PRÉFACE XLIII
redevable d'indications précieuses, et auxquelles nous tenons à exprimer toute notre gratitude.
Nous avons eu recours, à Bordeaux, aux lumières de MM. les abbés Allain et Bertrand (pour ce qui touche les institutions de l'Église), de M. le colonel Plazanet (pour des faits d'histoire militaire), de MM. Eugène Bouvy et Henri Monnier (pour ce qui relève de la langue et de la littérature italiennes), de MM. Charles Braquehaye et Jacques Valleton (pour ce qui intéresse l'histoire de
'l'art).
A Paris, nous avons réclamé et obtenu le concours obligeant de MM. Eugène Mûntz (de l'Institut), Paul Bonnefon et Frantz Schrader, qui nous ont édifié sur quelques points spéciaux.
Enfin, à l'étranger même, le biographe du prince Euo-ène, M. le chevalier d'Arneth, et M. le professeur Alexandre d'Ancona, l'éditeur des Voyages de Montaigne, n'ont pas refusé de répondre k nos questions. Ils ont pardonné à un indiscret qui s'adressait à eux en leur annonçant une œuvre inédite de Montesquieu. Les grands noms ont le privilège d'unir les hommes, par-dessus les frontières, dans un sentiment de bienveillance et de sympathie mutuelles.
Malgré tout, notre édition des Voyages est et reste une première édition, c'est-à-dire un essai. Que le lecteur veuille donc excuser les omissions ou les méprises qu'il découvrira dans notre travail1. Il jouira toujours d'un plaisir qu'un critique illustre lui eût envié. Sur un exemplaire des
I. L'organisation de ce que nous appelons l'état civil étant plus que défectueuse à la fin du xvn* siècle et au commencement du xvnie, les auteurs spéciaux, les plus sérieux, sont loin de s'accorder sur la date de la naissance et de la mort des personnages historiques. Ils ne s'entendent pas même toujours lorsqu'il s'agit des Empereurs d'Allemagne. On voudra donc bien ne pas s'étonner si les dates que nous donnons dans nos notes diffèrent parfois de celles que l'on rencontre ailleurs; surtout en songeant que les pays civilisés de l'Europe n'avaient pas tous adopté le même style à l'époque dont nous nous occupons : témoin la Grande-Bretagne, qui ne renonça qu'en i j5 i au calendrier julien.
PRÉFACE
Œuvres de Montesquieu, Sainte-Beuve a crayonné la phrase suivante (quelque peu blasphématoire aux yeux d'un légiste) : «Je disais que j'aimerais mieux un Journal de Voyage complet, contenant les observations directes de Montesquieu, que tout V Esprit des Lois1.»
i. L'exemplaire où se trouve cette note appartient à M. Reinhold Dezeimeris. Sainte-Beuve a repris et développé son idée dans un de ses articles. Voyez les Causeries du Lundi (Paris, Garnier frères, 1854), tome VII, pag-e 48.
DESCRIPTION DES MANUSCRITS