‹ Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 44 sur 83 · RE LÉ FI IT · texte numérisé non relu

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peine à se priver de la moindre chose. Ils ne moutraient d’ailleurs aucune reconnaissance des boutés qu'on leur témoignait. Quand on arriva chez eux ils étaient occupés à prendre et à préparer du saumon. Les hommes étaient grands, robusles, actifs et de bonne mine. Les femmes étaient beaucoup mieux que celles des tribus plus rapprochées de la côte.

M. Clarke se proposait de laisser là ses bateaux ct de se rendre par terre au lieu de sa destination, situé à environ cimquante lieues plus loin, parmi les Indiens spokans. Il chercha en conséquence à acheter des chevaux pour son voyage; mais il lui fallut, pour cela, lutter avec les dispositions sor-dides de ces peuples. Ils demandaient pour leurs chevaux des prix si élevés, et ils étaient si peu traitables, que M. Clarke fut retenu sept jours parmi eux , avant de pouvoir se procurer le nombre de bêtes qui lui étaient nécessaires. Durant ce temps 1l fut tourmenté par des vols multipliés dont il ne pouvait obtenir aucune justice. Le Chef promettait toujours de lui faire recouvrer les ob-

jets volés; mais il ne le faisait point, alléguant

que les coupables appartenaient à une tribu éloignée, et étaient décampés avec leur butin.

M. Clarke fut obligé de se contenter de ces excuses, mais 11 amassa dans son cœur une amère ran-

cune cobtre toute la race des Nez-percés. On

ASTORIA. 200 verra qu'il trouva, plus tard, une occasion de se venger d’une manière signalée.

Ayant fait ses arrangements pour le départ, M. Clarke tira sa barge et ses canots dans un endroit ombragé d’arbrisseaux et de saules, sur le bord d'une petite baie. Le Chef des Nez-percés s'étant engagé à les surveiller, grâce à de libérales promesses, M. Clarke monta sur son coursier ct se mit à la tête de sa petite troupe, après avoir secoué la poussière de ses souliers, en quittant ce village de friponus et de trafiquants intéressés. Nous ne le suivrons point, pas à pas, dans son voyage, qui le mena tantôt parmi des monts abruptes et rocailleux, au milieu des escarpements et des précipices, tantôt sur d’arides plaines, remplies de serpents à sonnettes, où les hommes et les chevaux souffraient également de la “haleur et de la soif, L'endroit qu'il choisit pour établir son comptoir était une jolie pointe de terre, à la jonction des rivières Spokan et du Cœur - pointu ( Pointed Heart). Son établissement était destiné à lutter contre un comptoir de la Compagnie d'i Nord-ouest, situé à peu de distance, et à lui enlever, s’il était possible, le commerce des Indiens spokans, des Cootonais et des Têtes-plates.

5. Mac Kenzie, qui conduisait le troisième détachement de la Wallah-Wallah, navigua pendant

plusieurs jours pour remonter la branche sud de

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