I. Tome Ier, Préface
n'aurait-il pas confondu ici la via Appia, œuvre d'Appius Claudius, avec la via Claudia? Celle-ci s'embranchait, en effet, sur la via Cassia, près des ruines de Véies.
Page 197, ligne 1. — La Congrégation de l'Immunité était un conseil formé de quelques cardinaux, d'un clerc de chambre, d'un auditeur de Rote et d'un référendaire, conseil qui statuait, à Rome, sur le cas des criminels que les autorités publiques demandaient à arrêter dans les églises où ils s'étaient réfugiés.
Page 197, ligne 17. — Louis -Dominique Bourguignon, dit Cartouche, né en 1693, fut exécuté le 28 novembre 1721, en place de Grève, après avoir exploité la Normandie, d'abord, et Paris, ensuite, à la tête d'une bande de voleurs.
Page 197, lignes 19 à 21. — Louis- Antoine de Noailles, né le 2- mai i65i et mort le 3 mai 1729, fut nommé successivement aux évêchés de Cahors et de Châlons-sur-Marne; puis, à l'archevêché de Paris, le 19 août 1695. Il fut promu cardinal en novembre 1G99. Longtemps il s'opposa à la bulle Unigenitus. Il finit cependant par écrire au pape Benoît XIII, le 19 juillet 1728, une lettre de soumission, après laquelle il publia, le 1 1 octobre suivant, un mandement conforme. Montesquieu revient un peu plus loin sur cette affaire.
Page 197, ligne 26. — Le nom de Molinistes était donné aux partisans des doctrines professées par le Jésuite Louis Molina, dont nous avons dit un mot à l'occasion du père Serry.
Page 198, ligne 2. — Il s'agit ici de la Congrégation du Saint- Office ou de l'Inquisition, instituée par Paul III, en Ô42, et confirmée par Sixte-Quint, en 1 588. Son attribution essentielle était de veiller à la pureté de la foi. Elle était composée de douze cardinaux, présidée par le grand-pénitencier et assistée d'un cardinal secrétaire; mais cette congrégation comprenait, en outre, des prélats, un commissaire, des théologiens consulteurs, etc., n'ayant pas voix délibérative.
Page 198, lignes 3 et 4. — On appelait Bénéventins, à Rome, les favoris du pape Benoît XIII, qui n'oublia jamais qu'il avait été archevêque de Bénévent.
Page 198, ligne i3. — Au XVIIIe siècle, les Jésuites dirigeaient le Collège Romain, qui leur a été enlevé en 1870, et qui a reçu le nom de Liceo Ennio-Quirino Visconti. — Montesquieu revient plus loin sur ce collège.
Page 198, ligne 25. — Dominique Zampieri, dit le Dominiquin , peintre de l'école bolonaise, et, de plus, architecte et sculpteur, naquit à Bologne, en i58i, et mourut à Naples, en 1641.
Page 199, ligne 6. — L'église que Montesquieu appelle les Grands -Jésuites est celle qui est connue sous le nom d'*7 Gesii : elle fut commencée par Vignole, en i568, et terminée, en i575, par Jacques délia Porta.
Page 199, ligne i3. — Le manuscrit donne Lamanato, au lieu de Ammanati. — Barthélémy Ammanati, architecte et sculpteur, qui eut pour maîtres Baccio Bandinelli et le Sansovino, naquit en i5io et mourut en 1592, à Florence. Mais ce n'est pas lui qui dessina le plan de l'Église du Collège des Jésuites ou de Saint- Ignace-de-Loyola. Commencée en 1626 et terminée en H75, cette église fut bâtie sur le plan du père Grassi, sauf la façade qui est l'œuvre de l'Algarde. L'erreur de Montesquieu s'explique. C'est Ammanati qui construisit le Collège Romain proprement dit, sous les pontificats de Grégoire XIII et de Sixte -Quint.
Page 199, ligne 17. — Athanase Kircher, né le 2 mai 1602, à Geisa, en Saxe, et mort le 28 novembre 1680, à Rome, étudia les mathématiques, la physique, l'histoire naturelle, la médecine, la philologie, etc. Il entra en 1618 dans la Société de Jésus. Les collections qu'il a laissées valent mieux que ses écrits, où il fait preuve d'une science plus variée que solide.
Page 199, lignes 19 et 20.— On appelait, au XVIII« siècle, bouteilles d'Allemagne ce que nous désignons aujourd'hui sous le nom de larmes de verre ou de larmes bataviques, sortes de cristallisations qui se forment par le brusque refroidissement d'une masse de verre en fusion tombant dans l'eau froide.
Page 200, lignes 1 et 2.— La Chambre apostolique était le conseil des finances qui dirigeait la perception et l'emploi des revenus du Saint-Siège, dont il administrait les domaines.
Page 200, ligne 12. — On sait qu'on désignait sous le nom de la Constitution la bulle Unigenitus, par laquelle le pape Clément XI condamna, le 8 septembre 171 3, cent et une propositions que le père Quesnel avait avancées dans ses Réflexions morales sur le Nouveau-Testament, les Actes et les Épîtres des Apôtres, ouvrage publié pour la première fois en 1671.
Page 200, ligne 29. — Antoine-Joseph-Amable Feydeau, né en i658 et mort le 3 décembre 1741, était général des Carmes quand il fut nommé, le ier novembre 1728, évêque de Digne.
Page 201 , lignes 24 et 25. — Alexandre Albani, né à Rome, le 19 octobre 1692 et mort le 11 décembre 1779, était neveu du pape Clément XL II fut promu cardinal le 20 juillet 1721 et devint protecteur du royaume de Sardaigne, d'abord, et de l'Empire, ensuite. C'était un amateur passionné et très compétent des beaux-
DDO NOTES
arts. Il rit de Winckelmann son bibliothécaire. Nous aurons à reparler de ses collections, auxquelles il consacra le meilleur de ses revenus, au point d'éprouver parfois les plus grands embarras pécuniaires.
Page 202, lignes 3 à 6. — Horace Albani, frère de Clément XI, et Bernardine Ondedéi, sa femme, eurent trois fils : Annibal, qui devint cardinal, et dont il sera question dans la suite du Voyage; Charles (1687- 1724), qui épousa une Borromée et devint duc et plus tard prince de Soriano; et Alexandre, dont nous venons de parler dans la note précédente. Quand Montesquieu arriva à Rome, Charles était mort.
Page 2o3, ligne 5. — Le paragraphe commençait par les mots, maintenant biffés, La fureur du Pape, au lieu de Le Pape.
Page 2o3, ligne 14. — Jean-François Albani, né à Pesaro, le 21 juillet 1649 et mort le 19 mars 1721, fut promu cardinal le i3 février 1690. Le 23 novembre 1700, il fut élu pape et prit le nom de Clément XL Dans ses Pensées manuscrites (tome II, folio 216), Montesquieu dit:
« Les princes sont toujours en prison. Clément XI disoit : « Quand j'étois homme privé, je connaissois tout le monde à » Rome, et le mérite de chacun. A présent que je suis pape, je ne » connois plus personne. »
Page 2o3, lignes 14 à 16. — Par une bulle en date du 7 novembre 17 16, Clément XI avait érigé en église métropolitaine et patriarcale la chapelle du roi de Portugal. Il récompensait ainsi Jean V des secours que ce prince lui avait envoyés, pour le protéger contre les Turcs. Le premier patriarche du nouveau siège fut Thomas d'Almeida, évêque de Porto, qui, nommé le 7 décembre 171 6, mourut le 27 février 1 —54 .
Page 2o3, ligne 21. — Le manuscrit donne embasciata, qui n'est pas italien. Il faut lire sans doute imbasciata ou ambasciata. Désignait-on par ce mot les démarches indiscrètes que les domestiques faisaient à Rome auprès des personnes qui étaient reçues par leurs maîtres?
Page 204, ligne 2. — Le mot livres a été substitué, dans le manuscrit, à celui d'écus.
Page 204, ligne i3. — Alvar de Cienfuegos, né en iGij, dans les Asturies, enseigna, d'abord, la philosophie à Saint-Jacquesde-Compostelle, et, puis, la théologie à Salamanque. Nommé successivement évêque de Catane et archevêque de Montréal, il fut promu cardinal le 3o septembre 1720 et devint protecteur de l'Empire en 1722. Il mourut en 1739.
Page 204, ligne 14. — Jean-Thomas Enriquez de Cabrera, duc de Medina-del-Rioseco et comte de Melgar, amirante héréditaire de Castille, fut gouverneur de Milan et conseiller d'État, sous le règne de Charles II. Envoyé à Paris, en 1702, comme ambassadeur de Philippe V, il trahit ce prince et passa en Portugal avec Cienfuegos, son confesseur. Il y mourut, déconsidéré, le 29 juin 1705.
Page 204, ligne [5. — Le mot II se rapporte, bien entendu, à Amirante.
Page 204, lignes 19 à 21. — Montesquieu fait ici allusion à deux ouvrages de Cienfuegos : l'un, sur l'Eucharistie, en un volume in-folio, fut édité à Rome, en 1728, chez Antoine de Rossi (Vita abscondita seu Speciebus eucharisticis velata...); l'autre, sur la Trinité, en deux volumes, également in-folio, fut imprimé à Vienne (Autriche), en 1717, chez J. Van Ghelen (ALnigiua theologicum, seu potins sEniginatum... Compendium...; qua ... oritur clarissima ... Explicatio ... Trinitatis et Libertatis divines... ). Ce dernier ouvrage, dont le titre complet prendrait vingt-cinq à trente lignes, contient des propositions qui faillirent empêcher la promotion de Cienfuegos au cardinalat.
Au folio 402, v°, de son Spicilegium, Montesquieu a, d'ailleurs, écrit la note suivante :
« Le cardinal de Cienfuegos a iait un très beau livre, in-folio, sur les Mystères. Il croit que, si Dieu vouloit s'incarner de nouveau, il ne s'incarnerait que dans la maison d'Autriche; que, par l'eucharistie, l'âme de Jésus-Christ est attachée à l'âme du communiant, jusques à ce que le péché la décolle. »
Page 2o5, lignes 1 et 2. — Le cardinal Alexandre Albani vendit, en 1728, à Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne, trente-deux statues. On cite, parmi elles, la Vénus de Dresde, un Fils de Niobé, et trois Lions égyptiens. Ch. Justi, dans son livre sur Winckelmann 1, dit que ces statues ne furent payées que 20,000 écus. Le Cardinal était alors dans une détresse qui l'obligeait à se défaire de sa collection. Il en fit d'ailleurs une seconde aussitôt qu'il eut à peu près rétabli ses finances.
Page 2o5, ligne 7. — On appelait, en Italie, monti les banques ou caisses publiques, et hiogi de' monti les titres de rente perpétuelle, dont Montesquieu parle à la page 21 5, ligne 22.
1. Winckelmann, sein Leben, seine Werke und seine Zeitgenossen , par Ch. Justi (Leipsig, F.-C.-W. Vog-el, 1866-1872), tome II, 1" partis, page 3o3.
Page 2o5, ligne 27. — Le président de Brosses cite, parmi les pierres gravées qu'il vit dans le Palais Strozzi, « deux admirables camées de Livie et de Septime Sévère ' », mais non pas d'Auguste .
Page 2oG, ligne io. — Pierre Guérin de Tencin, né le 22 août 1680 et mort le 8 mars 1758, fut nommé, d'abord, archevêque d'Embrun, le 6 mai 1724; puis, de Lyon, le 24 septembre 1740. Entre ces deux dates, il avait été promu cardinal, le 23 février 173g. A deux reprises, il remplit à Rome des missions diplomatiques et fut même nommé ministre d'Etat le 3o août 1742.
Page 206, ligne 10. — Jean-Joseph Languet de Gergy, né le 2 5 août 1677 et mort le 11 mai 1753, fut nommé évêque de Soissons le 5 janvier 1 7 1 5 et archevêque de Sens le 25 décembre 1730.
Page 206, lignes 18 à 21. — Le cardinal de Tencin avait tort de se méfier de la nomination du Prétendant. Dans une de ses Lettres, le président de Brosses rapporte, en effet, qu'on lui avait dit à Rome : « Sans le roi d'Angleterre, il n'y a pas d'apparence que le concile d'Embrun eût servi de beaucoup » au cardinal « qui vient d'être nommé 2. » Ce cardinal n'était autre que Tencin.
Page 206, ligne 28. — Pierre Vannucci, dit lePérugin, le maître de Raphaël, naquit à Castello-della-Pieve, en 1446, et mourut au château de Fontignago, en 1524.
Page 207, ligne 2. — Daniel Ricciarelli, dit Daniel de Vol terra, peintre de l'école florentine et sculpteur, naquit à Volterra, vers i5og, et mourut à Rome, le 4 avril 1 566.
Page 207, lignes 16 et 17. — Les auditeurs de Rote sont les membres d'une juridiction qui statue en appel, à Rome, sur les affaires ecclésiastiques de la plupart des états catholiques. Elle se compose de douze juges. Le roi de France avait le droit d'en nommer un, qu'on désignait sous le titre d'auditeur de Rote français.
Page 207, ligne 21. — En i8o3, l'Académie de France, où les grands prix de l'École des Beaux-Arts de Paris vont compléter leurs études, a été installée dans la Villa Médicis. L'Académie occupait auparavant le Palais Mancini. C'est Louis XIV qui fonda, en 1666, cette École de Rome, dont Montesquieu désirait qu'on envoyât les élèves se perfectionner encore à Venise.
Page 207, ligne 28. — Néron, né à Antium, le i5 décembre 3j, succéda à l'empereur Claude I1'1', le 1 3 octobre 54, et mourut