‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 40 sur 89 · RER PA · texte numérisé non relu

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Pont oîfres de leurs tilles,

sorte de defliance que pouvions avoir d'eux ils se résolurent de nous donner trois filles de l’aage de unze à douze et quinze ans, pour en disposer ainsi qu'aviscrions bon estre, et les faire instruire et tenir comme ceux de nostre nation, et les marier si bon nous sembloit.

Le deuxiesme de janvier mil six cents vingt huice estant passez la rivière, qui charioit un nombre de glaces, tant pour avoir de quoi assouvir la faim qui Les pressoit, comme pour faire présent de ces filles, demandèrent à s’assembler et tenir conseil avec nous, où ils nous firent entendre tout ce que dessus, ayant amené les trois filles avec eux.

Après nous avoir fait un long discours de l’estroite amitié qu'ils vouloient avoir avec nous, et s'y joindre et habiter #t déserter des terres proches du fort, recognoissant qu'ils feroient mieux qu'en lieu qu ils eussent peu espérer : et pour asscurance de tout ce qu'ils disoient, ils ne pouvoient faire oltre de chese qu'ils eussent plus chère que ces trois jeunes filles qu'ils nous prioient de prendre, lesquelles estoient très contentes de demeurer avec nous.

Aprés que j'eus oui tous leurs discours je jugeai que pour plus grande scureté de ceux qui demeu-

roleut audit pays, que pour plus estroitte amiué

qu'il in’estoit point hors de propos d'accepter cet

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n'avoient offert, quelque présent qu'on leur eust voulu donner pour avoir une fille, et que mesme le chirurgien quelque temps auparavant désirant en avoir une jeune pour la faire instruire et se marier avec elle, ne pust avec tous les Sauvages avoir le crédit d’en avoir une, quelques offres qu'il fist, bien que. tout ce qu'il faisoit n'estoit que pour la gloire de Dieu, et le zèle qu'il avoit audit pays de reurer une ame des enfers : à la vérité je m'estonnois fort des offres qu'ils nous faisoient, ce que Jamais, comme j'ai dit ci-dessus, l’on n'avoit peu

obtenir.

Sur ce jugeant qu'il n estoit nullement à propos,

de laisser aller les offres, et qu'ils nous pressoient

je demandai audit du Pont son advis, comme principal conunis, et d'autant que les vivres qui estoient pour trailter, Comme pois, febves et bled d'Inue, dont il y en avoit suffisamment et en quanuüté desquelles choses l'on les nourriroit, car de ceux qui estoient pour les hyvernants il n’y en avoit que fort peu, et ne pouvoit on leur en donner sans oster la pitance. Ledit du Pont dit que pour lui il ne se mesloit de ces choses, bien qu'il recognoissoit ceste aflaire estre trés bonne, mais que pour les vouloir prendre et nourrir, qu'il ne le désiroit, que s'ils Le vouloient, qu'ils attendissent

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172 VOYAGES temps qu'il y avoit jusques à leur arrivée, et que

la fantaisie se peut changer, principalement entre

haiun d lesdits Sauvages, je creus que nous perdrions ce

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‘que peut estre nous aurions mesprisé, cela aussi donneroit encore subject ausdits Sauvages de nous vouloir plus de mal, n'en vouloir pas seulement aux meurtriers, Mais encore à CCUX qui n'en sont coulpables : et de plus que l’on dist aux Sauvages, qu'il n'y avoit que des pois, et que peut estre ils ne pourroient s’'accommoder pour le présent. A cela elles dirent qu'elles seroient très contentes et qu'on les prist, quoi que les commis ne les voulussent recevoir.

Je me résolus de les prendre toutes rois, les accommodant des choses nécessaires , les retenant en nostre habitation. Ainsi les Sauvages furent trésses, el moi aussi, tant pour le bien du pays comme pour l'espérance que je voyois que c’es- Loient trois ames gaignées à Dieu, que tout ce qu'il y avoii à faire en cela estoit d'avoir le soing et prendre garde que quelques Sauvages ne les enlevassent , Comme quelques uns avoient commence, ausquelles choses je remédiai au mieux qu'ilme fut possible.

Touteslois cet offre fut à la charge qu'ils ne pourroient prétendre aucun subject d'empesche que ne fissions recherche et justice du meurtrier

,. . , . . , , s il estont descouvert, ainsi au contraire 1ls nous di-

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