‹ Voyages de Sarah Bernhardt en Amérique. PrefChapitre 7 sur 33 · COMÉDIENNES EN VOYAGE · texte numérisé non relu

COMÉDIENNES EN VOYAGE

Pour une drdie d'idëe, c'est une drôle dUdëe qu*a eue ee jour-là M"« Sarali Bernhardtl

Un joli soleil, agrémenté de pluie, brillait sur Tavenue de Villiers. Le calendrier marquait : jeudi 14 octobre, quati'ième jour du premier quartier de la dixième lune de l'an 183... M"" Sarah Bernhardt devait prendre le train du Havre le surlendemain à midi et le bateau de New- York, le dimanche, à huit heures et demie du matin. Elle était languissamraent étendue sur le divan popularisé par M. Clairin. — Qu'on aille me chercher tout de suite, tout de suite, Marie Colombier, dit-elle à sa ficèle Guérard. — M"° Marie Colombier arrive. MU" Sarah lui saute au cou et lui dit sans préface : Ma sœur Jeanne vient de tomber malade. C'est toi qui me la remplaceras dans ma troupe des États-Unis. — Mais!.., — Nous prendrons le paquebot Amérique après •ieraain. — Mais!... — Avec le vieux jarrett, mon iuterp rte et mon agent; un homme parfait, tu verras ! — Mais! ... — Si tes costumes ne sont pas prêts, ils te rejoindront par le prochain courrier. — Mais, mais!... — Conclu! dit M"° Sarah. M"" Colombier eut beau dire et beau faire.

Désir de fille est un fea qui dévore ; I)ésir de nonna est cent fois pire encore.

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