‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 27 sur 89 · TOME II. o · texte numérisé non relu

TOME II. o

Le

Ps 7

FR Ps qui tn Tout le pays qui environne ladite baye, est partie cl . bave, .

ARE montueux, autre plat et beau, couvert de bois de \ EN JP 0 HAE pins, sapins, cèdres, bouleaux, ormes, fresnes, F qu

érables, et dans lesdites rivières y a des chesnes. La pesche de plusieurs poissons est abondante en ce lieu, etla chasse des oiseaux de rivière, outardes oles, grues, et de plusicurs autres sortes. Il se treuve en tous ces lieux force eslans, desquels les Sauvages en tuent quantité l'hiver.

Des isles de Miscou à l’isle Sainct Jean, y a environ dix ou douze lieues au Suest, elle est par la hauteur de quarante six degrés deux tiers, Le bout le plus Nort de ladite isle, ayant environ vingt cinq lieues de longueur, et de ceste isle à la terre

à FL du Sud, une ou deux lieues ; en laquelle sont de

| Mt, bons ports, et bonne pescherie de molue, les Bas-

pi à ques y vont assez souvent, elle est couverte de

xtE k: bois comme les autres isles. F en | dé De l'ile de Sainct Jean au petit passage de Con- tant in seau l’on conte vingt lieues, ce passage est par tre aiR la hauteur de’ quarante cinq degrés et deux le c

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uers, et Jusques aux isles Ramées environ trente terr(

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a Mans Toute la coste depuis Miscou jusques au passage et d Sue de Conseau, est abondante en ports, et petites ri- Cest viéres, qui se deschargent dans la mer: entr'au- sent

tres est la baye de Miaamichy, Trégate, le pays est icell

agréable, quelque peu montueux : la pesche et la leau

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chasse du gibier y sont fort bonnes en la saison, il y a des eslans en ces terres, mais non en telle quantité qu'aux contrées de la baye de Chaleu.

Au Nortdest de Gaspey est l’isle d'Enticosty, sur ,, y puy. la hauteur de cinquante degrés au bout de l'Ouest *”* Nort-ouest de l’isle, et celui de l'Est, Suest, 49 deurés elle gists, Est Suest, et Ouest, Norrouest, selon le vrai méridien de ce lieu , et au compas de la pluspart des navigateurs, Suest et Norrouest , elle a quarante lieues de long , et large de quatre à cinq par endroits. La pluspart des costes sont hautes et blanchastres comme les falaises de la coste de Dieppe, il y a un port au bout de l'Ouest Surouest de l’isle qui est du costé du Nort, il ne laisse d’y en avoir d’autres, qui ne sont pas cognus, elle est fort redoutée de ceux qui navigent, pour estre batarière, et y sont quelques pointes qui avancent en la mer, toutesfois nous l'avons rangée, n’en estant esloignée que d'une lieue et demie, ct la treuvâmes fort saine , le fon bon à trente brasses : le costé du Nort est dangereux y ayant entre la terre du Nort et ceste isle des batures et d’autres isles , bien qu'il y aye passage pour des vaisseaux, et dix à douze lieues jusques à ladite terre du Nort. Ceste isle n’est point habitée de Sauvages, ils disent y avoir nombre d'ours blancs fort dangereux, 90 blancs icelle est couverte de bois de pins, sapins, et bou-

leaux. Il fait grand froid, ex s’y voient quantité de 5 D y q

neiges en hyver: les Sauvages de Gaspey y vont quelquefois, allant à la guerre contre ceux qui se uennent au Nort.

Il y a un lieu dans le golfe Sainct Laurent, qu’on de‘ ns A nomme la grande baye, proche du passage du Nort de l’isle de Terre Neufve, à cinquante deux degrés, où les Basques vont faire la pesche des

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Les Sauvages de la coste du Nort sont très-meschants, ils font la guerre aux pescheurs, lesquels pour leur seureté arment des pataches, pour conserver les chalouppes qui vont en mer pescher la molue : l’on n’a peu faire de paix avec eux, et sont la pluspart petits hommes fort laids de visage, les yeux enfoncés , meschants et traistres au possible : ils se vestent de peaux de loups marins, qu'ils accommodent fort proprement: leurs baticaux sont de cuir, avec lesquels ils vont rodant et faisant la guerre, ils ont fait mourir nombre de Malouains, qui auparavant leurs ont souvent rendu leur change au double, ceste guerre procède de ce que un matelot malouain par mesgarde ou autrement, tua la femme d’un capitaine de ceste nation.

Tout le pays est excessivement froid en hyver; et les neiges y sont fort hautes, qui durent sept mois ou plus sur la terre par endroits, elle est chargée de nombre de pins, sapins et bouleaux, en plus de cent lieues de costes qui regardent le

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sont i SC golfe Sainct Laurent. I] y a nombre de bons ports 1 et isles (ou la pescherie de molue et saumont est n'on È abondante), et nombre de rivières, qui ne sont > du néantmoins beaucoup navigeables, que pour des deux k chalouppes ou canots, selon le rapport des Saudes | vages. | | Ce golfe a plus de quatre cents lieues de cirmes- cuit, y ayant nombre infini de ports, hâvres et quels | isles, qui y sont enclos : c'est comme une petite cons ‘À mer qui parfois est fort esmeue et agitée des Sante | vents impétueux qui viennent plus souvent du Lsont | Nortdest, et parfois y a de grandes bourasques de e, les Norrouest. En ces lieux sont de grands courants ible: | de marée non réglez, les uns portent en un temps sac d’un costé , autrefois en un autre, ct ainsi changent = sont de fois à autre, ce qui apporte souvent du messhit la comte aux estimes des navigeants, quand il fait des ains, brunes, à quoi ce lieu est fort suject, et qui durent la quelquefois sept ou huict jours, il n'y a qu'une eque | grande pratique qui peut en avoir quelque coment, gnoissance. us Du cap de Gaspey à la terre du Nort y a vingt d'a tone de yver; | cinq à trente lieues, c’est la largeur de l’embout sept chure du fleuve de Sainct Laurent, les marées sont le st en tout temps droiturières en ce lieu comme la rieaux, viére , et le vent tousjours de bout, soit à descenlentie D dre ou monter, et arrive rarement qu'on voye le

vent par le travers des terres, de façon qu'un vais-

Sa scituation,

seau estant dans le courant fera sa drive hors du fleuve plustost que d'aller à la coste : les cbes sont beaucoup plus fortes que les flots qui durent sept heures, et quelquefois plus: ce qui fait qu’on a plus de peine à monter qu'à descendre, joint que les vents de Norrouest sont les plus ordinaires et contraires en certaines saisons.

Ce cap de Gaspey ( comme j'ai dit } est à l'entrée de la grande rivière du costé de la terre du midi, montant amont l'on passe si l’on veut une lieue ou deux vers l’eau du cap des Boutonnières, par la hauteur de quarante neuf degrés et un quart, et a douze lieues dudit Gaspey.

Et costoyant tousjours la coste du Su, jusques au commencement des monts Nostre Dame vingt lieues dudit cap des Boutonnières, les monts en ont vingt cinq de longueur, à la fin est le cap de Chatte assez haut, fait en forme de pain de sucre fort ecore : se voyent aussi des terres doubles audessus qui quelquefois vons en font perdre la co-

” gnoissance si le temps n’est clair et seruin, si ce

n’est que vous approchiez d’une lieue ou deux du

dit cap de Chatte. Montant amont l’on va jusqu’au travers de la rivière de Mantane, où il y a douze à treize lieues dans ceste rivière de plaine mer, des moyens vaisseaux de quatre-vingts ou cent tonneaux y peuvent entrer, c’estun hâvre de bare de basse mer: estant en ladite rivière assez d’eaue

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pour tenir les vaisseanx à flot. Ce lieu est assez gentil, et s'y fait grande pescherie de saumon et truittes, ayant les filets propres à cet effect, l'on en pourroit charger des bateaux en leurs temps et saison. Ceste rivière vient de certaines montagnes, et peut on s’aller rendre par le travers des terres, par le moyen des canots des Sauvages, en les portant un peu par terre en la rivière qui se descharge dans la baye de Chaleu, ce lieu de Mantane est fort commode pour la chasse des eslans, où il y en a une grande quantité.

De Mantane l’on va à l’isle de Sainct Barnabé à seize lieues, elle cst par la hauteur de quarante huict degrez trente-cinq minutes, et estant basse ; autour sont des pointes de rochers, elle contient quelque lieue et demie de longueur, fort proche de la terre du Su: il y a passage entre deux pour passer de petites barques, et ne faut laisser de prendre garde à soi, car elle est couverte de bois de pins, sapins, et cèdres.

De Sainct Barnabé au Bic, il y a quatre lieues, c’est une montagne fort haute et pointue, qui parroist au beau temps de douze à quinze lieues, et elle est seule de ceste hauteur , au respect de quelques autres qui sont proche d’elle.

Du Bic on traverse la grande rivière au Norrouest où Nort, un quart au Norrouest, et on va recognoistre Lesquemain à la terre du Nort, y

Lieu de \ an.

tane fort ccm.

mode.

L'isle de

Barnabé,

Rivière abondante en saumons.

ayant sept à huict lieues. En ce lieu de Lesquemain proche de terre, est un petitislet de rocher derriére lequel se faisoit un dégrat pour la pesche de balaines, et une place pour mettre un vaisseau : mais ce lieu est asséché de basse mer. Proche de là est une petite fort abondante en saumons, où les Sauvages y font bonne pescherie, comme en plusieurs autres.

De Lesquemain l’on passe près de Bergeronnettes, qui en est à quatre ou cinq licues, le travers y a anchrge demie licue vers l’eaue, puis l'on va au moulin Baudé trois lieues, qui est la rade du port de Tadoussac, le bon anchrage d’icelle estqu’il faut ouvrir le moulin Baudé, qui est un saut d’eaue venant des montagnes, et au travers jetter l’anchre.

Ayant le vent bon à demi flot couru, à cause des marées du Saguenay qui porte hors, bien qu'il y aye les deux tiers de plaine mer, l’on peut lever l'anchre et mettre àla voille, doubler la pointe aux Vaches, avec la sonde à la main, et tenir tousjours deux ou trois chalouppes prestes : que si le vent venoit à se calmer tout d’un coup comme il arrive assez souvent, la marée vous porteroit au courant du Saguenay, et ayant doublé ladite pointe aux Vaches, vous faire tirer à terre hors des marées dudit Saguenay s’il faisoit calme, et ainsi en terre audit port de Tadoussac; mettant le cap au Nort , un

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main quart du Norrouest, estant dans le port il fit porder- | ter une bonne anchre à terre et enfoncer l’orain e de dans le sable le plus que l’on pourra, et mettre eau : . une boise par le travers contre l'orain, et avoir delà | des pieux que vous enfoncerez dans le sable de ù les basse mer le plus avant que l’on pourra pour emplu- | pescher que le vaisseau ne chasse sur son anchre : | d'autant que ce qui est le plus à craindre sont les anet- vents de terre, qui viennent du Saguenay et sont avers fort impétueux et violents, et viennent par bouon va | rasques qui durent fort peu, car le vent du trale du vers de la rivière n’est point à craindre, d'autant qu'il qu’il y a bonne tenue du costé de vers l’eau , car l’eaue l'anchre ne chasse point le cable , ou l’anchre du Jan- | vaisseau romperoit plustost.

| Or les costes du Nort depuis le travers d'Entise des costy sont fort baturières pour la pluspart; en uil y quelques endroits il y a de bons ports, mais ils ne lever | sont cognus, hormis Chisedec et le port Neuf trente eaux lieues de Tadoussac : aussi il y a nombre de petites sjours | rivières où la pesche du saumon est grande, selon vent le rapport des Sauvages et des Basques qui cognoisarrive sent partie d'icelle coste. J'ai costoyé ces terres urant | quelques cinquante ou soixante lieues dans une aux 4 chalouppe, la terre est basse le long de la mer,

s du- mais dans les terres elle paroist fort haute, iln’en six près

re au- fait pas bon approcher que la sonde à la main. Là ha

t,uu est une nation de Sauvages qui habitent ces pays,

qui s'appellent Exquimaux , ceux de Tadoussac

L leur font la guerre.

CE Et depuis Gaspay jusques au Bic, se sont terres diet la plus grande part fort hautes, notamment lesdits Ke a] monts Nostre Dame, où les neiges y sont jusquesau bre 40 et 15 de juin. Le long de la coste il y a force AE anses, petites rivières et ruisseaux, qui ne sont propres que pour de petites barques et chalouppes, mais il faut que ce soit de plaine mer. La coste est fort saine, et en peut on approcher d’une lieue ou deux, et y a anchrage tout le long d'icelle, contre l'opinion de beaucoup, ainsi que l'expésience le fait cognoistre : l’on peut estaler les marées pour monter amont, si le vent n'est trop violent. Tout cepays est rempli de pins,sapins, bouplain d'arbres. leaux, cèdres, et force pois, et persil sauvage, le long de la coste l’on pesche de la molue, jusqu’au travers de Mantane, et force macreaux en sa saison,

et autres poissons.

Le travers de Tadoussac, qui est par quarantehuict degrés deux tiers, à deux lieues au Sud il y ve a nombre d'isles, et est entr'autres l’isle Verte , à quelque six lieues dudit Tadoussac, en laquelle les Rochelois venoient à la desrobée traitter de ; peleteries avec les Sauvages. La grande rivière a de large le travers dudit Tadoussac, 5 à 6 lieues. Jusqu'à la terre du Su est une rivière par laquelle l’on peut aller à celle de S. Jean, en portant les

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