‹ Voyages de Montesquieu (volume 2)Chapitre 55 sur 152 · Lettres familières, tome Ier, page · texte numérisé non relu

Lettres familières, tome Ier, page

2. Les Archives de Venise, Histoire de la Chancellerie secrète, par M. Armand Baschet (Paris, H. Pion, 1870), pages 456 et 457.

3lO NOTES

un autre marquis de Châteauneuf, originaire de la Savoie, qui fut chargé par Louis XIV de missions diplomatiques à Constantinople, à Lisbonne et ailleurs, mais pas à Turin.

Page 69, ligne 16. — Jean-Claros- Alphonse Ferez de Guzman, duc de Medina-Sidonia, etc., fut grand- écuyer de Philippe V, remplit des fonctions politiques importantes, et mourut le 17 décembre 1713, à l'âge de 71 ans.

Page 69, lignes 16 à 18. — L'avanie dont parle Montesquieu n'est pas la seule qu'eut à subir le duc de Savoie, lors de son entrevue avec son gendre Philippe V, en juillet 1702.

Page 69, ligne 19. — Le manuscrit porte Nausole, au lieu de Neu-Sohl, ville du comitat de Sohl ou Zolyom, en Hongrie. Dans son mémoire sur Deux Fontaines d' Hongrie (sic), qui convertis- S3nt le fer en cuivre, Montesquieu raconte qu'il visita, en 1728, les fontaines de la mine de cuivre située près de Neu-Sohl. Puis, il ajoute: «J'apportai à Venise une bouteille d'eau de ces fontaines. J'en fis faire l'analyse au feu de sable. Sur 5 onces d'eau, il se trouva demi-once 3 carats de vitriol en cristaux ; ce qui est plus d'un dixième. » Ces chiffres ne concordent pas absolument avec ceux du Voyage en Italie. Mais ce qu'il importe de relever, c'est le passage suivant de la Description des deux Fontaines : « Pour peu qu'on ait de principes de physique, on voit qu'il ne se fait point de véritable transmutation des parties du fer en parties de cuivre, mais que des parties de cuivre prennent la place de celles du fer qu'elles ont chassées. »

Page 70, ligne 26. — L'ambassadeur ordinaire de Venise à Constantinople recevait le titre de bailo. Il était nommé par le Grand-Conseil et parmi les patriciens. Généralement, il restait en charge de deux à trois ans, temps qui lui suffisait pour refaire, au besoin, sa fortune, grâce aux droits qu'il percevait.

Page 71, lignes 9 et 10. — François-Marie de Médicis était protecteur de la couronne de France à Rome, quand il remit son chapeau de cardinal, en 1709. Louis XIV choisit pour lui succéder Pierre Ottoboni. Mais celui-ci était Vénitien, et le gouvernement de Venise lui défendit d'accepter la nomination du Roi. Ce fut l'origine d'une rupture entre la République et la France. L'ambassadeur Alvise Mocenigo dut quitter Paris, le 2 mars 1710", sans avoir pris congé du souverain auprès duquel il était accrédité. Les relations diplomatiques ne furent rétablies qu'à la fin de l'année 1720, malgré quelques tentatives bien antérieures. A l'occasion de l'affaire Ottoboni, Saint-Simon explique dans ses Mémoires, à l'année 17 10, que le protecteur d'une nation était

« le cardinal qui est payé pour prendre soin de tout ce qui se passe en Consistoire » pour cette nation.

Page 71, ligne 11. — Neveu du pape Alexandre VIII, Pierre Ottoboni, né le 7 juillet 16Ô7, fut promu cardinal le 7 novembre 1689. Il mourut le 28 février 1740. Montesquieu parle encore de lui dans la suite de son Voyage.

Page 72, ligne 1. — William Temple, né en 1628, remplit des fonctions diplomatiques importantes. Il mourut le 5 février 1699. Outre ses Mémoires, il a laissé une correspondance et des ouvrages politiques.

Page 72, ligne 4. — Le personnage que Montesquieu désigne sous le nom de comte de Monteléon doit être Isidore Cazado de Azevedo de Rosales, marquis et non comte de Monteléon, etc. C'est lui qui signa, le i3 juillet 171 3, les traités d'Utrecht, au nom de l'Espagne, et qui fut ensuite ambassadeur de Philippe V à Londres.

Page 73, lignes 4 a 11. — L'alinéa qui commence par les mots Monteléon dit est obscur à partir de la troisième ligne. C'est Monteléon, et non Albéroni, qui est désigné par Vil des passages : qu'il écrivit..., et il disoit cette extravagance... La flotte anglaise n'était composée, en effet, que de 20 vaisseaux, tandis que l'espagnole en comptait 20 et quelques.

Page 73, ligne 4. — Jules Albéroni, né à Firenzuola, dans le Parmesan, le 3i mai 1664, et mort le 16 juin 1752, devint ministre du roi d'Espagne en 1 714 et cardinal le 12 juillet 171 7. Chassé par Philippe V, le 5 décembre 1719, il revint en Italie, où il n'exerça plus que des fonctions secondaires dans les États du Pape. Montesquieu, qui le vit à Rome, en parle dans la suite de ses Voyages, et rappelle, dans ses Pensées manuscrites (tome Ier, folio 453), un compliment qu'il lui avait adressé :

«Je dis à Rome à Mgr le cardinal Albéroni qu'il avoit rétabli l'Espagne avec ces deux mots : oui et non. Quand il avoit dit une de ces paroles, et il les disoit d'abord, elles étoient irrévocables. Il n'y eut plus de lenteur. »

Page 73, lignes 5 et G. — Il s'agit de la flotte de l'amiral Byng, qui détruisit, le 11 août 1718, près du cap Passaro, la flotte espagnole qui venait d'accompagner en Sicile les troupes chargées de reconquérir cette île pour le compte de Philippe V.

Page 74, ligne 4. — Il s'agit du Visa, ou mieux de la vérification de la dette publique ordonnée par l'arrêt du Conseil du 26 janvier 1721, en exécution duquel Paris -Duverney procéda à une liquidation qui ne fut terminée que le 8 juillet 1722.

Page 74, ligne i3. — Armand-Jean du Plessis, cardinal-duc de Richelieu, né le 5 septembre 1 585 et mort le 4 décembre 1642, fut premier ministre de Louis XIII pendant dix-huit ans.

Page 74, ligne i3. — François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, né le 18 janvier 1641 et mort le 16 juillet 1691, fut ministre de Louis XIV pendant vingt-neuf ans.

Page 74, ligne 14. — Jean-Baptiste Colbert, né le 29 août 1619 et mort lz 6 septembre iG83, fut ministre de Louis XIV pendant vingt-deux ans.

Page 7 5, lignes 4 et 5. — Dans ses Pensées manuscrites (tome III, folio 35o), Montesquieu confirme le bien qu'il dit ici des ministres autrichiens.

« Je trouvois à Vienne les ministres très affables. Je leur disois : « Vous êtes des ministres le matin et des hommes le soir. »

Ailleurs (au folio 340, v°),il leur adresse cependantun reproche :

« La dignité d'Empereur tourne toujours la tête au Conseil de Vienne. »

Page 75, ligne 28. — Toulon fut assiégé sans succès, du 26 juillet au 22 août 1707, par les armées combinées du prince Eugène et du duc de Savoie.

Page 76, ligne 7. — C'est à Napoli-de-Romagna, en 17 14, que le provéditeur général Bono fut décapité dans les circonstances que Montesquieu rappelle.

Page 76, ligne 18. — La place Saint-Marc servait de lieu de réunions quotidiennes aux patriciens. C'est là que les candidats aux fonctions publiques briguaient les suffrages. Leurs intrigues s'appelaient le broglio, nom qu'on donnait aussi à l'endroit où ils se livraient à leur manège.

Page 76, ligne 21. — Il s'agit ici du feld-maréchal Guido, comte de Starhemberg, auquel nous avons déjà consacré une note.

Page 76, ligne 29. — Claude-Florimond, comte de Mercy de Billets, né en 1666, se distingua comme général et administrateur au service de l'Autriche. Il mourut à la bataille de Parme, le h) juin 1734. C'est lui qui fut chargé, en 1719, de chasser les Espagnols de la Sicile, qu'ils avaient enlevée au roi Victor-Amédée II.

Page 79, ligne 4. — Le manuscrit donne Valinieri, au lieu de Vallisnieri. — Antoine Vallisnieri, né le 3 mai 1661 et mort le 18 janvier 1730, fut professeur de médecine à l'Université de Padoue et s'illustra par ses découvertes en histoire naturelle.

Page 79, ligne 23. — L'Église del Santo est l'Église de saint Antoine de Padoue, le saint par excellence de la ville où il mourut en 1 2 3 1 .

Page 70, ligne 25. — Le manuscrit donne Groto, au lieu de Giotto. — Angiolotto ou (par abréviation) Giotto de Bondone, qui fut un des premiers maîtres de l'école florentine, et qui se distingua comme peintre, sculpteur et architecte, naquit à Vespignano, en 1276, et mourut en 1 336.

Page 79, ligne 25. — Jean-Gaultier Cimabué, qui est regardé comme le fondateur de l'école de peinture de Florence, naquit à Florence, vers 1240, et mourut vers i3o2.

Page 80, lignes 1 et 2. — André Mantegna, le plus illustre peintre de l'école padouane, naquit en 143 1 et mourut le 1 3 septembre i5o6.

Page 80, ligne 4. — Guido Reni, dit le Guide, un des maîtres de l'école bolonaise, naquit à Bologne, en i?j?, et mourut à Rome, en 1(42.

Page 80, lignes 25 et 26. — Jacques-Philippe Parodi, sculpteur génois, fut le chef d'une famille d'artistes et mourut en 1702, âgé de 72 ans.

Page 81, ligne 9. — C'est de Jacques Palma, dit le Jeune (et non de son oncle, dit le Vieux), que Montesquieu parle ici. L'un et l'autre appartenaient à l'école vénitienne. Palma le Jeune naquit en 1544 et mourut en 1628, à Venise.

Page 81, ligne 9. — Jacques Robusti,dit le Tintoret, un des maîtres de l'école vénitienne, naquit en 1 5 12 et mourut en 1 594, à Venise.

Page 82, lignes 20 à 22. — Le père François-Jacques-Hyacinthe Serry, né à Toulon, en 1659, et mort à Padoue, le 12 mars 1738, est l'auteur d'une Historia Congregat ionum de Auxiliis divines Gratiœ (Louvain, 1700, in-folio), qu'il publia sous le pseudonyme d'Auguste Blanc. Ce livre traite des disputes solennelles qui eurent lieu à Rome, entre les Dominicains et les Jésuites, du 2 janvier i5gS au 28 août 1607. Il s'agissait d'examiner l'orthodoxie de soixante et une propositions tirées d'un ouvrage du Jésuite Molina sur l'accord de la grâce et du libre arbitre.

Page 83, ligne 14. — Le manuscrit donne San-Joanni-di-Vcrdata, au lieu de San-Giovanni-di-Verdara.

Page 83, lignes i5 à 17. — Alexandre Varotari, dit le Padouan ou Padouanin, peintre de l'école vénitienne, naquit en 1590 et mourut en i65o. Charles Blanc, dans son Histoire des Peintres, raconte ce qu'est devenu le tableau dont parle Montesquieu. Lors de la suppression du monastère de San-Giovani-di-Verdara, les Noces de Cana furent transportées à Venise et placées successivement dans le Chapitre délia Carita et au Musée de l'Académie ' .

1. Histoire des Peintres, par Charles Blanc (Paris, librairie Renouard, 18G3-1884), École vénitienne, Alessandro Varotari, page 4.

Page 84, ligne 5. — Raphaël Sanzio, dont Montesquieu ne se lassa point d'admirer les œuvres à Rome, fut non seulement e peintre par excellence, mais de plus un grand architecte. Né à Urbin, le 28 mars 1483, il fut l'élève du Pérugin. Lorsqu'il mourut, le 6 avril i520, il n'avait que 37 ans.

Page 84, lignes 8 à 25. — L'anecdote que Montesquieu rappelle, en intervertissant les rôles des deux grands peintres grecs du IVe siècle avant Jésus -Christ, est empruntée à Y Histoire naturelle de Pline (livre XXXV, chapitre xxxvi, sections 19 et 20). Toutefois notre auteur semble s'être souvenu surtout de la version que R. de Piles donne de l'anecdote dans V Abrégé de la Vie des Peintres (aux pages 116 et suivantes de l'édition de 171 5). Dans une note sur le passage de Pline, l'abbé Brotier prétend que c'est Michel-Ange qui expliqua par contour le mot linea, en faisant avec son pinceau une démonstration merveilleuse de son interprétation.

Page 84, note 1. — Roger de Piles, né en 1 63 5 et mort en 1709, fut peintre et écrivain à la fois, et publia, entre autres livres, Y Abrégé de la Vie des Peintres (Paris, 1699, in- 12), auquel Montesquieu fait ici un emprunt.

Page 86, ligne 25. — Le manuscrit donne Mont -de -Pitié, au lieu de Mont -de -Piété.

Page 87, ligne 6. — On appelle milloque, dans le sud- ouest de la France, une espèce de sorgho qui sert à faire des balais.

Page 87, ligne i5. — D'après certains archéologues l'Arc de Gallien ou Porta dei Borsari aurait été construit au IIe siècle de notre ère, et simplement restauré sous l'empereur Gallien.

Page 87, ligne 16. — Vitruve ou Marcus Vitruvius Pollio, architecte et ingénieur du siècle d'Auguste, a écrit un ouvrage qui nous est parvenu, et qui a pour titre : De Architectura Libri X.

Page 88, ligne 7. — François-Scipion, marquis de Mafféi, né le ier juin 1675 et mort le 11 février 1755, fut poète, littérateur et archéologue. Sa tragédie de Mérope fut imitée par Voltaire. Il publia, en 1728, le livre dont parle Montesquieu : Degli Anfiteatri e singolar mente del Veronese Libri due (Vérone, 1728, in-12). Montesquieu parle encore de lui dans la suite de son Voyage. Au folio 450 du Spicilegium, on trouve aussi la note suivante :

« J'ai ouï dire à Scipion Mafféi que la Lombardie avoit reçu un grand préjudice de ce qu'on y a semé trop de blé de Turquie ou d'Espagne; que cela est une mauvaise nourriture; que les habi-

NOTES 3l5

tants du pays sont devenus plus foibles, leur visage plombé, le corps malsain; que, quand on est obligé de faire travailler les hommes à un travail pénible, comme à des fossés, on est obligé de leur donner du pain de froment. »

Page 89, lignes 3 et 4. — Par là, il faut entendre à Vérone. Les tombeaux des Scaliger se trouvent dans le cimetière de Santa- Maria- Antica, où reposent maintenant les membres de cette famille délia Scala, qui donna des podestats à Vérone pendant 120 ans et plus, à partir de 1259, et dont le nom latinisé a été rendu célèbre par les deux grands érudits du XVIe siècle. Quant à l'arc dit de Gallien, il est situé au milieu de la grande rue du Corso.

Page 89, ligne 5. — Antoine Balestra, né en 1666 et mort le 21 août 1740, était un peintre de talent, dont les œuvres se distinguaient par la grâce, et qui joua le rôle de chef d'école à Vérone. Page 90, lignes 18 et 19. — La Canonica, que l'abbé Richard appelle La Colonica dans le texte de sa Description de l'Italie 1 , est marquée sur la carte du même ouvrage, au sud du confluent de l'Adda et du Brembo, sous le nom de Canonica, sans article. Page 90, ligne 22. — Montesquieu a inséré, dans la suite de son Voyage, d'autres notes sur Vérone, où il revint le 29 juillet 1729. Page 90, ligne 26. — Le manuscrit donne Palazuolo, au lieu de Palazzolo.

Page 91, ligne 7. — François Trevisani, qui fut, d'abord, évêque de Ceneda, fut nommé évêque de Vérone le 2 3 juillet 1725 et mourut le i3 décembre 1732.

Page 91, ligne i3. — Les noms 6C Antiochus et de Séleticus furent portés par la plupart des rois qui régnèrent en Syrie, depuis l'an 3u jusqu'en l'an 62 avant Jésus- Christ.

Page 92, lignes 4 et 5. — Clélie Grillo, de Gênes, qui appartenait à la famille des ducs de Mondragon, avait épousé, en 1707, le comte Jean-Benoît Borromée. Elle avait institué chez elle YAccademia Clelia de' Vigilanti, dont le symbole était un grillon, et la devise : Noctuque dieque. Le président de Brosses, dans une de ses lettres, parle également des connaissances et de l'hospitalité de l'aimable comtesses.

Au folio 392, v°, de son Spicilegium, Montesquieu a écrit sur elle la note suivante :

« Made la comtesse de Borromée a trouvé le moyen de faire

1. Description historique et critique de V Italie, par M. l'abbé Richard (Paris, Delalain, 1770), tome Ier, page 307. 1. Lettres familières, tome Ier, page g3.

3l6 NOTES

des dentelles avec un métier, comme on fait des étoffes de soye : en prenant plusieurs mailles à la fois; comme on les prend dans les étoffes à fleurs, en passant la trème. Le mal est qu'il est difficile d'avoir des peignes où le fil ne se rompe point. »

Page 92, lignes 12 et i3. — Frédéric Borromée, né en 1564 et mort en i63i, fut promu cardinal en décembre 1587 et nommé archevêque de Milan le 24 avril i5g5. C'est lui qui fonda la bibliothèque ambroisine ou ambrosienne. Il était cousin, et non pas neveu de saint Charles Borromée.

Page 92, ligne i3. — Charles Borromée, né le 2 octobre 1 5 38 et mort le 3 novembre 1 584, fut promu cardinal en février i56o, par le pape Pie IV, son oncle. Il devint aussi archevêque de Milan et grand-pénitencier. En 1G10, il fut canonisé par le pape Paul V.

Page 92, ligne 23. — Le premier bibliothécaire de la Bibliothèque ambroisienne fut Antoine Olgiati, né vers i5"0. En 1607, il fut chargé par le cardinal Frédéric Borromée d'aller en Allemagne, dans les Pays-Bas et en France, pour en rapporter des livres et des manuscrits précieux. De retour en Italie, il consacra presque toute son existence à faire l'inventaire des richesses littéraires qu'il avait recueillies. Ce n'est qu'en 1647 <lu'^ transmit ses fonctions à François-Bernardin Ferrario. Retiré à Lugano, sa ville natale, il y mourut dans un âge très avancé.

Page 93, ligne S. — Bernard Guidonis, né en 1260 et mort en 1 33 1 , fut dominicain, inquisiteur de la foi en Languedoc et évêque de Lodève. Il écrivit beaucoup. Parmi ses ouvrages, nous citerons le Chronicon C omit uni Tholosanorum et les Flores Chronicornm, sive Annales Pontificum, œuvres auxquelles Montesquieu fait allusion dans ce paragraphe.

Page 93, ligne 9. — Jacques d'Euse ou Duese, né à Cahors, devint successivement évêque de Fréjus et archevêque d'Avignon. Promu cardinal en i3i2, il fut élu pape en 1 3 14, à la mort de Clément V, et prit le nom de Jean XXII. Il mourut en 1334.

Page 93, ligne 17. — Montesquieu parle du grand recueil dont Muratori commença la publication, en 1723, à Milan, qui ne comprend pas moins de ib volumes in-folio, et qui a pour titre Rerum Italicarum Scriptores, ab anno œrœ Christianœ quingentesimo ad millesimum quingentesimum.

Page 93, lignes 23 et 24. — Il ne faut pas confondre le Da Rébus gestis Francisai Sfortiœ Libri XXXI, œuvre de Jean Simonetta, avec le poème de François Philelphe : Sphorciadarum Versu heroico Libri IX, auquel Montesquieu semble faire

ici allusion. — Jean Simonetta, après avoir vécu à la cour de Jean-Galéas, duc de Milan, tomba en disgrâce et mourut vers i (.■ » i .

Page <)-t, ligne 3. — Le manuscrit donne Breugle, au lieu de Breughel. — C'est de Jean Breughel, dit de Velours, que Montesquieu parle ici. Plusieurs des meilleurs tableaux de ce maître sont encore à Milan. Né à Bruxelles, en ibjS, et mort en 1642, il appartenait à l'école flamande.

Page 94, ligne 8. — C'est Lucas de Leyde, sans doute, que Montesquieu appelle Lucas de Hollande. Né en 1404 et mort en i537, cet artiste fut surtout un maître graveur. Cependant il peignait aussi. Charles Blanc a cité plusieurs des œuvres qu'on lui attribuait, mais qui paraissent être perdues. Parmi elles, « un vitrail, où Lucas... avait peint les filles de Jérusalem, qui viennent, en dansant, au-devant du jeune David, vainqueur de Goliath; ce vitrail était en la possession du fameux peintre Goltzius » ' . Serait-ce le tableau dont parle Montesquieu?

Page 94, lignes 12 à 18. — Dans les Éléments de Paléographie, par Natalis de Wailly, on trouve des détails sur les discussions qui se sont élevées entre les savants relativement à l'emploi de l'écorce pour la confection des manuscrits : les uns qualifiant de feuilles d'écorce ce que d'autres qualifiaient de feuille de papyrus 2.

Page 94, ligne i5. — Barthélémy Germon, Jésuite, né le 17 juin 1 663 et mort le 2 octobre 171 2, écrivit des traités polémiques contre Mabillon et d'autres Bénédictins.

Page 94, ligne 16. — Jean Mabillon, né le 23 novembre i632 et mort le 27 décembre 1707, entra, en 1654, dans l'ordre des Bénédictins. Parmi ses publications, il suffit de citer l'ouvrage qui a pour titre : De Re diplomatica Libri VI (Paris, 1681, in-folio). Il eut à soutenir des polémiques assez vives avec des adversaires tels que l'abbé de Rancé et le père Germon.

Page 95, ligne 9. — Les Anglais obligèrent Port-Mahon, capitale de l'île de Minorque, à se rendre le 29 septembre 1708; mais les Français leur enlevèrent leur conquête près d'un demisiècle après, le 28 juin 1756.

Page 93, lignes 17 et 18. — Par le traité de Turin, du 25 octobre 1703, l'empereur Léopold Ier avait cédé au duc de Savoie les provinces d'Alexandrie et de Valence, la Lomelline, la vallée

1. Histoire des Peintres, École hollandaise, tome Ier, Lucas de Leyde, page 3.

2. Eléments de Paléographie, par Natalis de Wailly (Paris, Imprimerie nationale, i838), tome Ier, page 36q.

3l8 NOTES

de Sesia, etc., et cette cession avait été confirmée par le traité d'Utrecht, du n avril 171 3.

Page 96, ligne 10. — Les Trivulce que Montesquieu vit à Milan ne descendaient point des anciens Trivulce, au moins en ligne masculine. Le dernier représentant mâle et direct de la famille fut Antoine-Théodore, mort le 26 juillet 1678. Mais alors Antoine-Gaétan Gallio, second fils de Tolomeo, duc d'Alvito, et d'Octavie Trivulce, adopta le nom de famille de sa mère.

Page 96, ligne 11. — Le premier Trivulce était en 1728 Antoine-Tolomeo, qui mourut en 1767.

Page 96, ligne 19. — Gilbert Borromée, évêque de Novare, fut promu cardinal le i5 mai 171 7 et mourut en 1740.

Page 96, lignes 19 et 20. — Charles Borromée, né le 28 avril 1657 e* mort Ie ^ juillet 1734, remplit des fonctions militaires et diplomatiques. Il fut vice-roi de Naples du i5 octobre 1710 au 21 mai 171J. C'était le beau-père de la comtesse Clélie, à laquelle nous avons déjà consacré une note.

Page 96, ligne 22. — A la page 3go /}" du Spicilegium, on trouve une série de notes sur l'art de fortifier les places, notes qui témoignent à la fois de la curiosité universelle de Montesquieu et de ses rapports avec le prince Trivulce. Elles sont, en effet, précédées du titre suivant :

« Extrait d'un petit traité, par demandes et par réponses, sur les fortifications, qui m'a été prêté, à Milan, par le prince Trivulce. »

Dans les Pensées manuscrites (tome II, folio 5), on trouve encore un autre renseignement analogue :

« Étant à Milan, à dîner chez M. le prince Trivulce, un Italien dit qu'il n'avait aucune estime pour l'architecture française. M. le comte d'Archinto me dit : « Monsieur, vous ne dites 2 rien sur ce que Monsieur vient d'avancer? <> Je lui répondis : « Monsieur, c'est qu'il est impossible de répondre à une propo- » sition pareille... »

Suit une dissertation où Montesquieu cherche à démontrer qu'il n'y a qu'une architecture comme il n'y a qu'une géométrie.

Page 97, ligne 8. — L'Église délie Grazie est l'Église de Santa-Maria-delle-Grazie.

Page 97, ligne 10. — Léonard de Vinci, un des grands maîtres de l'école florentine, naquit près de Florence, en 1452, fut peintre, sculpteur, architecte, ingénieur, physicien, musicien, écrivain, etc., et mourut près d'Amboise, le 2 mai 1 5 19.

Page 97, ligne 26. — Gaudence Ferrari, peintre de l'école

milanaise, sculpteur et architecte, naquit à Valdugia, en 1484, et mourut à Milan, en 1549.

Page 97, ligne 29. — Le manuscrit donne Archento, au lieu de Archinto.

Page 98, ligne 1. — Joseph Archinto, né le 16 avril i65i, fut successivement nonce à Florence, à Venise et à Madrid. Nommé archevêque de Milan le 18 mai et promu cardinal le 14 novembre 1C99, il mourut le 9 avril 171 2.

Page 99, lignes 3 et 4. — Le manuscrit donne Couan, au lieu de Louait ou Loano. — Jean-André IV, comte de Loano, avait épousé, en 1726, Thérèse, fille de Jean-André, duc de Tursis; mais, en 1 741 , son mariage fut annulé par le pape Benoît XIV. Les Loanos et les Tursis appartenaient à deux branches de la famille Doria.

Page 99, ligne 12. — Le château de Milan fut défendu par le prince de Vaudemont et par une garnison franco -espagnole, contre les troupes du prince Eugène, du 26 septembre 170b au i3 mars 1707.

Page 99, ligne i3. — François de Colmenero, général d'artillerie, qui s'était prononcé d'abord pour Philippe V, passa au service de l'archiduc Charles en 1707 et fut nommé gouverneur du château de Milan.

Page 100, lignes 4 et 5. — Le manuscrit donne Lichteinsthein, au lieu de Lœweustein. — Maximilien-Charles, comte de Lœwenstein-Wertheim, créé prince en 1711, succéda au prince Eugène, en 171 5, comme gouverneur de Milan, où il mourut en 1718.

Page 100, ligne 10. — Pellegrino Pellegrini, dit Tibaldi, peintre de l'école bolonaise et architecte, naquit à Bologne, vers 1527, et mourut vers 1 595.

Page 100, ligne 24. — Le manuscrit donne Taon, au lieu de Daim. — Le feld-maréchal Wirick- Philippe -Laurent, comte de Daun ou Dhaun, naquit le 19 octobre 1669 et mourut le 3o juillet 1741. C'est lui qui, en 1707, envahit le royaume de Naples à la tête des troupes impériales. Deux fois, il fut chargé de gouverner sa conquête. Quand Montesquieu le vit à Milan, il venait d'arriver en Lombardie. Mais il ne sut pas s'y maintenir lorsque l'armée franco-sarde y pénétra en 1733.

Page 100, ligne 26. — Wirick, comte de Daun, avait épousé Marie, comtesse d'Herbertstein.

Page 101, ligne 1. — Le fils du comte de Daun dont Montesquieu parle ici n'est pas celui qui s'illustra pendant la guerre de Sept Ans. Celui-ci s'appelait Léopold-Joseph-Marie. Né le

24 septembre 1705, il devint feld-maréchal en 1754 et mourut le 5 février 1766.

Page 101, lignes 4 et 5. — Le manuscrit donne Vindisgrats- Barisoni, au lieu de Windischgrœtz- Barisoni.

Page 101, ligne 5. — Made de Colloredo était la femme de Joseph- François-Jérôme, comte de Colloredo, né en 1674 et mort le 2 février 1726, qui succéda au prince de Lœwenstein dans le gouvernement de Milan et eut le comte de Daun pour successeur.

Page 101, ligne G. — Le manuscrit donne fraisles, au lieu de frœulein.

Page 102, ligne 5. — Le manuscrit donne Cerio, au lieu de Corio. — Bernardin Corio, né en 1459 et mort vers 1 5 ig, écrivit, en italien, une histoire de Milan, par ordre de Ludovic le More, et la fit imprimer en i5o3.

Page 102, ligne 7. — Le manuscrit donne Brugle, au lieu de Breughel.

Page 102, lignes 24 et 25. — D'après la généalogie des Doria..;, que M. Stokvis a publiée dans son Manuel d'Histoire, le titre de prince de Melfi aurait appartenu, en 1728, à Jean-André Doria- Landi, qui reçut, en 1706, l'investiture de Torriglia et de Borgo- San-Stefano, et qui mourut en 1737. Il n'eût donc été abbé que depuis peu de temps lorsque Montesquieu le rencontra. Sa femme, Anna de' Pamfili, mourut, en effet, justement en 1728 '.

Page io3, ligne 5. — L'empereur Charles VI vendit le marquisat de Finale à la République de Gênes, par un contrat en date du 20 août 171 3.

Au folio 473, v°, de son Spicilegitim, Montesquieu a écrit la note suivante :

« Horrible faute du roi Victor, de n'avoir pas pris le marquisat de Finale, que l'Empereur lui offroit pour ses prétentions sur le Vigevano. Il n'eut ni le Vigevano, ni le marquisat de Finale. Par là, il auroit eu une communication du Piémont à la mer, qu'il n'a pas. Oneille n'est rien et est détaché du Piémont. Nice est de l'autre côté des Alpes. Ce prince, dans la guerre passée, perdit cinq places, qu'on lui démolit : Nice, Montmélian, Verceil, Ivrée et Verrue. Tous les ducs de Savoye y avoient travaillé. Mais il a été bien dédommagé. »

Page io3, ligne 3o. — Antoine Farnèse naquit le 29 novem-

!. Manuel d'Histoire, de Généalogie et de Chronologie..., par A.-M.-H.-J. Stokvis (Leide, E.-J. Brill, 1890-189^), tome III, page 91G.

bre 1674, succéda, le 26 février 1727, à son frère François, duc de Parme et de Plaisance, et mourut le 20 janvier 1 73 1 .

Page 104, lignes 8 et 9. — Renaud d'Esté, duc de Modène, fut investi du duché de La Mirandole le 12 mars 171 1, au prix de 175,000 pistoles.

Page 107, ligne 9. — René-Antoine Ferchault de Réaumur, né le 28 février i683 et mort le 17 octobre 1 ~?7, se rendit célèbre comme naturaliste et comme physicien. En 1722, il publia un traité sur L'Art de convertir le fer forgé en acier et l'Art d'adoucir le fer fondu. Par cet ouvrage, il contribua beaucoup aux progrès de la métallurgie en France.

Page 107, lignes 11 à 3o. — Victor-Amédée II obtint du Saint- Siège deux brefs, l'un, du 24 mai 1727, et, l'autre, du 21 février 1728, qui assurèrent de grands privilèges ecclésiastiques aux rois de Sardaigne. Ces privilèges furent confirmés et même étendus, le 5 janvier 1742, par le pape Benoît XIV. Montesquieu en parle de nouveau dans la suite de son Voyage.

Page 107, ligne 12. — Le pape Benoit dont il est ici question, et dont il est souvent parlé dans la suite du Voyage en Italie, est Benoît XIII, et non Benoît XIV, qui, d'après certains éditeurs de Montesquieu, lui aurait donné audience à Rome. — Pierre- François Orsini, né à Rome, le 2 février 1649, ^ut nommé successivement évêque de Siponte, puis de Césène ; enfin, archevêque de Bénévent le 18 janvier 1686. Promu cardinal le iL'r mars 1672, il devint pape le 29 mai 1724 et prit le nom de Benoît XIII. Il mourut le 21 février 17'jo.

Page 107, ligne 26. — Il s'agit ici du Concordat conclu, le 18 août 1 5 1 6, entre le pape Léon X et François Ier, roi de France.

Page 107, lignes 26 et 27. — Les bénéfices vacants in Curia étaient ceux dont le Saint-Siège disposait ou prétendait disposer à raison d'une circonstance accidentelle, telle que le décès du titulaire pendant un séjour à Rome.

Page 107, ligne 29. — Charles-François-Vincent Ferrero, marquis d'Orméa et de Palazzo, qui négocia les concordats de 1727 et de 1742, était né en 1680. En 1717, il entra dans l'administration des finances, dont il devint bientôt général. Plus tard, il fut nommé successivement ministre de l'intérieur (1730) et ministre des affaires étrangères (1732); enfin, grand chancelier de robe et d'épée (1742). En 17J7, il avait été promu chevalier de l'Annonciade. Mais il mourut discrédité en 1745. — Dans les lettres que Montesquieu écrivit à l'abbé et au comte de Guasco,

il est question du marquis d'Orméa en termes peu sympathiques i .

Page 108, lignes i à 6. — Les rois de Sicile avaient obtenu de grands privilèges du Saint-Siège, notamment en 1098, sous le pontificat d'Urbain II. Ils jouissaient d'un droit de légation héréditaire et d'une juridiction exceptionnelle en matière ecclésiastique, juridiction qu'ils avaient déléguée à leur Tribunal de la Monarchie. Par un acte du 19 février 171 5, Clément XI essaya de leur enlever tous ces droits. Mais Benoît XIII rétablit à peu près l'ancien état de choses par une bulle du 3o août 1728. C'est à cet acte que Montesquieu fait ici allusion.

Page 108, ligne 7. — L'abbé Del Maro, qui appartenait à une branche de la famille des Doria (celle des marquis Del Maro), fut chargé de remplir successivement des missions diplomatiques à Rome et à Madrid. Albéroni, qui redoutait la perspicacité de l'abbé, le décria auprès de Victor-Amédée II; si bien que celui-ci ne se fia plus à son ministre et le fit espionner par Corderi, secrétaire de l'ambassade. Montesquieu revient sur l'affaire dans la suite de son Voyage.

Page 108, ligne 8. — Montesquieu parle ici de la flotte qui arriva le ier juillet 1718 en Sicile, avec une armée destinée à conquérir l'île sur le duc de Savoie et pour le roi d'Espagne.

Page 108, lignes 12 et i3. — La Congrégation des Évêques était un conseil formé de cardinaux, siégeant à Rome, et jugeant les différends qui s'élevaient entre les évêques et leurs diocésains ou entre les moines et les religieux.

Page 108, ligne 25. — Philippe-Guillaume Pallavicini, baron de Saint-Remy, lieutenant- général d'infanterie, fut le premier vice-roi que Victor-Amédée II envoya en Sardaigne, en 1720. Il y revint même plus tard, avec le même titre. Dans la suite, il fut nommé gouverneur de la citadelle de Turin et grand- chambellan de Savoie; puis, chevalier de l'Annonciade en 1729. — Montesquieu le qualifie tantôt de marquis et tantôt de baron; mais ce dernier titre est celui qui lui appartenait véritablement.

Page 109, ligne 1. — Le personnage dont Montesquieu parle ici doit être le fils d'Hercule-Joseph-Louis Turinetti, marquis de Prié et de Pancallier, qui passa, en 170G, du service du duc de Savoie à celui de l'empereur Joseph Ier, et qui mourut le i3 janvier 172»), après avoir administré les Pays-Bas, pendant une dizaine d'années, en tant que lieutenant du prince Eugène, gouverneur en titre de ces provinces.

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