‹ Voyages dans les régences de Tunis et d'Alger (volume 2)Chapitre 17 sur 53 · P. M. ME · texte numérisé non relu

P. M. ME

Tout le terrain , depuis Suse jusqu^aux Faz et des Faz à Augen , est assez ingrat. Ce ne sont que des collines avec des plaines sablonneuses. On n^ voit que des arbrisseaux , des lentisques, des tamarins et quelques pins. Je ne découvris aucune plante qui méritât attention. On y trouve parfois des plaines cultivées, avec des oliviers et des figuiers auprès des villages; on a soin de les arroser avec de Peau des puits qui est saumâtre.

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Le 2 août nous fîmes route au nord-ouest-' quart dWest pour aller au Caïrouan ; nous passâmes à deux lieues d^Augen par un marsebout appelé Sidy-Nazer> et ensuite nous entrâmes dans une espèce de lac ou terrain salé d^où Ton tire tout le salpêtre nécessaire à ce royaume; Cet étang , formé par les pluies de rhiver^ est presqu^à séc dans Pété* Il comrmence près de Giitiel et s'étend vers le sud près de vingt lieues ; il a quatorze lieues de large ^ ^ La chaleur fiit extrême ce joinvlà; nous fûmes coucher à un douar de Maures bédouins.

Le 3 août nous arrivâmes, sur les huit heures du matin, au Caïrouan, éloigné de quatqrze heues d'Augeii. La montagne de Za^ wan restait au nord-nord-est à 16 Ueues. La latitude du Caïrouan est de 35** 35' ".

Le Caïrouan est une ville des plus considérables de ce royaume ; située dans une plaine salée, elle à une demi-Ueue de circuit, est très peuplée et fort marchande. Elle a été ruinée plusieurs fois et a été bien réparée sous le bey

» Cet étaiig n'est point marqué sur les cartes. • Jd. dans Shaw ; 35** 4^' dàn^ les cartes de M. le fcolonel Lapie.

Hassem ben Aly . £Ue est entourée de muraîlr' les de peu de défense avec un château trè» mal fortifié ; il n^y paraît rien d^anticfue et il n^ A aucun monument remarquable* Le bey y a un bardou qui nVrien de beau, où il loge pendant la campagne dliiver lorsque le camp va du coté du Gérid. Le khamadar y a fidt bâtir un fondou ou auberge assez belle pour le pays. Au milieu de la ville on trouve une souxY^de bonne eau. On y fait beaucoup d^étoffes de laines , bemous, sidflicielis et autres propres pour le pays, et dans lacampagneon brûle quantité de kali pour faire de la soude^ Du Caïrouan nous continuâmes notre route quatre lieues au nordH)uest, dans la même plaine salée et nous'arrivâmes vers les ruines de Geloula^ , au commencem^it des montagnes. Nous vîmes dans cet endroit quelques laml^eaux de murailles qui subsistent encore ^ mais nous ne trouvâmes aucune inscription. Nous entrâmes après dans les montagnes d^Ousela * où nous vîmes quantité de mauvais villages situés au sommet de ces montagnes qw

' JellouUh. (S. L.) » Usclctt. (S. L.)

sont fort hautes et escarpées. On dit qu^il y a^ dans cette chaîne de montagnes, plus de deux cents villages qui peuvent fournir, en cas de besoin, près de quatre-vingt mille honunes armés la plupart de fusils. Nous rencontrâmes quelques sources d^eau douce ec deux vestiges de tilles. Sur la route, nos chevaux sen* tirent le frai de quelques bêtes féroces ; i!s hennissai^it et ne voulaient point avancer. Ces montagnes sont l*emplies de lions , de tigres i, de gros serpens et de plusieurs animaux sau-^ vages qui , dans Fhiver , font quelquefois bie:! du mal aux hommes mêmes , mais nous n^eii vîmes point* La route valut le nord^nord-oueGt trois lieues dans les montagnes. Nous^ntrames après dans une grande vallée qui paraît avoir été fort peuplée par quantité de débris de villes rasées de fond en comble que nous aper^ Cevions. Nous couchâmes ce jour-là auprès des ruines de Mansous*, autrefois Marazana^^

* Il y a dans ^Afrique septentrionale des panthères , des otices et des léopards ç mais le tigre proprement dit iiea'y ti'ouvepas.

" Mansoure. (L.)

3 M. Lapie place Marazana ou Marazania bien plus

éloignées des inontdgiies d^Ousela de trois lieues; la route N. N. O. Mansous ou Mat^azana létait une Tille située au pied dWe montagne^ au commencement ^We vallée fort grande , entre les montagnes d^Ousela et celles de Menlou ^ ou de Suffetula. Elle répond à lamontagne de Zawan qui reste au nord-est. Cette yillé a été détruite dé même que les autres. On y voit les débris dW temple dont la nef du milieu était soutenue par de grosses colonnes, et entre ces colonnes étaient de grosses pierres qui avaient quinze pieds de long sur trois d'^épais^ seur. On en Voit endore pluâeûrs chargées d^omemens en bas-relief; elles servaient de plates-bandes pour soutenir la voûte entre les colcmneSi A coté de cet édifice on trouve une pierre qui a dix-huit pieds de long où on lit écrit en gros caractères :

o / DIVI MAGNI ICNT. / 6

et sur d'^autres quartiers de pierres rompues t

PRINCIPI PECVNIA / CASTRVM EXORNAVI /

au sud, à l'endroit appelé aujoui*d'hm Kisser. ^Carte de i833).

iMëgala. (S. L.)

On -y trouvé quantité de .pierres portant le^ noms des mijrts sur lesquels elles avaient été posées; dWtres où Ton ne trouve rien dV^é-^ ressaut. Voici deux de ces épitaphes:

DOMITIVS ANTONIVS

ANTONINVS, LAVSIANVS

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