II PRÉFACE
sciences enrichies par de Saussure, ignorent les progrès dont elles lui sont redevables. Ils ne connaissent que l'ascension au Mont-Blanc, et s'en tiennent là, sans se douter que le jour fameux de cette expédition avait été précédé de quarante années de fatigues et de recherches scientifiques, moins brillantes peut-être, mais tout aussi dignes des éloges de la postérité.
Nous ne voulons point passer en revue tout ce que de Saussure a fait pour la science , analyser ses travaux, en apprécier l'importance relçitive : des hommes que le savoir et le génie rendaient les vrais juges de cette vie laborieuse et toute consacrée à la recherche de la vérité l'ont fait. Senebier et l'illustre Cuvier, l'un dans ime notice développée, le second avec moins d'étendue, mais avçc cette clarté et cette heureuse concision qui dans un trait font voir tout un tableau, ont rappelé au monde savant les droits de l'historien des Alpes à son admiration et à sa reconnaissance ^ Toutefois,
i Mémoire historique sur la vie et ies écrits de U,-B, de Sans» sure, par T. Senebier, Genève, an ix.
Re0wH des éloges historiques, prononcés à l'insfitut par G* Cu^ vier, !•' voL, Paris, J819.
Voyez aussi Tintéressant discours de M. Louis Necker, sur Thistoire de la géologie. (Bibiiothèque universelle, sciences et arts^ tome XXVIj annâe 182A*)
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qtt'offi BOUS permette de les retracer en quelques mots : il ne saurait être sans intérêt pour no$ lecteurs de Toir comment cette expédition si célèbre à la cime du liant -Blanc se lie à toute une existence de travail et d'étude, plus glorieuse encore. Horace-Bénédict de Saussure est né en 17i0 et mort en 1799. Des cinquante-neuf années qu'il a Técu, il en est bien peu qui ne comptent pour la science ; dès son enfance m^e, le goût de l'histoire naturelle se manifesta chez lui avec vivacité. Madame de Saussure, que la maladie retenait sur son fauteuil, aimait beaucoup les fleurs, et le jeune enfant s'en allait tous les jours parcourir les environs de la ville, cherchant dans les haies, au bord des fossés, dans les bois^ quelque plante de la saison pour la rapporter à sa mère ; et dans ces petites excursions, préludes d'expéditions plus longues, il s'attachait à tous les détails qui l'entouraient : depuis l'oiseau qui s'envolait sur son passage et l'insecte qu'il trouvait sous la fleur, jusqu'au caillou des chemins et à la mousse des ruisseaux, tout firappait son attention. Peu à peu ses courses s'étendirent ; si bien, qu'avant de lever les yeux sur les Alpes, il avait cent fois parcouru la large vallée où s'élevait sa ville natale, il en avait exploré toutes les collines, les moindres mis-