LETTRE ONZIÈME
A M. Vabbé Bignon^ Conseiller d^Ekztj eon^ ienani la relation et un iH>jrage fuit dans la Numidie now$elle ou la proinnce de Çonstantine^ partie du royaume d^ Alger»
La ÇUlte, le i5 fcTrler 1715.
Monsitôur ^
Afnrès avoir parcouru tout le royaume de Tunis, et y avoir observé ce qu'il m'^a été possible de voir, j'ai eu rhbnneur de vous informer de tout ce que j'ai jugé digne d'être rapporté. Je suis entré ensuite dans le royaume d'Alger, au pays que les anciens appelaient Numidie^ quoique, sous ce nom, plusieurs géographes aient ^i^tendu parler du pays qu'ion appelle Gerid ou Bélédulgerid, ccmmie il pardt par les bornes qu'As lui donnent. Ce n'est pourtant pas cette Numidie que je
viens de voir; c'^est la Numidie nouvelle*, ime* des sept* provinces que les Romains avaient établies enAfiique, qui avait la Zeugitanie et la Byzacène au levant, la Mauritanie Sitifense au couchant, la mer Méditerranée au nord, et s^étendait dans le désert du cot^diiniidi. S0s villes princip^es étaient Qrta, Zama, V^escetra, Tébestes, Biagaï, MUevis, Tagaste, Hippcn^egius, Tabraca, Tibilis, Tigisti et plusieurs autres. Cette province romaine qui, auparavant, avait des rois particuliers dont les plus illustres ont été Massinissa , Jugurtha, Hiempsal,^ Juba, connus pour avoir été vaincus par les Romains; cette province, dis-*je, qui ensuite a pris le nom de province de Constantine, fait aujourd'hui partie du royaume d'Alger, et
' Nouvelle par rapport à la Numidie telle qu'on I4 considérait avant rinvasion des armées romaines, et qui renfermait tout le pays compns aujourd'hui entre les frontières de Maroc et celles delà régence de Tunis, avec quelques contrées méridionales de cette régence. (D' Anville, Géogr, Ane. t. III, p. 90. )
* Ces sept provinces étaient les trob Mauritanies^ Tingitane, Cœsarienne et Sitifense, k Numidie, i^ Zeugitanie, la Byzacène et la Cyrénaïque.
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^t gouTeraée par un bey Turc dont Paulorité s'étend depuis les portes d'Alger jusqu'au royaume de Tunis. Elle renferme ainsi deux proi^inces romaines i la Mauritanie SHifensCj qv^ Ton a appelé le royaume de Bugie; et la Numidie^ qui a eu le nom de royaume de Oonstmitine . Elle a à présent environ cent liîeues de Test à Fouest , et s'étend depuis la mer Méditerranée , qui la borne au nord , jus^ qu'au désert du Sahara au sud. Voilà donc, Monsieur, le pays que je viens de voir, et dont je dois avoir l'honneur de vous entretenir.
Le lo janvier 1725 je partis du cap Nègre, d'où j'avais eu l'honneur de vous écrire. Nous passsdfnes devant Tabarque et devant le cap Roux, confin du royaume de Tunis , et j'arrivai le lâ à la Calle. Je fas obUgé de faire ce trajet par nier , la route par terre n'^imt pas praticable, parce que les nations des Maures <pn habitent ces quartiers sont révcdtëes et
' Léon l'Africain donné à la province de Bougie le titre de royamne^ et appelle r<».le»pi4nee de la famille régnante de Tunis q^qà ooinmatidait à G)iistatitine (Léo. Afr. pp. 53i, 540, éd. Çlzéw, i632. )
he reébnnafaseiit ni le dey cl-Ag» m te bey àe Tunis.
là CaUe est un établissement (hi un cmnp^ toir qiifii lés Fnnçàls c^ dam ee pays , deé^ tmé pour te commmi^ et pour la pèi^ éa coraîi* £n 1604 > fious Hénrirrlèh^rand, une compagiûfi de mat^kands Ibinçaîsi^ S0us la {Hxitection de leur roii^ passa un traité aToo te di¥àn ^ te dey et tes jpuissanffiea d^Alg»*, pas lequel te diiran dlAlgér kur aâedrda te lifara pèche du corail et teconunerce dei nuondaH^ distô du pays , moyennant trent&Hjuatre niilte doubtes dH)r jptar an^ ^ lèurpenDÎt^ à divises conditions, de s^éta^Ur dans lesportR de mer de cette 0âte\ srvec le libre cdcerciôe date re^ bgidn roniame ei plusieurï autres airantages.. IddS Français sMtaUiireiit dldbdnd s une petUa wase quV)n sapfpeile te Bastkm.d^ flrance. Afeis en iflBi , p^idànt la guinie que nous eûfiaes irveetes AL^riens, on fiât obëgé d^bànâofii-^ ner cet endroit-là, et Ton vint s^établir, après la paix Êdte, à trois lieues à Pest du Bastion , dans un lîeuappdié te Calle.
Le port de te Gàlte est te pri^nàer endroit que ¥on HHmvè sur te eéte dfo iy)i3nau«ne d'Alger, du côté du teyaïitj c'est une prefequ^le
qui se joint à la teire^-ferme par une pkge de sable^ mais qui dcnrient Téiitablemait lie danft les mauvais tempâ, loiisque la me»* est a^ëe p&r les jrents db aord^ocMSté L^istfapie où est Teibtrée de la plaéde est au sud. On tMtive dans llle line maiscni pour le goiiveatièur et dii^èé^ teur de la eolmpagme^ et j^tisièitt^ maisoris ofii logent te& cffîd^^ et les ^dièifirs de Gtnràiî. U»e ^smdè pds^oe occupe ]6 ïâiUéU de la jMt*estfdfAe. A cÂpé sont %it grande ttiagasiids. An fbnd^ du côté de lV]iiest, ^^ers rentrée du port, il y a un hôpital et plusieurs batteries de canon. Vis-4«-vi» de la pointe, du côté de k terre^fertne, on a bâti un moulin sur utiè élévation qui dofiiine; on y a joiât quelques fisÉ^tifications. L^aiir de cè^te placé est màttVais et donne une grande quanti^ de fiêtres ibaligneë et intermittentes, causées par les éiîhàkâ^ 8on3 des éiahgs qip sont d^^s les terres aux œTÎrons de la Calle^ ïâais j^âurai ThonnéuT dé vous parler plus amplement de ùét endroit Im^sque je tous écrirai sur le corôil ^W y pêche.
Je s^umai quelques jours à la Callè, et le 21 janvier nous partîmes avec le sieur Daubergne, drogman de la compagnie dUfiique,
e^(M*tés de quelques deires ou soldats du caïd^ pouralleràBoheet, delà^passeràConstantihe.
^ous prîmes notre rouleàrouest. Après avoir traversé quelques coteaux sablonitôux, nous trouvâmes une forêt de bois de liège, et, à une lieue de la cote, un étang dit de la Maboule, et par nous d u Bon iVIs^chand. Cet étang <XKu*t nord et sud , ayant environ deux lieues de long sur ime de large. Il y a sur le bord de la mer un autre étang qui a près de -trois quarts de lieue de <?irconférence ; il communique avec la mer vers Fancien Bastion àe Franoe , d^QÙ Tétang a pris son nom^ Nous filmes couOher à quatre lieues de la Galle , ^Uns un doûar très considérable composé d^environ deux cents tentes<le la hàtîon des Oïded Darix. Sur le soir nous entendunes un grand oA que ^ent les gardiens ^des troupeaux : c^était à Foccasion dW lion qui vint leur etileva:* une vache au douàr même ; il fut la ntanga:* à près dWe lieue de là, dans un endroit où les bergers, le jour dVprès, trouvèrent les ossemens de Fanimal mort.
Comme ce ps^y s ^st rempli db lions, de tigres '
* Voyez plus haut^ page 4 1 5.
d^ours et de plusieuA autres animaux sauvages , les troupeaux des Arabes sont souvent inquiétés, et les Arabes mêmes ne sont, pas en sûreté dans leurs tentes; de sorte qu^ils sont obligés de mettre des sentinelles qui crient toute la nuit et qui font aboyer les cbiens, afin d^éloigner les animaux sauvages et féroces. Le lion , ce roi des animaux , n^est pas aussi cruel ni aussi à craindre que Ton croit. Il est rare qu^il attaque les hommes. L'on trouve cependant ici plusieurs Arabes qui se sont battus et qui ont tué des lions avec leurs couteaux, après avoir reçu quantité de blessures que ces terribles animaux leur avaient faites avec leiu*s ongles et avec leurs dents. Sur la côte de la mer, où il y a des bois et quantité de sangliers et de cerfe dont les haos se nourrissent, ils sont moins à craindre que dans les déserts. Cqiendant Ton m'a assuré que les lions allaient souvent enlever les bo^s H les moutons au milieu du douar et des toites des Maures, qu'alors les Aralœs, et les femmes surtout, couraient après eux, arrachaient des dents du Uon le bœuf ou le mouton, et FobUgeaient de quitter prise soit en criant au lion, soit en lui don- I. 18
nant même des coups de bâton. On dit que le lion a plus pem^ des femmes que des hommes, et que les femmes arabes voyant un lion, se retroussaient devant lui et lui craient : Ne i>ùis^ tu pas que je suis unefemme\ et continuaietit a lui dire des injures jusqu'à ce que Taninlal eût pris lafiiite'. Le lion distingue, dit-oli, fort bien quand dn M parle aVet! mé{)ris ôti l^and on le caressfî. On nlV assut'é que cela ayant été rapporté au bey de Constantine, il en voulut faire Pexpérience; qu'ayant été averti qu'un lion était tombé dans une fosse qu'on aVait faite à dessein, comme en font sou- Vent les Arabes potn* prendre des bêtes féroces ^ le bey y fiit et parla aU lion ; qu'à éne*- ^uté qu'il le louait lé lion baissait la queue et là tête, et prenait une posture hi^nble et caressante ; mais que lorsqu'oh le maltraitait de paroles , il rugissait et devenait furieux. Quoique les lions de ce pays ne soient pas aussi ti-^ mides que ceux i^u'oh dit être dans Ist prt>vince d'Ayla, vers le royauiiie de MaiX)c, dont la timidité a donné lieu à ce proveAe: f^atî^ tant comme un bon d'Ayla à qui les veanx
* Voyez Léon rAfiicain, ^. ySS. -
mangent la queue , ils sont moins cruels que les tigres et que bien d^autres bêtes féroces. Il nY a pas apparence que le lion, comme on le dit, prenne la fuite au chant du coq^, car, si cela était , les Arabes ne manqueraient pas dV Tmr une grande quantité de coqs. Mais il se peut fort bien que, comme les coqs chantent à diverses heures de la nuit, leur chant fasse écarter les lijons comoue ferait un autre bruit aigu.
Il m!a été rapporté que bien des Arabds ayant été attaqués par des homs , étaient devenus Airieux et presque enragés, de sorte qu^ils s^élançaient contre Iqs bons et que leui^s compagnons avaient autant de peine à les retenir et à empêcher que ThcHmiie n^aUàt contins l^animal, qu^ils en avaient pour combattre ranimai même. Tous ces Êdts m^ont été rapportés par quantité de personnes dignes de foi , sur le rapport desquelles on peut les
Ld i22 janldèi*, nous travérsâlhes diidoi* pliisieiu7S collines toutes sablonneuses couvertes d^arbrisseaux, et nousdécoUvrunes ensuite
» Plin. VIII, 19, éd. Hard.
la plaine de Boubias, traversée par la rivière du même nom. C'est là que commence la grande plaine de Bone, qui dure environ dix lieues sur quatre ou cinq de large, bordée par de hautes montagnes au sud, par la mer au nord, et terminée du côté de Fouest par un étang assez considérable appelé Fetzara.
A quatre lieues de Fendroit où nous avions couché et à huit de la Calle, bous traversâmes la rivière de Boubias, autrefois Armua ' , près de son embouchure dans la mer. Elle peut avoir une portée de pistolet de large. On la passe sur un radeau &it avec quelques pièces de bois et des joncs très mal Ués ensemble ; les chevaux la traversent à la nage. On entre après dans la plaine de Bone, habitée par diverses nations d'^Arabes. Cette plaine est très fertile en blé ; mais les semences sont sujettes à être
* Peyssonnel désigne ici la Mafrag. Le nom de B<mbias s'applique probablement à un des affluens de cette rivière. Dans la carte de la province de Constantine^ M. le colonel Lapie en indique un assez considérable qui prend sa source dans le Djebel Balai*ak et qui coulant est^ouest, se jette dans la Mafrag, à peu de distance de l'embouchure de cette rivière.
noyées dans llÛTer et à soufirir des grandes sécheresses de Tété , ce qui rend les récoltes £>rt Tariables et très souvent médiocres. Après avoir marché quatre ou cinq lieues dans cette ^aine^ nous traversâmes deux rivières. LWe dite de Seibouse, appelée dans Moréri ladoc*. Elle vient des mcoitagnes du coté de Constantine, et commence au même endroit que' le Bagradas. Une même fontaine , dit-on , appelée Aine Séquéniei donne naissance à ces deux rivières. LWtre s'^appelle Bégéma* ; elle n^est pas très considérable. Ces rivières, entre lesquelles sont les ruines de Fancienne Hippone ou Hipporegius, sont profondes à leui* embouchure; elles se joignent toutes les deux avant d^aniver à la mer, où elles forment une barre; leur confluent se trouve à une portée de fiisil de Bone où nous arrivâmes le soir. Cette ville est éloignée de i3 ou i4 lieues de ]a Calle. Nous logeâmes à la maison de la Compagnie, qui y fait un commerce très considérable «n laine , en cuirs et en cire.
* ladoc ou ladog est le nom que Léon TAfricain donne à la Seybouse (Léon, p. 738).
' La Boudjemah.
Bône, qiie les Arabes appellent B^edaiiefa^ ou ville des jujubes , est une petite ville sîtuét sur le penchant d^une élévation esearpée du côté de la mer. Il y a deux fok*ts : Tun, dit U fort Ggognes, Mtipar les Génois vers Tan** née i54o, ressemble à une tour octogone avec quelques pièces de canon ; Fautre est une redoute bâtie en même temps que le fort. Ces deux fcM'ts commandent la mer du côté de Test. La ville est presque ronde, ayant un quart de lieue de circuit, bâtie à la mauresque, presque tpute en briques. Les rues, mal pav cées et très étrcntes ,• sont remplies d^un pied de boue dans ITiiver et de presque autant dans Tété. Cette boue est causée par la fiente des boeufs et des vaches que les habitans nourrissent et qu'ails font coucher dans leurs maisons. On nY trouve ni places , ni aucun édifice qui mérite attention ; elle est entourée de murailles flanquées de petites tours , mais de peu de défense, et qui tombent aujoiu^Tiui en ruines. Il n^ a rien qui paraisse fort anciens aussi est-ce une nouvelle ville que les rois de Tunis commenc^ent à rétablir vers Pan i5oo. Ce pays leur appartenait alors ; ce fut là que Barberousse se réfiigia après avoir été chassé
jiâTufi^par IWpcreurCb^rles-Quiiiten i533, JiluJbi-i^si^ii^rQi d^ X^nis, s^en départit 011 £i* WW de Fempereur, et Aadré Doria fut s'en s^i^ir. Les Géi)iiH3 Foccupèrent pendant quelque temps, et firait construire les fbrtereise$ fui y wnt, pour mettre ^i sûreté les pécheurs 4^ corail qu^ils avaient sur cette côte. Ils lur^it 90suite cjiassés par les Turcs, qui bâtirent un. ^and enclos de murailles en guise de cit^ ^llci sur le . sommet d^une petite montagne. Cette citadelle, qui forme un arc dont Fou-^ verture est du côté de la terre et le rond du côté de la mer, est dans une position très avantageuse, mais elle a de grands débutas run,d^êtretrop grande; Fautre, de n'avoir aur Qun ouvrage sortant ni rentrant, ni tours, ni wcune fortification e::^térieure.pour la pro^ téger. ^si on peut la regarder comme un mdos de peu de d飻ise. Cette citadeHe a pkisimurg pièces de canon . et quatre-*vingts Turcs de garnison, pris dans la milice d'Alger, lies Turcs, conynandis par uu aga, sont maî^ très de tout le pays^ et il y a un caïd qui gou* veme la ville et la contrée. On ne trouve dans çettiç viUe d'autres édifices que la grande mosquée appelée Boumouronan. On y voit quel*
qoes cokHines ancîeiuies qu^on y a «j^poiiées des ruines dH^^Kme. I^ coté de la mos^piée qui regarde la mer parak d^une bâtisse bien meSIeureetplusTieiUeque le reste des ferCi* ficaticnis . he terroir de cette ville s^étmd dans la plaine; il est très fertile. On y voit une gnoide quantité de jujubiers fort bauts et bien entretenus, plusieurs jardins, et des figuiers en abondance. Ce sont presque les seids juju- Uers que Ton trouve en Barbarie. Ils <mt Sait donnw à la ville le nom de Bdedand> , ou viUe des jujubes.
A deux pcntées de fusil, au sud de Bone, <« tlx>uve les ruines de Fancienne Hijqpcaie, ou Hi{^regius, dont samt-Augustin était évèque en 4^0 ', où il fonda les religieux cénc^tes et où il mourut. Cétait alors une des plus fortes places de toute PAfriqueseptentricMiale. Le comte Boni&ce, après avoir été défidt par les Vandales , s^ réfogia. Gensàic, alors rm des Vandales, Tassiégea pendant quaton&e mcHs; saint Augustin mourut durant ce siège. Les Vandales la prirent et la réduisirent en
I Saint Augustin avait été élu évèque d'Hippone en 395 } il mourut le «8 août 43o.
cendpes , à la résenre de 1V^(^ et de la I^bBch Ihèque 4e saint Augustin, qui furent cmiser- Tées presque par miracle. L^anoientte Hippone était donc située à une portée de fiisil de la mw, entre deux riTÎères, Tune à Test:, Vmr treà Fouest. La ville était posée sur deux mcm-
licul^; il reste encore
Le a6, nous partîmes de Bâne. Après aToir passé la riYÎère de Bégàna sur un pont d'aune falmque antique où il y a douze petites arcades peu élevées, on trouve les ruines de Fancienne Hippone dont je viens de parler. Nous traversâmes ensuite la plaine de Bône,qui dure près de huit lieues , et nous couchâmes à un douar au milieu de la plaine à cinq heues de Bone; la route valut le sud sud-ouest. Le 27, nous ccmtinuames notre marche. Après avoir traversé la plaine nous entrâmes dans une chaîne de montagnes qui courent est et ouest le l<mg de cette côte. Nous trouvâmes à cinq lieues de Fendroit où nous avicms jcour dié, et à une lieue daùs les montagnes , leâ
* Il y a ïdy dans la cofie^ une lacune d'une demi-page. Cette lacune existe aussi dans la kure autographe de Peyssonnel qui se tr ouve au àéfôi de la n^^uioe .
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I dhme fille cqppelëe aujoundlnn Adccnir^, -qui répcmd au Tabemica de M. Delisle. Il reste «me Tialle masure qui a environ trente pas de Imig sur dix de harge. La bâtisse en est asset; faeUé } la voûte souterraine de cet éd^e sub- «Bte en entiw par-dessus; du côté du nordest on trouve deux espèces de portés. Cet tmviage était détacbé, et je ne pus biai conjec* turer à quoi il servait cai* il est fiH*t étroit, as^ «es long et très élevé. A côté dWe des portes on vent une inscription dont je n^ai pu deviner que ces mots i
GAESARI INVICnSèlMO VGATANMIS
. • . HIJfCVIAT . .
, 113» HÀDftIAlfO. •
On rencontre ensuite un chemin pavé qui PWy dviit*jusqu^aux eaux de Tibilis*, éloignées dç trois lieues de cette ville. On voit, en chemin,
* ÇeaiVnuimne Asctirus.
* Aqug TiMlitang, aujourd^hur Hamiaam Berda. *
léB noues d'un pont sur lequel on passait.- Nous couchâmes au douar de Sidy Berenis, de la nation des Guierphes^; la route fut le sudsud-ouest sept lieues. *
Le 28 , à une lieue du douar où nous avions eoueké , noua trouvâmes des i*uines, et pr^ dd là ime belle sotirCe d^au cliaude. Il y a un bas^ d'environ trente pas de circonférence dans lequel on voit bouillonner Feau. Sur un des côtés de ce petit étang est une ouverture par laquelle Teau s^écoule de la grosseur du corps d'un homme. Cette eau forme aussitôt un ruisseau considérable; elle est chaude ^ mai^ sa chaleur est modérée. J'en bus; elle n'a aucun goût particulier. Je crois que c'étaient là les eaux qu'on appellait Aquae Tibilitanœ' , qui devaient être fameuses. Autour de cette source on. voit plusieurs ruines de bâtimeilS| et assez
» Des Girfah.
* Les AquaR Tibllitanae sont les mêmes que le9 eaux de Tibilis^ indiqutîes plus haut par Peyssonnel luimême comme étant seulement à trois lieues cTAscurus. Les eaux chaudes dont il parle ici doivent être diiférentes des premières et de celles dont il va parler tou à-l'heure sous le nom de Mézoutin .
pour former une TÎlle considérable. On décôur;
vrede là les ruines dWe ville appelée aujour-
dliui Gelma, peut-être le Gazaufiila des an-.
ciens'. Nous continuâmes notre route par
diverses petites montagnes, et nous trouvâr
mes ensuite la rivière qu^on appelle Ouedr^
Hammam, ou rivière des Bains, et qui vient
effectivement dWe source très singulière
que je vis à mon retour ; on Fappelle Mézou-
tin"". Nous côtoyâmes la rivière de Seibouse
vers Fendroit où elle reçoit celle de Hammam*
Nous trouvâmes encore la continuation du
chemin pavé, qui allait jusqu^aux montagnes
aboutir à une grande ville qu^il y avait. Après
cette rivière Ton rencontre trois grandes
montagnes: Tune à Fest, dite de Seibouse;
Fautre, d'^Anoune; et la troisième à Fouest dite
de Meaime , après laquelle sont les montagnes
d'Altaya^. Nous montâmes sur celle d^Anoune.
La pluie et la grêle, qui nous avaient inconuno-
> Guelma est la Suthul de Salluste Bell. Jug. c. 4i > la Calama d'Orose, lib. V, c. i5. Les Turcs l'appellent Kalma*
* Meskoutin.
* Artyah.
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dés tout ce jour-là, se changèrent en neige et en brouillard si fort, que nous fômes obligés par la neige, le froid et le brouillard, d^aller chercher au plus tôt un gîte . Nous nous détournâmes de notre chemin, et, passait à travers cette montagne , lé hasard nous conduisit aux ruines d^Anoune,. peut- être Fancienne Tqnisa ou le Castellum Fahatianuni. La grande quantité d^ouvrages en pierres de tttUe qui subsistent encore dénote qu^il y avait là une grande et belle ville. Il t este encore quatre portes semblables à celles de Paris, mais phis petites: ce sont des ouvrages détachés^ avec des pilastres d^ordre corinthito ionique. Deux de ces portes sont doubles comme celle de Saint-Bernard de Paris. Du coté de la monta^ gne Ton trouve les ruines dWe église. Audessus de la porte il y a une croix pattée, avec im A et un P sous les bras de la croix* Uqêl trouve de très gros morceaux de colonnes, dont quelques-unes ont quatre ou cinq jneds de diamètre sur trente et quarante de long; d'^autres moins considérables. £n parcourant les ruines , autant que le mauvais tenq» nous put le permettre , nous ne trouva-
— a86 -rs mes d^autre inseription que cette ^it^he' i
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