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Ce que l'autheur dist à ses capittines,
fussent descouverts, estant plus que raisonnable qu'ils mourussent, et que nous eussions à bien conserver ces Sauvages qu'ils nous laissoient, le pére que nous tenions prisonnier dit à son fils, prens garde à vivre en paix avec les François, asseure toi qu’en peu de temps je te délivrerai et sçaurai celui qui a fait ce coup, et le plus grand desplaisir que j'ai eu c’est que les François ont eu soubçon sur moi, et les autres Sauvages asseurèrent aussi les deux autres, et qu'en peu de jours l'on sçauroit ceux qui avoient fait ce meschant acte.
Nous dismes à tous ces capitaines que le peu d'asseurance qu'il ÿ avoit pour nos hommes d'aller seuls dans les bois et y dormir, ayant parmi eux de si meschants traistres qu'à l'advenir jusqu'à ce qu’on eust descouvert les meurtriers et fait justice d'eux, j'enchargerois à tous nos hommes de n’aller plus sans armes et que s’il y avoit aucun d’eux qui les approchast sans leur consentement qu’ils les ureroient comme ennemis, et qu'ils eussent à se donner de garde, et advertir tous leurs compagnons, d'autant qu'ils ne cognoissoient les meschants qui estoient parmi eux , nous avions à nous donner de garde, mais qu'eux n’avoient nul subject d'entrer en deffiance de nous. Ils nous dirent que nous avions raison de ne faillir à tuer s’il s’en
rencontroit auçun qui ne voulussent se retirer
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quand on leur diroit, que pour le moins l’on cognoistroit quels ils seroient, et que pour les jeunes garçons qu'ils nous laissoient, on leur fist bon traittement que cependant de leur part ils feroient toute diligence de descouvrir les assassinateurs , et ainsi se séparérent chacun de leurs costez pour aller au lieu où pendant l'hiver ils pourroient treuver de la chasse pour subvenir à leurs nécessitez.
Sur la fin de janvier quelques trente Sarivages tant hommes que femmes et enfants pressez de la faim, pour y avoir fort peu de neiges pour prendre de l’eslan et autres animaux, se résolurent de se retirer vers nous pour en leurs extrêmes nécessitez estre secourus de quelques vivres, qu'à ce deffaut ils estoient morts : je leur fis encore cognoistre combien le meurtre en la mort de nos hoïinmes estoit détestable, et la punition que justement devoit mériter celui qui avoit assassiné nos hommes, et que pour ce meschant ils pouvoient tous pätir et mourir de faim sans le secours de nostre habitation, la bonté des Francois, dont ils ne recevolent que toutes sortes de bien-faits. Cette trouppe affamée voulant tesmoigner le ressentiment qu'ils avoient en la mort de nos gens, ct comme ne trempant aucunement en ceste perfidie, désirant se joindre avec nous d’une amitié plus es
troitte que jamais ils n'avoient faict, et oster toute
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