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; ax | Sa l CHAPITRE IL. l f. qt 1 pl Les François sont sollicitez de faire la guerre aux [rocois. — sçe LE L’autheur envoie son beau-frère aux Trois Rivières. { ap ces Pendant l'hyver quelques uns de nos Sauvages ce furent aux habitations des Flamands, lesquels les tic Sauvages dudit pays sollicitèrent les nostres de cel faire la guerre aux Irocois, qui leurs avoient tué seu vingt quatre Sauvages et cinq Flamands qui ne des leurs avoient voulu donner passage, pour aller con faire la guerre à une nation appellée les Loups 1e ausquels lesdits Irocois vouloient du mal, et pour bo : ‘4 engager nos Sauvages à ceste guerre, qui avoient tre x la paix avec lesdits Irocois, ils leurs donnèrent aut À des présents de colliers de pourcelaine, pour faire | gue donner à quelques chefs, comme au réconcilié et | qui autres, afin de rompre ceste paix. Ces messagers | ave estant de retour donnèrent les colliers aux chefs, en à qui les ayant receuz délibérérent de s’assembler rivi bon nombre, avec les Algommequins et autres tant nations, ets'en aller creuver les Flamands et Sau- cre vages pour faire une grande assemblée ruiner les enfe
villages irocois , avec lesquels au précédent ils rec
DE CHAMPLAIN. 147 avoient paix, n'estants qu’à deux journées d'eux,
” et douze de Québec. IL y avait plusieurs de nos | Sauvages qui ne vouloient point ceste guerre, ains
la continuation de la paix avec les Irocr::, et ce qui fut cause d'un grand trouble entre ces peuples, desquelles nouvelles je n'avois encore rien sçeu que par un capitaine sauvage des nostres, appellé Mahigan Aticq, qui ne voulut consentir à ceste guerre, que premier il n'eust eû n.on advis,
es ce que je lui promis: il me discourut fort parles ticulièérement de ioute ceste affaire, jugeant où de cela pouvoit aller, car l'importance n'estoit pas sé seulement de ruiner les Irocois comme ennemis “é des Flamands, mais le tout tiroit à plus grande Her conséquence, que je passerai sous silence. ups Je dis audit Mahigan Aticq que je lui sçavois Lui bon gré de m'avoir donné cet advis, mais queje . treuvois fort mauvais, comme ledit réconcilié et ce que r'au 1ent theur dit à LS È ‘ 1 1: A bbhérén capitaine des dért autres avolent pris ces présents, et délibéré ceste Sauvage et 5 . . . plaint d'eux.
aire | guerre sans m'en advertir, veu que c’estoit moi’ Éd | qui m'estois entremeslé de faire la paix pour eux gers | avec lesdits Irocois, considérant le bien qui leur à | en arrivoit de voyager librement amont la grande efs, 7 bler rivière, et dans les autres lieux, autrement n'esa | tant qu’en peur de jour en jour , de se voir massasau crer et pris prisonniers, eux, leurs femmes et Saules enfants, comme ils avoient esté par le passé : la où
ss recommençant céeste guerre, s’estoit rentrer de
fièvre en chault mal, et que pour moi je ne pouvois consentir à une meschanceté : qu'eux et moi leurs avions donné parole de ne leurs faire aucune guerre, sans qu'au préalable ils ne nous en eussent donné suject, et que pour ceux qui entreprenoient ceste affaire, touchant la guerre sans nous en communiquer, je ne les tenois point pour mes amis, mais ennemis, et que s'ils faisoient cela sans
quelque suject j" 2 les voulois point voir à
Québec, que ueann..as où je treuver.: lesdits Irocois je les assisterois comme amis, contre les Sauvages proche des Flamands, qui estoient ennemis comme leurs ayant fait la guerre, estant allé autrefois aux Mahiganaticois, qui sont ceux de ceste mesme nation qui nous avoient tué malheureusement de nos hommes, que pour le réconcilié s'il avoit pris ces présents, que je ne le voulois plus voir n’y tenir pour mon ami, s’il ne les renvoyoit, n'aller en guerre s’il les retenoit, que c'estoit estre de mauvaise foi, que promettre une chose pour en faire une autre, et que se laisser corrompre pour des présents, et je ne pouvois que penser de telles personnes, et que si on leurs en donnoit pour faire quelque meschanceté contre nous, ils le feroient. Et entre autres discours tendant à cet effect, il me dit que j'avois raison, et qu'il falloit aller en diligence aux Trois Rivières, an conseil qui se devoit délibérer, et que mesme
il y en avoit quelque nombre qui vouloient aller faire une course aux pays desdits Irocois pour en attraper quelques uns, premier qu'aller vers les Flamands, si je n’y allois ou envoyois, et me pria instamment d'y envoyer puis que ma commodité ne le pouvoit permettre d'y aller; d'autant, me dit-il, qu'ils ne me voudroient pas croire de ce que je pourrois leur dire de ta part : mais y envoyant ils verront la vérité, et ce que tu désires, Sur ce je me délibère d'y envoyer Boullé mon beau-frère avec un truchement, le lendemain le réconcilié me vint treuver, qui avoit oui quelque vent que je sçavois quelque chose de ceste affaire, je lui fis fort froide réception, et ne me peus empescher de lui tesmoigner le desplaisir que j'en avois : il me dit qu'il ne sçavoit rien de ceste affaire, mais jugeant que j'estois bien certain de tout ce qui se passoit, il s'en alla doucement s’embarquer en un canot, va au Trois Rivières premier que mon beau-frère et ledit Mahigan Aticq y fussent, où il tesmoigna n'avoir agréable ceste gucrre, et se monstira aussi contraire Comme il y avoit esté porté, mais quelques Algommequins estoient partis pour aller en leur pays, et de là à la guerre sans nostre sceu, qui occasionna du malheur tant pour nos Sauvages que pour nous, comme il sera dit ci-après.
Le 9 dudit mois de mai j'envoyai mon beau-
Sauvages vout à la guerre sans uostre seu,
L'autheur envoie son beau-
rés âleur frère pour aller à ceste assemblée 50 licues de Québec amont ledit fleuve, où ils s’assemblérent tous pour prendre là résolution : la moitié désiroit la continuation de la guerre, autres la paix : il fut enfin résolu de ne rien faire jusques à ce que tous les vaisseaux fussent arrivez, et que les Sauvages d’autres nations scroient assemblés, ce qui Le Père Jo. OCCasionna mon beau-frère de revenir le 21 dudit pet Saurge. mois, et me dit ce qui avoit esté résolu. Le Père Joseph, Récolet, baptisa un petit Sauvage de l’aage de 18 à 20 ans, qui fut nommé Louis, au nom du Roy, le 2 de mai. Quelque temps aprés il s’en retourna avec les Sauvages, comme fit un autre qui avoit esté instruit en France, qui sçavoit bien lire, escrire et passablement parler latin. | Le 7 de juin arriva un canot où il y avoit deux de Frae à François qui m'apportoient lettres des sieurs de la UE Ralde et’ d'Émery de Caen, qui estoient arrivez à Tadoussac le dernier de mai 46927.
Le 9 dudit mois de juin arriva ledit Émery, lequel ayant deschargé et pris ce qui lui estoi nécessaire pour sa retraitte, il s'en alla aux Trois Rivières, et après lui avoir dit ce qui s’estoit passé de ceste affaire touchant ceste guerre, et l'utilité que la paix nous apporteroit de ce costé-là si on pouvoit la continuer : mais comme Émery fut arrivé où estoient les Sauvages, il ne sceut tant
Jeunes hom- faire, ni tous lesdits Sauvages qui estoient là, que
mes vont à la
neuf ou dix jeunes hommes écervelez n'entre-« prinsent d'aller à la guerre, ce qu'ils firent sans qu'on les peust empescher, pour le peu d’obéissance qu'ils portent à leurs chefs, ils furent par la rivicre des Irocois, arrivant au lacq de Champelain, où ils rencontrèrent un canot dans lequel estoient trois Irocois, qui sous feinte d’estre en- , core amis, les nrirent, un se sauva, et amenérent les deux aux Trois Rivières, de là ils retournèrent devant la riviére des lrocois, où se devoit faire la traitte, et là commencérent à mal traitter ces deux prisonniers en leur donnant plusieurs coups de bâtons et arrachant à l’un les ongles des mains, et se délibérant les faire mourir, les faisant promener de cabane en cabane, et contraignant de chanter comme est leur coutume, voilà ce qni fut, cause de l'espérance rompue de ceste paix par cet accident. Cependant ledit sieur Émery faisoit ce qu’il pouvoit en suitte de l'advis que je lui avois donné de maintenir ceste paix avec les Irocois, leur remonstrant le peu de foy et de parole, et ne pouvant rien faire avec eux, il m'escrivit une lettre, me faisant entendre toutes les nouvelles : que ma présence y eust esté fort requise, ce qui fut cause qu'aussi-tost je m'embarquai dans un canot avec Mahigan Aticq qui fut le quatorziesme de Juillet, où arrivant au lieu où estoient lesdits prisonniers, je sceu que le mesme jour le réconcilié
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Irocois et les ntraiguent.
Rapture de paix.
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monstre la faute aux siens,
Leur remonstre Ja paix,
199 VUYAGES
avoit coupé les cordes desquelles ils estoient liez, ne désirant pas qu'ils mourussent que premièrcment ils ne m’eussent veu, et tenu conseil sur ce qu'ils devoient faire. Aprés avoir sceu toutes ces nouvelles dudit Émery, je fus à terre voir nos Sauvages et lesdits prisonniers qui se disoient frères, l’un aagé de vingt huict ans, beau Sauvage, et trés bien proportionné, et l’autre de dix-sept, qui me donnèrent de la compassion de les voir, et bien aise de ce qu'ils avoient esté délivrez des tourments qu’on leur vouloit faire souffrir.
Le conseil fut assemblé sur ce que je leurs dit qu'ils avoient fait une grande faute de permettre à ces Sauvages d’avoir esté à la guerre, et grande lascheté à ceux qui y avoient esté d’avoir eu si peu de courage que les prendre sous ombre d'amitié, et les ayant si mal traittez comme ils avoient fait, et qu'asseurément cela leur pourroit estre vendu fort cher si l’on n’y trouvoit quelque remède, que les ennemis ne pourroient plus avoir subject de se fier en leurs paroles, que ceci estoit la deuxiesme meschanceté qu'ils leurs avoieni faicte, et l’autre estoit qu'allant traitter de paix avec lesdits Yrocois, qui les avoient bien receus, cependant en s’en retournant ils avoient assommé un des leurs, et que leur bonté leur avoit pardonné.
Estants tous assemblez je leur donnai à entendre qu'ils considérassent combien de bien ils recevoient
DE CHAMPLAIN. 153 de la paix au prix de la guerre, qui n'apporte que plusieurs malheurs, qu'ils sçavoient comme ils en avoient esté par le passé : que pour nous cela nous importoit fort peu : mais que la compassion que nous avions de leur misère nous obligeoit, les aimant comme frères, de les assister de nostre bon conseil, de nos forces contre leurs ennemis quand ils voudroient leur faire la guerre mal à propos, laquelle ils n'avoient encore commencée si ce n’estoit Les subjects qu'ils leurs en avoient donné, dont ils pourroient en avoir du ressentiment si nous ne taschions d'y apporter le remède, et aussi qu'ils sçavoient bien que la guerre estant, toute la riviére Jeur seroit interdite et n'y pourroient chasser ni pescher librement sans courir de grands dangers, crainte et appréhension, et eux principalement qui n'avoient point de demeure arrestée, vivants errants par petites troupes escartées, dont ils se rendent autant plus foibles, et que s’ils estoient tous assemblez en un lieu comme sont leurs ennemis, et que c'est ce qui les rend forts. De plus qu'ils considérassent combien ils pourroient endurer de nécessitez pour ce subject. Ainsi se tindrent plusieurs autres discours, que pour moi récognoissant l'utilité de la continuation de ceste paix il eust esté à propost de bien traitter les deux prisonniers, les J'ai tot renvoyer sans aucun mal, et donner quelque pré- us sents aux chefs de leurs villages pour payer la faute
qu'ils avoient commise en la prise de ces deux prisonniers, suivant leurs coustumes, ct remons- Want aussi qu'ils n'avoient pas esté pris du consentement des capitaines ni des anciens, mais de jeunes fols, et inconsidérez qui avoient fait cela, dont tous en avoient conceu un grand desplaisir.
La pluspart, eL tous d’un consentement, après de renvoyer QUE chaque capitame eut fait sa harangue, ils se ae pren résolurent de renvoyer l’un des prisonniers avec le réconcilié qui s’y offrit, et deux autres Sauvages, accompagnez de présents pour donne: aux capitaines des villages où ils alloient mener le prisonnier, laissant l'autre en ostage jusques à leur :°tour : et pour faire plus valoir leur ambassade, ils nous demandérent un François avec eux. Je leur
L'autheur permit que
quelques Fran. dis que s’il y en avoit quelques uns qui y vorlusjun." sent aller, que pour moi j'en estois comptant : il s'en treuva deux ou trois moyennant qu'on leur donnast quelque gracieuseté pour leur peine, et la risque qu'ils pouvoient courir en ce voyage, l’un d'eux appellé Pierre Magnan, qui avec la volonté qu'il avoit, et la commodité qu'on lui promit, il se délibère de faire le voyage avec le réconcilié , deux Sauvages et l’Irocois, lesquels s xccommodérent des choses les plus nécessaires, et partirent le 24 dudit mois, et moi le mesme jour m'en retournai à
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AE Québec, où j'arrivai le lendemain, y trouvant ledit ec.
du Pont, qui estoit arrivé le 17 lequel me dist que
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DE CIAMPLAIN. 155
ledit sieur de Caen voyant qu'il ne s’estoit point embarqué en la Flecque, vaisseau qui venoit pour la pesche de baleine, qu'il lui avoit escrit et prié que s’il treuvoit moyen de passer en quelque vaisseau pour s'en venir hyverner en ce lieu qu'il lui feroit un singulier plaisir, pour avoir l'administration des choses qui dépendoient de son service.
Ce que voyant, tout incommodé qu'il estoit, pour l’instante prière qu'il lui en avoit faicte, il s'estoit embarqué en un vaisseau de Honnefleur pour venir à Gaspey et de là prit une double chalouppe avec six à sept matelots et son petit fils pour s’en venir à Québec, où en chemin il avoit receu de grandes incommoditez de ses gouttes, ce qui en effect estonna un chacun, et mesme ledit de la Ralde, à ce qu'il me dist, qu'il n’eust jamais creu que ledit du Pont eust voulu se mettre en un tel risque ayant l’incommodité qu’il avoit.
Ledit Émery me manda que depuis mon département frère Gervais Récollet avoit baptisé un Sauvage appellé Tregatin, lequel estant proche de la mort le voulut estre, et le demanda trois fois, ne voulant adjouter foy aux superstitions des Sauvages, promettant que si Dieu lui redonnoit la santé il se feroit instruire aussi tost après son baptesme, il recouvra la santé , mais il n’a pas suivi ce qu'il avoit promis, le tout à sa plus grande condemnation, si Dieu ne l’assiste.
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