TRADUCTION LITTÉRALE
O Grand-Esprit ! notre père, Regarde ea pitié tes enfants ;
Ils seront saints sur la terre,
Situ soutiens leurs pas tremblants.
17 septembre. Il n'arriva rien de remarquable. Nous recûmes la visite d'un parti de guerre des Indiens-Sanguinaires, les hommes les plus cruels parmi les Pieds-Noirs. Nous apprimes d’eux que leur tribu serait ravie de recevoir notre visite, que nos personnes sont considérées comme sacrées parmi eux, que nous ne devons redouter aucun danger, et pour dissiper toute inquiétude à ce sujet, ils nous dirent que soixante de leurs enfants
avaient déjà reçu le baptême des mains d'une Robe noire qu'ils avaient rencontrée sur le Saskatchawan, et que ces enfants portent constamment les croix et les médailles que les missionnaires leur ont données.
18 septembre. Diverses nouvelles. Deux Gros- Ventres ont été tués par les Crows. Sept familles de Pégans ont été poursuivies par une bande nombreuse le Creeks, et ont été probablement décruites. Un chef, qui arrive à l'instant, nous apprend que des Pieds-Noirs de différentes tribus sont rassemblés dans le voisinage du fort Lewis (1) pour recevoir leur subside annuel, et que les marchands qui rapportent les marchandises ne sont qu'à une distance de trois journées, avec trois larges canots (Mackinaw boats). Vers deux heures environ de l'après-midi, le cam se prépare pour une autre grande chasse.
(1) Lewis et Clark étaient deux capitaines de l'armée des États-Unis. Aprés l'achat de la Louisiane fait à Napoléon Ier, en 1803, par le président de la grande républiqr à américaine, Jefferson, ces deux officiers furent envoyés éar celui-ci pour faire un voyage d'exploration dans ces vastes contrées de l'Ouest. Partis de Saint-Louis, alors un petit village français dans le Missouri, ils y revinrent après deux années d'absence. — Clark était né dans le Kentucky, et mourut à Saint-Louis er 1838. Les Indiens l'avaient surnommé Téfe-Rouge. — Lewis, né dans la Virginie, mit volontairement fin à ses jours, dans un petit hôtel du Tennessee, en 1809, étani gouverneur du
territoire de Missouri. Il n'était âgé que de 35 ans. (Note de la présente édilion.)
19 septembre. Le baptême a été conféré aujourd'hui à plus d'une centaine d'enfants et à deux vieillards, avec toutes les cérémonies habituelles. Vous décrire ces cérémonies qui doivent laisser une profonde et durable impression dans l'esprit de tous ceux qui en ont été témoins, ce serait vous répéter ce qui a déjà été dit dans mes premières lettres à ce sujet.
20 septembre. Arrivée d'un grand parti de guerre des Indiens-Sanguinaires. IIS reviennent d'une expédition contre les Crows, auxquels ils ont enlevé vingt-sept chevaux. Les guides de ce parti, l'un fils, l'autre frère du grand chef, nous donnérent des marques particulières d'amitié. Le plus âgé, qui adorait le soleil et la lune, a cessé depuis longtemps d'invoquer ces fausses divinités : il confirme les assertions de l'autre parti qui nous dit que nous recevrons un cordial accueil dans sa tribu. La nation des Pieds-Noirs compte environ quatorze mille âmes divisées en six tribus, à savoir : les Pégans, les Surcees, les Blood-[ndians (Indiens-Sanguinaires), les Gros-Ventres (descendants des Rapahos), les Pieds-Noirs (proprement dits), et les Petites-Robes. Ces derniers ont été entièrement détruits en 1845.
21 septembre. Une fête est donnée dans ma loge aux nouveaux venus. Elle est précédée du baptême d'un Pégan, qui a été autrefois chef, mais qui a résigné, à cause de son âge , la dignité de son titre en faveur de son frère. Il possède le don de
la parole à un degré éminent. Il est journellement ici, rénélant et commentant les instructions que nous donnons. Il exerce sur sa troupe une trèsheureuse influence, et c'est sans doute à ses efforts que l'on doit que les Pégans soient les premiers , parmi la tribu des Pieds-Noirs, à manifester de favorables dispositions ; ils seront aussi probablement les premiers à admettre et à réduire en pratique les salutaires vérités du christianisme. Il présente dans sa personne une rare exception parmi son peuple, et c'est réellement le seul exemple que j'aie rencontré dans mes relations avec les sauvages, particulièrement chez ceux de son âge, d'un Indien ayant vécu, avec une seule et même femme, en paix et en parfaite harmonie. Il reçut au baptême les deux noms d'Ignace- Xavier, qui furent gravés sur la médaille qu'il porte constamment sur lui, pour se rappeler les vertus qui disinguent ces grands saints. Espérons que les premières grâces qui ont été répandues sur cette tribu produiront des fruits de salut pour tous.
22 septembre. Jour de grande réjouissance :
danse. Toutes les parures des Indiens sont déployées ; tous les bonnets de guerre ornés de plumes d'aigle figurent dans la danse ; un millier de voix entonnent la même chanson. Les réjouissances se prolongent jusqu'au soir, les prières communes ont été traduites ; déjà plusieurs savent ce qu'il faut croire. Puisse le désir efficace du bien
LE DRE SL ES pee à
prendre au plus tôt possession de leur âme et y jeter de profondes racines ! Sata, notre interprète, agit comme un apôtre ; après chaque interprétation, il résume son discours, et parlant d'abondance de cœur, il produit un effet puissant sur son auditoire. Le mot Sata ne diffère pas pour le sens de celui de Satan, et comme l'Indien reçoit généralement son nom des dispositions qu'il manifeste, nous pouvons hardiment conclure que lorsqu'un pareil nom est donné à un Pied-Noir, c'est que la grâce de Dieu a opéré énergiquement en convertissant ce sauvage , et en le faisant ce qu'il est maintenant. |
23 septembre. Il n'y a rien de remarquable, si ce n'est une preuve de foi donnée par nos nouveaux catéchumènes. Un vol de deux chevaux fut commis dans le camp par un étranger résidant parmi les Tétes-Plates. Quelques individus du versant occidental des montagnes oublient quelquefois qu'ils devraient être toujours honnêtes ; mais la haute désapprobation de la nation entière touchant quelques méfaits isolés témoigne du bon esprit cui anime la grande masse d'entre eux. La position critique où se trouve le voleur est en quelque sorte une expiation de sa faute. Il s'avança à une distance considérable du camp des Têtes- Plates pour nous rejoindre à peu près vers le même temps où nous devionsrencontrer les Indiens-Noirs; il comprit alors que sa vie était menacée par un parti de guerre rôdant à l’arrière-garde. Le pauvre
diable se sentait peu disposé à trouver la mort sur son chemin, et sa maigre monture n'était guère capable de le soustraire à cette rencontre ; il échangea donc proprio motu son cheval contre deux autres qui étaient en état de le soustraire au danger par la rapidité de leur course. Ces chevaux furent rendus à leur possesseur. Ce n'est pas le premier exemple de restitution donné par les Indiens.
24 septembre. Les missionnaires, accompagnés d'un grand nombre d'Indiens, précèdent le camp qui se dirige vers le fort Lewis, qui n'en est éloigné maintenant que de quelques milles. Je suis accosté par un petit chef pégan qui m'invite à fumer. Il me dit qu'une difficulté malheureuse et personnelle entre lui et un chef de la tribu des Indiens-Sanguinaires l'avait déterminé à venir se fixer au fort Lewis. « Je vais, dit-il, rencontrer mon mortel ennemi, un capitaine Blood-Indian, renommé pour son courage, mais bien plus encore pour son mauvais cœur. Il assassina traîtreusement un Nez-Percé qui était sous ma protection. Je serais déshonoré à jamais si je ne’ vengeais cette action honteuse, et si je ne lavais dans le sang cette tache de ma nation. J'aitiré sur le meurtrier dans sa propre loge, il n'est pas mort; sa blessure est guérie. Il attend mon arrivée avec l'intention de me tuer. Je ne le crains pas, car moi aussi je suis chef. J'ai entendu vos paroles et bientôt d'autres sentiments ont pris place dans mon cœur. Robe noire, écoute ce que je veux faire.J'offriraile meil-
leur de mes chevaux pour compenser la blessure de mon adversaire; s'il accepte, c'est bien ; s'il refuse, il faut que je le tue. »
Je m'offris comme médiateur entre eux avant qu'aucune décision ne fût prise, et lui promis une issue favorable, suivant la conviction de mon propre cœur qui ne put jamais voir verser une goutte de sang humain. Je sentis l'assurance que Dieu m'en épargnerait la pénible vue en cette occasion. Nous continuämes notre route. Le petit chef pégan et ses amis préparèrent leurs flèches et chargérent leurs fusils. Lorsque nous arrivâmes en vue du fort, deux Pieds-Noirs coururent vers nous, pour dire au petit chef que sil allait plus loin, lui ou ses gens, leurs vies seraient en dancer, etils retournèrent comme ils étaient venus, courant annoncer l'arrivée des missionnaires. La cloche du fort envoyait au loin un solennel carillon pour honorer, comme nous le vimes ensuite, l'approche des Robes noires ; c'est une marque de resnect donnée généralement au prêtre par les habitants du fort, qui sont particulièrement des Français, des Canadiens et des Espagnols.
Sans faire attention à l'avis que nous reçûmes, nous nous dirigeâmes vers le fort au grand galop. On nous ouvrit aussitôt les portes, et nous fûmes reçus cordislement, comme les bienvenus, par tous les hommes blancs.
Le commandant qui était absent rentra presque aussitôt pour ajouter par sa bonté et par sor exquise
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politesse à la chaude réception que nous avions déjà reçue de tous ses subordonnés. Les premiers compliments passés, deux chevaux furent sellés pour le P. Point et pour moi, et nous fimes route vers une île formée par les eaux du Missouri, où le meurtrier et sa bande étaient campés. La grande propreté de la loge de ce dernier, à qui j'avais déjà envoyé parler, me montra qu'il était prêt à nous recevoir. Nous entrâmes les premiers, suivis de nos amis Pégans, puis vinrent les Blood-Indians et enfin le chef meurtrier, dont la contenance était loin d'être calme. Une sauvage vengeance fermentait visiblement dans son cœur ; il ne serra la main qu'aux Robes noires, et il s'assit silencieux et farouche. Je lui expliquai le motit de ma visite, et plaidai fortement la cause de la réconciliation en déclarant en même temps que je ne quitterais pas sa loge avant de les voir réconciliés. Il m'écouta avec beaucoup d'attention, me fit une réponse très-convenable, et s'écria en finissant : « Tout est pardonné et oublié ; comment mon
cœur resterait-il irrité en écoutant tes paroles? »
La confiance fut rétablie dans l'assemblée , et la courte mais éloquente réponse qu'on venait d'en-
tendre montra qu'on est toujours orateur quand
c'est le cœur qui parle. Le petit chef, qui avait le
premier traité la question de réconciliation, finit
ses remarques par une action vraiment touchante.
Il s'avança vers l'homme qui avait été son ennemi
mortel, l'embrassa tendrement, et lui offrit, entre
autres présents, une belle robe peinte et ornée de piquants de porc-épic. Le calamet (grosse pipe) de la paix fut gaiement allumé, et fit plusieurs fois le tour, La conversation devint animée et amicale, et chacun quitta la maison du conseil, ayant ans le cœur une joie qu'on peut plus aisément sentir que décrire. Les chefs qui étaient présents à cette entrevue se nommaient : Omakzikinne ou le Grand-Lac ; Oniselestamik, ou le Bœuf-Blanc ; Masteistamik, où le Bœuf-Corbeau ; Ninepoassin, ou la parole du Grand-Chef ; Zketzo , ou la Grosse-Roulette ; Sata, ou le Méchant ; Akaniaki ou l'Homme meurtri de coups.
27 septembre, dimanche. J'offris le saint sacrifice de l'autel, qui fut suivi d'une instruction sur la destinée de l'homme ; tous les habitants du fort Lewis y assistèrent avec un nombre aussi grand de Pieds-Noirs que la chambre et un couloir pouvaient en contenir. De nombreuses larmes s'échappèrent des yeux des Canadiens, des Créoles et des Espagnols, au souvenir sans doute des jours innocents et heureux qu'ils avaient passés, dans leur jeunesse, à remplir régulièrement leurs devoirs religieux. Quelques pieuses résolutions furent humblement prises en ce jour , et leur scrupuleuse attention et leurs sentiments de dévotion pendant le service divin, montrent que le germe de foi qui est en eux promet de grandir et de fructifier, bien qu'ils se soient fort éloignés de la ligne droite du chrétien, Dans l'après-midi j'admi-
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acri- 1 sur 1 fort rand uloir rmes éoles > des ss6$, leurs tions leur dévoue le et de de la admi-
nistrai le baptême, avec toutes les cérémonies, à trente enfants. Par tout ce que j'ai vu, je suis fermement convaincu que l'établissement d'une mission produirait un grand bien parmi les Pieds-Noirs.
Assurément, c'est une œuvre digne du zè!.
d'un apôtre d'empêcher ces sauvages de se livrer a leurs cruelles et sanglantes guerres, de les arracheiï: à la pernicieuse idolâtrie dans laquelle ils sont plongés, car ils sont adorateurs du soleil et de la lune ; et de leur enseigner les consolantes vérités du divin Rédempteur du genre humain, qu'ils semblent écouter avec une grande attention et une véritable satisfaction &e cœur. Qu'on me permette ici une petite réflexion : ces infortunées tribus touchent à la dernière heure de leur existence ; si l'on n'y prend garde, que deviendront-elles ?
Les champs de buffles se rétrécissent d'année en année, et les chasses successives mettent !es Indiens dans un contact plus immédiat, plus resserré. Il est très-probable que les plaines des Pieds-Noirs , depuis le Saskatchawan jusqu'au Yeilow-Stone, seront, d'ici à douze ans, les dernières retraites de ces animaux sauvages. Ceux-ci sufliront-ils à nourrir et à vêtir les cent mille habitants de ces déserts de l'ouest ?
Les Creeks, les Pieds-Noirs, les Assiniboins, les Corbeaux, les Serpents, les Rickarees et les Sioux se rencontreront alors, se livreront de sanglantes et continuelles batailles, et disparaîtront enfin avec le dernier buffle qui les aura nourris.
Que ceux qui ont le pouvoir en main réfléchissent sur cette grave question ; qu'ils fassent quelques efforts pour mettre ces Peaux Rouges À l'abri d'une destruction prochaine ; autrement, par une coupable négligence, la dernière goutte de sang des aborigènes souillara d'une manière indélébile la renommée glorieuse de l'aigle sous l'aile protectrice de laquelle ils sont censés vivre. La justice plaide ici éloquemment la cause des Indiens (1).
Après une mûre délibération sur les plans divers imaginés pour l'établissement qu'on avait en vue, il fut jugé plus convenable que le R. P. Point restât avec les Pieds-Noirs et continuât les instructions, tandis que j'irais à Saint-Louis et
(1) Le nombre des Indiens on sauvages de l'Amérique du Nord diminue chaque année. Cette décroissance de population est due à différentes causes : les maladies (principalement la dyssenterie et la petite vérole), les luttes continuelles des tribus entre elles, l'abus des liqueurs fortes (le whiskey en première ligne), mais par-dessus tout les massacres opérés par les blancs, et les guerres fréquentes et injustes que fait aux Peaux Rouges le gouvernement des États-Unis. — La statistique officielle constate qu'en l’année 1853 il existait 400,794 sauvages vivant dans les limites du territoire des États-Unis : en 1863 leur nombre était descendu à 268,079 ; en 1874 on en compte déjà moins de 250,000. — D'après ces données il est facile d’entrevoir l'époque où la race indienne aura disparu totalement du vaste sol de l'Union américaine. — Ce sera le déplorable résultat de la politique sans entrailles et pleine de mauvaise foi qui a été suivie, depuis l'origine, à l'égard des Indiens, par les hommes d'Etat de Washington.
(Note de la presente cdilion.)
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m'efforcerais de trouver les moyens nécessaires pour fonder une mission permanente parmi eux. En conséquence, le 28, je pris un congé définitif de mes compagnons, des bons et aimables messieurs du fort, de tous les Pieds-Noirs alors présents, qui n'avaient cessé, pendant tout mon séjour parmi eux, de me donner les marques les plus sensibles d'un profond attachement. Le fort honora notre départ par une décharge de fusils, et après un million d'adieux nous descendimes le Missouri, à partir du point qui est à deux mille huit cent cinquante milles au-dessus de son embouchure (1).
Nous quittâmes le fort vers midi, et nous campâmes à vingt-cinq milles au-dessous, près de l'ile Bird. Le lendemain, pendant que nous gravissions les monts raboteux sur le penchant desquels paissaient de nombreux troupeaux de bêtes à cornes. nous courûmes sur un vieux daim, qui vint se désaltérer au bord de l'eau ; ce fut la première victime sacrifiée à nos besoins, pendant cette longue excursion. Après avoir traversé les rivières de Marie et de Saury, nous atteignimes la célèbre formation de bancs de cailloux jaunes qui tapissent les deux côtés du Missouri, et prennent les formes les plus fantastiques. C'étaient des
(1) Le Missouri a le plus grand parcours de tous les fleuves du monde ; sa longueur, depuis sa source jusqu'à son embouchure, est de 4,100 milles, soit à peu près 1,400 lieues.
(Note de lu présente édilion.)
urnes de grandeurs et de formes variées, dc; tables de toutes dimensions, des tribunes entourées de champignons, de piliers, de forts , de châteaux et d'une multitude d'autres figures qui, pendant cette Journée et le lendemain, fournirent à notre imagination étonnée un vaste sujet de comparaisons et de théories. Nous passâmes, vers le 8 octobre, la tour Corne-d'Élan, près de la fourche du Porc-Épic. J'ignore en mémoire de quel événement extraordinuire : te tour remarquable à été élevée. Ici ont été entassés plusieurs milliers d'élans, qui constituèrent primitivement, je n’en doute pas, le grand repaire de nombreux groupes de ces animaux. Le 11, nous arrivâmes au fort l'Union, qui est à ure distance de six cents milles du fort Lewis, parcourant ainsi environ cinquante milles par jour. On nous accueillit d'une trèsamicale façon. Nous profitâmes de l'offre qui nous fut faite de rester un jour au fort; pendant ce temps, ;'y baptisai cinq enf:.!:. Nous quittâmes le fort le 13, avec deux cor. ons. Nous vimes de grands troupeaux de buitic: ‘ « deux côtés de la rivière , er nous rencontrâmes , à chaque pas, des ours, des daims et des élans, en sorte qu'on n'avait pas à craindre de souffrir du besoin en cette saison. Le 16, notre ardent désir d'avancer, en dépit d'un très-fort vent de bout, fut soudainement ralenti par un vent de câté qui remplit d'eau notre esquif et nous inonda , nous pensâmes alors qu'il valait mieux attendre un vent favorable , et
, de Jurées iteaux ndant notre paraiers le ourche événe- , a été niliiers je n'en ‘roupes au fort milles quante e trèsi nous ant ce ittâmes s vimes tés de e pas, qu'on soin en ancer, dainet d'eau s alors le , et
profiter du temps pour sécher nos habits. Nous partimes dans l'après-midi, frais et dispos, et le lendemain , pour rattraper le temps perdu , nous fimes soixante milles en toute vitesse. Le 17, nous rencontrâmes six loges d'Assiniboins ; ils nous reçurent avec bonté dans leur petit camp, et nous donnèrent une fête et d'abondantes provisions. Le méme jour, nous rencontrâmes huit Gros-Ventres, qui furent aussi excessivement bons pour nous, insistant pour nous faire accepter un lot de langues de buffles. Le 18, un vent favorable nous permit de déployer nos voiles ; nous pûmes ainsi faire dix milles à l'heure, et le lendemain matin nous atteignîmes le fort Berthold, où nous fûmes reçus avec bonté par M. Brugère. Les Gros-Ventres ont un village ici. Je n'y trouvai que peu de familles ; un des chefs m'invita à une fête. Le 20 , nous fûmes salaés par plusieurs troupes d'Indiens et accueillis avec bienveillance. Nous avançämes et nous campâmes pendant la nuit près de la rivière Knife ; mais le feu du bivouac fit découvrir notre camp à un parti d'Indiens. Cette découverte nous eût été fatale, si par bonheur je n'avais été reconnu par eux, car ils vinrent armés, dans le but de faire du carnage ; ils nous surprirent. Aussitôt que les deux chefs surent qui j'étais, 1ls m'embrassèrent avec affection ; notre alarme fut de courte durée et nous passämes une nuit agréable dans leur compagnie. Des pipes, une tasse de café bien sucré, des bosses et des langues de buffle