‹ Voyages dans les AlpesChapitre 6 sur 66 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

à chercher après lui. Après le génie, qui d'un premier bond atteint à la vérité, rien n'est plus imposant que la retenue du savant qui s'incline devant l'objection qu'il ne peut résoudre. 11 vaut encore mieux pour la science mourir sans avoir attaché son nom à un système, que d'encroûter un soleil, comme Descartes, pour former un globe au mépris d'observations contraires, ou d'appeler à son secours une légion d'hypothèses sans appui aucun, pour former un monde imaginaire qui n'a rien de commun avec celui qui existe. Il y a quelque chose de touchant à voir de Saussure, à chaque trait de lumière, à chaque doute (et les doutes étaient sans cesse renaissants dans cet esprit philosophique), repartk* pour ses montagnes, le marteau du mineur à la main, aller demander à la nature la confirmation ou la destruction de ses idées. L'histoire de la science ne montre pas, il faut l'avouer, qu'il ait trouvé chez ses prédécesseurs beaucoup d'exemples de cette belle retenue 5 et le sien, sans doute, .n'empêchera pas les systèmes de s'élever comme autrefois dans le champ des sciences naturelles. Cependant, et c'est encore là une dé ses gloires, il aura formé d'illustres élèves à cet esprit d'examen et d'observation consciencieuse, qui est l'honneur des savants de sa patrie et depuis la fin

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