‹ Voyages de Montesquieu (volume 2)Chapitre 3 sur 152 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

Quant à la question de savoir quelle influence les voyages de Montesquieu exercèrent sur la direction générale et sur le développement de son génie, nous nous bornerons à la poser. Il est à croire que, même avant 1728, l'auteur des Lettres Persanes, se détachant peu à peu des sciences physiques et naturelles, qui faillirent l'absorber, avait voué, sans retour, le meilleur de ses forces aux études morales et politiques. Mais, lorsqu'il eut comparé, ailleurs que dans les livres, les mœurs et les lois de quatre ou cinq peuples civilisés, ne dut-il pas envisager les hommes et les choses humaines à un point de vue plus large et plus haut qu'à l'époque où son expérience était restreinte à la France et aux Français?

Les livres ne suffisent point aux intelligences curieuses et critiques à la fois : elles tiennent à voir, entendre et toucher les choses par elles-mêmes. Or, Montesquieu avait, au plus haut degré, l'esprit curieux et critique. Toute manifestation de force, de vie, d'activité individuelle ou collective, l'intéressait et l'induisait aussitôt à tenter des généralisations plus ou moins hardies. Il était donc trop heureux de recueillir le témoignage de quiconque pouvait l'édifier sur quelque fait inconnu. Seulement, il n'admettait les allégations de personne que sous bénéfice d'inventaire, dès qu'il avait le moyen d'en contrôler l'exactitude.

Lorsqu'il s'agissait de l'Orient, de la Perse et de la Chine, il était réduit à croire les explorateurs sur parole.

en sûreté et sous cachets chez l'exécuteur testamentaire [de Charles-Louis, baron de Montesquieu], qui les lui renverra à la première occasion favorable, ainsi qu'il en a été convenu respectivement.

» Mon fils est peiné de la quantité de papiers brûlés, et, suivant ses intentions (me disait-il encor ce matin), vous serez le seul juge du sort de ceux qui restent. »

Page 1