PEI'.TE D UN CANOT
Apalou, portant les bagages à travers les roches situées près de la rive gauche, a vu sur une roche granitique une gravure ayant environ soixante centimètres de longueur sur un demi-centimètre de profondeur.
(( Ly semble moun (homme) ou bien grenouille, » dit mon patron, qui m'a informé trop tard pour que j'aie pu prendre l'empreinte de cette image.
N'ayant plus que deux embarcations, dont l'une est avariée, nous sommes obligés de construire deux pirogues avec l'écorce du courharil. Le tégument de cet arbre, qui est très épais, ne se détache qu'à la condition de faire du feu autour lorsqu'on a commencé à le soulever.
Le 24 décembre (trente-huitième jour de canotage), la rivière, qui mesure sept à liait cents mètres de largeur, se dirige vers l'est presque en ligne droite sur une distance de plus de dix kilomètres. Il y a si peu d'eau que nous sommes non seulement obligés de marcher dans le lit, mais souvent de déplacer des roches pour permettre le passage de notre minuscule embarcation. Le Ht de la rivière est parsemé de pierres qui paraissent cassées comme des pavés destinés à l'empierrement d'une chaussée (roches schisteuses).
Après ce long trajet, nous arrivons à une chute à pic ayant vingt mètres d'élévation et qui ressemble aux chutes du Désespoir et de la Pancada dans le Yary. Elle est désignée par les indigènes sous le nom de Panama, ce qui signifie papillon dans la langue des Apalaï et des Houcouyennes.
LA RIVItRF. \PRES LE U A llll A G H U il TOUAilACAI>A
Le crayon de nos pères. — Noël. —Nous approchons de la civilisation. — Il faut en (5lre privé pour apprécier ses ilouceurs. — Chasse au tapir. — Accident terrible. — Résignation. — Pécaris. — Pont pittoresque à \iiigu. - Dîner chez Lucullus. — A travers une rivière en fureur. — Arrivée au grand fleuve. — Pas de vapeurs ni même de canols. — Nous trouvons une mauvaise Ijarque, — Des gens qui ont peur de se noyer. — Deux grandesjournées pour aller du Parou au Yary. — Je complète le tracé de cette rivière. — Retour au Para.
Pendant que mon équipage transporte les bagages et fait glisser les canots sur la rive droite, je fabrique un crayon avec ma dernière balle.
Sachant que Panama est la dernière chute du Parou, nous pagayons au plus vite pour