SECOND VOYAGE AU MONT-CERVIN
Dans le voyage dont on vient de lire la relation, de Saussure n'avait pu voir le Mont^Gervin qu'en passant, et il s'était bien promis de revenir pour observer de plus près ce magnifique rocher : c'est ce qu'il fit deux ans après. Le récit de cette course, qui est aussi la dernière des Voyages dans les Alpes du grand naturaliste, offre quelques pages intéressantes qui doivent prendre place à la suite du voyage au Mont-Rose. — Cette fois-ci, de Saussure aborde le Mont-Cervin par le val d'Âosto, d'où nous allons le suivre.
En allant de la cité d'Aoste au Mont-Cervin, on passe auprès de la ville de Châtillon ; mais on n'y entre pas, on la laisse à droite, et on monte à gauche au nordnord-ouest par un très-beau chemin qui, à son entrée et même jusqu'à un quart de lieue, paraît fait pour des voitures.
On traverse d'abord un superbe bois de châtaigniers, parsemé de blocs de serpentine demi-dure. On y voit aussi quelques fragments de granit. En sortant de ce bois, qui ne dure qu'un petit quart d'heure^ on voit que