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Un Ex
6o VOYAGES
les articles de messieurs les associez, arrestez par le Roy en son Conseil.
Le sieur de
an a Le jeudi 95 ledit de Caen partit de Québec pour doussae, LV p . r . 4 aller à Tadoussac, et je fus avec lui jusques à son département qui fut le 5 jour de septenabre 1622. gisele sieur Ledit du Pont fut laissé à l'habitation, pour principal commis de messieurs les associez, ct hyvernasmes ensemble.
En cet hyvernement estoient , tant hommes que femmes et enfants, cinquante personnes.
40 » Cae SANT D: l S C: di f Ledit de Caen estant part, nous eschouasmes quelque chalouppe, et sur le soir, qui fut le 6, le-
vasmes les anchres pour aller à Québec, où fusmes
Nous faillisperdre au por CONtrariez de si mauvais Lemps, que nous nous hais pensasmes perdre au port aux Saumons sur nos
anchres, ne pouvant appareiller : mais le vent venant à Sappaiser au 18 dudit mois, nous nous mismes sous voilles, et arrivasmes à Québec le 20. Le lendemain nous eschouasmes nostre barque, et fismes descharger le reste des commoditez, et aussi tost que tout fut deschargé, Desdame fut despesché avec une chalouppe lui septiesme, pour aller à Tadoussac mener des matelots, et ramener une
barque que l’on avoit laissée avec quelques cinq
Desdame despesché à ‘
rl le hommes, pour la garder, attendant que l’on y fust pour la ramener, d'autant qu'il n’y avoit point de matelots pour esquipper les deux barques.
Le 10 d'octobre arriva la barque de Tadoussac,
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uasmes le 6, le- | fusmes US nous sur nos rent ve- 15 nous c Le 20, que, et et aussi despesur aller 1er une es cinq 1 y fust
oint de
OUSSAC ,
DE CHAMPLAIN, Gi
qui nous dit qu'un vaisseau de 50 à 60 tonneaux , Arirée de is
barque de Ta doussar
estoit arrivé à Tadoussac pour faire pesche de baleine, laquelle il n'avoit peu faire à la grande Baye, ni en autre port, et qu'il avoit esté mis hors, à ce qu'ils dirent, par monsieur de Grandmont, comme ils firent paroistre par leur commission qu'ils montrérent au baillif aidé de son commis, qui estoit resté audit Tadoussac : il estoit armé de quatre pièces de canon de fonte verte, d'environ de sept à huict cens pesant chacune, deux breteuils, et le vaisseau bien armé avec vingt-quatre hommes, un bon pont de corde bien pouessé, tout à l'espieuve du mousquet, ayant à la valeur de six à sept cens escus de marchandises, pour traitter, au reste très mal +munitionnez de vivres, qui les contraignit de
Sout con
prendre du baillif deux barils de pois, demi baril "4" nu
‘es sivres du batir
de lard, qu'ils payèrent en chaudière de cuivre rouge, celui qui y commandoit s'appeloit Guérard, Basque, qui s’estoit associé avec un Flamant, pour ce qui touchoit la marchandise de traitte.
Ledit Guérard escrivit un mot de lettre audit fra ecrit
au sieur du Pont,
du Pont, par laquelle il lui demandoit des castors, pour la moictié moins que l’on traittoit, pour les marchandises qu'il avoit, lui en envoyar: le mémoire. Voilà ce que nous apprismes. De jius ils
Advis d'un vaisseau espa gnol venant à
doussac de deux cents tonneaux, pour faire sa Tadoussac.
dirent qu'il venoit un vaisseau espagnol audit Ta-
pesche de baleine , et dit que durant que les vais-
seaux estoient à Tadoussac, qui estoit à l’isle Verte, et avoit veu partir ledit vaisseau de la Ralde de Tadoussac , et que presque toutes les nuicts il venoit avec une chalouppe au port, et oyoit la pluspart des discours qui se disoient au vaisseau dudit sieur de Caen, jusques à son départ.
De pouvoir y remédier il estoit impossible, pour
Nul moyen de l'empescher
ie on n'avoir des matelots ni des hommes de main, afin ne de s’en servir en telles affaires, car il eût fallu au moins huict matelots d'ordinaire en l'habitation, et quelques dix ou douze quand il est question d’aller attaquer un ennemi, avec une vingtaine d'hommes,
qui sçeussent ce que c’est d'aller à la guerre, c'est
ce qui ne se voit point à Québec, l’on pense estre
trop fort, et que personne ne seroit entreprendre
en ces lieux, mais la meffiance est la mére de seu-
reté, c’est pourquoi suivant les advis que souvent
je donnois, l’on devoit remédier à la conservation
Moyen d'se M1 pays, €t à l’asseurance des hommes qui y de-
asseuré à Qué-
re en dache. meurent, qui estoit d'achever le fort jà commencé, et y avoir de bonnes armes et munitions, et garnison suffisante qui s’y entretiendroit pour peu de chose, autrement rien ne se peut maintenir que par la force.
Ouvriesem L'on employa les ouvriers aux choses les plus
ployez aux cho:
ses nécessaires, nécessaires de l'habitation. Ledit du Pont tomba
: Maladie du maiade de la goutte le 27 de septembre, jusques au
sieur du Pont. . , no È k 25 d'octobre, ei l’incommodité quil en sentoit,
isle Verte, Ralde de 1icts 1l veit la plusseau dudit
ible, pour main, afin it fallu au itation, Et iou d'aller l’'hommes, erre, C'est ense estre reprendre re de seule souvent hservation
qui y de-
ommencé, , Ct garniir peu de
tenir que
s les plus pnt tomba usques au n sentoit,
fit que pendant l'hiver il ne sortit point de l'habitation, pour son indisposition.
Je passai le temps à faire accommoder des jar- meurt
accommodet des jardinages
dins, pour y semer en l'automne, et voir ce qui en réussiroit au printemps, ce que je fis y prenant un singulicr plaisir, ceste occupation n'estoit point inutille pour la commodité qu'en recevoit toute l'habitation, à quoi personne n’avoit fait d'espreuve, car la pluspart des hommes voudroient bien cueillir, mais rien semer, ce qui ne se peut, car l'on ne sçauroit dire en ces lieux combien on reçoit lité qui se d'utilité des jardinages : un peu de soing et vigi- irdins de ee lance sert beaucoup à un homme de commande-
ment, car sil n'a de l'affection qu'a de certaine
chose, mal aisément peut il avoir beaucoup de commoditez sans main mettre, ou commander de
ce faire, nos Pères y estoient assez vigilants n'ayant
autre soing que de prier Dieu et jardiner.
L'un de nos Pères appellé le Père Irénée, se ré- 14 pire tre solut le 15 de décembre d'aller hyverner avec les ae Ba Sauvages, pour apprendre leur langue, et profiter quelque chose s’il pouvoit pour l'amour de Dieu : mais le 22 dudit mois, il retourna à son habitation, pour ne se pouvoir accommoder à la vie de ces peuples : Ledit Père y retourna pour la seconde fois, mais ne pouvant supporter la fatique il s’en \° + peut
acecommoder avec eux,
revint, et le Père Joseph plus robuste et accoustumé à ceste vie, se délibéra dy aller passer trois mois
LR BP a LA Be ST Tes DES DEA TITRE a LES 2 RE DGSE f - FAST ee tr Se à ou I NÉ R Te Tr# Dr:
ui 64 VOYAGES
Le Père Jo- de temps, qui estoit en bon temps, d'autant que la ho seph y va, l . . .,? \ ?
chasse de l’estan se faisoit en quantité, où l'on ne la mange que de la viande, bien que ce ne soit qu'à l'O cinq ou six lieues de nostre habitation , et partit le ru
mesme jour qu'arriva ledit Père Irénée qui fut le
ss. 17 de janvier 1625.
Le 25 de mars ledit du Pont retomba malade de Le sieur du ses gouttes Où il sut très mal avec de si grandes
Pont retombe malade.
douleurs, que l’on n'osoit presque le toucher,
quelque remède que le chirurgien lui peust apporter, et fut ainsi tourmenté jusques au septiesme de mai qu'il sortit de sa chambre.
Tempestevio Le 19 de mars il fit un temps fort violent ac-
lente.
ME ATSURE *
compagné de vents, tonnerre, gresle et esclairs,
bien qu’en ce temps l’air est encore froid, et le pavs q P ; Pay
rempli de neiges et glaces.
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4 , NE 4 ‘if le EL 1,4 .'i
Le 19 d'avril l’on commença à accommoder une
barque, pour aller à Tadoussac, ce qu’estant ache- pol
| vée le premier de mai, elle partit avec Desdames Œu« orgue qui va sous-commis et hommes, et ledit du Pont ny peust "a ” aller, pour son indisposition. Le 16 d'avril il y .
avoit un pied de neige en quelques endroits. Je se- air
mé toutes sortes de grains le 20 dudit mois derrié- js
re l'habitation, où les neiges estoient plustost fon- ie
dues qu'ailleurs, pour estre au midi et à l'abri du ‘oil
vent de Nortouest, qui est fort dangereux. y par
Le lundi 8 de mai, nos ouvriers allant coupper re
ral
du bois pour scier, le malheur en voulut à un jeune
int que la ù l’on ne soit qu'à partit le qui fut le
salade de 1 grandes toucher, peust apseptiesme
lent acesclairs,
et le pays
oder une
nt ache- Desdames
y peust vril il y its. Je ses derriétost fonl'abri du coupper
n jeune
homme nommé Jean le Cocq, qu'une büche roulant d’un lieu à autre passa par dessus lui, qui lu rompit le col, et lui escrasa la teste , et ainsi mourut pauvrement.
Le 10 dudit mois le Père Irénée se résolut d’aller à Tadoussac, pour essayer de faire quelque fruict aux Sauvages de par delà, cela m'estonnoit, voyant qu'il avoit assez à faire et de quoi s'employer par deçà, à ce que je lui remonstré : mais ne le pouvant dissuader de ce voyage, il s'embarqua dans une chalouppe avec des Sauvages qui le devoient mener : mais estant à Tadoussac il changea de résolution, et s’en revint à Québec le 22 dudit mois, et ainsi son entreprise fut rompue, et ne put demeurer à Tadoussac avec nos gens, pour n'estre accommodé comme il eust désiré.
Voyant que jusques an 44 de juin l’on n'avoit point nouvelle des vaisseaux, et craignant que quelque accident ne fût arrivé, l’on délibéra d'envoyer une chalouppe à Tadoussac, ce qui fut fait avec cinq hommes, et Olivier truchement pour faire revenir la barque, si les vaisseaux n'estoient arrivez, pour retourner et aller à Gaspey, recouvrir des vivres pour ceux qui resteroient à l'habitation, et rapasser dans les vaisseaux pescheurs, partie des gens les moins utiles. En ce temps je fis paver la cour de l'habitation, avec quelques réparations au logis.