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LA DÔLE

ils cueillent le leontopodium^ remarquable par le duvet cotonneux qui le recouvre ; le senecio alpinus, bordé de grands rayons dorés ; l'œillet des Alpes, qui a Todeur du lis; le satirxum nigrum, qui exhale le parfum de la vanille ; et les échos des montagnes voisines retentissent des éclats de cette joie vive et sans contrainte, compagne fidèle des plaisirs simples et innocents. Mais •^^ un jour cette joie fut troublée par un événement funeale : deux jeunes époux, mariés du même jour, étaient venus à cette fête avec toute leur noce ; il voulurent, pour s'entretenir un moment avec plus de liberté, s'approcher du bord de la montagne ; le pied glissa à la jeune mariée, son époux voulut la retenir ; mais elle l'entraîna dans le précipice, et ils terminèrent ensemble leur vie dans son plus beau jour. On montre un rocher rougeâtre, qu'on dit avoir été teint de leur sang.

Pour aller de Genève à la Dôle, le plus court chemin est de passer par Bonraont qui est au pied du Jura, directement au-dessous de cette haute cîme. De là on peut, en trois petites heures, gravir au sommet de la montagne par un sentier très-sûr, mais trop droit pour qu'on puisse le faire commodément à cheval. On y va par une route plus longue, mais plus commode, en passant par Saint-Cergues. Ce village, situé au nord-est de la Dôle, presque au l^aut du Jura, est abordable même en voiture, par un chemin rapide, mais large et sûr, qui conduit en Bourgogne. De Saint-Cergues on peut aller sur des chevaux du pays, jusqu'au pied du rocher de la Dôle. On peut môme, en prenant le rocher par derrière, et en passant par les chalets qui portent le nom de Pra^Paradis, se faire conduire en chariot jusqu'à

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