‹ Voyages dans l'Amérique septentrionale, Orégon [microforme]Chapitre 41 sur 52 · A MONSIEUR J. D. BRYANT · texte numérisé non relu

A MONSIEUR J. D. BRYANT

Philadelphie, 6 ati 184%.

Cher Monsieur,

La nation des Pawnees est divisée en quatre tribus, qui agissent de concert comme un seul peuple. Leurs villages sont situés sur la rivière Plate où Nébraska et ses tributaires, à envi on cinquante milles ouest de la rivière du Missouri. Ces véritables enfants du désert sont ce qu'ils étaient 1! y a plusieurs siècles. Ils se couvrent de la peau des animaux qu'ils ont tués à la chasse ; ils cultivent le maïs, et se servent de l'omoplate du bufle en guise de soc de charrue et de bêche.

Dans la saison de la chasse, tout un village, hommes, femmes et enfants, abandonne ses demeures et va à la poursuite des animaux dont la chair leur sert de nourriture. Leurs huttes , qu'ils appellent .akkaros, sont circulaires et ont environ cent quarante pieds de circonférence. Elles sont ingénieusement formées de jeunes arbres plantés à une distance convenable, et dont les sommets inclinés viennent s'appuyer sar un nombre égal de piliers ou de poteaux, fixés circulaire-

ment au centre de l'enclos. On recouvre ensuite ORÉGON. 15

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les arbres d'écorces sur lesquelles on applique une couche de terre de près d'un pied d'épaisseur, et on complète la structure par une masse compacte d'herbes vertes. Ces habitations, lorsqu'elles sont achevées, ressemblent à de petites collines. Une large ouverture pratiquée dans le haut laisse pénétrer la lumière et échapper la fumée. Elles sont très-chaudes en hiver, froides et souvent trèshumides en été. Elles sont assez grandes pour contenir.dix ou douze familles.

Si, dans les longues courses qu'ils entreprennent pour aller à la recherche du gibier, quelques-uns se trouvent empêchés soit par l'âge, soit par les infirmités, leurs enfants ou leurs amis leur font une petite hutte d'herbes sèches pour les garantir de la chaleur du soleil ou des intempéries, leur laissent autant de provisions qu'il leur en faut et les abandonnent ainsi à leur sort. Rien n'est plus touchant que ces séparations forcées, causées par une absolue nécessité. D'un côté, vous voyez les pleurs et entendez les cris des enfants ; de l'autre, vous êtes témoin de la résignation calme (les pères et mères âgés.

Ceux-ci engagent souvent leurs fils à ne pa:

exposer leur propre vie afin de prolonger leur courte et chétive existence. Ils tremblent d'entre- ; prendre le long voyage, et d'aller rejoindre leurs k. ancêtres danslesterres giboyeuses du Grand-Esprit. | Si la chasse est heureuse , les enfants retournent aussi vite que possible auprès de leurs parents pour

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leur donner aide et les consoler. Ces pratiques sont communes à toutes les tribus nomades des montagnes.

Les Pawnees ont à peu près les mêmes idées que les Potowatomies sur le déluge universel. Quant à l'âme, ils disent qu'elle ressemble au corps immortel, mais qu'elle se sépare du corps quand la mort le frappe. Si un homme a été bon pendant sa vie, obligeant pour ses parents, bon chasseur , brave guerrier, son âme (sa ressemblance) est transportée dans une terre de délices, d'abondance et de plaisirs. Si, au contraire, un homme a été méchant, dur, cruel et indolent, son âme passe par un chemin étroit, diflicile, dangereux et entre dans une contrée où tout est confusion, contrariété et malheur.

Dans leurs cérémonies religieuses, ils dansent, chantent et prient devant un oiseau farci de toutes sortes de racines et d'herbes consacrées par leur foi superstitieuse. Ils ont une tradition fabuleuse, qui leur enseigne que l'étoile du matin envoya cet oiseau à leurs ancêtres, comme son représentant, avec ordre de l'invoquer dans toutes les occasions importantes , et de le montrer dans les temps de sacrifice. Avant l'invocation, ils remplissent le calumet avec les herbes sacrées contenues dans l'oiseau , et poussent la fumée vers l'étoile. Ils adressent leurs prières et leurs demandes à la divinité, en chantant, en dansant et en cilébrant en vers le grand pouvoir de l'oiseau. Ils implorent

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