PREFACE XV
Cent le Roman Comique en Amérique^ non pas aussi adorablement romanesque que celui de Scarron qui est le Roman Comique de l'ancien mondCj mais enfin c'est le Roman Comique du Nouveau Monde.
On dit que le Nouveau Monde na pas d'histoire; il na encore d'autre roman que le flirtage. L'Américain a le génie de C argent et de l'invention, il fait jaillir l'or de ses montagnes et de ses torrents, il improvise des villes, il a le sentiment de la famille, il se paye le luxe des enfants, et il les fait bien et il les fait beaux, mais il napas le temps de s'attarder aux passions de l'amour. Aussi beaucoup d^ Américains voyagent et trouvent qu'il y a encore du bon dans le vieux monde. L'idéal n'est pas dans un pays o'a domine l'abîme du schoking.
Par exemple, croiriez-vous ceci à Paris?
Le tableaumane James Stebbens donne une fête aux Champs-Elysées, il se tient pour très honoré que mademoiselle Sarah liernhardt veuille bien jouer la comédie chez lui. En Amérique^ elle va frapper à sa porte, mais il ne lui permet pas de franchir son seuil. « Mais, monsieur, à Paris, je ne suis allée chez vous que parce que vous êtes venu me prier dix fois déjouer Le Passant dant votre salon, maintenant que je passe en Amérique, vous ne voulez pas me recevoir? — Ahl mademoiselle, nous ne sommes plus à Paris ! nous sommes à New- York. »
C'estainsiqueDonaSol fut victime de l'odieux schoking..
Décidément il y a un océan entre les deux mondes. Arsène IIoussaye.