‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 5 sur 89 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Arrivée du sieur du Pont et du canot d’Hallard, et du sieur de Caen qui apporte plusieurs despesches. — Envoi du Pere George à Tadoussac. — Dessein du sieur de Caen.—Embarquement de l’autheur pour aller à Tadoussac. — Différents entre eux. — Magazin de Québec achevé par l’autheur. — Armes pour le fort de Québec.

Le dimanche 13 avril arriva ledit du Pont, dans une moyenne barque, lui treiziesme avec marchandises de traitte, lequel fut receu comme les précédents, lui ayant fait entendre le commandement que j'avois tant du Roy que de mondit Seigneur, de conserver ceste place, et la maintenir en son obéissance , et tenir toutes choses en paix, faisant recognoistre son authorité : et que attendant nouvelle desdits vaisseaux, qui devoient venir, pour voir et sçavoir particulièrement ce qui se seroit passé au Conseil de Sa Majesté, sur les différents qu'ils avoient eus avec mondit Seigneur, qui les avoit exclus de la société, pour y adjoindre la nouvelle société. Il me dit qu’il croyoit que tout seroit d'accord, estant sur lesdits termes quand il partit de Honnefleur. Je lui dis que je m’estonnois com-

Arrivée du sieur du Pont,

Ce que l'autheur lui dit,

24 VOYAGES (ER me il avoit quitté son vaisseau, puisque sa préhi sence y eût esté bien requise à la venue dudit sieur

IH de Caen : il respondit que pour y estre il n’auroit | pas mieux fait, et que l’ordre qu'il avoit laissé à un appelé la Vigne, dudit Honnefleur, qui commandoit en son absence, estoit tel que si l'on apportoit un arrest du Conseil en bonne forme, qu'il

eust à y subir sans aucune résistance, que s'ils

estoient d'accord avec leur société, qu'il eust à

l’assister de tout ce qui seroit en son possible et

pouvoir, si autrement qu'il se conservast du mieux

qu'il pourroit, suivant l’ordre qu’il lui avoit laissé,

et que l’on ne pouvoit rien prétendre, que l’on ne

net vit l’arrest de messeigneurs du Conseil : ce {qu'at-

dre la justice à

jo tous, tendant je leurs rendisse la justice, laquelle m'a-

voit esté enchargée; ce que je promis faire. Je lui fis aussi entendre comme j'avois retenu les peleteries qui estoient en ceste habitation, pour subvenir aux nécessitez qui pourroient arriver; il me dit que c’estoit bien fait : le lendemain il s’en alla aux

Trois Rivières, pour traitter avec les Sauvages. aire au Le 15 dudit mois arriva un canot où il y avoit wi ‘un homme appelé Hallard, de l’esquipage dudit sieur de Caen, qui m'apporta une lettre, par la- {; quelle il me donnoit advis de son arrivée, et la contrariété du temps qu'il avoit eu au passage, ayant chose importante à me communiquer, de la part de monseigneur le Viceroy, qui ne pouvoit

1e sa prédudit sieur il n’auroit it laissé à qui com- 1 l'on aprme, qu’il que s'ils lil eust à ossible et du mieux oit laissé, Le l’on ne ce qu'’atelle m’are. Je lui les peler subveil me dit alla aux ages. y avoit re dudit par la- >, et la assage, r, de la DOUVOIt

Ed

DE CHAMPLAIN. a

estre si tost par delà : d'autant qu'il croit avoir af-

faire avec ledit sieur du Pont, et de plus me prioit d'envoyer une chalouppe advertir les Sauvages de

sa venue, et du nombre des marchandises qu'il

leur apportoit, qu'il m'envoycroit le sieur de la Ralde, pour communiquer quelques affaires en renvoyant ledit du May : que si je pouvois l'aller treuver que je le fisse, mais alors le temps, et les affaires, ne me le peurent permettre : car ce n'es-

toit pas la saison de laisser l'habitation ni le fort, tsemne veu tant de dangers arrivez à ceux qui ont fait sem-""" ®" blable chose.

Le vendredi 16, n'ayant point de chalouppe, ne au je délibéré d'envoyer un canot avec ledit Hallard, de Larmée de et un gentilhomme appellé du Vernay, de l'es- M quipage dudit du May, avec un autre de l'habitation, advertir les Sauvages de la venue dudit sieur de Caen.

Le 17 de juillet arriva une chalouppe, où estoit 4 au Rommier, l’un des commis de la nouvelle société : *" °°" qui l'an précédent avoit hyverné en ceste habitation, avec ledit du Pont, lequel m'apporta plusieurs despesches, avec lettres des sieurs Dolu, Pr de Villemenon, et dudit de Caen, lequel surprit sieurs despes quelque lettre, avec coppie de l’arrest, en faveur des anciens associez, que l’on envoyoit audit du Pont, par lesquelles nous vismes, que l'arrest avoit esté signifié audit sieur de Caen, estant en

AretduGon son Vaisseau , à la radde de Dieppe : lequel avoit

“%% protesté de nullité, et fut ledit arrest publié à son de trompe, dans ladite ville de Dieppe, et autres lieux où besoin a esté.

Aprés avoir veu et considéré toutes ces choses, avec l'advis de ceux que je trouvai à propos, et voyant que sur le procès advenu entre les deux

Teneur du sociétés, Sa Majesté a ordonné, que lesdits articles seraient représentez, pour aprés iceux estant veus et examinés, y estre pourveu, soit par la réunion des deux sociétés, ou par l’establissement d'une

a Nouvelle, cependant permis aux associez des deux

Ps compagnies de trafiquer, et faire traitte, pour l’année 1 621 seulement, tant par les deux vaisseaux jà partis , que par deux autres à eux appartenants, chargés et prest à partir, sans se donner aucun empeschement, ni user d'aucune violence , à peine de la vie : à la charge qu'ils seront tenus de contribuer pour la présente année, esgalement et par moitié, à l'entretenement des capitaines, soldats, et des religieux establis et résidents en l'habitation : et néantmoins deffences sont faictes ausdits Porée, et à tous autres, de sortir à l’advenir aucuns vaisseaux des ports et hâvres de ce royaume, ni faire embarquement, sans prendre congé dudit sieur admiral, en la manière accoustumée, à peine de confiscation des vaisseaux et marchandises, et autres plus grandes peines s’il y

quel avoit eschet. Signifié le 26 dudit mois. Voilà l'arrest du ju publié à Conseil de Sa Majesté. Lesdits articles dudit sieur eppe, et Dolu, furent confirmez par le conseil, le 42 de janvier 4621 hormis quelques-uns.

es choses, Il fut résolu que ledit Père George prendroit go aurèr Propos, et la peine d'aller à Tadoussac en diligence, et Guers due. > les deux avec lui, dans la mesme chaloupe, pour treuverledit its articles de Caen, et apporter le remède requis à toutes ces stant veus affaires, sçachant bien que ledit du Pont voudroit a réunion jouir du bénéfice dudit arrest, où il y alloit de la ent d'une vie, à celui des deux qui useroit de violence : et des deux pour ce qui estoit de la faute qu'ils avoient comdi. pour mise, de partir sans congé de l’admirauté : ledit Valsseaux arrest monstroit qu'on en avoit fait mention, et tenants, instance au conseil, où estoit porté, que si à l’ader aucun venir ils partoient sans çongé, il y auroit confiscalence , à tion du vaisseau, et marchandises, avec autres nt tenus punitions, sans despens, et que chacun partiroit galement parmoitiéaux frais de l'habitation, aux hyvernants, pitaines, et que chacun jouiroit du bénéfice de la traitte à dents en son proffit.

nt faictes Ledit Père partit ce mesme jour 17 de juillet, à l’adve- avec plain pouvoir de moi, d’accommoder toutes es de ce choses à l'amiable, avec le sieur de Caen, et par prendre mesme moyen le satisfaire des plaintes qu'il faisoit, accous- des Pères Paul et Guillaume, qui avoient esté saisis eaux el de quelques lettres, usé de paroles et de menaces essil y à son désavantage, taschant le mettre mal avec son

Lettre tom- Lée dans les mains du sivur du Pout,

Dessein du sieur de Caen,

L'auteur lui escrit.

esquipage : qu'il les avoit traittez favorablement, selon le rapport qui en fut fait, et ne peut on si bien faire, qu'il ne tombast quelque lettre entre les mains dudit du Pont, et une autre que je receus de leur part, où il me faisoit entendre ce qui c’estoit passé, et que j'eusse à rendre la justice selon la volonté du Roy, et quelqu'autres discours de compliment : je donne les lettres au Père, pour les faire voir au sieur de Caen.

Le 24 de juillet, arriva ledit Père George, lequel me dit que ledit sieur de Caen, se vouloit saisir du vaisseau dudit du Pont , en son arrivée : et estant sur le point de l’exécuter, comme le confirmoient les lettres dudit sieur de Caen, et qu'il ne passeroit plus outre, attendant ma venue, ce qui m'estonna grandement, considérant ledit arrest, qui défendoit sur peine de la vie, de ne s'inquiéter : je renvoyai la chalouppe avec ledit Guers, etlettres adressantes audit sieur de Caen, où je lui fis entendre, que pour les incommoditez qu'il y avoit en la chalouppe, que je n'y pouvois aller, et que dans neuf jours au plus tost, je scrois audit Tadoussac. Je despesché promptemezt un canot, et mandé audit du Pont qu'il m'envoyast une de ses barques pour m'en aller à Tadoussac, ce qu'il fit, que dans six jours la barque fut à Québec, et ledit du Pont dedans, pour sçavoir ce qu'il auroit à faire, avec ledit sieur de Caen, estant arrivé à Québec : je

ablement, peut on si ttre entre e je receus e qui c’esce selon la rs de com- , pour les

ge, lequel t saisir du : et estant firmoient passeroit m'estonna ui défen- : Je renres adresntendre , oit en la que dans adoussac.

t mandé s barques que dans du Pont re, avec ébec : je

m’embarquai à la solicitation dudit Père, n'estant pas mon dessein de partir de l'habitation , et mander seulement ce qui me sembloit, de la volonté qu'il avoit de se saisir dudit vaisseau.

Mais les persuasions avec les raisons que me donnoit ledit Père, m'y firent résoudre, ayant laissé ledit du May, en ma place pour commander, et enchargé à tous mes compagnons de lui obéir, comme à moi mesme, je m'embarquai le dernier som embar

quement pour

de juillet; ce mesme jour nous fismes telle dili- “"" # Tadous gence, que le lendemain au soir arrivasmes à demie lieue de Tadoussac, près la poincte aux Allouettes, où je fis mouiller l'ancre. Aussi-tost ledit sieur de Caen me vient trouver, où il me fit entendre ce qui estoit de son dessein : je lui dis que le

service du Roy, et l'honneur de mondit Seigneur,

Conseil qu'il donne au sieur

m'avoit amené en ce lieu pour lui donner les con- & Caen. seils que je croyois qui lui seroient nécessaires , et raisonnables, s’il les vouloit suivre, qui estoient de

ne rien altérer au service de Sa Majesté, ni de ses arrest; et que l’authorité de Monseigneur demeu-

rast en son entier : ilme dit, qu'il n'avoit autre intention.

Le lendemain 3 d’aoust nous entrasmes audict port de Tadoussac, ou ledit sieur de Caen me receutavec toutes sortes de courtoisies, m'offrant son vaisseau pour m'y retirer, le remerciant de tout mon cœur et le priant me permettre de demeurer

en ma barque, pour ne me monstrer passionné à un parti, ni à l’autre, puisqu'il estoit question de rendre justice; et voyant qu'il estoit à propos denc m'en aller que tout ne fût en paix. Il fut question de traitter d'affaire, ledit de Caen fit quelque proposition sur le fait de la peleterie; que l’on ne treuva à propos, et lui en donna-on les raisons : il s’opiniastre et dit avoir des commandements particu-

Diputeentre liers, je le somme de les monstrer pour y obéir,

il m'en fait refus, je lui offre de mettre papiers sur table, et qu’il en fit de mesme, ce qu'il ne voulut, et dit qu'il désiroit avoir Le vaisseau dudit du Pont, pour aller à la guerre, contre les ennemis qui estoient en la rivière : je lui remonstre, qu'il regarde de ne contrevenir à l’arrest, je lui dis les raisons qui l’obligeoient de s’en distraire : et pour ce qui estoit de chasser les ennemis, il avoit trois vaisseaux, deux entr’autres capables de courir toutes les costes, avec cent cinquante hommes, et qu'il avoit plus de force qu’il n’en {!loit : il persiste de vouloir avoir ledit vaisseau , je le somme de donner ses advis, il le fait ; après avoir fait quelque refus, je lui respons par articles : je lui envoye la response avec les articles, qu'il ne trouve à sa fantaisie.

Il avoit fait faire une protestation audit du Pont, contenantungranddiscours, desintérestsqu'ilavoit sur ledit du Pont, et veut avoir son vaisseau : ledit

passionné à question de ropos de ne question de que propo- 1 ne treuva s : il s'opits particuir y obéir, papiers sur ne voulut, it du Pont, nis qui es- 5l regarde 25 raisons ur ce qui rois vaisrir toutes s, et qu'il ersiste de e de donelque renvoye la à sa fan-

du Pont, ilavoit au : ledit

du Pont me présente requestesur ce que veut faire ledit de Caen contrelesarrests du Roy, et prévoyant

la ruine manifeste qui pouvoit arriver, de voir un arrest enfraint, bien que ledit sieur de Caen dit, qu'il n’y veut rien attenter au contraire. Le Père et ledit sieur de Caen, eurent plusieurs paroles, qui apportoient plustost de l’altération, que la paix, voyant ne pouvoir rien gaigner sur lui, je fais des ouvertures, comme il peut servir le Roy, je m'offre d'aller dans le vaisseau dudit du Pont, courir sur les ennemis, le suivre partout, non seulement dans des vaisseaux, mais dans des barques, chalouppes, ou canots , par terre s’il en est besoin. Je lui dis qu'il ne peut refuser l'offre que je lui fais, me donnant de ses hommes, estant en lieu qui despende de ma charge, et lui remonstre qu’en ce faisant, ce sera servir le Roy, et mondit Seigneur, et qu'’ainsi iln’usera de violence, et ne contreviendra aux arrests de Sa Majesté , et mondit Seigneur y sera servi, et que s'il a des prétensions, il les vuidera en France.

Il n’en veut rien faire, il s'attache à sa charge, et aux particuliers commandements qu'il avoit du Roy et de mondit Seigneur. Je le prie et conjure de rechef, me les monstrer pour y satisfaire : il s'opiniastre plus que jamais; le voyant ainsi résolu,

veut vais 1: de du ar lorce

Offres que

lui fait l'autheur.

Résolution de

Je prens le vaisseau dudit sieur du Pont en ma nine

sauvegarde , et voulant le conserver pour l’autho-

l’opiniastreté du sieur dé Caen.

Ledit sieur de Caen se sai.

sit du vaisseau de du Pont,

Vient trou:

ver lautheur pour prendre ordre de lui,

rité du Roy, et l'honneur de mondit Seigneur, devant tout son esquipage, et après qu'il en useroit comme bon lui sembleroit, ayant la force à la main ; mais que pour observer la forme de justice, qu'il falloit que je fisse ainsi.

Ledit sieur de Caen, proteste devant tout son esquipage ; de s’aller saisir dudit vaisseau, et qu'il chastiera ceux qui voudront résister, disant qu'il ne recognoissoit de justice en ce lieu.

J'envoie prendre possession dudit vaisseau, et leditsieur de Caen y envoya un homme, pour faire inventaire de ce qu’il y avoit, et ainsis’'en saisit, comme ayant la force en main : voilà comme se passa ceste affaire. Or premier que ledit sieur de Caen entrast au vaisseau dudit du Pont, je lève l'anchre le 42 d’aoust, et m'en allai passer le Saguenay, pour ne me trouver à la prise que feroit ledit de Caen, lequel le lendemain me vient trouver avec sa chalouppe, pour traicter de l’ordre que nous devions tenir, pour la conservation de ladite habitation : je le priai de me donner quelques charpentiers pour achever le magazin encommencé, et qu'il n’y avoit aucun lieu où l'on peust mettre aucune chose à couvert ; il me dit qu'il avoit affaire de ses hommes, pour accommoder son vaisseau, qu'il vouloit partir promptement, pour aller à Gaspey, et autres lieux, courir sur l'ennemi, si lieu avoit, avec sa barque, et qu'il me

l'envoy voient Il m vendus verner mille c qui ave traicte € que no raisons sieur d Pont, il toit pol Tadous:

les cast Le le une pr le cons affaires tendre gneur, aucuns ce, l'h service Ces:

m'eust audit d les dél

r, deseroit

à la stice,

t son qu'il qu'il

et lefaire aisit,

DE CHAMPLAINX, 33

l'envoyeroit avec le reste des hommes, qui devoient hyverner à l'habitation.

Il me demande le payement des vivres qu'ilavoit vendus audit du Pont, pour ceux qui devoient hyverner de leur part à l’habitation, pour le prix de mille castors, et sept cens pour les marchandises , qui avoient esté estimées en sa barque, suivant la traicte qui se faisoitavecques les Sauvages, d'autant que nous avions interdit ladite traicte, pour les raisons que j'ai dit ci-dessus. Aussi tost que lei sieur de Caen se fut saisi du vaisseau dudit du Pont, il lui remit entre les mains, disant qu'il n'étoit point armé comme il falloit. Ledit Père fut à Tadoussac, le 14 dudit mois, lui faire délivrer les castors, et ainsi nous nous séparasmes.

Le lendemain, ledit sieur de Caen envoya faire une protestation par Hébert : s’il eust voulu suivre le conseil que je lui voulus donner, il eust fait ses affaires, sans rien altérer, et avec suject de prétendre de grands intérests pour le Roy, et Monseigneur , d'autant que ledit du Pont n’avoit apporté aucuns vivres pour les hyvertants, etqu'à faute de ce, l'habitation pouvoit estre abandonnée, et le service du Roy altéré.

C'estoit à moi( à faute que ledit du Pont ne m'eust fourny les commoditez) de les demander audit de Caen, pour conserver la place; et en me

les délivrant, avecques hommes pour hyverner, TOME 1H, :

Protestation

de de Caen,

34 VOYAGES j'étois tenu, par la voye de justice, de renvoyer tous ceux de l’ancienne société, prendre ceux dudit de Caen, et retenir toutes les marchandises, traictées ou à raicter, sans les délivrer qu'à son retour, qu'indubitablement ils lui eussent esté adjugées par voye de justice : mais au contraire, les vivres que n'avoit ledit du Pont, pour fournir 25 hommes en leur part, ledit sieur de Caen lui vendit les siens, ce qu'il ne devoit faire ; et fut ce qui m'estonnait, ne pouvant gouster ceste proposition, croyant selon mon opinion, que mille castors, qu'il tiroit contant, lui estoient plus asseurez en les apportant, que ce qu'il eust peu espérer par Justice de ceux qui estoient entre mes mains, qui néantmoins estoit chose bien asseurée.

Cependant que l’on s’amusoit à toutes ses con-

Vaiseau ro. LESTAUIONS , il y avoit un petit vaisseau rochelois,

chelois qui trai-

toit en verte.

lil ui traittoit avec les Sauvages, à quelque cinq lieues de Tadoussac, dans une isle appelée l’isle Verte, où ledit sieur de Caen envoya après nostre département : mais s’estoit trop tard, les oyseaux s'en estoient allez un jour ou deux auparavant , et n'y treuvast on que le nid, qui estoit quelque retranchement de palissade qu'ils avoient fait, pour se garder de surprise, pendant qu'ils traittoient, l'on mit bas les pallissades y mettant le feu. :

Le capitaine le Grand qui y avoit esté, s’en re-

> renvoyer e ceux durchandises, qu’à son reesté adjutraire, les ur fournir e Caen lui >; et fut ce Ste propomille cas- LS asseurez spérer par nains, qui

s ses conrochelois, que cinq elée l’isle rés nostre s Oyseaux avant , et quelque lent fait, ‘ils traitettant le

s’en re-

vint, comme il estoit parti. Nous fismes voilles de

la pointe aux Allouettes le 45 d’aoust, etarrivasmes

à Québec le 17, où estant je donné ordre à faire de parachever le magazin, et ledit sieur de Caen en- rene voya les armes, que le Roy nous donnoit pour la us défense du fort.

« S'ensuit les armes qui me furent livrées, par « les commis tant du sieur de Caen et Guers, sça- « voir de monseigneur de Montmorency, que par « Jean Baptiste Varin, et Hallard, le mercredi 18 « d'aoust 4691.

12 Hallebardes, le manche de bois blanc, peintes de noir. 2? Harquebuses à rouet, de cinq à six pieds de long. 2 autres à mesche de mesme longueur. 595 livres de bonne mesche. 187 autre de pourrie. 50 Piques communes. 2 Pétarts de fonte verte, pesant 44 livres chacun. Une tante de guerre en forme de pavillon. 2 Armets de gens-d’armes, et une senderière. 64 Armes de piquers sans brasards. 2 barils de plomb en balles à mousquets pesant 499 livres.

Lesdites armes et munitions ci-dessus ont csté contées et reçues à Québec, par monsieur de Champlain, lieutenant général de monseigneur le Viceroy en la Nouvelle France, présent le sieur Jean Baptiste Varin, envoyé exprès en ce lieu par monsieur de Caen, et de moi commissionnaire de mon-

dit Seigneur. Fait audit Québec, le susdit jour que d.

Dane SERRE

f ai # Ki

dessus. Signé Guers, commissionnaire, et au dessous Jean Baptiste Varin.

J'ai soussigné Jaques Hallard, confesse avoir mis entre les mains de monsieur de Champlain, lieutenant de monseigneur de Montmorency, Viceroy de ces terres, trois cent dix livres de poudre à canon, en deux barils, et 2479 livres de plomb,

en balles à mousquet, en six barils, ne sçachant

dire si cesdites munitions sont du Roy ou de mon-

sieur de Caen. A Québec ce jourd’hui dernier jour d’Aoust 1621. Signé Isaac Hallard.

Je demandai ausdits commis, si ledit sieur de Caen ne m'envoyoit point de mousquets, et davantage de poudre, et meilleure que celle à canon, pour les mousquets : ils me dirent qu'ils n'avoient receu que les armes qu’ils m’avoient données. Je ne me pouvois imaginer que Sadite Majesté n’eust ordonné des armes à feu avec de la poudre, qui sont les choses principales et nécessaires, pour la défense d’une place, et se maintenir contre les ennemis : et ainsi fallut s’en passer, à mon grand regret.

Je ne me pouvois imaginer que Sa Majesté nous eust envoyé si peu de munitions de gucrre, veu les Lettres qu’elle m'avoit fait l'honneur de m'’escrire, accompagnées de celle de monsieur de Puisieux, comme j'ai dit ci-devant.

Quelques jours après, ledit sieur de Caen envoya

t au des-

avoir mis un, lieuy, Vicee poudre e plomb, sçachant de monnier jour

sieur de et davanà canon, n'avoient nées. Je té n'eust dre, qui

pour la re les enrand re-

sté nous re, veu de m’esde Pui-

envoya

des vivres, pour la nourriture des hommes qui

devoient hyverner au nonibre de 25 comme Ja-

De Caen en-

voie des vivres pour ceux qui

vois demandé à chacun des deux sociétés, qui tsciemthyrer

m'avoient esté promis pour la conservation de la place, il n’en vint que 18 de sa part, et trente que laissa l’ancienne société.

Ledit sieur de Caen ayant mis ordre à ses affaires, partit de Tadoussac le 29 jour d’aoust.

Et le mardi 7 de septembre, partit aussi ledit sieur du Pont, et le Père George, de Québec, qui me promit de communiquer audit sieur Dolu, tout ce qui s’estoit passé et fait : ne doutant point que ce faisant tout iroit à l’amiable, et auroit esté en paix, et que tant de discours inutils qui s’estoient faits et passez par delà, se fussent appaisez; espérant avoir plus de repos à l’advenir : et oster le plus que l’on pourroit les chicaneries. Deux mesnages retournérent. Car depuis deux ans, ils n’avoient pas déserté une vergée de terre, ne faisant que se donner du bon temps, à chasser, pescher, dormir, et s'enyvrer avec ceux qui leurs en donnoient le moyen : je fis visiter ce qu'ils avoient fait, où il ne se trouva rien de déserté, sinon quelques arbres couppez, demeurants avec le tronc et leurs racines : c’est pourquoi je les renvoyai comme gens de néant, qui despensoient plus qu'ils ne valloient : s'estoient des familles envoyées, à ce que l’on

m'avoit dit, de la part dudit Boyer en ces lieux,

L'autheur renvoie les [a milles faincau-

au lieu d'y envoyer des gens laborieux et de travail, non des bouchers et faiseurs d’aiguilles, comme estoient ces hommes qui s’en retourné- Ordonnances rent, 11 me sembla bon, pour esviter aux chicane-

que l’autheur fit publier.

ries, de faire quelques ordonnances, pour tenir

chacun en son devoir. Lesquelles je fis publier le 12 de septembre.

et de tral'aiguilles, retournéx chicanepour tenir publier le

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