‹ Voyages dans l'Amérique du SudChapitre 34 sur 88 · PEAU DE GENOU ^ROUC0UÏENNE DE 20 ANS · texte numérisé non relu

PEAU DE GENOU ^ROUC0UÏENNE DE 20 ANS

présente des plis aussi accentués que ceux d'un blanc à l'âge adulte. La peau d'un jeune homme vue à l'œil nu semble grossie trois fois à la loupe.

Je remarque un fait bien étrange. Toutes les femmes du village, qui sont au nombre de sept ou huit, toussent et crachent d'une manière abominable comme des phtisiques, tandis que les hommes sont bien portants.

En retournant au dégrad, Stuart dit qu'on a volé son sabre d'abatis. Le voleur ne saurait être que le jeune Olori, qui a passé quelque temps chez les blancs. Sachant qu'un acte de violence de ma part provoquerait la désertion des Indiens, je me contente de faire venir Olori et de le regarder en face jusqu'à lui faire baisser les yeux. Après cette inspection silencieuse, je le charge lui-même de faire des recherches sur l'objet volé. Dix minutes après, il revient et dit avoir trouvé le sabre dans la rivière, où il serait tombé par accident.

Tout va bien. En roule!

Salsepareille. — Un harom. — Mariages consanguins. — Mademoiselle Soleil. — La cigarelte de l'iiospitalité. — Mvriade d'ilôts. — .Mapiiéme. — Je renforce mon escorte. — J'empiVhe Apatou de prendre un bain. — La belle chute de Toulé. — Déveine. — Roches qui ressemblent à de la houille. — Dans un al)ime le dos tourné. — La confiance étouffe la peur. — Apalaï tirant à la cible. — Gens maladroits voués au célibat. — Toujours des chutes; la rivière s'engouffre. — Descente vertigineuse. — Indien piqué par une raie.

Le 5 décembre, nous passons devant un ancien village jadis occupé par des Roucouyennes qui ramassaient de la salsepareille pour l'échanger contre des couteaux et des colliers que leur fournissaient les Apalaï. Ces derniers transportaient celte plante médicinale dans le bas de la rivière pour la vendre au.x Calayouas. Les collines qui longent la rive droite sont riches en salsepareille.

Nous arrivons de bonne heure à une habitation également située dans la forêt et qui est occupée par un gros Indien appelé Azaouri. Cet homme paraît d'une force colossale. Dans l'habitation je remarque quatre jolies femmes, qui me donnent chacune une mèche de leurs jolis cheveux noirs pour ma collection anthropologique. Leur ayant demandé oii sont leurs maris, elles montrent toutes du doigt le tamouchi Azaouri. Ce qu'il y a d'étrange, c'est que la plus belle de toutes, appelée Popoida (soleil), qualifie Azaouri tantôt de papa, tantôt à'okiri. Les unions entre parents au premier degré ne sont pas très rares chez tous les Indiens des Guyanes.

.Mes compagnons de voyage ont mis sur leur canot un groscatouri d'encens, qu'ils ont l'intention de porter jusqu'en bas du fleuve pour l'échanger contre un couteau. Je l'achète séance tenante, non pas avec l'intention de le rapporter, mais pour m'en servir en voyage. Cette matière est très précieuse : on l'emploie pour allumer le feu et s'éclairer. Je lui trouve une autre application : en me couchant, je me paye le luxe de me faire enfumer avec cette résine, partout ailleurs exclusivement destinée à l'adoration du Dieu des blancs.

Les Apalaï comme les Fioucouyennes désignent l'encens sous le nom cVm^oi/a. Cette substance se trouve en quantité généralement considérable au pied des arbres. Apatou a trouvé dans la crique .Maroni un morceau d'encens si gros, que deux hommes vigoureux ont eu de la peine à le charger sur leur canot. L'arbre à encens {/cicagmonensisAuh\.)esl quelquefois employé pour faire des pirogues; mais, s'il est facile à travailler, il n'est que d'une qualité médiocre. Les nègres marrons de la Guyane appellent l'encens »iort/\argent), sans doute parce qu'il leur sert pouracheter près des blancs les objets dont ils ont besoin.

6 décembre. — Azaouri nous accompagne avec sa jeune fille, qu'il surveille avec un double intérêt. A midi, nous arrivons à un dégrad qui conduit à riiabilalioii d'un vieux chef nommé Eriliman, «ituée à deux kilomètres dans le bois.

Je voudrais bien éviter cette excursion, car il fait iiiit^ (Mialeiir lurriile, mais il faut

m'exéculer devant l'aulorité de la belle Popoula qui désire faire escale. Les Apalaï ont une manière parliculière de complimenter leurs hèles. Chacun prépare autant de cigarettes qu'il arrive d'étrangers et vient les offrir après les avoir allumées. Je suis obligé de tirer quelques boutrées à chacune des longues cigarettes qui me sont successivement présentées. Elles sont composées d'une feuille àetnouari entourant une feuille de taba<' qui est de bonne odeur, bien qu'il n'ait subi aucune préparation. Celle pratique pourrait avoir de graves inconvénients au point de vue de la transmission de certaines maladies.

L* liELLE l'OI'OlLA

En roule à deux heures; nous voyons la rivière parsemée de nombreuses îles qui indiquent l'approche de chutes. Nous passons la nuit sur de belles roches oii nous sommes tourmentés par des nuées de moustiques qui me font changer vingt fois de place.

7 décembre. — La rivière se divise en un grand nombre de bras : nous nous engageons à gauche, à travers des îles et des roches sans nombre qui forment un dédale où il est très malaisé de tracer la route à la boussole. Nous rencontrons des barrages si difficiles à franchir, que maintes fois nous sommes obligés de rétrograder et de faire des détours considérables. En comprenant les îles, la largeur totale du cours d'eau ne mesure pas moins de trois kilomètres.

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30G NOVAi.l'S DANS L'A. M Kl'. 10 LE Ï)V SUD.

Enfin, vers deux heures, nous arrivons au dégrad d'un petit village qui se trouve à deux kilomètres de la rive. Il est commandé par le tamouchi Mapirémé, dont le nom désigne un tigre noir très redouté qui n'existe peut-être que dans l'imagination fantastique des indigènes. Pendant que mon hùle fait sa toilette pour me recevoir, je m'assieds dans une hutte où je trouve une hache de pierre que je m'empresse d'échanger contre une aiguille.

Tiuirit me dit ne pas connaître les sauts du Parou. 11 serait donc urgent d'engager quelques Indiens de ce village qui doivent avoir l'habitude de les traverser en allant (lécher les pacous. Mapirémé consent à m'accompagner avec deux canots au prix d'un fusil et de quelques pièces d'or dont il fait moins de cas que d'un collier en verroterie.

Les Apalaï considèrent le passage des chutes comme une entreprise très périlleuse; aussi les femmes et les enfants viennent-ils nous accompagner jusqu'au dégrad. Au moment delaséparalion, je donne unjieu d'entrain à mon escorte en brûlant quelques cartouches.

Vers midi, nous quittons le labyrinthe des îles pour atteindre la grande rivière; jnais elle ne tarde pas à être divisée de nouveau par une myriade d'îles entre lesquelles l'eau tombe en formant des rapides et de petites cascades. Les canots abandonnés se briseraient infailliblement sur les roches, si on ne les retenait avec une corde fixée à l'arrière. Le vigoureux Apatou ne peut résister à la force du courant, et ne voulant pas lâcher prise, il est sur le point de tomber dans la chute, lorsque j'accours et le retiens par la jambe. Stuarl et IIopou, moins prudents, lancent leurs pirogues au milieu des chutes avec une audace ellVayante. Ils sontd'aulanlplus hardis qu'ils connaissent moins le danger.

9 décembre. — ?sous arrivons à une chute majestueuse, disposée en longs gradins, que les indigènes appelle Toulé. Elle mesure dix mètres de hauteur sur une longueur de trois cent cinquante mètres. On est obligé de décharger les bagages pour les transporter à une distance de quatre cents mètres et on haie les canots sur des roches. Devant employer tout mon équipage au transport de chaque embarcation, il nous faut quatre heures pour franchir l'obstacle.

Le transbordement ne se fait pas sans accidents : je casse mon meilleur chronomètre, des poteries recouvertes de dessins, et deux de mes hommes se blessent en tombant sur les roches. .Au pied de la chute on rembarque dans les pirogues, et nous filons avec une rapidité vertigineuse entre des roches noires, luisantes, qui ressemblent à des amas de charbon de terre. C'est de Vluhnatile, c'est-à-dire un minerai de fer pr('S(pie pur que nous avons déjà trouvé dans le Yary. I^nsuite la rivière se bifurque en milh» branches, et grâce à nos guides nous trouvons une habitation dans une ile où nous passons la nuit.

Le 10, nous n'avons pas un monnMit de repos; partout des roches granitiques et schisteuses qui forment des chutes de cinquante centimètres à un mètre, très dangereuses à franchir. Ma petite pirogue bondit sur l'eau comme un cheval fouguenv. cl nous passons comme l'éclair devant les roches, que nous effleurons sans jamais les licmlcr. Olori, toujours prêt à se sauver à la nage, se lève à chaque instant de son banc.

« Assieds-toi! » lui crie le patron.

DK CAYENNK AUX ANDES.

Tout à. coup les lames sont si fortes que l'eau embarque de tous côtes. « ('oconita ■ cocoiiila! » (pagaye! pagaye!) dit Apalou, et nous arrivons sans accident au pied de la chute.

Quand le passage est plus dilTIcile, Apalou lait virer le canot, qui marche aussi bien de l'arrière que de l'avant, et, donnant un vigoureux coup de pagaye, il nous lance à travers les roches que nous passons à raser. Les évolutions sont si rapides, que je n'ai pas le temps de me retourner ; je franchis l'obslacle en lui tournant le dos avec mon cahier sur les genoux et la boussole à la main. J'ai une telle conliance dans mon patron de canot, que je ne vois aucun danger dans cette descente vertigineuse.

Nous passons la nuit à l'habitation d'Eralé, où j'assiste à un exercice de cible par des jeunes gens qui ont subi dernièrement le supplice du maraké.

IV. NE \ 0 I S A t C; l \ 11 A m; t. r. 1) A \ s C E T I K II t S C E \ T li \ E 11 1 1 1. 1 .\ K L S E

Il faut que, ayant le dos tourné, ils envoient des boulettes de cassave vers un morceau de bois sur lequel on a tracé une circonférence. Ceux qui n'atteignent pas le but trois fois de suite sont soumis à de nouvelles piqûres des fourmis et des guêpes. Les Apalai, comme les Roucouyennes, ne doivent pas se marier sans avoir subi ces épreuves, autrement ils seraient exposés à n'engendrer que des enfants chétifs et malingres.

Le 11, dans la matinée, nous perdons la pirogue chargée de cassave. Apprenant qu'il y a un village à une faible distance en aval, je pars en avant pour faire préparer des vivres. Le soir, nous avons de la peine à manger du poisson sans matière féculente, mais Apalou se souvient qu'il a mis à fermenter des morceaux de cassave pour faire du cachiri. Olle all'reuse pâle, qui est recouverte de moisissure, est bouillie sur le feu et savourée avecdélices.

Le 12, nous franchissons les sauts Tapiocaoua et Taoka. Au dernier, la rivière s'élargit subitement en formant un entonnoir. Pendant tout le reste du jour, ce ne sont

que des chules, rien que des chutes, où nous cascadons sans un instant de repos, et, pour comble d'ennui, le soir, pas de cassave!

Le 13 décembre, au départ, nous avons une surprise désagréable. La rivière s'engouffre dans des canaux n'ayant pas plus de deux mètres de largeur, et elle s'y précipite avec une violence qui fait peur. 11 n'y a pas à songer à s'engager dans ce défilé, où notre canot se briserait contre les grandes roches noires découpées à jour qui constituent un riche minerai de fer. Nous devons haler le canot par terre sur un terrain tellement accidenté, qu'il nous faut deux heures pour parcourir une distance de vingt mètres à l'aide de traverses qu'on établit sur le parcours.

Apalou, las de celle manœuvre, prend le parti de descendre dans le courant. Nous embarquons avec les bagages et nous partons.

« Caiqué! cdiqué^l » dit le patron, cl nous effleurons les obstacles sans jamais les heurter. En un quart d'heure nous parcourons une distance de quatre kilomètres. Cinq minutes d'arrêt seulement pour souffler, et puis bravement en route!

Onze heures et demie. La rivière s'élargit, mais elle est si peu profonde, que nous sommes obligés de descendre à terre pour pousser le canot à la main.

Nous n'avons pas fait cent mètres que noire compagnon Olori jette un cri perçant. Oue lui est-il arrivé? On s'empresse autour de lui. Il vient d'être piqué par une raie sur laquelle il a mis le pied. Toute la jambe s'engourdit, et Olori éprouve par intervalles des crampes excessivement douloureuses. L'ayant couché dans le canot, nous continuons la marche à pied.

Nous nous hâtons de sortir de ce mauvais pas, car la privation de cassave nous est très pénible. IJien que nous ayons du poisson <à discrétion, il semble, à en croire notre estomac, que nous mourons de faim. Apalou me i-ecommande, pour éviter les raies, de marcher dans le sillage du canot, l'agitation de l'eau les faisant fuir à droite et à gauche.

La raie se tient sur le fond, où elle est souvent recouverte de sable ou de limon. Ouand elle se sauve, elle brouille l'eau, de sorte qu'on est quelques instants avant de l'apercevoir. Après son départ, la place du gîte est indiquée par une dépression ovalaire. Apalou lue d'un coup de bâton une grosse raie, qui, renversée sur le dos, met bas une vingtaine de petits ayant cinq à six centimètres de longueur.

Les Indiens ne redoutent pas les grosses raies, parce que leurs dards émoussés sont généralement incapables de picjuer. Les crochets de ce poisson sont souvent employés pour faire des pointes de llèche destinées à la chasse du couala. N'ayant rien à manger, nous ne pouvons nous arrêter pour étudier ces poissons plus à l'aise. Nous marchons, marchons toujours pour atteindre une belle montagne appelée Couyapoko, que iKius apercevons depuis le malin.

\. Il est probable que le nom des îles Caïques découvertes par Chrislophe Colomb à son premier voyage n'a pas d aultc origine que le mot uOqué., qui est en usage chez les Roucouyennes. Peut-iMrc des Indiens accostant lo navire amiral criaient-ils : Cuiqiié! caifjué .'...

Naufrage d'un canot. — La rivière s'engouffre entre les roches. — En reconnaissance. — Vertige. — Chute dans un précipice. — Canal pittoresque. — Une victime. — Deux canots perdus dans un jour. — Construction de pirogues en écorce. — Sécheresse extrême; pas assez d'eau pour une pirogue. — La dernière chute du l'arou. — Signification du mot Panama.

Enfin, à trois heures, nous arrivons à un petit village commandé par le tamouchi Apéré.

Le lendemain, je fais faire de la cassave et j'enrôle des hommes pour nous conduire jusque dans le bas de la rivière ; mais nous ne pouvons nous mettre en roule, car les autres canots n'arrivent pas.

Le 16, nous allions partir au-devant d'eux, lorsque nous entendons un coup de fusil. C'est Hopou et Sluart qui signalent leur arrivée. Ce retard a eu pour cause le naufrage du grand canot. Tous les bagages sont allés au fond de l'eau, et l'embarcation à moitié brisée a dû subir de grandes réparations pour pouvoir continuer.

La navigation du 17 ne présente aucune difficulté, mais le lendemain les chutes recommencent et nous n'avançons que très lentement.

Le 20, dans la matinée, nous passons devant une montagne taillée à pic appelée Maracanaï, qui est tout à fait semblable à celles que nous avons trouvées dans le Yary vers la même hauteur. C'est un grès blanc (pierre de sable) taillé à pic sur une hauteur prodigieuse. Le courant nous emporte rapidement en passant devant celte monlagne, mais nous ne lardons pas à être arrêtés par de grandes roches schisteuses, aux formes bizarres, derrière lesquelles on aperçoit une monlagne déchiquetée appelée Taouaracapa. Voilà que subitement l'eau vient à disparaître au milieu des roches; il faut arrêter les canots et chercher un passage.

Étant parti en éclaireur avec Apalou et quelques Indiens, nous voyons que la rivière est absolument impraticable sur un parcours d'environ quinze cents mètres. Celle reconnaissance est des plus fatigantes ; j'ai bienlôt la plante des pieds déchirée en sautant pieds nus sur des roches granitiques. A un moment, nous sommes arrêtés par une grande fente au fond de laquelle l'eau tourbillonne en faisant un bruit effroyable. L'Indien qui m'accompagne franchit l'obstacle d'un pas léger. Pour ma part, j'hésite un moment cà sauter, étant, à vrai dire, un peu sujet au vertige. Comme je n'ai pas pris assez d'élan, je glisse en arrivant sur la rive opposée et je vais disparaître dans l'abîme, quand j'ai la chance de saisir une pierre à laquelle je me cramponne avec la rage d'un noyé; l'Indien retourne sur ses pas et, me donnant la main, me retire du précipice, où je n'aurais pas tardé à me laisser choir. Je reviens à nos pirogues, clopin-clopant, et

rLe lemps de guérir mes conlusions en allendanl que l'équipage taille un cl.emin

dans la forêt pour passer les canots. . , , , u ,.

Le 21 après midi, nos six pirogues traînées à force de bras sont au bas de la chute; nous embarquons les bagages et nous continuons à descendre. Une demi-heure après nous retrouvons un nouveau saut qui n'a pas moins de quatre mètres de hauteur; .1 faut décharger les bagages, haler les canots par terre, ce qui demande doux heures d'un travail pénible sous une pluie torrentielle qui commence a tomber. Bientôt la nvière se rétrécit et court en ligne droite vers le sud-est. Nous ne mettons pas une dem.-

UL pniciPicE (V. 309)

heure pour parcourir une dislance de plus de quatre kilomètres dans ce canal, dont les rives sont formées d'un grès blanc, qui s'élève à pic sur la rive gauche, tandis qu'à droite il est rongé par l'eau qui le déchiqueté en formant les dessms les plus bizarres. Je ne puis résister au désir de m'arrèter un instant pour faire le croquis de ces roches, qui ont tantôt l'aspect d'une ruine, tantôt la forme d'un animal

fantastique.

Le vieux Mapirémé, qui a fait naultage dans la journée, est tellement épuisé par cette navigation insensée, qu'il demande à ne pas aller plus loin. Nous l'abandonnons, après avoir réparé son canot qui s'est fendu sur les roches.

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Le 23, nous nous engageons à travers des collines que les indigènes désignent sous le nom de Moraïca et de Tacaïpou. La rivière, traversant des quartzites analogues à ceux qui constituent la Pancada du Yary, fait des bonds effrayants entre des murailles coupées à pic. On décharge tous les bagages et on descend les canots en les retenant depuis la rive avec de grandes lianes en guise de cordes. Une fois, l'amarre casse et le canot se brise contre les roches. Pour comble de disgrâce, pendant la nuit, un de nos canots mal attaché s'en va à la dérive, et il nous est impossible de le retrouver.

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