PRÉFACE XXVII
archives de La Brède, et dont plus de soixante-dix pages sont couvertes d'écriture. Ils montrent avec quelle ardeur et quelle minutie Montesquieu étudia surtout les bustes, les statues, les bas -reliefs qu'il put voir dans la capitule de la Toscane. Un amateur et un artiste, Bianchi • et Piemontini, lui servirent de cicérone; mais de cicérone dont il contrôlait les dires avec sa critique ordinaire.
C'est aussi à Florence que le Président prit goût à la musique italienne.
Le i 5 janvier 1729, il se mit en route pour Rome, où il ne parvint que le quatrième jour, mais après avoir visité Sienne et Viterbe.
Son confrère à l'Académie française, le cardinal de Polignac, représentait alors notre pays auprès du Saint-Siège. Il fut on ne peut mieux accueilli par lui. Le cardinal, diplomate, philosophe et de plus poète latin, lui apprit une foule d'anecdotes sur l'histoire du temps, lui exposa des idées générales avec une aisance et une abondance qui le surprirent, et, bien entendu, lui lut un livre de L 'Anti- Lucrèce, qu'il admira.
Montesquieu fit, d'ailleurs, à l'Ambassade de France des connaissances précieuses; par exemple, celle du père Cerati, auquel il s'attacha si fidèlement qu'il lui écrivait vingt-cinq ans plus tard, presque à la veille de sa mort : «Je commence par vous embrasser, bras dessus et bras dessous2. »
Mentionnons aussi Mgr. Fouquet, ancien missionnaire, devenu évêque in partions, lequel fut mêlé à la trop célèbre affaire des cérémonies chinoises. Il était mieux à même que personne de fournir des renseignements sur le Céleste Empire. Un des registres manuscrits de notre
î. Ce Bianchi est-il Jean Bianchi, qui fut nommé conservateur des Antiques à Florence, en 1738, et que Ch. Justi juge si sévèrement dans son Winckelmann,... (Leipsig, C.-W. Vogel, 1872), tome II, impartie, page 240?