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PRÉFACE. IX

apprécier les efiets de toutes ces causes. Et ce n'est pas dans la tranquille méditation du cabinet, ce n*est pas dans les loisirs d'une vie sans fatigue, que de Saussure travaillait à recueilir les matériaux d'une grande science, mais au milieu des rocs, sur les hautes sommités des Alpes, où, s* arrachant au charme de l'amitié et de la vie de famille, et oubliant trop les maux qu'il ressentait déjà, il allait braver les tempêtes, les glaces, les milles souffrances qui peuvent assaillir l'homme dans ces lieux qui n'ont pas été destinés à sa demeure ; mais aussi, c'est là seulement, vous dira-t-il, que le naturaliste peut surprendre la nature dans ses mystérieuses opérations. « Ces grandes chaînes, dont les sommets percent dans les régions élevées de l'atmosphère, semblent être le laboratoire de la nature et le réservoir d'où elle tire les biens et les maux qu'elle répand sur notre terre, les fleuves qui l'arrosent et les torrents qui la ravagent, les pluies qui la fertilisent et les orages qui la désolent. Tous les phénomènes de la physique générale s'y présentent avec une grandeur et une majesté dont les habitants des plaines n'ont aucune idée; l'action des vents et celle de l'électricité aérienne s'y exercent avec une force étonnante ; les nuages se forment sous les yeux de l'observateur, et sou-

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