‹ Voyages dans les AlpesChapitre 18 sur 66 · LA D^LE · texte numérisé non relu

LA D^LE

récif de rochers inaccessibles. Peuà peu ce nuage s'éleva, m'enveloppa d'abord dans son obscurité ; puis, montant au-dessus de ma tête, il me découvrit tout à coup la superbe vue du lac et de ses bords riants, cultivés, couverts de petites villes et de beaux villages.

On trouve, au sommet de la IMle, un terre-plain assez étendu, qui forme une belle terrasse couverte d'un tapis de gazon. Cette terrasse est depuis un temps hn-^ mémorial, aux deux premiers dimanches d'août, le rendez-vous de toute la jeunesse de Tun et l'autre sexe des villages du pays de Vaud, qui sont situés au pied de la Dôle. Les bergers des cbalets voisins réservent pour ces deux jours du lait, de la crème, et préparent toutes sortes de mets délicats, qu'ils savent composer avec le simple laitage. On goûte là mille plaisirs variés : les uns jouent à des jeux d'exercice ; d'autres dansent sur le gazon serré et élastique, qui repousse avec force les pieds robustes et pesants de ces bons Helvétiens. D'autres vont se reposer et se rafraîchir sur le bord du rocher, jouir du beau spectacle qu'il présente. L'un montre du doigt le clocher de son village ; il reconnaît les vergers et les prairies qui l'entourent ; et ces objets lui retracent les événements les plus intéressants de sa vie. Un autre, qui a voyagé, nomme toutes les villes du pays; il indique le passage du mont Cenis, le chemin qui conduit à Rome, cette ville célèbre, même pour ceux qui n'en tirent ni pardons, ni dispenses. Les plus hardis font preuve de courage en marchant sur le bord du précipice situé de ce côté de la montagne. D'autres, moins vains el plus galants, n'emploient leur adresse qu'à ramasser les fleurs qui croissent sur ces rochers escarpés ;

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