte se présente mal, les Indiens mes alliés m'abandonnent précisément parce que je suis faible. Mon patron Apatou est malade ; je n'ai que deux noirs vigoureux, mais incapables. Quant à moi, depuis dix jours je ne suis pas un seul instant dans un état normal : le matin je suis sous l'influence d'une excitation qui double mes forces physiques et ma volonté ; le reste du temps je frissonne, j'ai une soif intense ou je transpire. »
25 octobre. — Au réveil, je m'aperçois de la disparition d'une hache. Quel peut être l'auteur de ce larcin ? Sachant que les Indiens qui n'ont jamais eu de relations avec les blancs n'ont jamais touché à mes bagages, je n'hésite pas à accuser le vieux Chicaca qui a passé quelques années dans la basse Guyane. Je le fais saisir par deux de mes hommes et je le menace de le fusiller séance tenante s'il n'avoue pas sa faute. Cinq minutes après, la hache est retrouvée et je presse les préparatifs du départ.
A huit heures du matin, je m'engage dans le bois avec mes trois hommes d'équipage. N'ayant pas de guide, je me dirige avec la boussole et fais route vers l'ouest. La question capitale est de ne pas tomber malade en chemin, car nous ne portons de vivres que pour quatre jours. Mes hôtes me regardent partir en riant : c'est qu'ils sont persuadés que je retournerai sur mes pas avant la fin de la journée.
A dix heures quarante-cinq, mes nègres trop chargés demandent à faire une halte
près d'une petite crique nommée Yapotori. Au moment de nous remettre en route Apatou signale des Indiens derrière nous;... c'est Yacouman lui-même avec deux de ses fils et quatre hommes qui viennent se mettre à ma disposition. Ils portent des catouris chargés de vivres ; nous sommes sauvés !
L'arrivée de guides et de porteurs stimule mon ardeur. Je marche d'un pas léger derrière un jeune Indien qui rivalise de vitesse avec ses compagnons. C'est un garçon de quinze ans, nommé Ouanica, destiné à remplacer son père, le tamouchi Yacouman. Je veux m'éloigner au plus vite du Yary, car je me sens sous le coup d'un prochain accès de fièvre. J'éprouve une soif si vive que je ne puis m'empêcher de boire au.x nombreux ruisseaux que nous traversons.
Nous franchissons plusieurs montagnes sur lesquelles le baromètre indique 727 millimètres, et à midi et demi, après trois heures et demie de marche effective, nous arrivons à un petit cours d'eau dirigé vers l'ouest, affluent du Parou. Mon cœur palpite en atteignant cette région nouvelle, non seulement pour moi, mais pour tout le monde civilisé, puisque je suis certain que cette rivière est vierge de toute exploration.
A midi et demi, je remarque un fait singulier. Je vois dix boucans disposés sur une ligne le long du sentier. Ce qui m'intrigue, c'est qu'on n'ait pas fait de feu dessous. D'autre part, au lieu d'être chargés de viande fumée, ils sont recouverts de plusieurs couches de bois sec alternant avec des pierres. J'apprends que ces autels, qui ne manquent pas d'analogie avec les tables de pierre qu'on croyait naguère élevées par les druides, ont été faits par dix chasseurs d'un village voisin qui sont partis il y a quelques jours pour une grande chasse.
Chaque fois que les Roucouyennes vont flécher le couata, ils s'arrêtent à une heure de marche de leur village pour dresser ces boucans. Leur but est de calmer Yolock (le diable), qui peut les empêcher de tuer du gibier.
A une heure et demie, nous atteignons un pati (village) composé de deux grands carbets qui ne sont occupés que par des femmes. Nous apprenons que les hommes sont allés danser chez d'autres Ouayanas du Yary. Demandant depuis combien de temps ils sont partis, une femme me montre huit raies blanches sur un poteau qui indiquent autant de jours. Cette manière d'indiquer l'absence des voyageurs est usitée par la plupart des indigènes de la Guyane.
En faisant une pioMiciiade dans le jardin, j'aperçois un gros ananas qui parait en pleine maturité. Apatou Tayinit échangé contre deux aiguilles, j'en savoure le jus avec d'autant plus de [)laisir que je suis toujours atteint d'une soif insatiable.
M'étant couché sans souper, je ne puis m'endormir à cause d'une (piLiellf entre les hommes de mon équipage. Cela m'agace d'autant plus (|ue je crains la défection de mes guides qui sont effrayés par les gestes et les vociférations de ces noirs citadins dont la grossièreté fait rougir des sauvages.
Une Jeune femme provoquée par l'un doux l'a qualifié de màipouri. Cette expression,
qui littéralement signifie « tapir » , a dans la langue indienne un sens que nous ne pouvons exprimer. Elle est plus forte que le qualificatif de gros bœuf appliqué par une délicate jeune fille à un amoureux inconvenant.
Je n'ai pas dormi et je me trouve si fatigué que je puis à peine remuer, mais pourtant il faut sauter de son hamac et se mettre en route. Ne pouvant pas manger, je bois un verre d'eau tandis que mes hommes déjeunent. Bientôt après, j'éprouve des nausées et des frissons qui sont les préludes d'un violent accès de fièvre. A sept heures, mes hommes ont chargé leurs catouris ; je me mets en marche d'un pas décidé, mais un quart d'heure après je sens mes jambes fléchir, et bientôt, trébuchant contre une racine, je tombe à terre sans avoir la force de me relever. J'éprouve un froid glacial, et mon tube digestif, dont les sphincters sont paralysés, expulse l'eau par les deux extrémités comme un vrai tube de caoutchouc.
On me couche dans mon hamac et, au bout d'une heure, une chaleur ardente fait place au frisson. Alors un Indien va chercher de l'eau dans une spathe de palmier et l'on me fait des ablutions générales et des frictions avec du sable fin. Ce traitement énergique provoque la transpiration, et bientôt, me trouvant soulagé, je saute à terre et poursuis mon chemin.
Monarques cantonniers. — Manière de se chauffer pour éviter une surprise. — Osiers de la Guyane. — Étymologie du nom de la crique Apaouani. — Les deux femmes du tamouchi ; il faut rechercher les bonnes grâces de la vieille. — Chasse à l'aï. — Il est ennuyeux d'être médecin pour voyager en Guyane. — Tuer et baptiser. — Apatou missionnaire évangélique.
Partis à midi, nous traversons à trois heures une montagne appelée Yaouarapata, ce qui signifie « village des tigres ».
A trois heures, nous rencontrons un Indien qui fait un sentier; c'est le tamouchi d'un petit village voisin, qui nous fait bon accueil grâce à la recommandation de notre guide. Je croyais que les tamouchis ne se livraient à aucun exercice corporel; mais, s'ils ne travaillent pas à l'abatis et ne chassent que rarement, au moins sont-ils chargés d'élaguer la piste qui va d'un village à un autre.
Ce rôle d'agent voyer est généralement une sinécure, car c'est la première fois que je vois un sentier où l'on s'est donné la peine de couper les branches qui entravaient la circulation.
27 octobre. — Ne m'étant levé qu'à six heures et demie, je trouve mes Indiens réunis autour d'un grand feu. Accroupis comme des singes autour du foyer, ils lui présentent tantôt le dos, tantôt le flanc, mais jamais la face. Leur demandant la raison de cette manière étrange de se chaufler, ils disent qu'ils ont ainsi l'avantage de ne jamais se laisser surprendre par l'ennemi. Yacouman s'occupe, en attendant le repas, à garnir la
poignée d'un sabre d'abatisavec une espèce d'osier très souple et très joli. 11 se sert des racines adventives d'une plante grimpante que les Galibis appellent hamha, et qu'on cultive dans les serres du Jardin des Plantes de Paris sous le nom de philodendron speciosum.
On trouve eu Guyane un grand nombre d'espèces végétales que l'on pourrait exploiter pour faire des objets de vannerie. Les pagaras que j'ai recueillis dans les différentes tribus sont bien supérieurs comme élégance et surtout comme solidité aux paniers fabriqués avec l'osier.
Partis à sept heures quarante-trois minutes, nous trouvons à huit heures quarantequatre minutes une petite crique appelée Coucitenné, que nous pourrions descendre jusqu'au Parou si nous avions un canot à notre disposition.
Apatou tue un magnifique hoco qui était perché sur un arbre. Les Roucouyennes appellent cet oiseau o-oc, tandis que les indigènes de la Guyane anglaise l'appellent pooui el \e?,^om% pouichi. Le nom de la rivière Apaouani, que ces Indiens appellent également Pooiiini, n'a pas d'autre étymologie que le cri du hoco qui répond yjooî/?, pooui, lorsque le chasseur le hèle en produisant un bruit sourd avec le nez, la bouche étant fermée.
Vers onze heures, nous nous arrêtons quelques minutes pour chasser un alicolé (aï). Ouanica, craignant de recevoir des excréments sur la tète, monte sur un arbre voisin. 11 tient à la main une gaule à laquelle il a fixé une corde formant une anse. Passant la corde dans le cou de l'animal, il fait quelques détours pour lui comprimer la gorge, et, lorsque l'animal est à demi asphyxié, il lui suffit d'une légère traction pour l'entraîner. Le malheureux aï, qui est assommé par la chute, est achevé à coups de bâton.
A douze heures quarante-cinq minutes, après quatre heures de marche effective, nous atteignons un village qui compte une population de quinze habitants. Suivant l'usage, le tamouchi, qui s'appelle Poumari, a deux femmes, une vieille et une jeune. Apatou me conseille de ne jamais m'adresser qu'à l'aînée des femmes. C'est avec elle que le voyageur doit traiter pour obtenir de la cassave et du cachiri, car c'est elle qui jouit de la plus grande autorité près de son mari. Ce vieux chef regarde d'un œil inquiet el peu bienveillant l'étranger qui offre des aiguilles et des cachourous (colliers en verroterie) à la plus jeune de ses épouses.
Comme j'ai eu l'occasion d'exercer la médecine sur une jeune fille malade, mes compagnons, qui ne connaissaient pas ma profession, cessent de nrap[)oler « major» pour me qualifier de piay. Celle révélation est une cause d'ennui, parce que ces braves Indiens, naguère si discrets, viennent m'accabler de demandes importunes. Poumari me dit : « Piay^ ice, amou Câlina souéi ice eoii. » (J'ai besoin d'un piay, c'est-à-dire d'un remède pour tuer un autre Indien.)
\. Nous lisons dcinsBouyer : « Le molpiay, que l'on donne actuellement en Guyane à Ions les remèdes de coniniéres, désignait jadis les médecins-prOlres-jongleurs des Indiens. Des débitants le nom a passe à la marcliaiidisc. »
Cette opinion n'est pas exacte : les Indiens de l'intérieur n'ont qu'un seul mot pour désigner remède et médecin. Celle simplification de langage ne doit pas paraître extraordinaire à un Français qui (|ualilie de médecine le remède donné par le médecin.
CIIAS6E A l'aï
D'autre part, Yacouman demande à ce que je lui mette de l'eau salée sur la tête sous prétexte d'acquérir plus de prestige chez les Ouayanas du haut Yary. Au lieu d'être un simple tamouchi qui commande à un village, il pourrait devenir yapotari, c'est-à-dire chef de toute la contrée. Apatou lui dit que ce n'est pas possible puisque nous n'avons plus de sel ; mais, au retour de son voyage dans mon pays, il rapportera de petites bouteilles avec lesquelles il le baptisera, lui et tous les gens de sa tribu. Yacouman se montre très égoïste en cette circonstance; il recommande au fervent Apatou de n'apporter que deux bouteilles, une pour lui et l'autre pour son héritier. Le prestige disparaîtrait si tous se&peïtos avaient l'avantage d'être ses frères en Jésus-Christ.
Nous atteignons la rivière de nos rêves. — Le Parou ! — Un bain dans une eau vierge. — Récapitulation d'une course au clocher. — Danse du pono. — Canéapo. — Indiens déguisés en juges faisant claquer le fouet. — Roches mamelonnées formant un barrage. — Bon accueil. — Histoire d'un couteau. — 11 est avantageux d'accomplir ses engagements. — Toujours la discorde dans nos rangs. — Combat des hercules noirs. — Désobéissance. — Je sauve la vie d'un colibri. — Site pittoresque. — Le berceau et les aiguilles des Roucouyennes. — Petit commerce des indigènes. — On pa^e d'avance.
28 octobre. — J'apprends avec plaisir que nous ne sommes pas éloignés du Parou; c'est pour cela que mon guide me fait précéder de son fils et d'un peïto de Poumari qui parlent avant le jour. Ne devant pas rencontrer d'embarcation au dégrad, ces jeunes gens traverseront la rivière à la nage pour prévenir le chef Ganéa de notre arrivée. Partis à sept heures dix-huit minutes, nous atteignons la rive gauche du Parou à dix heures. En voyant cette belle rivière, inconnue jusqu'ici depuis sa source jusqu'à son embouchure, j'éprouve une vive satisfaction et je fais décharger mes deux fusils en signe d'allégresse.
Aussitôt après je fais un plongeon dans les eaux limpides du Parou. Pourrais-je trouver au monde un plaisir plus grand que de prendre un bain dans cette eau que j'appellerai virginale, puisqu'elle n'a pas encore eu de contact avec les souillures de la civilisation?
Je suis si heureux d'atteindre le but de mon voyage que je ne fais pas cas d'un léger accès de fièvre qui m'a pris au réveil. Au lieu de me reposer, je parcours mes cahiers de notes en cherchant à récapituler mon voyage. Je calcule que nous avons employé quatorze heures et demie pour passer du Yary au Parou. Nous avons parcouru une distance d'environ quarante-trois kilomètres en ligne droite ; mais, ayant fait quelques détours pour gagner des villages, je ne dois pas estimer à plus de trente kilomètres la distance directe qui sépare les deux rivières. Un fait à remarquer, c'est que la chaîne de partage des eaux est plus rapprochée du Yary que du Parou; nous n'avons mis que trois heures et demie pour
atteindre les sources du premier affluent qui se jetle dans cette dernière rivière. D'autre part, le bassin du Parou est plus élevé que celui du Yary, puisque dans le Yary le baromètre indiquait en moyenne 740 millimètres, tandis qu'il marque 730 sur le Parou.
Au total, voilà soixanle-quaire jours que nous avons quitté Saint-Georges, et sur ce nombre nous comptons cinquante-cinq jours démarche, soitàpied, soit en pirogue.
Deux pirogues envoyées par Canéa viennent nous chercher, et après une demiheure de navigation en descendant la rivière nous apercevons un petit village sur une colline qui a vingt mètres d'altitude. Au pied se trouvent de gros blocs granitiques, aux formes arrondies, qui barrent presque complètement le cours d'eau. C'est un endroit fort