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quatre années , il avait pu se passer bien des événements que nous ignorons ; et il y aurait peu de justice à juger sévèrement la conduite de Swift, que la résistance opiniâtre de Varina n’avait pas préparé â une offre soudaine de capitulation.
La mort de sir William Temple vint mettre un terme à l’existence paisible et heureuse dont Swift avait joui pendant quatre ans a Moor-Park. Sir William avait apprécié l’amitié généreuse de Swift : il lui fit un legs en argent , et lui laissa ses manuscrits, ce qu’il estimait sans doute bien davantage.
Peu de temps après , Swift se rendit en Irlande avec lord Berkeley. A la suite de quelques différends avec ce seigneur, il obtint le bénéûce de Saracor ; mais il ne tarda pas â se jeter dans la politique.
EiHTIO il se rendit en Angleterre. Ce fut alors que commencèrent ses hostilités avec les whigs et son alliance avec Harley et avec l’administration.
Sa nomination au doyenné de Saint-Patrick fut signée le 25 février 1715; et Swift partit dans les premiers jours de juin pour aller prendre possession d’un bénéfice qu’il ne considérait tout au plus, avait-il souvent dit, que comme un honorable exil. On ne pouvait guère , en effet, s’attendre 'a ce que la faveur sans exemple dont il avait joui auprès du gouvernement ne le mènerait qu’à un bénéfice en Irlande, et
SLR JONATHAN SWJIT.
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l’éloignerait de ces mêmes ministres par lesquels il était consulté, qui employaient scs talents à défendre leur cause, et qui jouissaient avec délices de sa société. Il fut sans doute aussi désappointé que surpris, puisque, dans un temps, ils avaient jugé ses services si essentiels a l’administration , qu’ils refusaient de le nommer évêque en Irlande.
Mistress Johnson avait abandonné sa patrie , avait exposé sa réputation, pour partager sa destinée, dans le temps où elle n'avait aucune perspective de devenir brillante; et les liens qui obligeaient Swift a l’indemniser de ces sacrifices étaient aussi sacrés qu’une promesse solennelle, s’il n’y avait pas réellement une promesse de mariage entre eux. Swift chargea le révérend Saint-George Ashe , évêque de Clogher, son ancien maître et son ami , de s’informer de la cause de la mélancolie de Siella, et la réponse fut celle que sa conscience aurait pu lui faire d’avance ; il n'y avait qu’un moyen de la convaincre qu’il l’aimait toujours, et delà raetire à l’abri de la calomnie. La
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réponse de Swift fut qu’il avait formé deux résolutions relativement au mariage : l’une de ne se marier que quand il aurait une fortune suffisante , l’autre de n’y songer qu’a un âge où il pourrait raisonnablement espérer de voir ses enfants établis comme ils devaient 1 être. Son indépendance n’était pas encore complète ; il avait des dettes , il avait passé l’âge au-dela duquel il avait résolu de ne plus se marier. Cependant , il épouserait Stella, pourvu que leur mariage fut tenu secret , et à condition qu’ils continueraient de vivre séparément, et avec la même circonspection qu’auparavant. Stella souscrivit à ses dures conditions : elles levaient tous ses scrupules, et calmaient sa jalousie en rendant impossible l’union de Swift avec sa rivale. Swift et Stella furent mariés dans le jardin du doyenné, par l’évêque de Clogher, en l’année 1716. Immédiatement après la cérémonie, Swift fut , a ce qu’il paraît , dans une agitation d’esprit effrayante. Delany (d’après ce que j’ai su d’un ami de sa veuve), pressé de donner son opinion sur cet étrange mariage, dit que , vers le temps où il se fit, il remarqua que Swift était très sombre et extrêmement agité , au point qu’il alla chez l’archevêque King lui faire part de ses craintes. Quand il entra dans la bibliothèque , Swift en sortait précipitamment avec un air égaré , et il passa près de lui sans lui parler. Il trouva l’archevêque en larmes, et, lorsqu’il lui en demanda la raison, il lui répondit : « Vous venez de rencontrer l’homme le plus malheureux de la terre, mais ne me faites jamais de questions sur la cause de son malheur. » 11 est à propos de dire que Delany conclut de cette circonstance que Swift, après son mariage avec Stella, avait découvert qu’ils étaient parents ’a un degré prohibé, et qu’il venait de le confier a l’archevêque. Mais les expressions du prélat n’indiquent rien de semblable , et il y a des preuves positives que cette parenté ne pouvait pas exister.
Swift ne vit personne pendant quelques jours. Quand il sortit de sa retraite, ses rapports avec mistress Diugley et Stella continuèrent avec la même circonspection , afin de prévenir tout soupçon d’intimité, comme si cette intimité n’était pas alors légitime et vertueuse. Stella continua donc à être