‹ Voyages dans les régences de Tunis et d'AlgerChapitre 19 sur 26 · II · texte numérisé non relu

II

5* Les bœufs et les moutons ^ quW expédiait pour Malte et autres lieux.

6^ Les huiles dont on faisait plusieurs char-^ gemens pour divers pays,

y"* Enfin les chevaux que Ton faisait passer en Italie.

Pour Pentf epôt de toutes ces marchandises, il y avait plusieurs magasins , savoir : trois grands magasins pour Pentrepôt des blés, orges et légumes. Ces magasins pouvaient contenir plus de 4o,ooo mesures ou charges. Un des trois était à deux étages ; Pétage supérieur servait pour Tentrepot des laines^ de la cire et autres marchandises, comme bemous et capotes à Fusage des coraiUeurs et gens à salaire qui servaient dans File.

Il y avait deux autres magasins pour Fentrepôt des cuirs salés et des huiles ; un autre magasin poiu* Fentrepôt des bois de construction et agrès; un autre enfin pour le coraiji : - à ce dernier étaient joints des corps de logis pour tous les ouvriers et pour les étrangers.

Llle possédait en outre un bel arsenal à double aile où Fon construisait les barques , deux magasins pour les provisions de vin et de blé, deux moulins à chameaux , plusieurs

citernes et fontaines. Tout ceci était hors du château et formait ce que Ton appelle Tabarque. Il y avait aussi une belle église et un logement pour les aumôniers.

Dans le fort 9 il y a beaucoup de maga^ns, de corps de logis pour la garnison, le gouverneur et Tétat-major; une très belle et vaste citerne et un moulin à chameaux. Le circuit de Pile était fortifié à la moderne par la famille de Lomellini; il y avait, dans cette enceinte, huit bastions et une grosse tour octogone. Tel était Pétat de Pîle de Tabarque , lorsque Ali-Bacha, bey de Tunis, en fit la conquête en 174*? durant la guerre que M. G...*, consul de France à Tunis, occasiona si mal à propos entre la France et le bey. Ce qui y donna lieu est une pauvreté qui Êdt pitié. .G)mme ce consul n^existe plus , il n^est pas hors de propos qu^elle trouve place ici. On en pourra conclure que souvent les révolutions les plus terribles doivent leur origine à des misères* Voici le fait :

Ce consul avait une gouvernante qui, selon la voix publique, était sa favorite et le gouvernait; cette belle se brouilla avec ime Maltaise^ de mauvaises mœurs si Ton veut, mariée

avec un Français, cuismier d^un n^ociant de la nation. Cette Maltaise, proscrite par son mari, fit, de Paveu de ce dernier, un Toyage à Livoume avec, un capits^ne anglais pour qui, si Ton en croit la médisance, elle n^était pas bien cruelle. Soit qtte ce capitaine s^en soit dégoûté ou quW retour de tendresse conjugale ait rappelé cette f(^nme à Tunis , elle y retourna et y arrira vers la fin de ±y3S. Son arrivée à la rade ne fut pas plutôt sue à Tunis que le consul, par complaisance pour sa belle gouvernante, fit transporter la Maltaise à bord d\m bâtiment français qui allait en Europe , malgré les prières de son mari qui la re^ voyait avec plaisir et les instances de cette femme qui soutenait que, quand elle serait née française, dès que son mari la voukdt^ le consul français ne pouvait de son autorité la faire embarquer de force; qu^à plus forte raison , étant née Msdtaise, il n'avait aucun pouvoir sur elle;. quW un mot^ si c'était parce qu'elle avait épousé un Français qu'on la violentait de la sorte, ^e renonçait à son mari et réclamait la protection du bey pour rester à Tunis, Le consul, pour serrir la vengeance de sa belle offensée, fut inflexible-

La Maltaise désespérée trouva moyen d^obtenir la protection d'^Àgi-Mustapha kazanadar et favori du beyw II était ami du ccmsul ; il se flatta d^obtenir là grâce de cette femme : il lui envoya un message à cet effet. Le consul lui fît dire que cette fennne avait surpris sa protection, qu^il espérait qu^il ne s^intéresserait plus pour elle, qu^il lui en parlerait le lendemain. Agi-t-Mustapha , dans Fentrevue , le pria de la relâcher à sa considération : <( Mais c^est une femme publique, dit le consul ! Eh bien ! l*épliqua le Turc, une de plus ou de moins dans Tunis, ne fait ni bien ni mal ; je te prie^ de la relâcher; son mari la revoit avec plaisir; quel intérêt as ^ lu à les désobliger ? Le consul se dé&ndit sur la religion et sur ce quHl avait ordre de sa cour de faire embarquer les gens dé vie scandaleuse. — ic Va, va, répondait « le Turc, on ne doit pas être si rigide, ni « tuer tout ce qui est gras. Tes ordres sont « sensés parce que la crainte en retient plu- « sieurs , mais dès qu We femme est devenue « publique , il n^y a plus de remède à moins « que de Fenfermer; car de la renvoyer en « France , publique là, publique ici , cela re- « vient au nième* Il vaut encore mieux que

u tes négocians s^amusent avec cette chrétienne « quVvec des Juives ou des Maures ; ces der- « nières les exposent trop. » Le consul , qui sentait laforcede ce raisonnement turc, répli-r qua qu'ail ne pouvait s'écarter de ses ordres, ni les enfreindre ; quHl était mortifié de ne pou-^ voir lui accorder sa demande^ — « Oh I con- « sul , je te croyais raisoiuiable et mon ami ; ¥ 'je sais les motifs qui tWgagent à me refuser <( la liberté de cette femme. Ils sont étrangers *î à tous ceux que tu m''as allégués. Je tepror» V mets qu'elle ne partira point , et d tu ne la H fais débarquer dans la journée, demain je <( l'enverrai prendre de force dans le bâtiment c( français. » Le consul lui dit qu'il espérait qu'il ne violerait point les traités j qu'il ne poun vait l'enlever de foifce isous le pavillon français. <( Va, sans faire affront à ton maître, je i l'enlèverai; et si tu Crains qu'il y ait un af- <( front, évite-le en faisant débarquer cette mi- <( s&^ble. » Cela dit, il lui tourna le dos. Le consul, loin de prévoir les mauvaises suites ^é pourrait avoir son refus , ordonna au capitaine français d'aller à son bord et de mettre à la voile. Le Turc , qui avait fait au bey le i?éçit de la conversation qu'il avait eue avec le

consul^ lui demanda des hommes pour alleD à la Goulette prendre celte femme ; ils y arrir vèrent avant le capitame français. Le consul courut porter Falarme au bey ^ lui représen*ter Taffront qu^on avait &it au pavillon français. <( Je sais, dit le bey, ce qu^ Agi-Mustapha « a &it ; il a exécuté mes ordres. Je suis Fami tt de ton maître et Tennemi des tracassiers <( comme toi : Sors. )» Cette disgrâce du con* sul fut publique. Les ennemis de la France connaissant la brutahté et la violence du bey, saisirent ces circonstances pour &ire tomber le commerce des Français. Cet Agi-Mustapha ne leur servit pas peu. Il engagea le bey à exiger que le consul i^t lui baiser la main; il y fut contraint et p^i^dit le privilège de Pembrasser , prérogative qui le distinguait des autres consuls. Il donna avis à la cour de ce qui se pas£fait; mais je peqse qu^il se garda bien de Êdre savoir quWe basse complaisance pour sa servante avait donné lieu à toutes ces querelles qui pcH*tèrent le bey à déclarer la guerre à la France en 1740, qui occasionèrent la captivité des Tabarquiat, la malheureuse expédition de M. de Saurin sur Tabarque, enfin la paix que la France fut; obligée de conclure

en 1 74^ avec le bey , à des 6cmdîti(Hia onérèu-' ses pour la nation française.

On dira peut-être : quVvait de commun Tabarque aveeles quereUes que le consul su$^ citait et comment ayaient-elles pu donner lieu à la prise de cette île en 174^ ?

De tout temps la France â regardé Tabar-^ que comme un obstacle à son commerce , et plusieurs fois elle a tenté de Tacheter de la fa* mille de Lomellini. En 1738, la Compagnie d^Afrique fit foire des propositions à M. Jac-^ ques de Lomellini. Il fit espé^ei' qu^il s^en déferait. En 174*1 de TôTeu de la cour, on députa M. FougacCj négociant de Marseille, pom' en aller traiter à Gênes ; Celùi-Kîi, enfié de Fimportance de sa commission, la confiait au premier venu, tes négocians de Tunis le surent avant même son arrivée à Gênes, de même que ceux du Cap Nègre, de Bône et dé la Galle. Tous, sanig faire attention que leur iii-^ discrétion pouvait foire échouer les négociations, en parlaient hautement; le bruit s'en répandit à Tabarque. Le petit peuple et les co-^ railleurs apprirent cette nouvelle avec plaisir j ils i^évoyaient que la France saurait les mettre à couvert des avanieB des Baci4>aresques et

que le commerce de Tabarque augmeiitm:*ait considéraMement; qu^il n^ aurait qu^à gagner pour eux dans ce changement* Peut-être ceux qui Paient à la tête des affaires ne pensaient'ilâ pas si avantageusemeiû pour la France» Quoi qu^il en soit^ k bey fiit informé des premiers de cette négociation; il intercepta en-* tre autres une lettre de M. ViUer j directeur pour la G)mpagnie au cap Nègre ^ adressée à la chambre de commerce de Marseille ^ par laquelle il la pressait de ranontrer fortement à la cour les avantages que k France retire^ rait de Tabarque. Non^seulement rocoupatioii de Vîle étendrait considéraMement le coea-* meree finançais;, mais eocore ce po^e impc^r^ tant mettrait la France à même die &ire la loi au bey de Tunis et à tcmtes les puissances de Barbéoie. Le bey, eti conséquence, prit des mesures pour surprendre Tabarque et s^e» emparer^ huit gaUottes et chebecks furent mis promptement en mer avec le ^uUe d^homnMi d^équipagé, sbuspi^texte d' Jleren course contre lesFi*ôBçais. Il euTOya son fils Sidy Jonis à la tête d^un corps oonsid^bk de troupes duoôcé de Tabarque j annonçant que c^était pour ailler soumettre les i¥H>rflagnards des enfirons ,

sur qui le hej n^a qu^une autorité apparente^ Les chebecks et les troupes de terre arrivèrenl en même temps devant Tabarque. Les pre-* miersdemandèrentdesrafi^chissemens quW avait coutume de leur donner; une douzaine de Turcs des plus braves entrèrent dans File , se saisirent du commandant^ qui Se trouvait là par hasard, et de trois des principaux faduitans. Ils les meni^ent aux chebecks ; on les mit à la chaîne. On somma les habitans de se rendre , s^ik ne voulaie%it pas s^e^oser à un assaut et voir massacrer les otages. On parlementa, et Tabarque se raidit. Sidj Jonis y entra victo^ rîaix; il y mit garnison turque, fit enchsdner les Tabarquins et les envoya esclaves à Tunis. Il fit raser les fortifications modernes, c'^estr à«-dire celles qui avaient été Êdtes par la fa-' mille de Lomellini, abattre les maisons, dé^ molir FégUse et presque tous les magasins.

Ce qui fit manquer Pexpédition de M. de âaurin fut une pareille indiscrétion. Le bruit «^en répandit à Tunis; le bey, averti à temps, garnit Tabarque de troupes et de munitions. On sait les suites fâcheuses qu^eut cette mal-^ heureuse tentative.

Sidy Jonis n^épargn» que la belle forteressi^.

bâtie par Charles-Quint, les magasins et bâti-* mens qu^elle renferme et, hors de ce fort, la tour octogone , un magasin qui s^:t pour Tentrepot des proTisions nécessaires à la garnison turque, un autre petit logement où demeure le provisionnaire de ladite garnison et deux autres petits logemens pour les étrangers qui re^ lâchent à ladite île.

Tel est Fétat présent de Tîle de Tabarqué. La pèche du corail a été interrompue et abandonnée dès sa prise par le bey de Tunis. Cette île ,' qui serait un trésor inépuisable pour la France, est en quelque façon devenue à charge au bey. Il est obligé d^ entretenir une garnison turque, et il n^^i tire dVutre avantage que fasile pour ses corsaires et ses petits bâtimens marchands qui font le commerce le long de la côte. Je crois peu dire en avan^int que File de Tabarque serait plus avantageuse à la France que Mahon ne le serait ou ne Pétait aux Anglais , pourvu que la France, supposée maîtresse de File, en réparât le port qui est à Fest, et qui , avec très peu de dépense, deviendrait très sûr et très commode. Il ne s^agirait que devancer un peu le môle qui est déjà formé en partie naturellement par de grosses

pierres* Ensuite , à Faide de quelques encais*< semens, on mettrait le port à couvert du traversier ou vents du nord et de nord-est, qui sont les seuls vents auxquels il soit exposé. On aurait par ce moyen un très beau bassin propre à hiverner 4 à â vaisseaux de guerre , des firégates et des^lères.

A Pouest de File, entre la terre fi^rme et Tabarque, il y a un autre port pour les bâtimens plus petits, comme barqaeSy tarâmes, polacres^ parce qu'ail n Y a que deux brasses et demie à trois brasses d^eau. Ce port n^ést point sur Thiver, étant trop exposé aux venta du nord et cUi nord-ouest; maiè Pautreport rétabli, touâleâ bàtim^as, grands et petits, seraient en «ûreté en tout temps. Ce port ré-* Uibb , si de plus on relevait les unifications, les magasins poin* Fentrqpot des marchandises, si Ton rétablissait les barques pour la pèche du corail et les logemens pour les corailr-* letirs, les soldats et les marchands, ce qui coûterait aussi très peu , les matériaux étant sur les lieux ou très proche en terre ferme, l^e de Tdbarque deviendrait de la dernière importance poin* la France et son commerce du Levant.

i"" La France, à Taide de deux ou trois firé* gales et datant de gulèi^s, ferait la loi à tou-^ tes les puissances baii)aresque8; son {lavillon serait respecté; ses capitaines de bàtimens marchands seraient à Tabri des insultas et Aeê bastonnades qvCûs ne reçoivent que trc^ souy^it des corsaire^ algériens , outre les dégâts et le pillage de lem^provisions, et aiitres «v»* nies qu^ils sont obHgés de subir.

2? En temps de guêtre ,* ces frégates et ga-» 1ères, renforcées de quelques vaisseaux de guerre, tiendraient la mer, accableraient les corsaires ennemis, intercepterai^it leurs bâtîmeis marcbands et leurs conrôis, et, malgré tous leurs efïbrts, la France resterait maîtresse de la Méditerranée. Je dis pbis : que la France conserve Mahon , qu'elle se procure Tabar-* que, elle donnera la loi dans toutp la Médi^ terranée ; PAngleterre en sera «xdue, et son commerce du Levant toii]l>era iCntièrtaiient. En faisant tomber le commerce de TAngle^ terre dans la Méditerranée, on énerve consi** dérablement celui de Livoume. De Taveu 4es principaux négocians de cette plaee^ la prise de Mahon a &it perdre à lin^oume un porofit aimuel de 5oo,ooo Hvi^es an moins , malgré

les prise» £rançaises que h^ Anglais y ont Ven-* dues. Ne doit-on pas conclure que le commerce anglais tombant dans la Méditerranée, celui de Livourne reste en souffrance, et tout cela au profit du commerce français ?

3** Tabarque procurerait aux Français la riche pêche du corail, augmenterait ses branches de commerce en laines^ cuirs, cire, miel, blé et orge, dont on ferait une quantité de char gemens considérables pour lés transporter en France, à Malte et à Tripoli , où ils manquent souvent. On ferajit le commerce sur les boeu&, moutons et chevaux ; ce dernier pourrait devenir très avantageux à plus d^un égard. Il serait très facile de rétabhr les caravanes qui apportaient, des côtes de Guinée, la poudre d^or, sur laquelle il y a un très grand profit, et que Fînsatiable avarice du dernier bey de Tunis a fait tomber en s^emparant de la poudre d^or des caravaneurs, et ne leur donnant que ce qu^il voulait, et souvent rien du tout.

4** Il n'est pas moins vrai que Tabarque procurerait à la France tout le commerce des cotes de Barbarie , et la mettrait à même de Vemr dans les bornes de Fhumanité tous les

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Barbaresques, surtout les fiers Algaîens, en^ nemis jurés des Français. Ils deviendraient bien petits, et Ton serait en état à tout instant de réprimer leur insolence au moindre écarts Nous ne pouvons aborder leurs côtes sans être exposés aux derniers dangers, et, dans Alger même, c^est un miracle quand un Français, reconnu pour tel, n^y est p^ insulté.^Tabarque aux Français , rétablie comme je Tai indiqué, tout change de &ce. Nous subissons la loi ; nous la donnerions. Quelle gloire pour le monarque et quel avantage pour la nation entière ! Oui, la France ferait la loi aux Barbaresques : eux - mêmes en conviennent. Voici les propres termes dont le dey d^Algev se servit dans une lettre quHl écrivit au bey de Tunis, sur Favis qu^il eut que la France lui demandait d^acb^ter Tabarque, pou^ en £dre une place de commerce et un dépôt pour la pêche du corail :

« J^apprends que la France voudrait que tu « lui vendes Tabarque pour la pêche du co- <( raU ; garde-toi bien de le Ëdre. Je te per» « mets de la céder à tous autres chrétiens; it mais tu ne dois pas ignorer que les Français <( sont mes plus grands ennemis* J^ai déjà une

«c dent pouirie dans la mâchoire, qui est Oran « et que je ne puis arracher; garde--toi bien K d?y en ajouter une autre, si tu ne veux que « je te détrône, etc. etc. »

Ce discours cavalier du dey d'Alger au bey de Tunis fait connaître combien 1^ Algériens haïssent les Finançais et craignent leur voisin nage , en un mot que les Français, maatres de TabarquerétabËe et fortifiée, les timidraient dans Fobéissance et la soumission.

Je conclus que la France na doit rien épaay gner pour se procurer Tabarque, la rétablir, et en faire un poste aussi important que Pétak la Goule tte poiw Charles-Quint. -

Que Ppn ne croie pas qu'il soit fort difficile dé rétablir la pêche du corail :

1** Il y a des forêts considérables aux environs de Tabarque , d'^où Ton tirerait les bois de conglruction pour les barques propres à la pêche du corail, et même pour la construction de tous autres bâtimens. Ces bois ne coûteraient que la mairi d'œuvre; le transport est ^cile à Faide d'ime rivière qui se jette dans k mer à ime portée de carabine de Tabarque. Les Tabarquins tiraient seulement de TEurope les planches pour les constructions. Quant

IX mats et aux vergues, on les tirait et on (Ut les tirer des forêts dont j^ai parlé. On en ^erait de même les planches ; mais ji^squ^à *ésent on ne connaît pas en Barbarie Fusage is moulins à scie. On pourrait y en établir, par là éyiter les fi:*ais de transport de toutes îUes qui seraient nécessaires. ^ q!^ La plupart des patrons de barques exisnt encore aujourd'hui ; ils sopt en état de ^commencer la pêche du corail et de Êdre es élèves pour leur succéder. Plusieurs se )iit retirés à File Saint-Pierre , sur les côtes e Sardaigne ; d'autres sont étabUs à Tunis, et 'autres enfin sont esclaves dims Alger. Ceux 8 l'île Saint-Pierre ne manqueraient pas de ^tourner à Tabarque dès que cette île sérail la France ; ils quitteraient avec empressem^it ne île où ils sont misérables, pour se rendre ans une île où tout abonde et qui est leur paie. On peut compter également sur ceux de unis, et £ûre racheter ceux d'Alger par les ères de la Merci sans qu'il en coûte rien à Etat : une lettre écrite en Espagne, une aur» :*e au général de cet Ordre à Rome, donnèrent la liberté à tous ces patrons corailleurS| sckves des Algériens.

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