PS DE SM. ST
"rt Jasper, 16 avril 1846.
Monseigneur,
Le fort Edn:onton où Augustus est le grand
marché de la Comvagnie de la baie d'Hudson dans les districts du nord du Saskatchawan et de l'Athabaska. Les forts Jasper, Assiniboin . Little Slave- Lake (petit lac des Esclaves), sur la rivière Athabaska ; les forts des Montagnes, Pitt, Carrollton, Cumberland, sur le Saskatchawan, en dépendent. Le respectable et digne M. Rowan, souverneur de cet immense district, unit à toutes les qualités aimasles et polies d'un parfait gentilhomme, celles d'un ami sincère et hospitalier. Sa
bonté et sa tendresse paternelle le rendent sem-
blable à un patriarche au milieu de sa nombreuse et charmante famille. Il est estimé et vénéré par toutes les tribus environnantes, et, quoique avancé en âge, il est d'une activité extraordinaire.
Le nombre des serviteurs et des employés à
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Edmonton , en v comprenant les enfants, est d'environ quatre-vingts. [ls forment une famille bien réglée. Outre un grand jardin, un champ de pommes de terre et un champ de blé appartiennent à l'établissement. Les lacs, les forêts et Les plaines du voisinage fournissent des provisions en abondance. À mon arrivée au fort, la glacière contenait dix mille poissons blancs pesant chacun quatre livres, et cinq cents buffles, le tout formant les provisions ordinaires d'hiver. Il y a une ielle quantité d'oiseaux aquatiques dans la saison, que les chasseurs en envoient souvent des charretées au fort. Les œufs sont entassés par milliers dans la paille et dans les roseaux des marais. Le grand nombre de ces employés étant catholiques, Je trouvai une occupation suffisante. Chaque matin
je catéchisais les enfants et donnais une instruc-
tion dans la soirée. Après les travaux du Jour, Je récitais les prières pour l'honorable commandant et ses serviteurs. Je dois dire à la louauge des habitants d'Edmonton que leur attention et leur assiduité à remplir leurs devoirs religieux, la bonté et le respect qu'ils me témoignèrent, furent pour mo; une source de grande consolation pendant les deux mois que je passai parmi eux. Puisse le Seigneur, qui leur à donné si libéralement les biens de la terre, les enrichir de même de ceux du Ciel ; tel est le vœu sincère et la prière d'un ami qui ne les oubliera jamais. Je visitai le lac Sainte-Anne, la résidence ordinaire de Mrs. Thibault et Bou-
Fa
rassa ; ce dernier était absent. La distance du fort au lac est d'environ cinquante milles. J'ai déjà fait mention de cette intéressante mission dans mes précédentes lettres ; je ne dirai donc qu'un mot du pays.
La plus grande partie de cette région est plane : cependant elle est ondulée en quelques endroits et coupée par des forêts, des prairies et des lacs remplis de poissons. Dans le lac Sainte-Anne seul, on prit l'automne dernier plus de soixante et dix mille poissons blancs, les meilleurs de cette espèce. On les pêche à la ligne dans toutes les saisons de l'année.
Quoique l'hiver soit long et rigoureux dans cette région septentrionale , le sol paraît en général fertile. La végétation est si avancée au printemps et en été, que les pommes de terre, le froment, l'orge et d'autres végétaux du Canada y viennent à maturité. Le lac Sainte-Anne forme le commencement d'une chaîne de lacs; j'en comptai onze qui s'écoulent dans le Saskatchawan par la petite rivière des Esturgeons. Il existait là autrefois une innombrable république de castors ; il n'y a pas un lac, pas un marais, pas une rivière qui ne présente encore aujourd'hui des traces de leur£ travaux. Ce que je dis ici des castors est applicable à presque tout le territoire d'Hudson. Lorsque les rennes , les buffles et les daims abondaient, les Creels en étaient les pausibles possesseurs ; ces animaux ont disparu, et * 7": ax les anciens sei-
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gneurs du pays. À peine rencontrons-nous une hutte solitaire, et çà et là les vestiges de quelque grand animal. Dix-sept familles de métis, descendants des Canadiens anglais et des sauvages, se sont réunies et fixées autour de leurs missionnaires. Les Creeksont gagné les plaines des buffles et se les disputent avec les Pieds-Noirs, dont ils sont devenus les ennemis mortels. À mesure que les rigueurs de l'hiver commençaient à faire place à la réjouissante aurore du printemps, mon cœur battait du désir d'approcher de la montagne, et d'y attendre un moment favorable pour la traverser, afin d'arriver aussitôt que possible à la mission de Saint-Iænace.
Le 12 mars, je fis mes adieux à la respectable famille Rowan et à tous les serviteurs du fort. Je fus accompagné par trois braves métis que M. Thibault fut assez bon pour me procurer. Dans cette saison, le pays est enseveli sous la neige, et les voyages se font dans des traîneaux attelés € chiens. Nos provisions et nos bagages étaient transportés sur deux de ces véhicules ; le troisième, tiré par quatre chiens, m'était réservé. Cette manière de voyager était une nouveauté pour moi ; elle est particuliérement convenable et agréable quand on a à traverser des rivières et des lacs gelés.
Le troisième jour, nous campämes près du lac de F'Aïgle-Noir qui abonde en poissons bläincs sixième, nous arrivâmes au fort Assiniboi.
si
dans une prairie, sur la rivière Athabaska, qui a en cet endroit onze cent soixante-cinq pieds de large ; elle semble conserver plus ou moins cette largeur, jusqu'à ce qu'elle ait quitté les montagnes Rocheuses ; son courant est extrêmement rapide. Dans la saison du printemps, on peut aller en trois jours du fort Jasper au fort Assiniboin ; la distance est de plus de trois cents milles. Avec nos traîneaux, 1l nous fallut neuf jours pour faire ce voyage. Le lit de la rivière est parsemé d'îles qui par. leurs formes et leurs positions variées en rcudent laspect très-agréable. $Ses bords sont couverts d'épaisses forêts de pins, entrecoupées de rochers et de hautes collines, qui embellissent et rendent pittoresques les sites généralement monotones du désert.
Les branches principales sont le Pembina, qui a quatre cent soixante-quatre pieds de large, et la rivière des Avirons, qui en a cent vingt-huit. La rivière des Gens-Libres, la branche Mac Cloud et la rivière Baptiste Berland ont à peu près quarante pieds de large à leur embouchure. Les rivières du Vieux, du Milieu, des Prairies et des Roches forment de beaux courants. Le lac Jasper, qui a huit milles de long, est situé à la base de la première chaine des grandes montagnes. Le fort du même nom et le second lac se trouvent à vingt milles plus haut et dans le cœur des montagnes. Pour arriver là, il faut traverser les rivières Violin et Médecine, qui se trouvent au midi, et l'Assiniboin, qui est au
nord ; et pour atteindre la hauteur des terres du Commiltees Punch-Borwl, nous franchimes les rivières Maline, Gens-de-Colets, Miette et Trou ; nous remontâmes celle-ci jusqu'à sa source. La rivière Médecine se marie avec le Saskatchawan ; l'Assiniboin et Gens-de-Colets avec le Boucane, tributaire de Ja Paix. Les eaux de la Miette prennent leur source à la même hauteur, ainsi que quelques branches de la rivière Frazer, qui + se la Nouvelle-Calédonie.
Les Assiniboins des forêts ont depuis quelques
nnées exclusivement réservé pour la chasse les vallées et les hautes forêts d'Athabaska. La rareté du gsbier les força de quitter leur pays. Depuis leur départ, les animaux se sont reproduits d'une manière étonnante. Dans différentes places voisines de la rivière, nous vimes les ravages des
castors que j'aurais attribués à un récent campe-
ment de sauvages, tant était grande la quantité d'arbres abattus qui se trouvait là. Plusieurs
familles nomades de 3 tribu des Carrières et un grand nombre d’Achiganes ou Sock Indien |
Nouvelle-Calédonie, poussés par la faim, quitterent leur pays, traversèrent l'est des montagnes, et errent maintenant dans les vallées de cette région
pour }; ercher des vivres. Ils se nourrissent de
racines et de tout ce qu'ils peuvent attraper. Plusieurs ont les dents usées jusqu'aux gencives, parce quil L( e la terre et du sable avec
leurs aliments. En hiver ils ont des provisions, car