‹ Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 51 sur 83 · ES · texte numérisé non relu

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ki MA à ASTORIA, 200 % À | ” qui avaient volé et maltraité Reed, quand il por- F | Le | lait ses dépêches dans sa boite de fer-blane. Ou NL” (ll savait que la carabine dont il avait été dépouillé JE À . était demeurée, comme un trophée, dans le village. th | de Mac Keuzie oflrit de traverser la rivitre et d'aller fs L nl demander la carabine si quelqu'un voulait l'ac- “il | h= compagner. C'était un projet plein de témérité, M car ces Indiens étaient connus par leur caractère ‘tu. ut, de scélératesse. Cependant deux volontaires se HU dé présentérent sur-le-champ, Alfred Seton, Clerc, Lo î ns el Joe de la Pierre, cuisinier. Ge trio atteignit ve | | a bientôt le bord opposé de la rivière. En débar- it

et quant chacun remit des amorces nouvelles à sa ‘à p- carabine et à ses pistolets. Un sentier, serpentant ne nt pendant une centaine de mètres parmi des ro- "4 ! chers, conduisait au village. Personne ne semblait u a 1 Le s'apercevoir de leur approche. Pas un homme, Ne: ed pas une squaw, pas un enfant ne se présentait d ÿ # ns pour les saluer. Les chiens mêmes, ces sentinelles À f. bruyantes d’une cité indienne, gardaient le silence. "EU Sie Quand ils entrèrent dans le village un jeune gar- ‘9 les con se montra et indiqua du doigt une maison L va ils plus grande que les autres. Nos aventuriers furent OL po es, obligés de se courber pour y entrer. Aussitôt | 4 sil qu'ils eurent passé le seuil, l'étroite entrée fut x à tout-à-coup obstruée par une foule d'Indiens qui d. i ir ne s'étaient point fait Voir auparavant. À gr

00) ASTORTIA.

Mac Kenzie el ses compagnons se tronvatent dans une espèce de chambre d'environ vingt-cin] pieds de long sur vingt de large. Aune des extrémités, auprès d’un feu brillant, était assis le Chef, homme d'une soixantaine d'années. Un grand nombre d'Indiens, enveloppés de robes de bisons, étaient accroupis sur trois de profondeur, et formaient un demi-cercle autour des trois côtés de la chambre, Un seul coup d'œil suflit à nos aven- Luriers pour remarquer le farouche et dangereux conclave où ils s'étaient introduits, et pour leur faire voir que toute retraite était coupée par la foule qui avait bloqué la porte.

Le Chef montra à nos gens un côté de la chambre qui était vacant, en face de la porte, et les engagea à s’asscoir. Ils obéirent. Un silence mortel s’ensuivit. Les farouches guerriers étaient assis en cercle comme des statues. Chacun d'eux, euveloppé dans sa robe, tenait. ses yenx sauviges lixés sur Îles intrus. Ceux-ci sentirent qu'ils élaient dans une position fort dangereuse.

« Observez le Chef pendant que je lui parlerai, dit Mac Kenzie à ses compagnons. S'il donnait un signal à sa bande, tuez--le et gagnez la porte. »

Après ces mots, Mac Kenzie s’avanca et offrit an Chef la pipe de paix; mais elle fut refusée, H

Hit alors un discours régulier, expliquant l'objet

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\STORIA, 4” de sa visite, et proposant de donner en échang: de la carabine deux couvertures, une hache, quel: ques verroteries et du tabac.

Quand il eut fini, le Chef se leva et prit a parole, d’abord à voix basse, mais en haussant successivement le ton, et en se montant à la fin jusqu'à la fureur, I blâma d'abord la sordide conduite des hommes blancs, qui passaient et repassatent sans cesse dans le voisinage des Indiens, sans leur donner jamais une couverture, ni aucune autre marchandise, simplement parce qu'ils n'es péraient pas de fourrures à recevoir en échange. Enfin il rappela , avec des menaces de vengeance, la mort de l'indien tué par les Blancs, dans l’escarmouche de la cataracte.

On approchait de la crise. I était évident que les Sauvages n’attendaient qu'un signal du Chef pour se précipiter sur leur proie. Mac Kenzie et ses compagnons s'étaient graduellement levés sur leurs pieds pendant ce discours , et avaient amené leurs carabines dans une position horizontale. Le canon de celle de Mac Kenzie était à trois pieds du corps de lorateur. Nos aventuriers armérent leurs carabines. Le cliquetis des batteries fit pâlir pour un instant les sombres joues du Chef sauvage et il y eut une pause. Ils s’avancèrent froidement, mais promptement vers la porte. Les Indiens s’écartérent avec crainte et leur permirent de pas-

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ser. Le soleil se couchail précisément au moment ot ils sortaieut de ce dangereux repaire. En resagnant leur canot, is prirent la précaution de suivre autant que possible le sommet des rochers, et atteignirent le camp en sûreté, se félicitant mutuellement d'être hors d’affnire, et ne sentant aucun désir de rendre une seconde visite aux farouches gucrricrs de Wish-ram.

Mac Kenzie et sa brigade continuerent leur voyage, le lendemain matin. À quelque distance au-dessus des calaractes de la Colombia , ils apercurent deux canots d’écorce, remplis d'hommes blancs, et descendant la rivière, au chant joyeux d'une troupe de Voyageurs canadiens, On s’arréta pour causer. C'était un détachement de la Compagnie du Nord-ouest, commandé par M. John George Mac Tavish, et se dirigeant, plein d'espoir et de bonne humeur, vers l'embouchure de la Colombia, pour y attendre l’arrivée de l'Isaac Todd.

Mac Kenzie et Mac Tavish firent une halte, et campérent ensemble pour la nuit. Les Voyageurs des deux troupes se saluèrent comme d’anciens camarades, comme des frères, et se mélirent ensemble comme s'ils avaient été unis par un commun intérêt, au lieu d'appartenir à des Compagnies rivales, et de traliquer sous des pavillons ehheMUIs.

Dans la matinée les deux brigades poursuivirent

leur route , d’une manière analogue à leur fortune : l'une luttant péniblement contre le courant, l'autre se laissant gaiement entrainer par l'onde rapide.

Mac Kenzie arriva heureusement à son poste désert du Shahaptan ; mais il s’apercut, à son grand chagrin, que ses caches avaient été découvertes et pillées par les Indiens. Il se trouvait dans un grand embarras, car il avait compté sur les marchandises volées pour acheter des chevaux. Il envoya ses hommes dans toutes les directions pour tâcher de découvrir les voleurs, et dépêcha M. Reed au poste de MM. Clarke et David Stuart, avec les leitres de M. Mac Dougal.

La résolution de quitter Astoria, annoncée dans ces lettres, fut condamnée également par Clarke et par Stuart. Ils avaient tous les deux été heurcux dans leurs postes, et trouvaient qu’il était pusillanime d'abandonner, à la première difliculté, une entreprise si coûteuse et qui promettait déjà tant, Ils ne firent donc aucun arrangement pour quitter le pays, mais continuèrent à agir de manière à maintenir leurs prospères établissements.

L'époque approchait où les Partners de l'intérieur devaient se réunir à l'embouchure de la Wallah-Wallah, pour se rendre à Astoria avec leurs pelleteries. M. Clarke emballa done toutes les

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