XIV PRÉFACE
tique, et, en même temps, une imagination poétique qui lui faisait ressentir avec une merveilleuse vivacité des impressions absolument étrangères au but qu'il poursuivait. Personne plus que lui ne jouissait de cette paix de Famé qu'on éprouve en cheminant dans les tranquilles vallées des Alpes ; pour personne il n'y avait plus de poésie dans la beauté du ciel, le silence des hautes montagnes et les haltes dans un chalet. Mieux partagé que d'autres voyageurs, qui ne sentent peut-être pas avec moins d'énergie les beautés de cette grande nature, il trouvait, à côté de cette poésie générale, des objets d'un vif intérêt pour ses goûts scientifiques; de ses impressions pittoresques, il passait à l'observation plus détaillée de cette même nature qu'il venait de contempler dans son ensemble, et on^peut dire que pour lui ce n'était pas descendre ; car il apportait à cet examen, avec la mên>e ardeur, un genre de curiosité aussi élevé.
Une grande sérénité d'âme résultait de cette combinaison de jouissances diverses, d'activité et de contemplation, et de là le singulier charme de ses descriptions ; car son style est la vivante image de ses impressions. Il les a racontées avec une candeur, candeur est le mot, rare chez nos écrivains et surtout chez nos voyageurs, et il est arrivé ainsi