‹ Voyages de Montesquieu (volume 2)Chapitre 37 sur 152 · FRAGMENTS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS

Le 20 mai 1728, j'allai à Laxembourg; j'eus l'honneur de baiser la main de l'Empereur et de l'Impératrice. Je les vis dîner. Après quoi, j'allai dîner chez la princesse de Schwarzenberg. L'Em-

5 pereur alla voir voler le héron; ce qu'il fait ordinairement deux fois par jour. C'est dans une prairie, à un petit demi-quart de lieue de Laxembourg, où il a fait bâtir une espèce de petite tour, en forme de pigeonnier. L'Impératrice et ses dames se tiennent

10 en haut; l'Empereur (et sa suite) se tient en bas; et l'on joue dans les deux étages jusques à ce que quelque héron paroisse. L'Empereur joue ordinairement avec les Espagnols, qu'il aime par- dessus tout. Il a la physionomie et toutes les manières d'un

i5 bon prince, et l'Impératrice, le reste des agréments de la plus belle princesse du monde. Il est vêtu très simplement.

Laxembourg est une maison de chasse, et telle qu'un particulier y seroit très mal logé. Mais il ne

20 se soucie pas d'être mieux.

Il y a à la Cour le prince héréditaire de Lorraine. Il étoit destiné pour être le gendre de l'Empereur; mais on dit qu'il a baissé beaucoup dans la faveur de l'Empereur et l'Impératrice par la raison que, lorsque l'Impératrice accoucha d'une fille, il ne put s'em- 5 pêcher de faire paroître une joye secrète ; ce qui a, dit-on, été rapporté.

La ville de Vienne est petite, gênée par les fortifications. Il y a pourtant d'assez belles maisons et de très beaux appartements. L'incommodité est que 10 rarement loge- 1- on seul dans une maison, et même la Cour prend les seconds étages pour les officiers : ce qui fait que les loyers y sont prodigieusement chers. La maison du prince Eugène, dans la Ville, est très belle; celle du prince de Lichtenstein, aussi. i5

Vienne paroît surtout avoir de la beauté lorsque l'on le regarde du dehors. C'est, en vérité, un très bel objet, et on voit une petite ville fortifiée et de beaux bâtiments dans le dedans. On compte qu'il y a 180,000 habitants; mais je ne crois pas qu'il y 20 en ait plus de 120,000. La petitesse de la Ville, la poussière, qui vient surtout d'un grand terrain vide entre la Ville et les faubourgs, fait que Ton est mieux l'été dans des maisons du faubourg ou jardins, que dans la Ville. Ce qu'il y a de mieux est le jardin du 25 prince Eugène, celui du prince de Schwarzenberg, et la maison de la marquise de Tofiano.

Ce jardin du prince Eugène est dans un très petit terrain. Cependant on dit qu'il coûte i5 à 16,000 florins d'entretien : ce qui est les trois quarts de plus 3o

qu'il n'y en a (sic). Il est masqué par une église que l'impératrice Amélie a fait bâtir au-devant; à mon avis, très mal à propos. La maison est belle, et il y a deux très beaux appartements. Il y a des pièces, 5 dans ces appartements, si ornées et si finies qu'il est impossible d'y rien ajouter de mieux. Peut-être le sont-elles trop. D'ailleurs, la façade de cette maison est de mauvais goût : pleine de petites choses et de colifichets. — Voyez où j'en parle, p. (sic).

io II n'y a à la cour de l'Empereur que trois princes à qui on donne l'« Altesse» ou le Durclilauclit : le prince Eugène, le prince de Beveren et le prince de Lorraine *. On ne l'y appelle point « Altesse royale », parce que les archiduchesses n'ont point ce titre.

i5 II n'y a que les électeurs qui ayent droit de manger à la table de l'Empereur.

Les autres princes, comme ceux de Lichtenstein,

Schwarzenberg, n'ont point l'« Altesse», mais

un autre titre allemand : Fûrstengnaden , qui n'a

20 point d'expression françoise. Ainsi on ne les traite d' « Altesse », ni d' « Excellence » ; mais : « le Prince »

et «Elle»

Après les princes vont les conseillers d'Etat, lesquels ont le titre d'« Excellence ». Ils sont en très

25 grand nombre. On donne ce titre à de très jeunes gens. Aussi ne sont-ils que pour la forme, et les conseils où on les assemble se tiennent-ils très rarement et pour des affaires peu importantes.

i. [Ex marge :] Beveren; Harrach (?), le gouverneur de. Schwarzenberg: trois.

Ce 20 mai 1728.

Les principales personnes que j'ai connues à Vienne sont :

Le prince Eugène est assez connu.

Le maréchal Starhemberg: c'est un philosophe; 5 homme sans façon, un peu caustique; conteur: il aime à parler, et qu'on lui parle de lui; ne fait point sa cour; a des belles-lettres.

Le comte de Kinsky, qui a été en Moscovie et a été nommé pour l'ambassade de France. On ne sait 10 pas s'il y ira; a eu une grande querelle avec Windischgrœtz, à table, chez le duc de Richelieu : ce qui leur a fait tort dans l'esprit de l'Empereur. Son frère, le comte de Kinsky, a été nommé à l'ambassade d'Angleterre, mais n'a pas pris rang. Ils sont très i5 riches : celui d'Angleterre a 5o,ooo florins, et les autres, autant (sic) (l'aîné en a bien plus) : car ils sont trois ou quatre branches. Les terres en Bohême sont très bonnes : car ils ont tout, et les paysans se vendent et sont esclaves, et le plus petit seigneur 20 de Bohême est l'Empereur.

Le comte de Collalto : assez instruit; conseiller d'État de l'Empereur; Italien. Sa femme est Starhemberg.

Le prince de Beveren : cousin germain de l'Impé- 25 ratrice; bon prince; poli; d'une humeur douce.

Le comte d'Harrach : vice-roi de Naples. Ce viceroi, homme de mérite et mettable par tout pays. Son fils aussi, qui a été ministre à Turin.

Le comte de Windischgraetz est conseiller d'État; 3o fils du comte de Windischgraetz, président du Conseil

aulique; a été plénipotentiaire à Cambrai, et nommé à Soissons; il a une charge héréditaire dans le duché de Styrie.

Il n'y a rien de si ridicule que le duel du feu comte

5 deWindischgraetz, président du Conseil aulique, avec

le vice-chancelier : ils furent séparés par le comte

Ottocar Starhemberg, conseiller de la Conférence,

et le comte de Zinzendorf, chancelier de la Cour.

Le comte de Wurmbrand : président du Conseil 10 aulique; homme savant et intègre; il s'est fait Catholique étant conseiller, et, de là, il est devenu viceprésident et président.

Le comte de Martinitz.

Le prince de Lobkowitz, le prince de Schwari5 zenberg, le prince de Lichtenstein, le comte de Zinzendorf, sont des seigneurs des Pays -Héréditaires qui ont été faits princes de l'Empire. Il y avoit le prince d'Eggenberg, qui, sous Ferdinand II, étoit un échevin ou patrice de Nuremberg; qui, en 20 dix ans de temps, fut fait prince de l'Empire, avec 3oo,ooo florins de revenus; il n'y a plus qu'une princesse d'Eggenberg. Ces princes, qui ont quelquefois 3 à 4,000 florins de revenu dans l'Empire, et 3 à 400,000 dans les Pays-Héréditaires, n'ont 25 garde de s'opposer dans la Diète à l'Empereur. Ce fut Ferdinand II qui commença cette manœuvre.

Le prince de La Tour est grand- maître des postes

des Pays-Bas. On vouloit les lui ôter, et sa femme, sœur du prince de Lobkowitz, étoit à Vienne pour l'empêcher, lorsque j'y étois.

Le comte de Paar est grand-maître des postes des Pays -Autrichiens : c'est un petit homme, assez poli. 5

J'ai vu encore le fils du marquis de Las Perlas : assez aimable; et le comte Pacheco, fils du duc d'Uceda.

Wachtendonk est chambellan; de très bonne maison dans l'Empire: depuis plus de 400 ans comte 10 de Wachtendonk.

Linden est aussi chambellan ; de la maison d'Apremont dans les Pays-Bas.

Vous remarquerez que ceux qui sont de l'Empire s'accommodent plus avec les étrangers qu'avec les i5 Autrichiens.

Lorsque j'étois à Vienne, il y avoit pour ministres :

Le comte de Tarouca, pour le Portugal, en qualité de ministre plénipotentiaire : homme fort estimé, et même de l'Empereur, à qui il avoit rendu des services 20 lorsqu'il n'étoit que Charles III, en Portugal; homme aimable, affable, caressant, sensé, beaucoup d'esprit.

Le comte de Wackerbarth, envoyé de Saxe; le comte Crassau, envoyé de Suède : ces deux-là de communi. 25

Berkentin, envoyé de Danemark: savant; de l'esprit; mais réussissant peu dans le dessein de n'avoir pas une politesse pédante.

Bartholoméi, envoyé de Florence : original et Flo-

rentin depuis les pieds jusqu'à la tête; gros, malhabile et ridicule joueur, qui avoit perdu 100,000 florins par sa faute ; d'ailleurs, ne manquant point d'esprit.

5 L'envoyé de Prusse, Brandt : homme très matériel, mais bon homme.

L'envoyé de Moscovie : plus matériel encore.

L'envoyé de Lucques, l'abbé Vanni : très capable des affaires dont il étoit chargé; bon homme; visi- 10 teur et questionneur éternel.

Il y avoit encore à Vienne :

Le prince Czartoryski, de la maison des Jagellons: Polonois; homme de mérite.

Le chevalier Tarouca, qui avoit de l'esprit, mais ,5 prévenu pour lui jusqu'à la folie et l'idolâtrie : incapable d'imaginer qu'il lui pût manquer un seul talent.

Il y avoit, pour la Sardaigne, le marquis de Breil,

homme universellement aimable, très capable d'af-

20 faires, digne de l'amitié de tous les honnêtes gens,

supérieur à ses collègues. Solar, son frère, bien

inférieur.

Carelli : ennemi des Jésuites; très bien avec l'Empereur, et favorisé de lui; assez savant pour l'être à 25 Vienne.

Le comte de Zinzendorf, qui a épousé la fille du chancelier, semble un petit-maître françois; distrait;

du reste, ayant de l'ambition, et qui s'applique; le meilleur homme du monde ; étoit à Ratisbonne, quand j'y passai, et est à présent ministre de l'Empereur en Hollande.

Il paroît que l'Empereur peut bien défendre l'en- 5 trée des marchandises étrangères dans ses pays héréditaires, pourvu que, par ce mot d'étranger, on ne comprenne pas celles des pays situés dans l'Empire.

Tout le monde sait que, quoique les états de 10 l'Empire soient souverains, ils sont, cependant, dans une espèce de dépendance, les uns à l'égard des autres, comme membres d'un même corps; et le droit qu'ils ont de faire des loix est subordonné à la loi fondamentale qui les unit. Une prohibition de i5 commerce entre deux états est contradictoire avec l'union de deux états, et on ne peut concevoir que des états qui se refusent toutes sortes d'avantages mutuels puissent composer un même état. Quelle seroit la situation de l'Empire, si chacun de ses 20 membres faisoit une prohibition pareille?

Il n'est pas permis à un membre de l'Empire d'établir de nouveaux péages sur les rivières, ou d'augmenter les anciens, sans le consentement de l'Empire, afin que le commerce ne soit pas troublé. 25 Or, s'il faut le consentement de l'Empire pour faire une chose qui pourroit porter quelque atteinte au commerce qui se fait d'un état à l'autre, à plus forte raison faut- il ce consentement quand il s'agit de l'interdire. 3o

VOYAGE EN AUTRICHE I i

Une prohibition générale de commerce est, en quelque façon, un acte d'ennemi. Cela est si vrai que les états qui, par leur situation ou leur distance, ne peuvent pas se faire la guerre, n'ont que ce moyen 5 pour se venger des insultes reçues ou se témoigner leur inimitié.

L'affaire du D. D. — Un écolier à qui le moine avoit donné à copier alla s'en confesser. — Point d'absolution sans révélation! — Il alla à l'archevêque

io de Vienne. On fulmina pour aller à révélation. Le jardinier de la maison voisine dit qu'ayant vu un grand feu dans le jardin il avoit (sic) monté sur la muraille et avoit vu des cérémonies. Le lendemain l'homme trouvé mort à la maison. Enterré sans la

i5 cérémonie ordinaire de la visite. L'on voulut faire du bruit. Le confesseur jésuite accommode tout avec le nonce. On envoyé un courrier à Rome pour avoir décharge de l'excommunication ipso facto. Malade trois semaines, jusqu'au retour du courrier, ne pou-

20 vant aller aux chapelles. Conseil de l'Empereur de ne rien croire et de se servir de cela pour lier le D. Résolution du Cardinal de n'en rien croire aussi. Ledit, mal dans l'esprit du Cardinal et du G. des S. (?). Point de confiance de sa (?) Cour. Décrédité par ses

25 dettes et par son opposition aux Anglois.

Je fus de retour à Vienne, de mon voyage de Hongrie, le 26 de juin 1728, et, le 9 de juillet, je partis avec milord Waldgrave pour Gratz. L'Empereur,

dans son voyage de Trieste, devoit rester quelque temps à Gratz. Il ne devoit mener à Trieste que quelques personnes, et le gros de la Cour devoit rester à Gratz.

Il y a, de Vienne à Gratz, 24 milles d'Allemagne. 5 On commence à Schottwien à monter une montagne très haute, nommée Semmering. Par les ouvrages qu'on y a faits, et les détours qu'on y a ménagés, on la monte presque imperceptiblement. Il falloit autrefois six bœufs à sa voiture, et deux heures de 10 temps, pour y monter; à présent, avec deux chevaux, on y monte en une demi-heure. Il y a au sommet une colonne, qui sépare l'Autriche de la Styrie, avec une inscription dédiée à Charles VI.

Une chaîne de montagne sépare la Styrie de l'Au- i5 triche, et il faut la traverser.

Depuis qu'on est entré en Styrie, on suit le Mùrz, qui se jette dans le Mur (ou Mour) à Bruck (ou Brouk), et Ton suit ces rivières, marchant dans une vallée qui est entre deux chaînes de montagnes, qui 20 continue jusques à Gratz. Je n'ai jamais vu un paysage si agréable, ni n'ai été, par un si beau chemin, dans un si beau pays. Ce chemin va d'un bout de la Styrie à l'autre (environ 36 lieues), et l'on va, depuis Vienne jusques à Gratz, à travers les mon- 25 tagnes, comme sur la levée de la Loire.

Ce beau chemin n'a coûté au pays que 430,000 florins. On a couvert de pierres le dessous, et le dessus est couvert de gravier. Il y a, de lieue en lieue, une petite maison où loge un paysan qui n'est 3o occupé qu'à aller et venir, s'il y a quelque chose à

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raccommoder au chemin; et, dès qu'une charrette a fait un trou, il est fermé sur-le-champ.

L'Empereur a fait faire encore de très beaux chemins pour communiquer à ses ports d'Adriatique. On 5 travailloit à un, depuis Carlstadt jusqu'à Boucharitz, qui n'étoit commencé que depuis Boucharitz. Jamais, dans ces pays, la roue d'un chariot n'avoit passé. On fera en un jour, en carrosse, ce que l'on avoit de la peine à faire, à cheval, en cinq ou six. On a coupé des

10 montagnes presque droites; on a pris des détours.

Lorsqu'il a fallu travailler dans la Morlaquie, les

peuples de ces pays- là ont chassé les officiers de

l'Empereur, parce qu'ils croyoient qu'on vouloit les

subjuguer; mais on leur a fait entendre raison. Ces

i5 Morlaques habitent un pays plein de montagnes. L'Empereur ne peut guère les contenir, parce que d'abord un homme se jette dans les pays du Turc. Il ne tire rien du pays, sinon que, depuis quelques années, il leur vend le sel. Chaque homme reçoit

20 une petite rétribution de l'Empereur, depuis 2 écus jusqu'à 20 : moyennant quoi, il est obligé de servir contre les Turcs. Avec 100 ducats, on dispose d'un seigneur ou prince de ce pays-là. Les Morlaques sont de très grands hommes, et leurs femmes sont

25 très belles. — Ceci m'a été dit par M. l'amiral Deichmann.

L'archiduc de Gratz succéda à celui d'Autriche, et l'empereur Léopold succéda à celui du Tyrol. On dit que, quoiqu'il en eût épousé l'héritière, il devoit 3o succéder de son chef.

I j. MONTESQUIEU

Le dernier duc de Styrie, auquel le duc d'Autriche succéda, avoit la lèpre. Il alla à la messe dans une église d'un monastère des Bénédictins, qui est dans la Styrie, appelé Monasterium-ad- Montes . Le pauvre duc craignoit que l'abbé ne vînt pas lui donner le 5 baiser de paix. Mais celui-ci fit un effort sur lui-même et alla le lui donner. Le prince fut si fort transporté de joye, qu'il fit une donation à l'abbaye, si grande que les biens qui subsistent encore aujourd'hui valent 100,000 florins de revenu, m'a dit le comte de 10 Wurmbrand.

Ce comte de Wurmbrand est président du Conseil aulique : c'est un homme savant; mais il le paroît un peu trop. Il entend bien le droit de l'Allemagne. Il a un système particulier pour prouver que l'Autriche i5 n'a jamais relevé de la Bavière: «L'Empire, dit-il, étoit partagé en cinq duchés : celui de Saxe, de Bavière, de Souabe, de Franconie et de Lorraine. Ces ducs avoient une grande autorité dans l'Empire, convoquant les comtes, marquis, barons, margraves 20 et burgraves de leur duché. Les palatins levoient les revenus de l'Empereur; chaque duché en avoit un, et celui de Saxe, deux. Frédéric Ier changea tout le système de l'Empire : il rendit la plupart des comtes indépendants, en les créant ducs. Ainsi il érigea en 25 duché la Styrie, la Carinthie, l'Autriche : tout cela contre le duc de Bavière. Ainsi des autres quatre anciens duchés. »

Pour prouver l'antiquité tant disputée des diplômes, M. le comte de Wurmbrand cite des diplômes de 3o

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Charlemagne et de ses successeurs, gardés dans les archives de l'évêque de Passau. Mais la question est si ces titres mêmes ne sont pas falsifiés '.

Le comte de Wackerbarth, envoyé de Saxe, qui 5 étoit àGratz, me montra quelques petits ouvrages du feu général Flemming, en françois : entre autres, un traité Sur la Noblesse, qui ne vaut pas grand chose, et un autre Sur les trois Imposteurs : les médecins, les politiques et les théologiens. Les uns gâtent io l'homme dans l'état de nature; les autres le gâtent dans l'état civil; les troisièmes, dans l'état spirituel. Ce dernier ouvrage vaut mieux; mais il faudroit le refondre : il est trop court et trop long.

Il y a auprès de Gratz le château d'Eggenberg,

i5 qui est un vilain bâtiment, immense. Il y a sur le

portail cette inscription bien allemande : Ave Claudia,

Imperatrix , parce que cette impératrice y avoit été.

La Styrie abonde en mines de fer.

i. [En marge :] Mettre cette question, et quelque chose que l'ai autre part, dans le Voyage d'Italie; je crois, à la Bibliothèque Borromée.

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