‹ Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 26 sur 83 · RE · texte numérisé non relu

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douze Sandwichiens pour le service de la factorerie, s'il la trouvait existante, et continua ensuite son voyage.

Le 6 mai, il arriva à l'embouchure de la Colombia, et rangeant la côte aussi près que possible, il tira deux coups de canon. Aucune réponse n’y fut faite, et l’on n'apercut sur le rivage aucun signal. La nuit venant, le vaisseau retourna vers la pleine mer, et toutes les espérances s’évanouirent à mesure que la terre s’effaçait. Le lendemain matin, le Castor revint encore à une lieue du rivage, et tira d'autres signaux, mais sans obtenir plus de réponse. Un bateau fut alors dépêché pour sonder le chenal et tâcher de trouver une entrée; mais il revint sans succès à cause des brisants et de la houle qui était épouvantable. Des coups de canon furent de nouveau tirés dans Îa soirée, mais également en vain , et le vaisseau regagna encore une fois a haute mer pour la nuit. Le Capitaine renoncça alors à tout espoir de trouver aucun établissement, et s’abandonna aux plus sombres appréhensions. Il craignait que ses prédécesseurs n’eussent été massacrés avant d’avoir atteint le lieu de leur destination; ou, s'ils avaient élevé un comptoir, qu’il n’eût été surpris et détruit par les Naturels.

Dans ce moment d'incertitude et de crainte, M. Clarke annonça qu'en mettant les choses au

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ASTORIA, 147 pis, il était déterminé à fonder un établissement avec son monde et ses ressources présentes.

Chacun s'engagea courageusement à le seconder dans cette entreprise. Le lendemain matin, le vaisseau s'approcha du bord pour la troisième fois, et ira trois coups de canon, mais avec peu d'espoir de recevoir une réponse. A la grande joie des passagers, on enteudit peu après trois coups de canon distincts venant du rivage. Les appréhensions de tout le monde, excepté celles du capitaine Sowle, furent alors calmées : mais ce prudent commandant, se rappelant les instructiotis qui lui avaient été données par M. Astor, ne voulut procéder qu'avec la plus grande circonspection. Il connaissait bien l'esprit de ruse et de perfidie des Indiens. H n'était pas'impossible , 6bserva-t-il, qu'ils eussent eux-mêmes tiré ces canons. Ils pouvaiént avoir surpris le fort, massacré les Américains, et-ces signaux pouvaient n'être que des leuxres pour attfrer le vaisseau au delà de la baïre, afin d’avoir une chance de s’en emparer. |

À la fin on apercut un pavillon blanc, élevé comme signal sur le cap Désappointement. Les Passagers le montrérent en triomphe; mais les doutes du Capitaine n'étaient point encore dissi pés. Durant la nuit, un grand feu brilla comme un phare à la même place ; mais le Capitaine observa

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que tous ces signaux pouvaient être perfides. Dans la matinée suivante , 9 mai 1812, on jeta l'ancre près du cap Désappointement, en dehors de la barre. Vers midi, ôn aperçut un canot indien se dirigeant vers le vaisseau, et tout le monde reçut ordre de se tenir alerte. Peu d’instants après on découvrit une barge qui suivait le canot. Les Passagers, ägités de crainte et d’espérañice , restaient immobiles, les yeux fixés sur cette barque qui devait leur faire connaître le destin de l’entreprise et le sort de leurs prédécesseurs. Cependant le Capitaine ; toujours défiant, ne laissa pas sa curiosité l’emporter sur sa prudence. Il ordonna à une partie de ses hommes de prendre les armes pour recevoir les étrangers. Le canot vint le premier le long du bord : il portait Comcomlty avec six Indiens. Dans la barge étaient Mac Dougat, Mac Lellan et huit Canadiens. Une courte conversation avec ces messieurs ayant dissipé toutes les craintes du Cäpitaine, le Castor traversa la barre sous leur pilotage , et jeta l'ancre en sûreté dans la baie de Baker.

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