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20 ASTORIA, ouest avaient méme répandu Le bruit qu'ils avaient été exterminés par les Indiens.
C'était une rude épreuve pour le courage et pour les ressources d’un seul individu, d'avoir à préparer encore une expédition considérable pour uuc entreprise qui avait déja tant coûté, qui était enveloppée d’une obscurité si grande, et où les risques de perte étaient tellement augmentés, qu'il n'y avait pas moyen d'effectuer une assurance. En dépit de tous ces sujets de découragement, M. Astor sc détermina à envoyer un autre vaisseau au secours de l'établissement. Il choisit dans ce dessein un navire appelé l’Alouette (the Lark), et vemarquable par sa marche supérieure. Cependant, la grave situation des affaires occasionna tant de délais, que le vaisseau était encore retenu dans le port au mois de février
Dans ces conjonctures, M. Astor apprit que la Compagnie du Nort-ouest se préparait à faire partir l’Isaac Todd, vaisseau armé de vingt canons, pour former un établissement à l’embouchure de la Colombia. Ces nouvelles lui donnèrent beaucoup d'inquiétude. La plupart des individus employés par lui étaient des Écossais et des Canadiens. Plusieurs d’entre eux avaient été au service de la Compagnie du Nord-ouest. Si M. Hunt n'avait pas réussi à arriver à Astoria,
ASTORIA , 263 tout l'établissement devait être sous le contrôle de M. Mac-Dougal, dont la fidélité avait été rendue suspecte à M. Astor par les récits du capitaine Thorn. Enfin, le Gouvernement britannique pouvait juger convenable d'envoyer du monde contre l'établissement, comme il en était pressé depuis long-temps par la Compagnie du Nord-ouest.
Dans ces circonstances, M. Astor écrivit à M. Monroe, alors secrétaire d'État, pour lui demander la protection du Gouvernement des États-Unis. Il représenta l'importance de sou établissement, sous le point de vue commercial, ct l'abri qu'il pourrait procurer aux vaisseaux américains dans ces mers. Tout ce qu’il demandait, c'était que le Gouvernement américain y jetât quarante ou cinquante hommes, qui seraient suflisants pour défendre Astoria jusqu'à ce qu'il pût y envoyer un renfort par terre.
Il attendit en vain une réponse à cette lettre. Le Gouvernement était sans doute, en cemoment, préoccupé par la multitude accablante des affaires. Le mois de mars arriva, et M. Astor ordonna à l’Alouette de mettre en mer. L’oflicier qui devait la commander recula devant ses engagements, ct, dans l'exigence du moment, le vaisseau fut confié à M. Northrop le lieutenant. M. Nicolas G. Ogden, à l'intégrité et aux talents duquel on
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