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aidant tost au tard il faut que je l'ai, je désirerois pour vous que ce fut plustost de courtoisie que de force, à celle fin d'esviter le sang qui pourra estre respandu des deux costez, et la rendant de courtoisie vous vous pouvez asseurer de toute sorte de contentement, tant pour vos personnes que pour vos biens, lesquels sur la foi que je prends en paradis je conserverai comme les miens propres, sans qu'il vous en soit diminué la moindre partie du monde. Ces Basques que je vous envoye sont des hommes des navires que j'ai pris, lesquels vous pourront dire comme les affaires de la France et l’Angleterre vont, et mesme comme toutes les affaires se passent en France touchant la compagnie nouvelle de ces pays; mandez-moi ce que desirés faire, et si desirés traitter avec moi pour cestc affaire, envoyés moi un homme pour cet effect, lequel je vous asseure de chérir comme moi-mesme avec toute sorte de contentement, et d’octroyer toutes demandes raisonnables que desirerés, vous résoudant à me rendre l'habitation. Attendant vostre responce et vous résoudant ce faire ce que dessus je demeurerai, messieurs, et plus bas votre affectionné serviteur Davin Quer. Du bord de la Vicaille, ce 18 juillet 4628 stille vieux, ce 8 de juillet stille nouveau. Et desseus la missive estoit escrit, à mon-
DE CHAMPLAIN. 193 dési- «sieur, monsieur de Champlain, commandant à ‘OUL- « Québec, »
sang et la La lecture faite nous concluasmes sur son dissseu- cours que s'il avoit envie de nous voir de plus pour près il devoit s'acheminer, et non menacer de si Is sur loing, qui nous fit résoudre à Ini faire ceste resverai ponce telle qu'il s'ensuit.
1s en , Ces « Monsieur, nous ne dountons point des comnmes missions qu'avez obtenues du Roy de la Granderront Bretagne, les grands Princes font tousjours ngle- eslection des braves et généreux courages, au faires nombre desquels il a esleu vostre personne pour agnie s'acquiter de la charge en laquelle il vous a e de- commise pour exécuter ses commandements, pour nous faisant ceste faveur que nous les particularm cet riser , entre autres celle de la prise de Norot et
mme du sieur de la Tour qui apportoit nos commo-
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nent , ditez, la vérité que plus il y a de vivres en une s que place de guerre, mieux elle se maintient contre 1bita- les orages du temps, mais aussi ne laisse de ésou- se maintenir avec la médiocrité quand l'ordre mes- y est maintenu. Cest pourquoi ayant encore iteur des grains, bleds d'Inde, pois, febves, sans ce
juil- que le pays fournist, dont les soldats de ce lien
nou- se passent aussi bien que s'ils avoient les meilmon- leures farines du monde, et scachant très bien TOME IL. 13
Le
que rendre un fort et habitation en l'estat que nous sommes maintenant, nous ne serions pas dignes de paroistre hommes devant nostre Roy , que nous ne fussions repréhensibles, et mériter un chastiment rigoureux devant Dieu et les hommes, la mort combattant nous sera honorable, c'est pourquoi que je sçais que vous estimerez plus nostre courage en attendant de pied ferme vostre personne avec vos forces, que si laschement nous abandonnions urie chose qui nous est si chère, sans premier voir l'essai de vos canons, approches, retranchement et batterie, contre une place que je m'asseure que la voyant et recognoissant vous ne la jugerez de si facile accez comme l'on vous auroit peu donner à entendre, ni des personnes lasches de courage à la maintenir, qui ont esprouvé en plusieurs lieux les hazards de la fortune, que si elle vous est favorable vous aurez plus de suject en nous vainquant, de nous départir les offres de vostre courtoisie, que si nous vous rendions possesseurs d’une chose qui nous est si recommandée par toute sorte de devoir que l’on sçauroit s’imaginer. Pour ce qui est de l'exécution du cap de Tourmente, bruslement du bestial, c’est une petite chaumière, avec quatre à cinq personnes qui estoient pour la garde d’icelui, qui ont esté pris sans verd par le moyen des Sau-
« vages, ce sont bestes mortes, qui ne diminuent « en rien de ce qui est de nostre vie, que si vous « fussiez venu un jour plus tard il n’y avoit r'en « à faire pour vous, que nous attendons d'heure à « ai:.re pour vous recevoir, et empescher si nous « pouvons les prétentions qu'avez eu sur ces lieux, « hors desquels je demeurerai, monsieur; et plus « bas vostre affectionné serviteur, CHAMPLAIN ; et « dessus, à monsieur, monsieur le général Quer, « des vaisseaux anglois. »
La responce faite je la donnai aux Basques, qui sen retournérent et envoyai une chalouppe au cap de Tourmente pour veoir le débris des Anglois, etsil n'y avoit point quelque bestial qui se seroit sauvé, 1] estoit resté quelques six vaches que les Sauvages tuérent, et une qui fut sauvée qui s'estoit enfuie dans les bois, qui fut ramenée.
Les Basques arrivants à Tadoussac donnèrent ma lettre au général Quer que nous attendions de
jour en jour. Aprés s’estre informé des Basques ils
{it assembler tous ceux de ses vaisseaux, et notamment les chefs ausquels il leut la lettre, ce qu'ayant fait ils délibérèrent ne perdre temps voyant n’y avoir rien à faire, croyants que nous fussions mieux pourveus de vivres et munitions
de guerre que nous nestions, chaque homme
Rareté do munitions.
Ennemis bruslent pos bar ques.
Arrivée d'une chalouppe,
Et du sieur de Roquemont,
estant réduit à sept onces de pois par jour, n° avant pour lors que 50 livres de poudre à canon, peu de mêche et de toutes autres commoditez, que sils eussent suivi leur pointe malaisément pouvions nous résister, attendu la misère en laquelle nous estions, Car en ces occasions bonne mine n'est pas défendue. Cependant nous faisions bon guet, tenant tousjours mes compagnons en devoir. Ledit Quer n’attendoit plus nos vaisseaux, croyant
qu'ils fussent péris ou pris des ennemis, se déli-
béra de brusler toutes nos barques qui estoient à Tadoussac, ce qu'ils firent, horsmis la plus grande qu'ils emmenérent, lèvent les anchres, et mettent sous voiles pour aller chercher des vaisseaux le long des costes pour payer les frais de leur embarquement.
Quelques jours aprés arriva une chalouppe où il y avoit dix matelots, et un jeune homme appellé Desdames pour leur commander, qui venoit nous apporter nouvelle de l’arrivée du sieur de Roquemont à Gaspey, qui estoit général des vaisseaux François, et nous apportoit toutes commoditez nécessaires, et quantité d’ouvriers et familles qui venoient pour habiter et détricher les terres, y bastir et faire les logements nécessaires , lui demandant s'il n'avoit point de lettres dudit sieur de Roquemont, il me dit que non, et qu'il estoit parti si à la haste
quil mavoit pas eu le loisir de mettre la main à la plume. Je m'esior : de ce qu'en un temps soubçeonneux il ne m'escrivoit comme les affaires s'estoient passées en France touchant la nouvelle société, qui avoit déposé ledit sieur de Caen
La nouvelle Societe deposo
de ses prétentions, sur ce qu'il ne s'estoit pasi "hu la acquitté de ce qu'il avoit promis à Sa Majesté," seulement le révérand Père l'Allemand m'escri-
voit un mot de lettre par lequel il me faisot en-
tendre qu'ils nous verroient en bref s'ils n'estoient ;, pe ra empeschez par de plus grandes forces des Anglois leur que les leurs. Depuis j'eus cognoissance d’une commission que m'envoyoit Sa Majesté, de la
teneur qüi suit.
« Louis par la grâce de Dieu Roi de France et
Commission du Rey au sieui
de Navarre, à nostre cher et bien aimé le sieur & erompiair.
de Champlain, commandant en la Nouvelle « France, en l'absence de nostre très cher et bien « amé cousin le Cardinal de Richelieu, grand « Maistre, Chef, Sur-intendant général de la na- « vigation et commerce de France, Salut. Comme « nous estimons estre obligez de veiller à la conser- « vation de nos subjects, et que par nostre soin rien
« ne dépérisse de ce qui leur peut appartenir, par-
ticuliérement en leur absence , et que nous voulons estre bien et duement informez de l'estat
« véritable du pays de In Nouvelle France sur
l’establissement que nous avons faict depuis quelque temps d’une nouvelle Compagnie pour le commerce de ces lieux. À ces causes, à plain confiant de vostre soin et fidélité nous vous avons commis et député, commettons et députons par ces présentes, signées de nostre main : pour incontinent après l’arrivée du premier vaisseau de laditenouvellecompagniefaireinventaire en la présence des commis de Guillaume de Caen, ci-devant adjudicataire de la traitte dudit pays de toutes les pelleteries si aucune y a, à lui appartenantes et à ses associez esdits lieux : ensemble de toutes les munitions de guerre, marchandises, victuailles, meubles, ustancilles, barques, canots, agrez, et apparaux avec tous Les bestiaux et toutes autres choses généralement quelconque estant esdits lieux appartenantes ausdits de Caen et ses associez, desquelles choses prisée et estimation sera faite en votre présence par gens à ce cognoissants, que nommerez d'of-
fice, au cas que les commis dudit de Caen sur ce
interpellez n’en conviennent dresser procez ver-
bal et arpentage de toutes Les terres labourables et jardinages estant en valeur esdits lieux, de-
« puis quel temps elles ont esté défrichées; com-
bien de familles ledit Caen a faict passer en ladite
« Nouvelle France conformément aux articles que
« nous lui avons ci-devant accordez, et faire des-
<cription et figure du fort de Québec et de toutes « les habitations et bastiments, tant prétendu: par « ledit de Caen, que autres, desquels prisée et « estimation sera faicte par gens à ce cognoissants, « et en présence, comme dit est, et de tout ce que « dessus dresser procez verbal, pour icelui veu et
rapporté en nostre Conseil estre pourveu sur les
prétensions dudit de Caen et ses associez ainsi « qu'il appartiendra par raison. De. ce faire vous « donnons pouvoir, authorité, commission et « mandement spécial, et de passer outre non- « obstant oppositions où appellations quelcon-
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ques faites ou à faire, récusations, prise à
partie par lesquelles ne voulons estre differé. « Car tel est nostre plaisir. Donné à Partenay «le 27° jour d'avril 1698, et de nostre Règne «le 18, signé Louwus; et plus bas, par le Roy, « Pothier, avec le grand sceau.
Après que Desdames m'eut dit ce qu'il sçavoit il me donna à entendre qu'il avoit veu cinq ou six vaisseaux anglois et nostre barque, estant contraint pour n’estre apperceue d’eschouer aussitôt, ils firent passer leur chalouppe par-dessus une chaussée de caillous, les ennemis estants passez ils remirent leur batteau à l’eau pour parfaire leur voyage, ayant eu charge dudit sieur de Roquemont qu'estant à l'isle Sainct Barnabé d'envoyer
Rapport que lui fit Desda
mes.
Ordre pour s'entrerecognuistre,
ombat des A glois avec les nostres,
un canot à Québec pour sçavoir lestat auquel nous estions , S'il estoit vrai que les Anglois nous eussent tous pris et tuez, comme les Sauvages leurs avoient donné à entendre, et lui devoit demeurer à ladite isle, distante de Tadoussac de 18 lieues , attendant le canot : que ledit sieur de Roquemont venant à la veue de l'isle il feroit de certains feux dans ses vaisseaux qui seroient faits semblabement sur terre pour signal qu’ils ne se-
roient point ennemis : que l’on avoit aussi des-
chargé nombre de farinesà Gaspey pour estre plus légers et moins embarrassez à combattre les Anglois, qu'ils iroient chercher jusques à Tadoussac :
que le lendemain ils entendirent plusieurs coups
de canon, qui leur fit croire que les vaisseaux anglois avoient fait rencontre des nostres. Je lui dis qu'ayant entendu ces coups, ils devoient retourner pour sçavoir à qui demeureroit la victoire pour enestre certain; il ditqu'il n’avoit aucun ordre de ce faire: cependant ces unze hommes estoient autant de bouches augmentées pour manger nos pois, desquels nous nous fussions bien passez , mais il n’y avoit remède, je leur fis la mesme part qu'a ceux de l'habitation.
quel
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plus An- Ssac :
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