XII PREFACE
vient là que pour dire : « J'y suis allé », qui n'est pas initié aux chefs-d'œuvre y qui ne comprend ni un froncement de sourcils, ni un mouvement de lèvres^ ni une attitude; qui ne voit ni le battement de cœur ni Véclair des yeux.
Si fêtais un donneur de conseils, je dirais à mademoiselle Sarah Bernhardt ce que je devrais dire à moimême : « A quoi bon ce luxe qui vous prend votre temps et votre argent? Laissez cela à ceux qui sont condamnés à être riches, les pauvres gens! Le luxe de Vart n'est-il pas plus beau mille fois, car il porte avec lui toutes les nobles fiertés, même sHl est mal vêtu, même s'il habite un cinquième étage, même s'' il monte en tramways! » Victor Hugo, qui s'était laissé prendre lui aussi à la folie des ameublements, avait du moins banni de sa vie les hôtels, les carrosses, les chevaux, les laquais, tout ce qui nous emprisonne dans la vie.
Un ancien philosophe a dit : « Nous nous ruinons ou nous ruinons notre vie pour les yeux des autres. » Jletournons à la sagesse antique, n'oublions jamais que ce qui est beau et bon ne coûte rien : une mèrCy une femme, un enfant. Lamour, les violons et les roses ne coûtent pas bien cher non plus. Tout le reste est pour rien, le ciel étoile, l'adorable nature, les musées et les bibliothèques.
Mais aujourd'hui tout le monde veut avoir sa bibliothèque et son musée... Cest assez prêché dans le désert. Sarah Bernhardt me donnera tort en continuant son tour du monde et en me disant sans doute avec quelque