‹ Voyages dans l'Amérique septentrionale, Orégon [microforme]Chapitre 3 sur 52 · MERS · texte numérisé non relu

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admettre une autre vie heureuse ou malheureuse, c'est-à-dire un état d'abcndance ou de pénurie, selon le mérite de chacun. On peut diflicilement reprocher à ces sauvages d'avoir des mœurs corrompues vu qu'ils ont si peu de lumières. Ils ont des idées distinctes du juste et de l'injuste, et reconnaissent plusieurs principes de droit naturel. Le vol, l'adtitère, l'homicide et le mensonge sont condamnés comme des crimes, et si ia polygamie est tolérée, elle n'est du moins pas approuvée; elle se borne aux chefs, qui par là maintiennent la paix avec les nations voisines. Le relächement de la morale, que l'on pourrait regarder comme inévitable dans leur état de rudesse et d'ignorance, est loin d'être ce que l'on suppose. La modestie pourrait à la vérité être mieux observée, muis ses lois sont généralement respectées. Les rapports mutuels des jeunes gens de sexe différent ont toujours pour but ie mariage ; les promesses d'union sont faites par les parents des deux parties. Lorsqu'un homme quia de la fortune prend une femme, il est obligé de donner, en compensation, des présents considérables aux parents de son épouse ; mais après la mort de celle-ci, il peut réclamer ces présents. Si, par suite de mauvais traitements, la femme meurt, cette circonstance jette de la défiance sur le mari; qui est obligé de dédommager les parents par des présents additionneis,

La plupart des travaux des sauvages sont accomplis par des esclaves, qui sont bien traités,

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excepté lorsqu'ils deviennent âgés ou incapables ; dans ce dernier cas, on les laisse mourir de faim. Outre les esclaves nés dans cet état malheureux, il y à encore les eccaves de guerre. Tous les prisonniers sont regardés comme esclaves par les conquérants, bien qu'en général il {n'y ait que leurs enfants qui soient assujettis à cette rude condition. On ne fait quelquefois la guerre que pour avoir des esclaves, qui sont considérés par les sauvages comme un butin avantageux. Les blancs ont peu à craindre de leurs attaques, excepté sur la côte nord, où la vie est loin d'être en sûreté, et où les indigènes, qui sont anthropophages, se nourrissent de la chair de leurs prisonnlers.

Dans toute l'étendue du pays, les habitations des Indiens sont plutôt des huttes que des maisons; elles ont de quinze à vingt-cinq pieds de long ; leur largeur est proportionnelle et leur forme conique. Des traverses de bois sont établies dans l'intérieur pour sécher le saumon et les autres objets de consommation.

On allume le feu sur le sol et au centre de la cabane ; la fumée s'échappe à travers le toit. Les vêtements des Indiens ne sont pas plus élégants que leurs demeures. Autrefois ils s’habillaient avec une grande propreté et une grande richesse avec les fourrures qu'ils possédaient ; mais depuis que le commerce des pelleteries à pris une si grande extension, les indigènes de l'Orégon en

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