‹ Voyages dans les régences de Tunis et d'Alger (volume 2)Chapitre 5 sur 53 · LETTRE PREMIERE · texte numérisé non relu

LETTRE PREMIERE

A Monsieur VahhéBignon^ Conseiller-^Étai.

I ATani^t c^ ^^ )«>>A 1714*

Monsieur,

J^obéis, avec un sensible plaisir, à Tordre que TOUS eûtes la bonté de m)e prescrire lorsque j'^eus rhonneiu* de prendre congé de vous. Vous m'ordonnâtes de vous envoyer un journal de mon voyage et de vous écrire lorsque je serais arrivé en ce pays. Je m'en acquitte , heureux si cette lettre et ce journal peuvent vous être agréables, ou du moins, si j'ai Pa-vantage de vous prouver mon profond respect et la reconnaissance que j'ai de l'honneur que I. 1

vous m^avez procuré , en me faisant charger par le Roi de la commission de venir en Barbarie^ pour y ramasser les plantes, les fleurs et les graines qui s^ trouveront , et y faire les observations propres à ITiistoire naturelle. Je ferai mon possible poui' m^en acquitter, et je n^épargnerai ni soins ni peines pour y paf^ venu'.

Vous trouverez, monsieur, ce journal suivant les vues de ma. cemmâssion. Il sera mêlé d^histoire naturelle , des descriptions des planta et des ammaui^, du progrès des maladies et des moyens de les guérir. Je taclierai même d^ faire entrer des observations sur la géographie tant ancienne que moderne. Je chercherai et je noterai les manuscrits arabes , lesia^criptioiis, les médailles et les statues. Je ne négligerai point Flnstoire des pays par où je passerai; enfin ce sera un mélange de tout ce qui peut ooncemer la physicpe,rhblxnre et les belles-lettres. Cette lettre ne contîaidni que num journal et mes (Nervations d^uis Paris jusqu'^à Tunis, où je suis arrivé depuis pea de jours.

Après que mon voyage fut arrêté, monsei^ gneur de Mmn*epas, ministre de la marine,

in^ayant fait expédier les passeports et lettres de faveur et de protection qui m^étaient né* i^essaires, j^eus llionneur, nK>nsieur, de recevoir vos ordres , ceux de M. Dodart, premier médecin du Roi, de M. Cbirae, surintendant du Jardin royal des Plantes, et enfin de recevoir les D^moires de MM* de TAcadémie royale des Sci^icesi Je |>ai'tis de Paris le 19 avril 1724 par le coche d^Auxerre. Il ne m'arriva rien de considérable dans ma route; mais en allant d'Auxerré à Chalons, à deux lieues d'Arneyle-Duc , au haut d^un monticule près d W petit hameau, dans une terre labourée que le chemin trafV^se, j^obsei^ai plusieurs coquilkeges pétrifiés , entre autres une espèce de moule dont lé bec, au bout ou est la baille, est crochu et &it en bec de perroquet} un des côtés de 0es motdes me parut plat: je n^ai jamais rencontré dans les mers des moules de cette espèce. Le dbëmin et le terrain^ qui était très tnauvais par les boues, le carrosse même qui avançait, m^empéchèrent de faire d^autres ob-^ sttpvations. Il sa^^it bon qvCon parcourût cet endroit; Foii pourrait y découvrir de nouvelles preuves du sentiment de M. de Jifôsieu, professeur de botanique au Jardin royal , sur

Tétat différent <le la ierre et les reYolittioiis qu^elle a souflfertes, sentimentque ce savant médecin et naturaliste prouve par le mélange des coquilles et des plantes étrangères qu'^cm trouve pétrifiées dans nos terres, ou dans celles des climats où elles sont aujourd'hui inconnues.

J'arrivai le 29 à Lyon et le 4 mai à Marseille. Je fus r^idre mes devoirs à M. de Lelnret, intendant, et à MM. les échevins et députés du commerce, qui me donnèrent des lettres de crédit pour MM. les consuls de Tunis et d'Alger;

Le 19 mai, je m'embarquai sur la pinque Saint-François j capitaine Pierre Jacques, qui allait à Tunis. Comme nous séjournâmes tout le vendredi aux îles de Marseille où la pinque avait mouillé, je descendis sur l'île de Rotaneau où je trouvai les plantes maritimes ordinaires à cette côte, comme sont les limoniutn^ les gnaphalium roseuntj letragacanihay Vasphodèle^ etc. Je m'amusai sur le bord de la m^ et j'observai une espèce de coquillage attaché, au rocher; je le nommai Lepas bdlandides. Ce coquillage est relevé en cône trcmqué, comr posé de quatre ou cinq pièces qui peuvent être séparées dans l'enfance du coquillage , pai'ce

qu^elles sont alors jointes par des parties cai*^ tilagineuses ; mais les cartilages deviennent ensuite entièrement durs , et forment mie coquille dWe seule pièce. Il est fortement attaché au rocher par un muscle semblable à ceux jdu lepas^ œil de houe en finançais , et alapédé enpatoisprovençal .Cette chair oucemuscle (que M. de Toumefort ', dans la description qu'ail fait du lepas oblonga vertice perforatOj appelle pectoral), ce muscle, dis-je, est d'un gris-brun noirâtre et forme une sur&ce souple, drapée et couverte d'une Uqueur baveuse et gluante, propre à s'insinuer dans^les moindres inégaUtés du rocher auquel il est si fortement attaché, qu'avec un couteau même on ne saur rait le détacher. Ce muscle entoure toute la coquille et tapisse toutes les lèvres intérieures ; mais au centre de ce muscle, on voit pendre un sac où les organes de la digestion sont enfermés : voilà ce qui le rend semblable au lepas. Il ressemble au balanus par sa figure. 11 a ime ouverture qui se trouve au sommet ; elle est formée par un operculum de même substance que la coquille. Cet operculum est at-

' V<^vagc de Tournefort, t. I, p. 294.

taché par un muscle circulaire, et ne peut que s^^yer ou s^abaisser très peu ; il est divisé en deux parties égales qui, s'^ouTrant et se s&r parant, laissent apercevoir une ouverture d^où sort la tête du poisson. Cette tête e^ con^s^ dW corps mollasse d^où s^élèvent deux cornes recoquillées en limaçcm, qm peut--étre s^étendent et se roidissent lorque ranimai le trouve bon. Un peu {dus bas que les cornes il y a un rostrum^ ou bec noirâtre et mollasse presque semUableà ceux des mouches , dont le canal ou ^œsophage aboutit au sac dont nous avons parlé. J^ai cru devoir appeler ce coquillage lepas halanoïdes^ parce qu^il ressemble au lepc^ et au balanus.

Il en naît beaucoup sur les batimens lorsqu'ils demeiu-ent trop Iqng-tenq^ dans ik)s ports. Les matelots rappellent rasque^ à cause de la ressemblance que cet amas de eoquiUages donne aux bâtimens dont le fond en e^t chargé, avec les pustules galeuses qui nous; gâtent la peau lorsque nous sommes afiUgés de la galle qu'on appeHe en provençal rasque. Ces coquillages sont petits, n'ayant qu'environ demi-pouce à leur base, Je remarquai en même temps plusieurs sortes de coquillages

iurbiiié& et kmaces de mer, qui me domieront dans la suite des sujets d^€4>serTaticm, de même qu9 les plantes snarkies que fj aperçus. Le 20 nous mm^s à là iFoile; le sœr nous éticam à douze lieues de la terre; le 21, le teoipsfutcitoe. Ayant pris liauteur, nous nous trouTâûmes par les 4^ degrés 7 minutes ktîr tude nord. Nous aperçûmes la mer toute cour vwte d^uxie espèce d^animal qu^cm qjpelle peléia et que j V^pellerai naçicula maris. (Test un petit pokson dont k figive est assez singulière; il e^ a^ale et pkt ; en dessous s^élève un petit dame ^irmonté d^un ccnrps jAai qui s'^élève perpendicukirem^it , coupait tout FoTsde en bande, de sorte qu^ paraît tnangukfire. Ce poisson qm est mou, est soutenu par un corps cartikgineux transparent qui, a jant k même fojone que lepoisscm, Im feit ccmserversa figure. Ce corps cartikgineux est extr^û^ ment mince et d^ié; il est ceint par des lignes ou cercles oYales qui Tcmtpar degrés en daninuant jusqu^'auhautdu dôme. Ces cercles sont coiq^ psur des rayons, et ces rayons s<mt des arêtes cpii soutiennent tout k cartîkge. La partie qui s^élève perpendiculairement, que j^ppelkrai vaiV^, parce quWk ressembk à

une voile et qiCelle en &ii Poffice , forme un angle dont la base est fort large, s^élève en pointe ex s^arrondit. Sur le coté il a égalem^it des lignes çirçulaires»qui siÛTent sa figure et qui sont coupées et soutepues par de petites arêtes, dont la plupart aboutissent au centre du cône , et les autres s WticuleQt arec les arêr tes du corps.

Cette espèce d^^ine ou os cartilagineux est çouYert d^une chair si mollasse et si déliée qu^elle ressemble à un mucilage ; elle couvre tout le dess;us de Faniiiial et s^élève même en pelliçi|le au-dessus de la voile, pour se replier çt s^allonger à mesure que le poisson a besoin de plus ou moins de vent, Une veine bl^iatre assez considérable règne tout le long de la cir^ coiiférençe de la voile, à peu près comme le sinus de la dure-mère dan$ les cerveaux des hommes.

Cest au-de^QU$ du poisson que gît son or* gani$ation. Autoui* delà circonférence du petit dôme on voit la continuation du corps mucila- ^eux y former un inuscle fort large couleur de bleu céleste. Eu dedans de ce muscle circulaire règne un rayon composé d^une quantité de pieds semblables, à ceux des orties ; les

pieds sont de diffârentes grandeurs r^i^s de veinesbleues. Lesdeuxqui répondent aiik<léux bouts de la voife sont fort hnigs et servent de gouvernail à Fanimal. En dedans de ces rayons il y a une quantité demam^ns^ couleur roussàtre, qui sont terminés par ime pointe blanciie rayonnée et remplissant l^s fonds ou la partie ccHicave de Toyale. Ces marnions s^attachent aux corps qu^ils rencontrent et les sucent. Je crois que c^est par là que Fanimal tirera nou]>riture. Ils sont attachés à une peau ou muscle qui enveloppe un corps blanc, fi»ine, long et rond, couché dessous la voile, formant une espèce de sac ouvertpar le milieu, qui a un marmel(Hi plus gros que ceux dont nous venons de parler; il est fermé par un sphincter. Je ne sais si le poisson reçoit oi^ rend par ce gros ^lam6lon sa nourriture.

Ces poissons ovales et triangulaires ont le diamètre d^ua pouce ou d^un pouce et demi tout au plus. Onles voit flotter sur la mer, ayant la pa^rtie plate dans Peau et la voile relevée audessus de la surÊice de Feau j ils nagent et voguent avec leurs pieds ou pattes. On en mange en friture mi confits àPhuile; ils sont fort délicats et d^assez bon goût. Imperatu^ Tavait

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décrit sous )e nom de vêla marina , animale dicùlar celestina da moUi usata in ciboJHUa, Il en donne la figure îcXto 688,et la description folio 679. La Yoile marâie, dk-il, est du nombre de ces^ arnnuiox qui ûcaneat le mMieu ^itre les pkntes et 1^ poissons. DWe ccxisistance cartilagineuse , long de deux pouces, couvert d^une n^mbrane tendre, couleur du bleu céleste, tandis qu^elle vit, on Taj^pelle 7H>ile^ parce qu^élant triangulaire elle montre vxm de ses parties relevées comme ime voile déployée; (Hi la mange fiite ou bouiUie dans rhuile.

Le 22, le calme ayant continué, notre ktitudefiit par les 4o degrés 35 minutes. Nous prîmes quelques petits poissons que j'appelai urtica solaris minima^ ou petite ortie solaire de mer. Cest un poisson rond, du diamètre depuis demi-pouce jusqu'à deux. Le milieu ou la partie charnue est soutenue par un cwps cartilagineux fort mince, presque transparent, relevé en parasol, rs^é, au-dessus, d'un Manc bleuâtre et presque argenté. Le dessous est un amas de petits mamelons qui ont une espèce de sphinctw à leur bout; ils sont blancs, occupent tout le corps et le centre du poisson.

Autour de ce rond il y a un musdie conposé dWe cbair bl^ikre^ d^où partent une infinité de rayoiis ou pieds disposés en dpq rangs : le premier rang a environ un pouce de long, le sec(Hid mcôns , abm sucoessÎTement. Us sont dÎTisés e»lre eux, en sorte qu'^entre deux grands un moyen occupe le milieu; entre ce nK>yen et fe grand un moiu^b:^ s^ trouve, ainsi de suite dans le mémeordre très réguliè* rement posé, ressemblant aux rayons quW nous peint enTÎronimnt mi scdeîl. Ces rayons sont accompagnés de petiles cornes aux bouts desqueUes il y a des points bleuâtres, comme seraiait les point ronds qui sent aux bouts des cornes des limaces. C^est cette figiM*e régulière qui m^a obligé de Fappeler urtica solaris truni* ma. J^en ai conservé dans de Teaurde-vie, je ne crois pifô qu^ ait été décrit par aucun auteur. Uaprès^-dinée, nous vîmes quelques mulats qui sont des espèces ide petites baleines ; ils jettentqumtité d^eau par un trou qnlls ont audessusdunuiseau. Si on pouvait les trouver &ci^ lem^it, je crois qu^on saurait soin de les pécher pour en tirer de Fhuile. Cette pèche serait moins dispencUeuse que celle qu^on fiât de la baleine dans le nord^ on pourrait se fournir

de bois dans File de Sardaigne où il est à très bon compte. Nous eûmes le plaisir de voir une compagnie de marsouins, qu^on appelle ici dau- {diins, sauter et voltiger autour du mulat, enfin, semblaUes à des papillons qui périssent à la chanddle, s^aUer eux-m^e jeter dans la gueule du mulat pour ai être dévorés. Ces pauvres dauphins (car on plaint toujours ceux qui servent de victime ), je ne sais par quel instinct, dès quHls ont aperçu le mulat, vont lui servir de pâture. Il semble que la nature Tait . ainsi ordonné pour nourrir ces lourdes- masses qui ne sauraient autrement peut-être courir après leur proie. Le mulat en gobe tant qu^il peut, mais, ce qui ne parait pas bien, après s^en être rassasié , il coupe et tue les autres qu^il ne peut avaler. Cette observation me fut confirmée par tous les matelots du bord , qui pi^aissurèrent qu'ails voyaient tous les jours arriver la même chose.

Nous vîmes le soir TécUpse du soleil telle qfx^on Favait annoncée , mais comme je n Wais ni instrumens ni horloges assez justes pour Tobserver, je n^oserais rien dire là-desSus.

Le 23, le temps fut calme, la hauteur méritr dienne 4* degrés ii minute$.

Le 24, nous découvrîmes Tiie de Sardaigne; Le soir nous nous trouvâmes vis-à-vis le Porto- G)nte; nous vîmes une vingtaine de bateaux qu^on appelle coraïlines qui faisaient la pèche du corail qu^on trouve assez commim dans * cette côte, et d^une couleur aussi belfe que celle du corail qu^on pèche en Prov^ce.

Le 25 ^ nous nous trouvâmes est et ouest avec le golfe de TOristan , le vent souffla au nordK)uest.

Le 26, à 6 heures du matin, le cap Mau&tan au sud de File de Sardaigne, nous restait au nord-est à 12 Ueues au large. Le soir nous découvrîmes la Galitta, ile sur la côte de la Barbarie; elle restait au sud-sud-ouest, à onze lieues.

Le 27, ayant pris hauteur, nous nous trou-* vâmes par Sj degrés ig minutes nord : à midi, ayantrelevélecapdes Gardes de I&^erti , étant à 3 lieues au large, il restait au S. { S. O. ; la pointe la plus ouest du cap ZibibeàTEi^S^Ë. quelques degrés sud; les îles dites les Cani au S. Ë. 7 E. un peu plus E. que la tache blanche qui est au cap Zibibe.

A une heure après midi étant N. S. avec les Cani à demi-lieue au la!rge, le cap Bizerti restait

à rO. Sd O. quelques degrés O. ; la pointe la plus O. du cap Zibibe au S. E. ^ E. A 4 heures et denûe, étant N. et S. avec le cap Zibibe sur la pointe qui est le plus à Test, je relevai le Cap de Bizerti qui restait à rouest-n(»*d-Oûest; la pointe qui £>rme le golfe de Bîzerti du côté de Test restait à VO. j^N. O; les Zind)res, qui sont des îles près le cap Bon, à TE | S. E. quelque degrés E. Aquatre heures et detnie, nous passâmes entre Pile Plane et la terre; j^observai queTile Plane, les Zimbres et la pointe du cap restaient est et ouest.

Si Ton ramasse ces observations, Ton eon^ dura que la côte, depuis le cap de Bizerti jus^ qu'au cap Zibibe, court E, ; S* E. et O. ^ N. O. , telle qu'elle est marquée sur la carte deM. Berthelot, hydrographe de la ville de Marseille, et que les petites îles qui s*j trouvent y sont aussi mises dans leurs véritables positions.

Il paraît par là que les mémoires sur lesquels M. Delisle s'est réglé pour former sa carte de la Barbarie, n'ont pas été justes à l'égard de cette côte; car il l'a fiât courir S. E, et N. O,^ depuis le Cscp qu'il appelle Promontorium Can-didum^ qui, selon lui, doit répondre au cap de»

Gardes de Bizerti, jusqu^au capqu^l nomoie Promoniorium ApolUnis^ aujouixl^hui cap Zibibe. 11 a{^lle le cap de Bizerti , PromonUhrium Candidvan^ nom qui $end>lerait mieiUL ccmvemr à son Promontorium ApoUmis^ parce qaece dernier, dit capZibibe, est près*que tout couvert de sable jusque auhautdëk montagne, et il paraît tout blanc. 11 place à VO. de ce cap une île assez co^sidéraMe; cependant il vCj en a quWe très petite, nord et sud avec sa tache blanche. On a{^lle cette île Pilau, par quelque idée mal IcMrgée que cette petite île, faite en cœie, ressemblait à un pilau, qui est une soupe de riz cuit, sec et dont les grains, fie ciles à séparer^ peuv^it f<x*mer une petite montagne.

De plus, M. Delisle oubËe de marqi^r Pile Plane qui est* à Test du Proinoniorium ApoU Unis^ et les Canî qui sont deusi petites îles sirtuées nord et sud avec la pointe qui avance le plus au nord du teirain qui est enlre Bîzerti et Porto Farina. J^ai cru, monsieur, vous devoir envoyer ces observations et vous prier de vou- Icnr bien me fidre communiqué des m^ncMres pw messieurs de FAcacMmie des Insci^ptionsy

afin que je puisse donner Jes éclaircissement sur Tancienne géographie de ce pays-ci.

A 6 heures, nous découvrîmes Porto Farina qui est le port où le bey de Tunis tient ses vaisseaux; Il est formé par une langue de terre qui avance à Test, comme le décrit le Flamme dm m£r imprimé en Hollande. Cette langue et le port sont enfermés dans un grand golfe tel qu'il est mai'qué dams la carte de M. Bertheloti

Le soir, nous entrâmes dans la baie de là Goulette et, après avoir doublé le cap Car-* thage^ nous aperçûmes les 4 vaisseaux du Roi qui conduisaient M. Dandreselle, ambassadeur à Constantinople; nous^ mouillâmes là mêjneà 10 brasses d'eau.

Le 28 au matin, nous mîmes à la voiU et saluâmes les vaisseaux du Roi; nous fômes mouiller sous la forteresse de la Goulette. Je fus faire la révérence à M. Fambassadeur qui me graeiosa et m'assura de sa protection.

En entrant dans la Goulette, nous laissântçs à gauche le golfe de Soliman où il y a un village qui porte ce nom; c'était, selon M. Delisle, l'évêché de Calpis. On aperçoit de là trois

autres hautes montagnes dont Tune s^appelle la montagne de Plomb. Je ne sais laquelle doit avoir porté le nom de mons Aspidis *.

Je suis avec un très profond respect^ Monsieur, * Votre très huinble et très onéissant serviteur.

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