‹ Voyages de Montesquieu (volume 2)Chapitre 7 sur 152 · PRÉFACE XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XVII

le traité de Passarowitz, de l'autre, le dernier des Habsbourg avait étendu les possessions de ses ancêtres. Mais l'Autriche ne put conserver définitivement aucune de ses acquisitions. Lui-même eut la douleur de rétrocéder, par le traité de Vienne de 1735, une de ses conquêtes les plus importantes, le royaume de Sicile, sans parler des districts que lui enleva, dans le bassin du Danube, le traité de Belgrade de 1739.

Ces pertes, qui devaient être suivies de bien d'autres, étaient d'autant plus fâcheuses pour l'état qui les subissait, qu'il voyait s'élever alors des puissances rivales même au sein de cet Empire germanique où il dominait depuis la fin du moyen âge. En moins de vingt ans, trois électeurs d'Allemagne étaient devenus rois. C'étaient celui de Saxe, roi de Pologne (1697), celui de Brandenbourg, roi de Prusse (1 701), et celui de Hanovre, roi de la Grande-Bretagne (17 14). Des trois, le plus dangereux ne paraissait pas encore être celui dont l'agrandissement avait été le moins brusque, le moins avantageux en apparence. Mais un esprit supérieur ne pouvait point méconnaître combien la suprématie de l'Autriche catholique était menacée par la création de deux monarchies redoutables et protestantes au nord de l'Empire. Ce n'étaient plus les rois de Suède qui étaient à craindre pour la cour de Vienne. Les successeurs de Charles XII ne gardaient au sud de la mer Baltique que quelques débris des conquêtes de Gustave- Adolphe. Seulement le rôle de ce dernier prince pouvait être repris avec avantage. Il était de nature à tenter un de ces deux rois nouveaux, allemands, non plus étrangers, qui venaient précisément d'obtenir à Stockholm des cessions de territoires : l'un, les duchés de Brème et de Verden (17 19); et, l'autre, Stettin, une partie de la Poméranie et deux îles (1720). Les dissensions qu'un article du traite de Ryswick provoquaient dans l'Empire ne prouvaient que trop la persistance des haines religieuses.

Pour découvrir, vers le milieu du règne de Charles \ I,

Page 1