Œuvres complètes, tome VII, page
l'origine, ses membres n'étaient pas déterminés. On convoquait, pour chaque séance, les nobles dont on désirait prendre les conseils. De là le nom de priés ou pregadi, qui, d'abord synonyme de sénateurs, le devint de Sénat.
Page 27, ligne 2. — Le Grand-Conseil était, à Venise, le dépositaire de la souveraineté. Composé de patriciens, il se recrutait lui-même parmi les nobles âgés de vingt-cinq ans, au moins. C'est lui qui votait les lois fondamentales et nommait les principaux magistrats.
Page 28, lignes 20 et 21. — François-Louis Pesmes de Saint- Saphorin, Suisse du canton de Berne, qui entra successivement au service de l'Autriche et de l'Angleterre, naquit en 1668 et mourut en iySj. L'empereur Joseph I« lui conféra le grade de généralmajor. Le roi Georges Ier l'envoya à Vienne, où il demeura, chargé des affaires de la Grande-Bretagne, pendant dix ans, c'est-à-dire jusqu'en 1727.
Page 28, lignes 22 à 24.— Quelles sont les fautes du duc de Richelieu auquel Montesquieu fait allusion : ses intrigues amoureuses, qui lui aliénèrent de grands personnages; ou cette affaire de magie où il fut compromis (dit-on) avec le fils du chancelier de Zinzendorf?
Page 28, ligne 24. — Claude-Alexandre, comte de Bonneval, né d'une noble et vieille famille du Limousin, fut un des aventuriers de son temps les mieux doués quant à l'intelligence et au courage, sinon quant au caractère. Né le 14 juillet 1675, il servit d'abord sa patrie sur mer et sur terre. Mais, pendant la guerre de la succession d'Espagne, en 1706,11 passa dans les rangs de l'armée impériale, avec le grade de général-major. Longtemps, il jouit à Vienne d'un grand crédit, que son esprit d'indiscipline et d'intrigue lui fit perdre en 1724. Disgracié, et même emprisonné pendant un an, il se retira à Venise. C'est là qu'il rencontra Montesquieu, avec lequel il vécut intimement pendant quelques semaines. Peu après, Bonneval entra au service du Sultan, abjura le Christianisme, et prit le nom et le titre d'Achmet-Pacha. Il mourut à Constantinople, le 23 mars 1747, sans avoir pu réformer les armées ottomanes, et au moment où il méditait (dit-on) une conversion nouvelle.
Page 29, ligne 2. — Le manuscrit donne Benterieder, au lieu de Penterriedter. — Jean- Christophe Penterriedter, baron d'Adelshausen, remplit des fonctions diplomatiques au service des empereurs d'Allemagne. Saint-Simon donne sur lui des détails très singuliers dans ses Mémoires, à l'année 17 iG. Il fut chargé
de missions importantes, notamment en France, et mourut le 20 juillet 1728, pendant le congrès de Soissons, où il avait accompagné le comte de Zinzendorf.
Page 2Q, ligne 2. — Le baron Marc Fonséca représenta l'empereur Charles VI, au congrès de Soissons, après la mort de Penterriedter.
Page 29, ligne 7. — Guillaume de Nassau, prince d'Orange, né le 14 novembre i65o, fut nommé stathouder de Zélande et de Hollande en juillet 1672. Devenu gendre de Jacques II, roi d'Angleterre, le i5 novembre 1677, il lui succéda, le i3 février 1689. avec sa femme Marie. Quand celle-ci fut décédée, le 28 décembre 1694, il continua à régner seul, jusqu'à sa mort (8 mars 1702).
Page 29, ligne 8. — Joseph Ier, né le 26 juillet 1678, succéda, le 5 mai 1705, à son père Léopold Ier et mourut le 17 avril 171 1.
Page 29, ligne 8. — Anne, fille de Jacques II, roi d'Angleterre, née le 6 février i665, succéda à son beau-frère Guillaume III, le 8 mars 1702, et mourut le ier août 17 14.
Page 29, lignes 17 et 18. — Investi par les Français, Turin se défendit du i3 mai au 7 septembre 1706, jour où le duc de Savoie et le prince Eugène obligèrent les assiégeants à une retraite désastreuse.
Page 29, lignes 21 et 22. — Le royaume de Naples fut conquis, sans effort, par le comte Wirick de Daun, à la tête des troupes de l'empereur Joseph Ier, du commencement de juillet à la fin de septembre 1707.
Page 29, ligne 24. — L'île de Fer, la plus occidentale des Canaries, est située à 270 45' de latitude nord. Donc la neige ne doit point y couvrir longtemps la terre. C'est de l'archipel danois des Féroé, où l'on élève de nombreux troupeaux, que l'amiral Deichmann a sans doute parlé à Montesquieu.
Page 3o, lignes 1 et 2. — W. Coxe, dans son History of the House of Austria (Londres, G. Bell et fils, 1880), tome III, page 112, n'évalue les revenus de Charles VI qu'à 3o millions de florins.
Page 3o, ligne 6. — Cosme III de Médicis, né le 14 août 1642, devint grand-duc de Toscane le 23 mai 1670, à la mort de son père Ferdinand II, et mourut lui-même le 3i octobre 1723. Montesquieu en parle, à plusieurs reprises, dans la suite de son Voyage. Au tome Ier, page 36 1, de ses Pensées manuscrites, il raconte le trait suivant :
« Magliabecchi ne vouloit pas aller voir le feu Grand -Duc, quand il le faisoit appeler. Il le trouvoit trop (sic) mauvaise
compagnie. Quand les étrangers disoient du bien de lui au Grand -Duc, il disoit : « È vero. Ma non lo posso praticare. >
Page 3o, lignes 9 et 10. — Saint François de Lasso y Xavier, dit l'Apôtre des Indes, naquit le 7 avril i5o6(?) et mourut le 2 décembre i552, dans une île de la Chine, d'où ses restes furent transportés à la cathédrale de Goa.
Page 3o, ligne 14. — Le manuscrit donne Mastéi, au lieu de Masséi. — Barthélémy Masséi, nonce en France de 1720 à 1730, fut promu cardinal le 2 octobre 1730 et mourut en 174?.
Page 3o, ligne 16. — Jean-Gaston de Médicis, né le 24 mai 1671, devint grand-duc de Toscane le 3i octobre 1723, à la mort de son père Cosme III, et mourut lui-même, sans enfant, le 9 juillet 1737. Montesquieu en parle à plusieurs reprises dans la suite de son Voyage.
Page 3i, ligne 3. — Ange-Marie Quirini, né en 1680 et mort le 6 janvier 1759, fut nommé successivement archevêque de Corfou et de Brescia. Il fut promu cardinal le 9 décembre 1726. Plus tard, il devint aussi bibliothécaire du Vatican.
Page 3i, ligne 6. — Alvise Pisani fut ambassadeur de Venise en France, du 11 mai 1699 au iS mai 1703.
Page 3 1 , ligne 12. — Le manuscrit donne diu, au lieu de di un.
Page 3i, lignes i3 et 14. — Le manuscrit donne deux fois phantosme, au lieu de fantasma.
Page 34, ligne 7. — Bien entendu, J'y ai va signifie J'ai vu à Venise.
Page 35, ligne 29. — Cadaujac est une commune du département de la Gironde (arrondissement de Bordeaux, canton de La Brède).
Page 36, ligne 3. — Ce fut en 1 5 17 que Sélim Ier, sultan ottoman, conquit l'Egypte, que des sultans mamelouks gouvernaient depuis le XIIIe siècle.
Page 37, lignes 3 et 4. — Il s'agit sans doute du siège que les comtes d'Auersberg et de Batthyani firent de Bihatch, en Croatie, et de l'expédition que le prince Eugène entreprit en Bosnie, vers la fin de 1697. — Le manuscrit donne Bihatz.
Page 37, ligne 10. — Le Kahlenberg est une montagne de 483 mètres de hauteur, située au nord-ouest et dans la banlieue de Vienne.
Page 37, ligne 25. — Par ils, Montesquieu désigne ici les Vénitiens en général.
Page 38, ligne 9. — Par ils, Montesquieu désigne ici les Vénitiens collectivement, la République.
Page 39, lignes 1 et 2. — Montesquieu fait allusion à un événement qui se passa le i5 septembre 1723, à Madrid, dans le jardin d'Ohato, appartenant à François -Marie Pic, duc de La Mirandole. Né en 1691, il s'était retiré en Espagne, après avoir été dépouillé de ses états, en 1708, par l'empereur Joseph Ier. C'est là qu'il mourut sans laisser d'enfant.
Page 39, ligne 2. — Jacques -François de Fitz-James, fils du maréchal de Berwick, né le 19 octobre 1696, devint duc de Liria et de Xérica, et grand d'Espagne, en 1 716. Il remplit des fonctions militaires et diplomatiques au service de Philippe V, et mourut à Naples, le 2 juin 1738.
Page 41, ligne 6. — Il s'agit sans doute du Belge Jean-Baptiste Van Helmont, né en 1.Î77 et mort en 1644. Ce fut un illustre médecin, chimiste et même alchimiste. Dans ses Pensées manuscrites (tome Ier, page 524), Montesquieu commence une dissertation sur l'action des eaux de pluie, par ces mots :
« L'expérience de Van Helmont est que, lorsque l'on fait reposer de l'eau de pluie, on trouve au fond du vase une espèce de sédiment. »
Page 41 , lignes G à 11. — Louis XIV avait bien offert la remise de Fribourg-en-Brisgau, dans le manifeste, du 24 septembre 1688, qu'il lança au début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Mais la place ne fut restituée à l'Empire qu'en vertu d'un article du traité de Ryswick, en 1697. Elle fut reprise par les Français, dans la nuit du 14 au i5 octobre 1 7 1 3.
Page 41, ligne 10. — Le traité de Radstadt fut signé par le prince Eugène et par le maréchal de Villars, le 6 mars 1714.
Page 41, ligne 28. — André Palladio, architecte, naquit en 1 5 18 et mourut le 19 août i58o, à Vicence.
Page 41, lignes 28 et 29. — Jacob Tassi, dit le Sansovino, sculpteur et architecte, naquit à Florence, en 1479, et mourut à Venise, le 27 novembre 1570.
Page 42, ligne 6. — Est-ce de Dominique Giorgi, né en 1690 et mort en 1747, que Montesquieu parle ici sous le nom de Gorgi? Entre autres ouvrages, ce savant antiquaire publia un livre intitulé : De antiquis Italiœ Metropolibus (Rome, 1722, in-40).
Page 42, ligne 18. — Ignace de Loyola, né en 1491 et mort le 3i juillet 1 5 56, fondateur de l'ordre des Jésuites, séjourna, en effet, à Venise. Il y arriva vers la fin de 1 5 35 et y reçut les ordres sacrés, du 10 au 24 juin 1537. Dans la 347e maxime de son Liber Senîentiarum, il recommande à ses adeptes de prendre le costume du pays où ils se trouveraient.
Page 42, ligne 25. — La congrégation des Barnabites fut fondée à Milan, en i53o, et approuvée par Clément VII, en 1 533, et par Paul III, en 1 535.
Page 43, ligne 4. — Jean-Mathias, comte de Schulembourg, né en 1661, servit tour à tour dans les armées du Danemark, de la Pologne et de la Hollande. Quand les Vénitiens furent attaqués par les Turcs, ils lui confièrent le commandement de leurs forces de terre, sur le conseil du prince Eugène. C'est alors que le comte soutint à Corfou un siège plus sérieux que Montesquieu ne semble le croire. Il durait depuis quarante-deux jours, lorsque les Turcs se retirèrent le 19 août 17 16. Schulembourg mourut en 1747, à Vérone.
Page 43, ligne 6. — Victor-Amédée II, né le 14 mai 1666, devint duc de Savoie, le 12 juin 1675, après la mort de son père Charles-Emmanuel II, et puis roi de Sicile, en vertu du traité d'Utrecht. Mais, en 17 18, il dut accepter la couronne de Sardaigne en échange de celle de Sicile, que le traité de Londres attribua à l'Empereur. Il abdiqua le 3 septembre 1730, tenta vainement peu après de ressaisir le pouvoir, et mourut le 3i octobre 1732.
Page 43, lignes 11 à 19. — A la page 1 d'une dissertation spéciale et inédite, Montesquieu explique ce qu'il entend par gothique :
« La manière gothique n'est la manière d'aucun peuple particulier; c'est la manière de la naissance ou de la fin de l'art, et nous voj'ons, dans les monuments qui nous restent, que le goût gothique régnoit dans l'Empire romain bien longtemps avant les inondations des Goths. »
Plus loin, à la page 21 de la même dissertation, l'auteur ajoute :
« Et il ne faut pas accuser de ce changement les inondations des Barbares, ni mettre le goût gothique sur le compte des Goths : ces peuples ne menèrent point d'ouvriers avec eux. Ils n'en avoient pas même chez eux. >
Quant à la distinction que l'auteur fait entre le gothique léger et l'autre, elle semble répondre à celle de l'architecture ogivale et de l'architecture romane; du moins, en tant qu'il s'agit de monuments du moyen âge.
Page 43, ligne 21. — L'archevêque de Venise avait les titres de patriarche, de primat de Dalmatie et de métropolitain de Candie et de Corfou. Il était nommé par le Sénat de la République.
Page 44, ligne 3. — Le vieux doge imbécile dont Montesquieu parle ici n'est autre que François Foscari, élu en 1423 et déposé
le 23 octobre 1457, victime de la jalousie qu'ii inspirait à l'aristocratie vénitienne.
Page 44, ligne 8. — Aussitôt que l'Empereur eut reconnu la neutralité de l'Italie, par le traité de Vigevano, du 7 octobre 1696, le prince Eugène ramena son armée dans les États autrichiens.
Page 44, ligne 9. — Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, Victor- Amédée II s'allia, d'abord, aux ennemis de la France et les abandonna ensuite, lorsqu'il eut conclu avec Louis XIV le traité de Turin, du 29 août 1696.
Page 44, ligne 9. — Fille aînée de Victor-Amédée II, Marie- Adélaïde de Savoie épousa, le 17 décembre 1697, Louis, duc de Bourgogne. Elle était née le 6 décembre 1695 et mourut le 12 février 171 2. Son mariage avait été stipulé dans un des articles du traité de Turin, du 29 août 1696.
Page 44, ligne 10. — Frédéric-Auguste Ier, électeur de Saxe, né le 12 mai 1670 et mort le Ier février 1733, commandait les troupes de l'Empereur contre les Turcs, depuis 1695, quand il fut élu roi de Pologne, le 27 juin 1697.
Page 44, ligne 12. — Hermann-Othon, comte de Styrum, devait son grade de feld-maréchal à ses relations de famille. Général médiocre et malheureux, quoique très brave, il fut battu par le maréchal de Villars,à Hochstaedt, le 20 septembre 1703. Il mourut le 2 juillet 1704, au combat de Schellenberg.
Page 44, ligne 17. — Le manuscrit donne Haramberg, au lieu de Starhemberg. — Le feld-maréchal Henri- Ernest -Rudiger, comte de Starhemberg, qui fut nommé président du Conseil de Guerre le 2 octobre 1 69 1 , était oncle de Guido. Il naquit le 1 2 janvier i638 et mourut le 4 juin 1701. Ses successeurs dans la présidence du Conseil furent, d'abord, le feld-maréchal Henri-François, comte de Mansfeld, et le prince Eugène, en 1703.
Page 44, ligne 20. — Il s'agit ici de la bataille de Zentha, livrée par le prince Eugène, le 11 septembre 1697, aux Turcs commandés par le sultan Mustapha II.
Page 44, ligne 21. — Les Kinsky dont il est ici question sont : d'abord, le comte Norbert, que nous avons mentionné dans une note précédente; puis, le comte François- Ulrick. Né en 1634 et mort le 27 février 1699, ce dernier fut ministre de la Conférence. Il remplit même les fonctions de premier ministre et dirigea les affaires étrangères de l'Empire pendant les dernières années de sa vie.
Page 44, ligne 27. — Charles de Lorraine, né le 3 avril 1643 et mort le 18 avril 1690, succéda, le 17 septembre 1675, à Char-
NOTES . Soi
les III (ou IV), duc de Lorraine, son oncle. Après avoir pris part à plusieurs campagnes contre les Turcs, il commanda, de i683 à 1687, les armées impériales qui remportèrent de brillants succès sur les troupes de Mahomet IV. Il avait épousé l'archiduchesse Éléonore, sœur de Léopold Ier.
Page 45, lignes 1 1 et 12. — Le prince Eugène battit le grandvisir Ali, le 5 août 171 6, sous les murs de Peterwardein.
Page 45, ligne 12. — Temeswar capitula le i3 octobre 1716, après un siège de sept semaines.
Page 45, ligne 26. — Charles-Théodore-Othon, prince de Salm- Kyrbourg, fut gouverneur de l'archiduc Joseph, fils de Léopold 1er, et lui fit épouser sa nièce Amélie de Hanovre. Quand Joseph Ier monta sur le trône, le prince de Salm devint son premier ministre. Mais il se retira des affaires en 1709 et mourut le 10 novembre de l'année suivante.
Page 46, ligne 22. — Le manuscrit donne ici et plus loin Sinigallia, ailleurs SenigaUia, au lieu de Sinigaglia.
Page 47, ligne 24. — La Chambre de commerce de Marseille avait été établie le 5 août i5qo. et fut supprimée par la loi des 27 septembre- 16 octobre 179 1 .
Page 48, ligne 1. — Il s'agit ici de la perte de l'Italie en 1706, après la défaite que le prince Eugène infligea au duc d'Orléans, sous les murs de Turin.
Page 48, ligne 5 . — Louis-Joseph, duc de Vendôme , né le 1 er juillet 1654 et mort le i5 juin 171 2, commanda les armées françaises en Italie, de février 1702 jusqu'en juillet 1706, époque à laquelle il dut aller prendre le commandement des armées de Flandres.
Page 48, lignes i5 et 16. — Louis, duc de Bourgogne, petitfils de Louis XIV, né le 6 août 1682 et mort le 18 février 1712, fit en Flandres, avec le duc de Vendôme, la malheureuse campagne de 1708, dont la défaite d'Oudenarde et la perte de Lille furent les événements principaux.
Page 48, ligne 18. — Louis, dit Monseigneur ou le Grand Dauphin, fils de Louis XIV et père du duc de Bourgogne, naquit le Ier novembre 1661 et mourut le 14 avril 171 1.
Page 48, ligne 23. — Montesquieu revient plusieurs fois, dans la suite de son Voyage, sur l'intempérie, qui semble avoir excité sa curiosité, aussi bien que les autres maladies épidémiques ou contagieuses, dont il traite dans bien des pages de ses Pensées manuscrites.
Page 48, ligne 27. — Nous intercalons ici une ligne de points, parce qu'il manque évidemment quelque chose dans le manuscrit.
Page 49, ligne 4. — Jean-Wenceslas, comte de Gallas, naquit le 23 mai 1669. Il remplit surtout des fonctions diplomatiques, notamment en Angleterre. Nommé vice-roi de Naples, en remplacement du comte de Daun, il mourut, à peine arrivé à son poste, le 25 juillet 1719.
Page 49, lignes 10 et 11. — Melchior de Polignac, né le 1 1 octobre 1661 et mort le 20 novembre 1741 , fut promu cardinal le 18 mai 17 12 et nommé archevêque d'Auch le 19 mars 1726. Diplomate et poète latin, il était doué de qualités brillantes, qui séduisirent Montesquieu pendant son séjour à Rome, où le Cardinal remplissait, en 1728 et 1729, les fonctions d'ambassadeur de France. Dans ses Voyages et dans ses recueils de Pensées et de notes manuscrites, le Président cite bon nombre d'opinions émises et de faits narrés par Polignac.
Page 49, ligne 21. — C'est au printemps de 1708 que se passèrent les événements dont le récit va suivre.
Page 49, ligne 25. — Antoine Arnauld, dit le Grand Arnauld, le célèbre théologien janséniste, naquit le 6 février 161 2 et mourut le 6 août 1694.
Page 49, ligne 26. — La dispersion des religieuses de Port- Royal-des-Champs eut lieu le 29 octobre 1709. Il n'est donc pas possible qu'elle ait déterminé le prince de Salm à s'emparer de Comacchio. Les troupes impériales occupèrent, en effet, cette ville un an et demi auparavant.
Page 5o, ligne 5. — Renaud d'Esté, né le 25 avril 1 655, était cardinal, depuis le 2 septembre 1686, lorsqu'il succéda, le 6 septembre 1694, à son neveu François II, duc de Modène, décédé sans enfant. Il remit alors son chapeau et se maria. Lorsqu'il mourut, le 26 octobre 1737, il eut pour héritier son fils François-Marie, dont Montesquieu parle plus loin.
Page 5o, ligne 8. — Le feld-maréchal Lothaire-Joseph-Dominique, comte de Konigsegg, né le 17 mai 1673, remplit avec distinction des fonctions militaires et diplomatiques. Il devint président du Conseil de Guerre après la mort du prince Eugène et fut aussi ministre de la Conférence. Il mourut le 8 décembre 175 1 .
Page 5o, ligne i3. — Philippe-Joseph-Louis-Bonaventure de Zinzendorf, évêque de Javarin-Raab, fut promu cardinal le 26 novembre 1727. C'était le fils du chancelier Philippe-Louis, comte de Zinzendorf. Il naquit à Paris, le 14 juillet 1699, et mourut le 28 septembre 1747.
Page 5o, ligne 12. — Comacchio fut rendu au pape Benoît XIII, le 20 février 1725, en vertu d'un traité du 25 novembre 1724.
NOTES 3o3
Page 5o, lignes i5 à 17. — Le manuscrit donne Riswizt, au lieu de Ryswick. — Les conférences qui aboutirent au traité de Ryswick commencèrent le 9 mai 1697. Quant au traité lui-même, il fut signé le 20 septembre suivant par les représentants de la France et des autres puissances, sauf par ceux de l'Empire, qui n'y accédèrent que le 3o octobre. Les ambassadeurs de l'Espagne étaient François-Bernard de Quiros et Louis-Alexandre de Scockart, comte de Tirimond.
Page 5o, lignes 26 à 28. — Entre autres empereurs qui épousèrent des princesses espagnoles, on peut citer Ferdinand III, qui prit pour femme, le 20 février i63i, Marie- Anne, fille de Philippe III, et Léopold Ier, qui se maria, en première noce, le 12 décembre 1666, avec Marie-Thérèse, fille de Philippe IV.
Page 53, ligne 24. — Thérèse-Charlotte-Casimire, dite Cunégonde, fille de Jean III (Sobieski), roi de Pologne, naquit le 3 mars 1676, devint la seconde femme de Maximilien-Emmanuel, électeur de Bavière, le i5 août 1694, et mourut à Venise, le 1 1 mars 1730.
Page 54, ligne 10. — Vincent Scamozzi, architecte, naquit à Vicence, en 1 55s, et mourut à Venise, en 161 6.
Page 54, ligne 14. — Il y a, dans le manuscrit, une série de points, à la fin du paragraphe, pour indiquer que la phrase est inachevée.
Page 54, lignes iS à 21. — Le manuscrit donne Mauricinus, au lieu de Maurocenus, et futuro, au lieu de futura. — Nous corrigeons le texte de l'inscription d'après l'ouvrage d'Antoine Arrighi : De Vita et Rébus gestis Francisci Mauroceni, Peloponnesiaci,... Libri IV (Padoue, 1749), page 347. — Le surnom de Péloponésiaque fut donné à François Morosini quand il eut conquis la Morée, de 1C84 à 1687. Il fut élu doge l'année suivante; mais il ne jouit pas longtemps de cette haute dignité : car il mourut dès le 6 janvier 1694.
Page 55, ligne 16. — Les Exercices de saint Ignace de Loyola, ou Ejercicios espirituales, furent rédigés par lui en espagnol, à Manrèse, en 1 523, et publiés à Rome, en 1548, dans la traduction latine d'André Frusius.
Page 55, ligne 19. — Le manuscrit donne Mirroûes, au lieu de Mir- Oweïs. — Mir-Oweïs, dit aussi Mir-Mahmoud ou Mahmoud- Schah, était un chef afghan, qui détrôna, en 1722, le sophi Hussein et soumit toute la Perse. Il fut mis à mort, en 1727, sur l'ordre de son cousin et compétiteur Mir-Abdallah. Montesquieu est revenu à plusieurs reprises sur la folie de ce prince,
notamment dans l'Essai sur les Causes qui peuvent affecter les Esprits ' .
Page 56, ligne 24. — Paul Caliari, dit Paul Véronese, un des maîtres de l'école vénitienne, naquit à Vérone, en i53o, et mourut à Venise, en i588. Celui de ses tableaux dont Montesquieu parle ici est venu en France, à la suite des guerres de la Révolution, avec tant d'autres chefs-d'œuvre. Lorsque ces derniers furent rapportés en Italie, les Noces de Cana restèrent au Musée du Louvre, grâce à un heureux échange.
Page 5y, ligne 27. — Du paragraphe qui commence ici, on peut rapprocher avec intérêt ce que Montesquieu a dit plus haut (page 45) des Colonels françois, et le passage suivant de ses Pensées manuscrites (tome Ier, page 535) :
« Les Allemands ont cela de bon : ils savent se rallier; mais ils ne peuvent faire si bien tout seuls que joints avec une nation qui ait plus de pointe, comme les Anglois ou même les Espagnols; ils n'ont pas cette pointe et cette force d'attaque des autres nations.
» Le grand nombre de nos officiers contribue à nous donner cette pointe : tout notre premier rang est officiers (sic). »
Page 58, ligne 3o. — Henri de La Tour-d'Auvergne, vicomte de Turenne, né le 11 septembre 161 1 et mort le 27 juillet 1675, fut le plus grand tacticien du XVIIe siècle.
Page 59, ligne 6. — Le manuscrit donne ici Lait', et, plus loin, Las; mais le w de Law a été ajouté après coup. — Jean Law, né à Edimbourg, en avril 1671, et mort à Venise, le 21 mars 1729, s'établit en France au commencement de la Régence. Il y créa une banque générale et des compagnies commerciales et financières, dont les vicissitudes bouleversèrent la fortune publique. Nommé contrôleur général le 5 janvier 1720, il ne put conjurer les désastres qu'il avait provoqués, et il dut quitter le royaume, le 21 décembre suivant, pour échapper à l'exécration universelle.
Dans le tome II (folio 38, v°) de ses Pensées manuscrites, Montesquieu cite un mot de Law :
« Le vieux Lasse (sic), parlant de tant de génies beaux qui sont perdus dans le nombre innombrable des hommes, disoit, comme des marchands : « Ils sont morts sans déplier. »
Page 5q, ligne 9. — Adrien-Maurice, duc de Noailles, né le 29 septembre 1678 et mort le 24 juin 1766, remplit de hautes
1. Mélanges inédits de Montesquieu (Bordeaux, G. Gounouilhou, 1892), page 127.
NOTES 3o5
fonctions militaires et politiques. De septembre 171 5 à janvier 17 18, il présida le Conseil des Finances, dont il fut exclu par le Régent à cause de son opposition aux projets de Law. Plus tard, il fut nommé maréchal de France et exerça encore une grande influence sur les affaires publiques.
Page 5q, ligne 10. — Toute la région riveraine du Mississipi formait, depuis la fin du xvne siècle, une colonie française, qui avait reçu le nom de Louisiane.
Page 5q, ligne 11. — Le manuscrit donne Croisât, au lieu de Crozat. — Antoine Crozat, né en i655 et mort le 7 juin 17JN, fut un des grands financiers de son temps et devint marquis du Châtel. Il avait obtenu, le 14 septembre 171 2, le privilège pour le commerce de la Louisiane. Mais il y renonça en 17 17, lorsqu'on songea à créer la Compagnie d'Occident.
Page 5o, lignes 16 et 17. — Ce furent des lettres patentes d'août 17 17 qui autorisèrent la création de la Compagnie d'Occident.
Page 5o, ligne 19. — Philippe d'Orléans, né le 2 août 1674 et mort le 2 décembre 1723, fut régent* pendant la minorité de Louis XV, et, ensuite, premier ministre.
Page 60, ligne 3. — Louis-Henri de Condé, duc de Bourbon, né le 18 août 1692 et mort le 27 janvier 1740, fut chef du Conseil de Régence, du 2 septembre 171? au 16 février 1723, et, plus tard, premier ministre, du 2 décembre 1723 au 11 juin 1726.
Page 60, ligne 3. — Henri-Jacques-Nompar de Caumont, duc de La Force, né le 5 mars 1675 et mort le 20 juillet 1726, fut nommé vice -président du Conseil des Finances, en 1716, et membre du Conseil de Régence, en 1718; mais, en 1721, il fut l'objet de poursuites déshonorantes devant le Parlement de Paris.
Page ôo, ligne 4. — Victor- Marie, duc d'Estrées, né le 3o novembre 1660 et mort le 27 décembre 1737, fut nommé vice-amiral et maréchal de France, sous Louis XIV, et président du Conseil de Marine, sous la Régence.
Page 60, ligne 4. — Louis -Armand de Brichanteau, marquis de Nangis, né le 27 septembre 1682 et mort le 8 octobre 1742, finit maréchal de France, bien que « sans considération », si l'on en croit Saint-Simon, dans ses Mémoires, à l'année 1 7 1 9.
Page 60, ligne 4. — Armand de Madaillan de Lesparre, marquis de Lassay, né le 28 mai i652 et mort le 20 février 1738, se distingua aux armées et imprima, vers 1730, un Recueil de différentes Choses, dont il était l'auteur.
Page 60, lignes 5 à 8. — Ce fut un édit de mai 1719 qui réunit
3o6 NOTES
les Compagnies des Indes orientales et de la Chine à la Compagnie d'Occident.
Page 60, lignes 9 à 11. — Ce fut pour neuf, et non pour douze ans, que le privilège de la fabrication des monnaies fut accordé, le 20 juillet 1719, à la Compagnie des Indes.
Page 60, ligne 23. — On appelait induit, en Espagne, un droit perçu sur les marchandises qui venaient des Indes occidentales.
Page 61, ligne 7. — Les cinq grosses fermes dont Law parlait à Montesquieu sont sans doute les fermes des domaines, de la gabelle, du tabac, des aides et des traites, et non pas uniquement les droits d'importation et d'exportation qu'on désignait plus spécialement sous le même nom à l'époque.
Page 61, ligne 12. — Ce fut le 29 mai 1720 que le Régent donna une garde à Law.
Page 61, lignes 12 et 1 3. — Le 27 mai 1720, un arrêt du Conseil en révoqua un autre du 2 1 mai, réduisant la valeur des actions de la Compagnie des Indes à la moitié de leur valeur nominale.
Page 61, ligne 17. — On appela le Système l'ensemble des opérations financières de Law.
Page 62, ligne 5. — Michel -Robert Le Peletier des Forts, comte de Saint-Fargeau, né en 1675 et mort le 11 juillet 1740, remplit de hautes fonctions financières et politiques et fut même contrôleur général du 14 juin 1726 au 19 mars 1730.
Page 62, ligne 5. — M. de Landivisiau était maître des requêtes et ancien membre des Conseils de la Régence.
Page 62, lignes 8 et 9. — Ce fut le ier ou 2 juin 1730 que le Régent retira la garde qu'il avait donnée à Law.
Page 62, lignes 12 et i3. — Louis- Antoine de Montespan, duc d'Antin, né en i665 et mort le 2 novembre 1736, fut nommé président du Conseil du Dedans du Royaume, au commencement de la Régence, et ministre d'État en 1733.
Page 63, ligne 7. — Un arrêt du Conseil, du 1 1 mars 1720, diminua le prix des espèces et prétendit supprimer la monnaie d'or.
Page 63, ligne 16. — Philippe de Vendôme, né le 23 août i655, tut reçu chevalier de Malte dans son enfance, devint grand-prieur de France en 1693, et mourut le 24 janvier 1727.
Page 63, ligne 26. — Le Chavigni dont Montesquieu parle en cet endroit n'est autre, sans doute, que le M. de Chavigni qu'il cite, dans le Voyage en Allemagne, parmi les personnes qu'il vit à Hanovre. Il s'agit probablement de cet aventurier auquel Saint- Simon a consacré plusieurs pages de ses Mémoires. Bien qu'il s'appelât réellement Chavignard, il s'introduisit à la cour de
Louis XIV, avec son frère, comme descendant des Chavigni-le- Roi. La fraude fut découverte. Mais Chavignard n'en fut pas moins employé plus tard à l'étranger, tant à Londres, à Hanovre et à Madrid, qu'à Gênes.
Page 63, lignes 28 et 29. — Un arrêt du Conseil, du 24 mars 1720, avait réduit l'intérêt de l'argent à 2 pour 100.
Page 64, ligne 5. — L'abbé Antoine- Schinella Conti, né le 22 janvier 1677, à Padoue, s'établit à Venise en 1699. Plus tard, il voyagea en France et en Angleterre; mais il revint à Venise, en 1726, et y mourut le 6 avril 1749. Savant, philosophe et poète, il s'occupa particulièrement d'esthétique. Dans le Spicileginm, à la page 387 '"', Montesquieu cite et commente un passage de la préface que Conti avait mise en tête de sa tragédie de La Mort de César. Puis il ajoute :
« Voici comme l'abbé Conti m'a expliqué la raison des cinq actes des pièces dramatiques. Toute pièce doit avoir un commencement, un milieu, une fin. Comme rien dans la nature ne doit se faire par sauts, il faut quelque chose qui joigne le commencement au milieu et le milieu à la fin : ce qui fait nécessairement cinq actes et quatre intermèdes. Il faut un premier acte, pour exposer le sujet; un second acte, qui vous conduise au point le plus élevé de l'action, et qui laisse le spectateur dans la situation la plus incertaine, qui est le troisième acte; un quatrième acte, qui prépare un dénouement; et un cinquième, qui dénoue. »
Dans ses Pensées manuscrites (tome 1er, folio 44?), Montesquieu dit encore :
.« On a fait pour Conti ces deux vers; je les applique à Montaigne :
« His fancy and liis judgment snch :
» Each to the other seems to miich. »
Page 64, ligne 7. — En 1728, le doge de Venise était Louis Mocénigo III, dit Sébastien, qui fut élu le 28 août 1722 et mourut le 21 mai 1732.
Page 64, ligne 10. — Les procurateurs de Saint-Marc administraient les revenus de l'église de ce nom. Ils tenaient le premier rang, après le Doge, dans la hiérarchie politique de Venise. Mais ils ne pouvaient plus aspirer qu'à la dignité ducale, et ne prenaient pas une part active aux délibérations des conseils publics.
Page 64, lignes 2? et 26. — Il s'agit ici, sans doute, de Ferdinand-Charles de Gonzague, duc de Mantoue et de Montferrat,
3o8 NOTES
né le 3i août i652 et mort le 5 juillet 1708, à Padoue. Il avait succédé à son père Charles III, en iG65. Dépouillé de ses états, en 1707, par l'Empereur Joseph Ie'', il s'était retiré à Venise, en emportant avec lui ce qu'il avait de plus précieux.
Pao-e 65, ligne 5. — Antoine Corradino ou Corradini, sculpteur, né à Este et mort en 1752, travailla non seulement à Venise, mais encore à Vienne, à Dresde et à Naples. C'est dans cette ville que se trouvent les plus connues de ses œuvres. Il 3' a fait preuve de plus d'habileté que de goût.
Page 65, lignes 9 et 10. — Montesquieu connut sans doute l'existence de la Science nouvelle par l'abbé Conti, grand admirateur de Vico. Le titre qu'il donne de cet ouvrage célèbre est, d'ailleurs, inexact. En tête de la première édition, on lit : Cinque Libri de' Principj d'nna Scienza nuova dHntorno alla comune Natura délie Nazioni, di Giambattista Vico, Napoletano (Naples, Mosca, 1725). —Jean-Baptiste Vico, jurisconsulte et philosophe, naquit en 1668 et mourut en 1744. 11 publia en 17J1, et republia en 1744, une édition corrigée de la Science nouvelle.
Page 66, ligne 24. — Titien Vecellio, dit le Titien, un des maîtres de l'école vénitienne, naquit en 1477 à Pieve-di-Cadore, et mourut à Venise, en 1576.
Page 67, ligne 6. — Joachim, dit le Prophète, né en n3o et mort en 1202, fut, d'abord, abbé de Sambuccino, et fonda ensuite à Flore un monastère soumis à des statuts particuliers et très rigides.
Page 67, lignes 20 et 21. — François-Henri de Montmorenci, duc et maréchal de Luxembourg, né le 8 janvier 1628 et mort le 4 janvier 1695, vainquit Guillaume d'Orange, roi d'Angleterre et stathouder de Hollande, le 29 juillet 1693, à Nerwinde; mais il perdit, dans cette bataille, autant de monde que son adversaire.
Page 67, ligne 21. — François de Neufville, duc et maréchal de Villeroi, né le 7 avril 1644 et mort Ie J§ juillet 1730, se fit battre à Chiari, par le prince Eugène, le ier septembre 1701.
Page 67, ligne 22. — Jean Churchill, duc de Marlborough, né le 24 mai (?) i65o et mort le 16 juin 1722, battit et fit prisonnier Camille d'Hostun, comte et maréchal de Tallard, le i3 août 1704, à la bataille de Hochstœdt ou de Blindheim.
Page 68, ligne 21. — Ce fut à l'occasion de Marie-Gilonne Gilier de Clérembault, duchesse de Luxembourg, qu'eut lieu, en 1700, le fameux duel de Louis-Joseph, comte d'Albert, avec le comte de Rantzau, Danois. Né le ier avril 1672, le comte d'Albert s'était distingué, d'abord, à l'armée. Mais, à la suite
de son duel, il fut emprisonné et dépouillé de son grade de lieutenant -colonel de dragons. Il se retira alors en Bavière, auprès du futur empereur Charles VII. Comblé par ce prince d'honneurs et de dignités, il mourut le 2 novembre iy58.
Page OS, ligne 22. — François de Crussol, comte d'Uzès, mourut le 2 avril 1736, à Landrecies, dont il était gouverneur.
Page 68, ligne 23. — C'est, sans doute, Adam-François- Charles, prince de Schwarzenberg et duc de Krumau, mort en ij32, que Montesquieu vit à Vienne.
Page 6g, ligne 2. — Dans les Lettres du président de Brosses, on trouve des détails curieux sur l'antagonisme d'Emo et de Tiepolo 1. Quelques années auparavant, en 1 7 3 G , M. de Froullay, ambassadeur de France à Venise, écrivait : qu'Almorô- César Tiepolo, provéditeur à Zante, était un « homme de grand esprit, fort éloquent, politique et fort doux » ; et que le procurateur Jean Emo, «homme fort estimé au Sénat», avait été ambassadeur à Constantinople et, de plus, envoyé (en 171 1) à Paris, à l'occasion de la prise de vaisseaux vénitiens qui transportaient du blé à Barcelone, assiégé par les Français2.
Page 69, ligne 4. — Nicolas, maréchal de Catinat, naquit le icr septembre 1G37 et mourut le 22 février 1712. Il commanda les armées françaises en Italie de 1690 à 1696, et plus tard, en 1701. Le 4 octobre 1693, il remporta en Piémont la victoire de Marsaille, où le duc de Vendôme se couvrit de gloire.
Page 69, ligne 5. — Montesquieu ne commet-il pas une confusion lorsqu'il parle ici et plus loin d'un Châteaiineuf qui aurait manifesté peu de sympathie pour le duc de Savoie Victor- Amédée II? A l'époque où le duc de Vendôme commandait les armées françaises en Italie, Louis XIV avait pour ambassadeur à Turin Raymond- Balthazar Phélypeaux du Verger, qui fut nommé lieutenant-général en 1702, conseiller d'État en 1704, gouverneur général des îles d'Amérique en 1709, et qui mourut le 21 octobre 171 3. Ce qui expliquerait l'erreur de Montesquieu c'est qu'il y avait, vers la même époque, un autre Balthazar Phélypeaux, qui avait, entre autres titres, celui de marquis de Châteauneuf. Mais ce dernier remplissait les fonctions de secrétaire d'État et mourut le 27 avril 1700. Ajoutons qu'il y avait aussi, à la fin du XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe,