‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 4 sur 89 · TOME It · texte numérisé non relu

TOME It

Ce qu'ayant entendu je me délibéré de mettre ledit du Mai en un petit fort, jà commencé ; j"geurme CONLTE le sentiment dudit commis, avec mon emmené. beau-frère Boullé , et huict hommes, et quatre de ceux des Pères Récollets qu'ils me donnérent : et quatre autres hommes de l’ancienne société , faisant porter quelques vivres, armes, poudre, plomb, et autres choses nécessaires, au mieux qu'il me fut possible, pour la défence de la place: en ceste façon nous pouvions parler à cheval, faisant tousjours continuer le travail du fort pour le mieux mettre en défence.

Pour mon particulier je demeurai en l’habitation, avec trois hommes dudit du Mai, et quatre autres des Pères Récollets , et Guers commission naire, et le reste des hommes de l'habitation : le fort asseuroit tout , avec l’ordre que j'avois donné audit capitaine du Mai.

amie aon Le lundi 7 jour du mois arriva la barque de barque et com- <:.i SE ; me l'autheur ROSTE habitation , où estoient les commis des an- .. %-ciens associez au nombre de trois, ce que voyant | je fais prendre les armes, donnant à chacun son quartier , et semblablement au fort , et fis lever le pont-levis de l'habitation : le Père George accompagné de Guers furent sur le bord du rivage, attendant que lesdits commis vinssent à terre; et sçavoir avec quel ordre ils venoïent, quelle commission ils avoient, n’ignorant point ce qui

é de met- >mmencé ; avec mon quatre de nérent : et iété , faipoudre , au mieux : la place:

à cheval, fort pour

en l’habiet quatre nmission ation : le bis donné

arque de s des ane voyant acun son s lever le orge ac-

rivage, terre, et

quelle

ce qui

se passoit en France, sur les advis que nous avions receus. Ils dirent qu’ils n'avoient autre ordre que de leur compagnie , pour estre encore au droict du contract et articles que je leur avois donnez, sous le bon plaisir de monseigneur le Prince, atténdant un arrest denosseigneurs du Conseil, qu'ils espéroient avoir favorable contre la nouvelle société , qui les vouloit démettre de leur société , devant que leur temps fût fini. De plus qu'ils avoient protesté contre ceux de l’admirauté , qui ne leurs avoient pas voulu donner de congé, et que voyant les dangers évidents où toutes les affaires devoient aller , tant pour lés hommes qui estoient ici, comme pour recevoir leurs marchandises, que l'on ne pouvoit prétendre qu'injustement, qu'il s’estoit mis en tout devoir d’obéir au Roy.

Ils dirent tout ce qu'ils voulurent, avec plusieurs autres discours, monstrant avoir un grand desplaisir de se voir receus ainsi extraordinairement , ce qu'ils n'avoient accoustumé.

Ledit Père ayant oui une partie de leurs plaintes , il leur demanda s'ils nous apportoient des vivres pour nous maintenir, ils dirent que oui, et qu'ils croyoient asseurément estre d'accord avec mondit seigneur , ou qu'ils auroient un arrest favorable : Tous ces discours passez ledit Père leur dit, qu'il me venoit treuver, pour me donner

advis , et sçavoir ce que je voudroiïs faire, lequel 2 LJ

Commis pro

teste contte

veux de l'admi rauté,

nous Le Pere Geor n'ayant rapporté ce qu'ils disaient , nous advisas-

ge rapporte a a * J l'autheurcec . . . .

À 4 disoient… les MES pour le mieux ce qu'il falloit faire. nl > coms,

1 Il fut conclud en suitte de la première résolu-

h: tion, voyant que ledit sieur de Caen n'estoit en-

hi à core venu, pour esviter aux dangers qui pouvoient arriver.

j' hi Résoluton de IL fut arresté qu'on laisseroit entrer les commis

Li su fon ‘an nombre de cinq, qu'on leur livreroit leurs

marchandises, pour traitter amont le dit fleuve

Sainct Laurent, et les assister de ce qu'ils auraient

affaire, ce qu ils acceptèrent.

il Ge qura. Is entrérent en l'habitation, où particulière- POSE ment je leurs fis entendre la volonté de Sa Majesté, ct ce qu'ils avoient commis contre l'intention du Roy, qui me commandoit de maintenir le pays en paix, et sous son obéissance, comme faisoit aussi monseigneur, qui les avoit exclus de la société par une nouvelle : qu'ils ne devoient pas venir sans un bon arrest en main de nosseigneurs du Conseil, et attendant la venue des autres vaisseaux,

Le sieur de .

Caen devait e- QUI apporteraient tout ordre, on leur livreroit en

pérer tout or- : R :

tee bref des marchandises pour traittes, ce qu'ils acceptérent, et leurs furent livrées sans tirer à la rigueur : ils demandèrent des armes, ce que je

L'autheur leur

tar ne leurs pus accorder, leur disant qu'ils ne detors, . . .

" voient pas venir sans cela : ils chargèrent deux barques, et me demanderent les castors qui es-

toient en l'habitation : je leur refusai , leurs di-

5 advisas-

re résolustoit enqui pou-

s commis ‘oit leurs it fleuve auraient

ticulière- Majesté, ntion du è pays en soit aussi a société pas venir neurs du aisseaux, eroit en w'ils acirer à la

que je s ne dent deux qui es-

urs di-

sant, qu'ils ne pouvoient partir de l'habitation, que nous n'eussions des vivres pour maintenir parmi nous l’authorité du Roy, en cas qu'il arrivast quelque accident audit sieur de Caen, et qu'ayant des peleteries nous aurions des vivres que nous apporteroient les vaisseaux qui estoient à Gaspay. Ils firent tout ce qu'ils penrent pour les avoir, menaçant de faire des protestations sur

Veulent que

le capitaine du May sorte du fort, ce que

l'autheur ne

ce que je refusois leurs péleteries, et munitions : veut fire.

et de plus que j'eusse à faire sortir ledit capitaine de May, et ses hommes, du fort et habitation , où je l'avois mis sans commandement du Roy : je leur dis que Sadite Majesté me commandoit de maintenir le pays, et conserver la place : que le mandement que j'avois de monseigneur suffisoit , qui estoit celui du Roy, et qu’à cela j'obéissois, recevant ledit capitaine du May pour y avoir toute fiance. Cela seroit bon, dirent:ils, s’il avoit apporté un arrest du conseil, ce qu'il n'avoit fait, en attendant je me maintiendrois au mieux qu'il me seroit possible, et qu'ils fissent telles protestations qu'ils voudroient pour leurs descharges. Quand il fut question de les faire, je les sçeus bien rembarer sur leurs protestations, leurs monstrant qu'ils ne sçavoient pas en quelle forme il la falloit faire, ce qui leur fit changer d'advis, craignant de s'engager mal à propos, en chose qui leur eust peu nuire : et ainsi ils s'embarquérent pour

Le Père Gieorge les reuvoiu avec leurs pro:

testalions,

aller aux Trois Rivières, et y traitter : qui fut le 9 de juin.

Ce mesme jour, je fis esquipper la chalouppe dudit capitaine du May, avec six hommes, pour ie demna, aller à Tadoussac advertir ledit sieur de Caen, eur de Ce. qu'aussitost qu'il seroit arrivé il ne manquast à nous envoyer des hommes pour nous renforcer : me persuadant qu'il auroit arrest en sa faveur,

comme il m'avoit fait espérer par ses lettres.

qui fut le

chalouppe nes, pour de Caen, anquast à enforcer :

a faveur, res.

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