‹ Voyages dans les régences de Tunis et d'Alger (volume 2)Chapitre 47 sur 53 · V. AN, XV · texte numérisé non relu

V. AN, XV

Nous couchâmes à uil douar où les habitant sont d^une mis^ incotieèyable. La xt)ute tsi*^ lut le sud-sud^uest| 7 lieues;

Le 29^ âpt^ès avoir traversé cette ttiontâgne , nous trmivâmes quantité de collines ; lé pays est assez beau. Nous eûmes la neige tout ce jour^là et passâmes par les ruines de Bâzer* où il n'y a rien de considérable. Nous dînâmes i une source d^Bau que Ton appelle la Fontaine de la Terre, et fûmes coucher danfe une grande plaine appelée de Tenllouca. Cfettfe plaine a quelques pâtlu*ageë en hiver; mais elle ^it être très aride en été. On y ti*ouve quan:-

^ On a dëcouviert depuis dans les ruines d'Afinouaai une assez jgi^tide quantité d'Inscriptions, dontquelquesmes ont été copiées et envoyées à i'Acàdétliie des Inëcriptioni et BeUefi-Lettres.

' CassarBezseg^?(Lap. i93^.)

tiié de plantas naritmifii. La route fut toujours le sud-i^-ou6St 7 lieues»

Le 3o, nous contimiâmes le long de cette

1)laine, et traversâmes quelques collines aj»^ esquelles Ton trouve les ruines d\me ville considérable nommée aujourd'hui Touille, autrefois Tigisis^ Nous vîmejs en chemin plujsieurs restes de bâtisses qui ne méritent aucune attention. De là, nous dirigeant vers le sudouest, nous trouvâmes, auprès d'une source appelée Birtange*, une masure construite avec de grandes pierres froides de quatre pieds en icarré. C'est un corps de bâtiment de traite pas de long sxn* douze de large. Nou§ ne vîmes rien qui pût nous dénoter ce iqpe ce pouvait être* Au-dessous, il reste une espèce de ca? yeau aycic quelque^ ornemens en dedans; on gr entre par un trou qu'on a forcé ; à trente pa$ de là il y a d'autres masures moins consida^blés. Sur une |derre à demi enterrée , longue d'environ dpuze pie(i3, on lit j ,

^ ' G^Bt en effet dâ^ là dimitioil slilide p$s* Pt^ ttmmel^ à peu prè* à sis&lteties de Ténlmtke^ (fW Ali'J» colonel Lapie place l'ancienne Tigisis.

* Birstall. (Sw.) «

• . . XEi TATIOAVBf

• • • O KMTVICALI8

• • • FfiCIT.

Nous fûmes coucher au douard^un marabout. La route valut le sud-ouest six lieues ; nous eûmes de la neige pendant toute la journée.

Il faut observer que deptiis les montagnes d^Anoune jusqu^à celles de Séquénie ^| environ vingt lieues nord et sud, et dans presque tout le reste du pays , surtout dans les plaines , on ne trouve pas un seul pied d'^arbre, et qu^on rencontre très peu d^eau bonne à boire.

Le 3i , nous contournâmes la montagne de Séquénie; on y trouve quelques ormeaux et quelques oliviers sauvages. Après avoir mar* ché environ trois lieues nous entrâmes dans ime belle plaine au fond de laquelle était le camp du bey. Nous passâmes près dWe belle source dWu qui porte le nom de Séquénie. On y trouve des débris de bains et les ruines d'aune ville appelée autrefois Sigus, 1 six lieues est-«ud-est de G>nstantine. Nous arrivâmes au camp du bey, éloigné alors d^environ tr«itô-six Ima$ de Bœie, aj»<ès

* Ziganeah.

avenir essuyé tous tes jours la pluie et la neige; il y avait un pied de neigé sur le terrain aux endroits oùncKis passions.

Le bey de Constantine était campé au mi* lieu de la grande plaine de Séquénie, éloignée de cinq lieues au nord-nord- est dW petit étang salé. Son armée était composée alors de douze pavillons turcs , chaque pavillon de vingt-cinq hommes^ ce qui Ëdsait environ trois cents hommes, la plupart renégats. Toutes les tentes étaient posées sans aucun ordre, et il y avait plusieurs douars d^Arabes^ dont les tentes formaient le rond et entouraient le camp. Ces Arabes sont presque tous entretenus et forment un secours aux Turcs. Le bey avait trois tentes: une pour lui^Fautre pour ses femmes et la troisième pour sa cuisine^ Le bey, nommé Assem, est un vàiérable vieillard âgé de plus de soixante-^dix ans 4 et qui règne depuis treize ou 4{uatorze ans. Nous le trouvâmes assis au milieu de sa tente sur un matelas avec trois grands carreaux, les officiers à ses côtés, dWtres Tiu:cs assis formant un rond, et les Arabes derrière ceuxci, les uns accroupis, les autres à genoux ei le dernier rang debout, ce qui faisait un spec- L 19

tade tort joH. Quelques renégats et lesesdave^ étaient derrière lui. Le bej, 00 général torc^ n^a rigide superbe ni de grand dans son train; il n^a aucune garde particufi^^, quelque son autorité soit scqyréme. Il ne connaît d^autre loi que sa volonté; tout tr^nble à son commandement. Il est étonnant qu^arec un si petit nombre de Turcs il puisse tenir soumise tant de pays où il commande, et quliabitrat des Arabes toujours juréts à se rérolter. Son gouvernement s'^étend d^uis les portes d^Al» ger jusqu^aux confins du royaume de Tunis, et n^a pour bornes, du nord au sud, que la mer et le désert; cependant il n^a pas plus de douze pavillons ou trois cents iKimmes dans llûver, et huit cents spahis entret^ius à Con^ tantine. Dans Pété, le divan d^Alger lui envoie soixante et jusqu^à cent pavillons Êdsant environ deux mille cinq cents Turcs, espèces de janissaires avec lesquels il forcé tous les Arabesà payer le tribut. Il va lui-même, au mois de mars , ou il envoie son calife à Alger, pour y conduire vingt-deux mulets chargés diacun de deux mille piastres, ce qui fidt quarante-quar* tre mille piastres efiectives , et il conduit le camp des Turcs, qu^il est obligé d^entret^ûr.

— agi —

Cfes troupes , si redoutables dans tout le royaume, sont obligées de baisser leurs étendards et leurs armos en passant par un détroit ^^eux appelé la Porfe-de-Fer, entré des montagnes escaipées. La nation dite Baiia- Beid',qui habite ces monta^iés, les force à cette soumission.

Le hey disperse ensuite les Turcs en plusieurs camps , et les rass^nble tous lorsqu'il Êiut donner sur quelque nation rebelle et qu'on veut punir. Un seul Turc feit trembler tout un douar et donne des coups de bâton à ces misérables, qui ne^nt plus hommes en la présaice d'un Tiwc. On ne peut exercer une tyrannie plus af&euse et plus cruelle que celle des Turcs envers les .Arabes de ce pays ; mais je réserve cette matière pour une autre lettre. Le bey^ au mois de septembre , est encore <^Ugé d'amena:» à Alger vingt-deux mulets l^bargés de qu^irante mille piastres. Ces mulets dc^vent avoir de plus, pour ornement, un Nègre ou un animal sauvage, ou du moins la peau d'un de ces animaux. Il donne de plu» quatre mille piastres tous les deux mois ; de

ï Beni-Abbess.

sorte que le bey paie de b'ihsme^ de rente ou de ferme si Ton veut, au divan d'^Alger, cent douze mille piastres, qui entrent aux co^ fres du dey ou au trésor royal , sans compter les présens qa^îl est obligé de Êiire pour se fiûre maintenir bey .

Les Sheicks et les nations arabes de ce pays-ci diffèrent de celles du royaume de Tunis. Les nations sont très nombreuses, et il y a des clie& qui peuvent mettre sur pied quatre ou cinq mille cavaliers et un plus grand nombre de piétons. Tels sont Bbisis , cbef des Anenchas'; Agi-Brain, chef des Guierphesç Alir-ben-Ali , chef des Fervatsv; Hasnor-ben- Heltan, chef des Tises. Ces che&, presque tous alliés entre eux, ise disent indépendans, de fiemilles très anciennes et nobles^ ils reçoivent le caftan du dey d'^Alger et ont rang de bey« Le premier de ces che& , Boisis , donne bien souvent de la peine tant au bey de Tunis qu^à celui de G>nstantine : il fut attaqué Tannée dernière par ces deux puissances, et ce qui se passa a cette attaque mérite d^ètre rapporté.

> "iltenneicha.

Suhan Boisis est le chef ou le sheick dhine- Bation arabe qui habite un pays appelé des Auenchas, situé sur les fix>ntières des royaumes de Tunis et d^Alger , dans la Numidie, et s^étend dans le désert du Sahara. Ce chef, qui se dit d\me ancienne maison , s^est rendu redou^ table à. sa nation et en a même soumis d^autres. Il a toujours repoussé le joug des Ottomans ou des Turcs , de sorte qu^il est souvent en guerre ou avec le bey de Tunis , ou avec celui de Gmstantine. Il est assea puissant, et on lui a tu. mettre jusqu^à huit mille cavaliersr sur pied. L^année dernière (1724), le bey dé Gonstantine et celui de Tunis furent Fattaquer à Fimproviste : car c'est la coii^ume des Turcs de donner sur les nations qu'ils veulent sour* mettre sans leur laisser le temps de se mettre en défense et de Êdre retirer leurs bestiaux. Sultan Boisis (c'est le^ titre que ceux de la nar> tion lui donnent) fiit attaqué et dé&it en même temps par Assem, bey de Clonstantine, qui lui enleva plus de huit mille chameaux, les bœu& et même les tentes. Le bey, non content de cette capture, voulait le prendre et le faire périr. Il laissa son khalife pour le poursuivre^ avec le camp des Turcs.

Boîsis fit assemblw ses troupes pour les en-, courage à se hiest êétendte; urnis il trouTa des esprits ftôbtes à qui Tairaiitâge que les Turcs veiiaiast det'en^rter aVait ôté le courage, et ^ lui £rent nettramit cpi^iis a^ai^nt résolu de se soufiiettre. Ge pauvre sultan étidi au désespoir et se voyait perdu, lorsque ^i fiUe, ajq^elée £l^e-b«3*Bc»sisrlieii-Na^er (Ël^e, iiUede Boîsis, petke^Ue de Nax») se fit ês^ p(H*ter ses Vétemeiis les j^bus beaux et, s^étaœit vêtue, mcmta à cheral, app<^ les feotones et les fiUes ses parentes ou ses amies^ qui moittèrent aussi àcheval.EUe harangua les fiemmies en leur disant : a Puisque ces hommfô n'^ont H pas le -courage d^aller contre les Turcs, qui « viendront bientôt nous violer à leurs yeux ^ u allons aous>4néines Ye&dre ch^ement notre <( vie et notre )K>nneur , et ne restons plus « avecces lâches. ^ Puis, découvrant sa gorge et la montrant aux hottuaes , die leur cria : (( ËnÊuis de Nazer , qui voiKha sucer de ce i< lait nV qu^à sae suivre! » Les Arabes piqués de Fhéroïsme de cette fille, donnèrent sur les Turcs avec tant de violence qu^ils défirent ht camp , remportèrent ui^ partie du butin qui leur avait été enlevé, firent prisœmier le kluJîfe,^

et ctépocdUèr^it tous les Turcs. Voîtà une ao Ijon qui mérite d^étreconserréedans llustoire* LW Toit que dans tous les pays on trouve des femmes fortes, êes Jeanno-di^Arc y des Pucelle d'^Orléans.

£lgie n^estpas la seule femme qui se soit ne»due recommandable dans ce pays. La princesse Aumoni était la femme d^un dief qui commandait dans le désert de JSabara; après h mortde s(m mari, elle prit la tutelle de ses ^afens ^cwe petits et s^acquit le commande* ment de ses peuples, qui lui s^mt wvaam. £11^ va elle-même à la tête de son armée ; elle a lirré plusieurs combats aux Turcs et feit des actions de bravoure m^oraUes, qpii Font fidt considéra et craindre tant de ceux de sa na^ tion et de ses voisin^ que des Turcs eux* mêmes. Elle a battu plusieurs fois le bey de G)nstfantine, qui, pour s^acquérir son alliance et son amitié, a épousé, Tannée passée, la filk de cette princesse. Il est curieux de vioir cette véritable amazx^ne commande et régner sur des peuples quimépriseiit si Ibrt le sexe fé* i^çônin.

Ce fut Tannée passée, lorsque le bey fiit'pour traitei: sou mariage avec la fille d^Aumoni et

pour poursuivre Boisis qui s^éiait retiré éans le Sahara, entre le pays d'Aumoni et le Gerid, que le camp des Turcs fut se péister sur la montagne d^Aurès » , autrefois Aurasius Mans. Là ils virent une fontaine miracideuse. Voici la relation qu'Assem-Bey , tous ses ministres et tous les renégats et lesTurcs du camp m'en ont faite avec serment. Ib me dirait donc qu'étant campés dans k montagne d'Aurès , à quatre Ueuès au nord de Fancienne Bagaï et à cent-cinquante milles au sud-est dé Gonstaaline, on leur parla de la fontaine appelée Aine- Louët, qui ne coule que les vendredis. Le bey regarda cela comme une faWe. Il y &t cependant le }eu(Ë au soir. On trouva un gros rocher taillé} à côté une grotte avec six cellules de chaque côté, le tout travaillé à pointe dé mar^ teau dans un roc vtf, et par-dessous, un grand trou ou il n'y avait presque point d'eau. Le vendredi, incontinent aprèamidi, ils virent sortir et monter à gros bouillons Teau qui pouvait à rittstant-méme former un ruisseau considérable. Tout le camp y fut et but de cette eau très bonne, qui coula ainsi depais

' Auraa.

— 2^7 — piidi jusqu^au soir et cessa eiitià:'eineiitaussitôl le soleil couché. On assure que cette espèce de prodige arrive réguli^:*eiiient tous les vendredis et de la même manière.

La curiosité m^aurait porté à y aller pour Fobiserver moi-même; mais les n^ges, les frmds et le3 risques qu^il y avait à &ire cotte route dans cette saison m^en empêchèrent. Le bey mV promis , si je retournais cet été , de me faire accompagner par son beau-frère, le fils de la princesse Aumoni, et de me Ssdre parcourir tout ce pays et les dései^ts de Sahara.

Le 2 février, nous pardmes du camp de Séquénie et ûm/es route au N.-O., trois lieues dans la plaine. Nous entrâmes après dans des montagnes fort élevées, couvertes de neige; nous passâmes sur des collines assez douces. L^on rencontra un grand chemin pavé qui subsiste encore et qui conduit, dit-ion, de Constantinejusqu^à Bagaï: nous vîmes des ruines de peu de conséquence, et nous arrivâmes sur le soir à Constantine éloignée de huit lieues de Séquénie au nord-ouest. Nous étions accompagnés par Amet Cherebi, caïd de Bone.

L^escorte jfiit , ce jour-là , très considérable. Il ii^en est point ici conunç ^^s \e royaume de

Tunis, où r<m peutall^ en sûreté a^ec un ou deux spahis. Dans ce pays, outre les bètesférocâ qpie Ton craint, le peu de ^tes ou de douars que Ton trtniYe&it que Van est sour^it obligé de camper à la beUeétoile. LVm craint encore extrêmement les Toleinrs et les Arables mécontens, ce qui fait quHl Ëuit être au imins Tjogt ou trente personnes pour oser Toyag^,, encore nW*on pas ^i toute sûreté* Noik. étions, ce jour-là, plus de cept personnes^ lorsque nous arriTàmes à Qmstantine.

.Constantine, «appelée autrefms Cirta, était^ la csqôtale de la Numidie et le séfour ordimôre des rois de ce pays. Cette viUe a toujours été câèbre et une des plus fiertés places de TAfii-^ que. Du tempsde la premièro guerre punique, Jugurtha Fassié^ et omtraignit Haderlial, fils de Micipsa, xoi de Numidie, de se rendre. L^ayant pris, Jugurtha le fit périr avec ses plus considérables partisans^ LéUas, consul romain, et Massinissa, unde$ rcHS dé ce pa^ assiégèrent Cirta, qui était alors défendue psur 3yphax. Ce roi avait d^abord embrassé le parti

» Cet événement eut Keu après la troisième guerre pur nique et la destruction deCartbage.

^8 lliMittiiis, mais il IWait eiuuite quitté pour prendre odui des Gortiiagiiiois. Il fot pris daœ €irta^ atec sa femme Scfphomâmf. Dans b^eocmdb guerre puniqpxe*^ lc»:sque César eut Favâûtage smr IMteteUus ScijMon , Pubfius Sit-* tius elle roi BDcdmis l^issiégèreDt et lafMrir^it. ÂleiBandre^ originoin d^ifinque^ s^était révolté conire reuqpersur €0Enstnitîn4e-Graiid, ^, ajvftit été salué empereur à Cartilage, fiit poursuivi par Masence^quile pnt«tte fitétran» gkr àCk*ta. Elb a encore sootana |du««urs sièges du temps des Vandaèes et des Sarrasins, et en dernier lieu, Fan i7o5, Moarat, bej de Tums, étant en guerre avec ies AlgàrimiS, vint à Omstamtine avec une armée de trente mille hoBoraes, mit le ^ge, qui dura ^ mois, sans pocivcHr la soumettre. LeB Turos d^Âlger envo3rèrent un camp d^enriron cent pavifions ou deiix^mille cinq cents hommes. Mourat fiit aur devant du can^ dans une pbône à r<mest de Oootistaiitiiie^ mais ces deuxmffle Turcs, ayant

' Ceci se passait dans le cours de la deuxième guerre punique, avant la bataille de Zama.

^ liseK : Dans la guerre dé César contre les restes du ^*ti de Pompée.

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misjeurs bonnets aux dents ^ donnèrent suf Farmée de Mourat avec tant de fiirie^ qu^ils ladéfir^it entièrem^it et firesit A(Qurat prirsonnier. Les Tunisiens furent ccmtraints 4le lever le siège, d^abandonner le camp et les canons, et de s^enfuir au plus vite. Mais x;e qui ternit la gloire des Tainqueursfiit, qu^ajant&it plusieurs prisonniers et que même deux nulle Tunisiens ayant .mis les armes bas et s^étant r^odus à discrétion, ils furent renvoyés en apparence; mais peu après on envoya des troupes après eux qui les coupèrent et les mascrèrent.tous.

jSi CirUk ou Constantine a été fameuse dans les histoires romaines et autres, elle ne Fa pas moins été dans celle de Féglise. En 257, saint Cyprien y jfiit exilé ; en 3o5 , Secundus , primat de Numidie, y fit assembler un concile pour examiner TafFaire des Tradlteurs, nom qu^on donnait à ceux qui avaient livré les or-. Iiemens, les vases ou les livres sacrés pendant la persécution, et cette assemblée fut Porigine et la cause indirecte du schisme des do— natistes. Sylvain, primat d^Afiique, tint un second concile en 412, où saint Augustin assista, Les actes de ce concile fiu^ent perdus;.

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Pétilîèn, faux éTÔqiie 4}e Cirta, palrut à la tété des donatistes et soutînt leurs erreurs. Sa iT^utation était grande, quoique sa science et son esprit fussent médiocres. Cest presque la seule ville de la Barbarie qui ait conservé son ancien édat ; elle est Picore aujourdliui la capitale de ce roJaum^^ à qui elle donne son nom. Elle est assez grande et a une l^ue de dtrconférence; sa situation est si particulière qu'elle demande une description un peu détaillée.

ha, ville de Ck)nstantine se trouve entre deux montagnes assez élevées, posée sltir un rocher escarpé de tous côtés. Les rivières Oued-MadcHt% dont Feau est chaude à sa source et qui vient du côté du sudrest, et celle du Rummel qui vient du sud, se joignent ens^nUe à deux portées de fusil de la ville. A leur jonction, il reste une partie dW aqueduc très beau. Deux arcades de vingt-cinq pieds de large sur vingt d^épaisseur, bâties de pierres froides très bien taillées subsistent encense dans leur entier. La dernière arcade a près de quatre-vingts pieds de hauteur ; tes arcadesétaient ensuite doubles,

' La teoumarzouk.

et 3ur la rmère il y avait une tiijlLç arcade dont le da:*nîer rang avait deux cent cin* quante pieds d^élévation; mais les eaux ont tout emporté.

Le rodier sur lequelk ville ^t posée f(Hine un losange impar&it« La pointe du coté du sud-est a environ cent fneds d^âérratian, puis on trouve un fossé naturel dans lequel coule làrivière^ qui prend alors son nom de ConsUntine et qu^on appelait autrefois Ampsagas. Ce fossé que la nature a formé a, au con^o mencement^ cinquante pieds de large sur cent de profondeur tout taillé à pic; puis il devient plus inx>f(md, de sorte que vers le milieu delà ville, on trouve un pont d\me très belle fiibrique, qui a trcâs rangs d^ait^es et environ deux cent cinquante pieds dVléva^ tion; mm il est assee étroit\ Après te pont^ dont deux arches sont tombées, la nature en a formé trois autres^ chacun dVnvircm trente pas de large, sous lesquels la nvière s^^iterre et prend son cours. Les voûtes de ces ponts sont rem]^ies de b^ks congellations^ ils se trouvent situés vers le milieu de k hauteur

> On a dit qu'il avait été détruit par Achm^t bey .

du fossé ^ de manière qu^il reste encore in^ élévation de cent cinquante pieds depuis les ponts jusqu^au haut de k ville. Tous ces rochers sont élevés et inacces^les.

VisNQHTis ces ponts, dePautre côté du fossé, il y a une petite plaine au niveau du pkn de la ville , où Ton trouve un arc de triomphe très bien conservé. Trois grandes portes le forment : celle du milieu a environ vingt-cinq pieds de large ; les autres proportionnées, mais plus petites. Onn^ trouve ni bas-relie&, ni inscriptions. Après cet arc de triomphe, on voit une grande muraille qui soutenait quelque édifice considérable ; et sur le haut de la montagne, de ce côté-là, il y a les débris dWe citadelle qui a été rasée après le siège de Mourat-Bey, dont j'ai parlé.

Après avoir passé les ponts, le fossé ccmtinue à devenir encore plus profond; de sorte que vers la pointe qui regarde Pouest , Télévation du rocher du côté de la ville a plus de cinq cents pieds , toujours escarpé et taillé à pic. Quittant la •rivière, qui Court au nordouest à côté de quelques jardins et d'arbres fruitiers, et venant du côté du sud , le rocher sur lequel est la ville continue à être de la

inème maniàre. L^on renamtré une source d^eau chaude qui sort à environ trois cents pieds perpendicukiremeDt au-dessous de la yiUe*. Les Rcmiains y avaient formé un bassin couvert dont la voûte très élevée subsiste et parait toute récente. Aux environs il j avait plusieurs batimens. Voici les inscripticms qu^on y trouve :

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