‹ Voyages dans l'Amérique septentrionale, Orégon [microforme]Chapitre 11 sur 52 · RE SET · texte numérisé non relu

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soit béni! Gloire aussi à S. Ignace, qui a protégé si visiblement ses enfants le jour de sa fête !

Vers quatre heures et demie, un canot s'approcha de nous : il était monté par des Indiens Clatsops, ayant à leur tête un Américain établi sur la cote. Les cris de ces sauvages des forêts étonnérent nos pères et les sœurs de Notre-Dame.

Nous ne pûmes distinguer que le seul mot CATCHE, qu'ils répétaient sans fin. Notre capitaine leur fit signe d'approcher, et leur permit de venir à bord. Aussitôt l'Américain m'accosta et m'exposa les périls que nous avions courus, en ajoutant qu'il serait venu à notre aide, mais que les Indiens avaient reculé devant le danger. Les Indiens , de leur côté, s'efforçaient de nous faire comprendre par signes combien grande avait été leur terreur, car ils s'attendaient à tout moment à voir notre vaisseau brisé en mille pièces. Ils avaient pleuré sur nous, convaincus que, sans l'intervention du Grand Esprit, nous n'aurions jamais pu échapper au péril. Ces braves sauvages avaient raison. Tous ceux qui connaissent l'histoire de notre passage affirment la même chose, et ne cessent de nous féliciter de notre miraculeuse conservation.

La seconde visité que nous reçûmes à bord fut celle de quelques Tchinouks, petite tribu qui habite les immenses forêts des rives septentrionales du fleuve. Les Clatsops, dont le nombre ne s'élève qu'à cent cinquante hommes, occupent les rives méridionales. Les Tchinouks habitent trois vil-

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lages situés au delà de la forêt. Les hommes s'enveloppent d'une corverture de lit pour paraître devant les blancs ; ils sont excessivement fiers de leurs colliers et de leurs boucles d'oreilles. Leurs mœurs sont très-sociables, et nous fûmes obligés de nous tenir sur nos gardes pour contenir leur trop grande familiarité. Pourvu qu'on ne les renvoie pas, ils sont contents et ne demandent rien de plus. Ils sont d'une humeur pacifique, et comme ils ont peu de besoins, ils mènent une vie indolente et paresseuse. La chasse et la pêche forment leur principale occupation. Leurs forêts abondent en gibier, et leurs rivières en saumons. Après avoir pourvu à leurs besoins journaliers, ils restent des heures entières immobiles et couchés au soleil. J'ajouterai qu'ils vivent dans l'ignorance la plus profonde de la religion. Tels sont les Indiens qui ont l'habitude d'aplatir la tête de leurs enfants.

Le lendemain matin, nous aperçûmes un petit esquif qui se dirigeait vers nous. Il portait M. Burney ,qui s'était les jours précédents, du haut du cap, si vivement intéressé à notre sort. Il nous aborda avec une extrême bonté, et nous invita à retourner avec lui au fort Astoria, dont il était l'intendant général, afin que sa femme et ses enfants pussent avoir le plaisir de nous voir. Persuadé que cette visite, après un voyage si ennuyeux, serait agréable à tout le monde, j'acceptai cette invitation avec plaisir.

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