X PRÉFACE
vent il voit naître sous i^ pieds les tempêtes qui dévastent les plaines, tandis qae les rayons da soleil brillent autour de lui et qu'au-dessus de sa tête le ciel est pur et serein.
Jamais savant ne fut plus difBcile en fkit de preuves, plus en garde contre les séductions de l'esprit de système. Si une explication longtemps cherchée se présentait à son intelligence, à'û lui venait des idées nouvelles, il lui fallait pour les admettre la rigueur d'une démonstration mathématique, « plus sévère encore dans ses expériences, » dit Senebier, « lorsqu'elles confirmaient les idées qu'il avait eues, que lorsquelles les conttiedisaient. » Ce besoin d'exactitude ne lui laissait pas de repos. Il avait étudié les Alpes eu détail ; il lui maiiquait encore de les voir dans leur ensemble, de saisir les rapports qui lient c^s hautes cimes dont il savait déjà l'organisation particulière x i} brûlait de s'élever au-dessus d'elles, et de pouvoir saisir d'un coup d'œil le système de leur enchatae^ ment; il ne songeait plus depuis longtemps qu'à l'admirable, mais, hélas ! inacessible observatoire que semblait lui offrir le colossal Mont*Blanc« « Gela était, » dit-il, « devenu pour moi une Sorte de maladie : mes yeux ne rencontraient pas cette montagne, que l'on voit de tant d'endroits de nos environs.
PRirAGS. XI
«ans que j'^roavasse uq sentiment douloureux. » Il put enfin la reycir sans cette impression de trouble : au aïois d'août 1787, il atteignit cette cime, A longtemps et si ardemment désirée. Nous vou-* imm ici trouver des jparoles dignes de eâébrer ce Aoura^ox dévouement à }a science, de montrer de {kussure poursuivant dans c^te marcbe terrible, à travm^ le^ dangers et des fatigues étranges, le but qu'il s'était proposé ; lui seul pourrait nous kB £9cimir, mais il faudrait rapporter presqu^en entier l'admirable récit qu'il a donné de son ascension. Nous y renvoyons donc nos lecteurs; ils lûmeront nûeux le lire d^tns ce volume, dégagé de Ugnes étrangères.
Riche de tant de trésors d'observations, ei labo^ rieuseinent acquis, de Saussure eut le courage de réâster à la tentation de faire un système & lui. Guvier a fait de ce trait le trait principal de son âoge : il s'arrête à conjtempler cet homme, qui, après de si longues méditations et de si grands travaux, se demande ce qu'il a fait* ce qu'il lui reste à faire, et qui, trouvant la science encore l»en piuvre en comparaison de ce qu'il lui faut encore acquérk*, ne veut pas conclure, et termine sa laborieuse carrière en léguant à ses successeurs et seaa mf^esice et la liste de ce qu'il leur laisse