La présidente Doublet, dont il a été parle plus haut
taient dans leur intimité. C'est un tableau vivant et varié qui ne manque ni de couleur ni de malice; et, comme de juste, M"e Quinault n'y est pas oubliée.
Nous possédons cette pièce, écrite de la main même de Pifon; la voici telle qu^elle est dans Toriginal, auquel il manque quelques-uns des vers de la fin :
Au comte de Livry, qui était à Fontainebleau.
Humble et profonde révérence Au seul il qui toujours je pense, Et qui pense, en bon souverain ', Quatre fois Tan à son Binbin* !
Car, malgré mon âge et ma barbe, Et mon teint couleur de rhubarbe, Binbin je suis, fus el serai ; Tel je vécus, tel je vivrai :
Hardi, honteux, têtu, crédule, Hypocondre, gai, mouton, mule,
1. « Le Souverain étoit son nom de société parce qu'il y dominoit par ses belles et grandes manières. » — (Note de Piron.)
2. (( Il m'envoyoit, et le plus souvent m'apportoit lui-même, le quartier de la pension de ()oo livres qu'en mourant il eut la bonle' de me laisser par contra*. Son fils aîné me l'a payée très régulièrement pendant dix ou douze ans. Le chevalier, héritier de toute la famille à celle heure, secoue mes droits, me met fort mal à mon aise et prend les siennes. — Octobre 1761, où l'on me duil quatre termes. » — [Note de Piron.)
El voulant toujours le joujou Kntcrrc dans la rue d'Anjou'.
Or, vous saurez, Monsieur le comte, Que je faisois très bien mon compte D'aller, ou par terre ou par eau, Faire un tour à Fontainebleau.
Armes, bapage, habits, lit, selle, Meubles, batterie et vaisselle, Tente, harnois, caparaçon, J'avois tout mis dans un chausson ; Quand deux de nos bonnes amies % Qu'à midi je trouve endormies, Et dont je fus prendre congé, M'ont dit que j'ctois enragé De porter ma figure gauche En lieux où sans cesse on chevauche ; Que le roi, vous et les forêts Vous ne vous quittez plus jamais ; Que vous courez après les bêtes Les jours ouvriers et les fêtes, Et qu'à moins d'être cerf ou chien
1. M'ic Quinault demeurait rue d'Anjou - Dauplilne . u Ce bijou étoit un Parnasse d'email qui représentoit les deux théâtres tragique et comique, exprimés chacun par des scènes choisies dans les pièces les plus célèbres. Le théâtre tragique occupoit le dessus, et M'i" Balicourt y présidoit sous la figure de Melpomène. La comédie étoit dessous, et M'ie Quinault y présidoit sous la figure de Thalie. C'étoit une galanterie qu'on avoit faite en étrennes à ces deux célèbres actrices. J'en détins passionné. Je voulois l'avoir. Elles se moquèrent de moi. Je me moquai de cela, je persécutai sans relâche. Elles eurent patience pendant trois ans; elles la perdirent au bout de ce temps-là; j'eus ce que je demandois, et l'ai encore à mon grand contentement. C'est une des plus jolies breloques de mon cabinet. » 1761. — {Note de Piron.^