GLACIER DES BOSSONS
une consistance qui approche de celle de la glace, elles sont divisées comme celles du glacier par de grandes crevasses ; elles s'imbibent d'eau à mesure que le soleil fait fondre leur surface, et Thiver prochain ces neiges saturées d'eau deviendront, en se gelant, des glaces parfaitement semblables à celles du reste du glacier.
Nous fûmes de retour à cinq heures du soir au château du T\IonlanYert ; nous y prîmes un moment de repos, et nous descendîmes de là en deux heures du Prieuré, un peu fatigués, mais bien satisfaits de notre journée.
Glacier doff BosaoïKi.
Le glacier des Bossons est, comme celui des Bois, une des curiosités de la vallée de Chamouni que voient la plupart des étrangers. On passe au-dessous de ce glacier en allant au Prieuré ; et là, dans un petit hameau nommé les Bossons^ qui sans doute a donné soiftiom au glacier, on trouve des guides qui sollicitent les voyageurs de s'y laisser conduire. On y va par un sentier charmant, d'abord au travers dhin petit bois d'aunes, le long du ruisseau qui sort du glacier, ensuite par des prairies, et enfin au travers d'une forêt de sapins. Cette dernière partie est pénible à cause de la rapidité de la pente qui est inclinée de trente ou trente-un degrés. En gravissant cette pente, on côtoie le glacier, et on a le plaisir cle voir de très-près des pyramides de glace de la plus grande beauté. C'est une observation que j'ai déjà faite plus d'une fois, que partout où les glaciers reposent sur
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un plan horizontal, leur surface est aussi à peu près horizontale, mais que dans les lieux où ils reposent sur des plans inclinés, leurs glaçons se culbutent, se pressent, et prennent des formes et des positions vallées et souvent bizarres. Les flancs escarpés de ces glaçons, lavés continuellement par les eaux qui en distillent, sont parfaitement nets et brillants ; on n'y voit ni sable ni gravier comme sur les plans horizontaux ; ils paraissent d'un blanc éblouissant dans les parties qui réfléchissent les rayons du soleil, et d'un beau vert d'aigue-marine dans celles que ces rayons traversent, Ces grandes pyramides, brillantes et colorées, vues au travers des sapins, que souvent elles surpassent en hauteur, présentent le spectacle le plus frappant et le plus extraordinaire.
Au haut de cette montée, qui, si elle est rapide, est en revanche très-courte, on trouve un espace ou le glacier, reposant sur un plan horizontal, a aussi sa surface k peu près aussi horizontal. Là, après avoir traversé celte enceinte de pierres et de gravier qui borde presque tous les glaciers, on peut descendre sur la glace, traverser même le glacier, et revenir au Prieuré par une route difi'érente de celle qu'on a prise en montant. Ce glacier, beaucoup plus étroit que celui du Montanvert, ne présente que fort en petit les gïands phénomènes qne nous avons observés sur celui-ci: on y voit pourtant d'assez grandes crevasses, et on y prend une idée de ces ondes que nous comparions aux vagues d'une mer agitée. Les voyageurs qui ont vu le glacier des Bois peuvent dpnc se dispenser de voir celui des Bossons ; mais ceux pour qui la course ^du Montanvert est