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ASTORIA. 45 de paille étaient amoncelées d'immenses quanlités de tètes ct de peaux de saumon, dont les parties les meilleures avaient été préparées et cachées sous terre. Les femmes étaient mal habillées; les enfants plus mal encore. Leurs vétements étaient des robes de peau de bison, de renard , de loup, de lièvre, de blaireau , et quelquefois des peaux de canard cousues ensemble, avec les plumes en dehors. Beaucoup de ces peaux devaient avoir été obtenues par échange avec d’autres tribus, ou recueillies dans des expéditions de chasses lointaines, car les prairies découvertes du voisinage ne renfermaient que peu d'animaux, excepté des chevaux qui y paissaient en grand nombre. On y voyait aussi, cependant, des traces de bisons, mais d’une époque déjà ancienne.
Le 15 novembre, nos voyageurs firent neuf lieues le long de la rivière, alors entièrement débarrassée de rapides. Les rives étaient couvertes de saumons morts, et l’air en était infecté. Les Naturels qu'on rencontra donnèrent des nouvelles de M. Reed, qui avait passé dans leur voisinage. Dans le courant de la journée, M. Hunt vit quelques chevaux, mais leurs possesseurs prirent soin de les emmener précipitamment. Deux chiens et un saumon furent toutes les provisions qu'on put se procurer. Le jour d’après nos voyageurs furent encore plus malheureux ; il n’eurent
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pour subsister que du blé grillé et les restes de
leur viande séchée. La rivière avait repris son curactère turbulent, et, se précipitant dans un étroit
1 caual, entre des rochers élevés, était coupée de LL violents rapides. Ce jour-là la caravane fit sept le lieues sur une route raboteuse, en approchant LU graduellement d'une montagne couverte de neige El qu’on apercevait depuis trois jours vers le nord- LT ouest.
Ég Le 12, on rencontra plusieurs Indiens, l’un | di desquels avait un cheval. M. Hunt désirait extré- Hé mement l'obtenir pour porter le bagage, car ses fit hommes, abattus par la fatigue et par la faim, il trouvaient que leur charge de vingt livres deve- Ï nil nait de jour en jour plus pesante. Malkeure’ :- QU ment les Indiens qui habitaient les bords : L'arbn rivière n'étaient jamais disposés à se séparer de | 4 Ê | | leurs chevaux. Le propriétaire du coursier en ques- | id tion semblait à l'épreuve de toutes les tentations. pu Des articles d’une grande valeur aux yeux des fi ji Sauvages avaient été offerts et refusés l’un après | hi l’autre, lorsqu’à la fin les charmes d’une vieille | Hit bouilloire de fer-blanc se trouvèrent irrésistibles, | LL et firent conclure le marché.
[a | Une grande partie de la matinée suivante fut | it employée à alléger les paquets des hommes, et à Et arranger la charge du cheval. Dans ce campement | MALE on n'avait pas tronvé de combustible. Le bois
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d'absinthe, auquel on avait souvent été réduit, avait même disparu. Pendant les deux dernières journées on avait fait dix lieues au nord-ouest, Le 19 novembre, M. Hunt eut le bonheur d'acheter un autre cheval, pour son propre usage. Il donna en échange un tomahawk, un couteau, un briquet, quelques verroteries, et quelques jarretières. Malheureusement, il adopta l'avis des ludiens, d'abandonner la rivière et de suivre une route, ou piste, qui conduisait dans la prairie. 11 eut bientôt lieu de s'en repentir. La route passait à travers un affreux désert, dénué de toute ver:dure, et où il n’y avait ni fontaine, ni mare, ni ruisseau. Les tourments de la soif qu'éprouvaient les Voyageurs canadiens étaient aggravés par leur nourriture habituelle de poisson séché : ils eurent recours aux moyens les plus révoltants pour l’'4,iser. Pendant huit lieues nos aventuriers se trainèrent dans cet effroyable désert, et le soir, en se couchant altérés et découragés auprès de leur feu d’absinthe, ils avaient encore en perspective de plus grandes souffrances pour le jour suivant. Heureusement pour eux il vint à pleuvoir dans la nuit, et l’eau se rassemblant en petites mares leur fournit une boisson délicieuse.
Ainsi rafraichis ils reprirent leur voyage aussitôt que les premieres clartés de l'aube leur permirent de distinguer le chemin. La pluie continua
tout le jour, de sorte qu'ils ne souffrirent plus dé la soif; mais la faim en prit la place, car, après avoir marché onze lieues, ils n’eurent pour tout souper qu'un peu de blé grillé.
Le lendemain les amena auprès d’une jolie petite rivière, coulant à l’ouest, et bordée de cotonuiers et de saules. Sur ses bords était assis un camp indien, autour duquel paissaient un granit nombre de chevaux. Les habitants paraissaient mieux vêtus qu’à l'ordinaire, et ce spectacle semblait tout-à-fait réjouissant pour les pauvres voyageurs affamés. Ils se hâtérent d'atteindre les loges, mais en y arrivant il leur advint une aventure qui ralentit tout d’abord leur joie. Un Indien réclama le chevalde M. Hunt, disantqu’il lui avait
été volé. Il n’y avait pas à nier un fait prouvé par de nombreux assistants, et que l'habitude des Indiens de voler des chevaux ne rendait que trop probable. M. Hunt abandonna donc son coursier au réclamant, ne pouvant pas le racheter une seconde fois.
Nos aventuriers campèrent dans cet endroit
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pendant la nuit, et firent un somptueux repas,