‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 48 sur 89 · HD · texte numérisé non relu

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210 VOYAGES eue lat: MIONS bien, qu’on le laisseroit sortir ; recognois- “dm sant ses raisons foibles, je lui dis qu'il y avoit bien peu d'apparence qu'un homme coulpable voyant un autre retenu en sa place se vint Jetter entre nos mains pour estre justifié, pouvant esviter une sl mauvaise rencontre : de plus la grande perquisition que l'on avoit fait depuis deux ans qui lui auroit donné plus de suject de s’esloigner , que d’approcher, néantmoins sil le faisoit, nous estions résolus de délivrer le prisonnier, et les accusateurs comme faux tesmoins seroient recognus pour trés pernicieux et meschants à la louange et gloire de l'accusé. De plus qu'auparavant de venir à l'exécution nous attendrions le retour de nos vaisseaux, et que tous les Sauvages fussent assemblez, ce qu'estant nous parlerions plus clairement à toutes les nations qui jugeroient de la façon que nous nous gouvernerions en telles affaires, et s’en trouvant un autre coulpable, comme ur je luiavois dit , il seroit libre. Voilà qui sera bien,

nous donne de

nous garder des dit il, et pour s’insinuer en nostre amitié, craime gnant que les discours qu'il nous avoit tenus nous en fissent refroidir, il dit qu'il nous vouloit donner advis que nous eussions à nous donner de garde des Sauvages de Tadoussac qui estoient meschants traitres, ce que nous sçavions bien desjà, nous l'ayant assez tesmoigné à la venue de l’An-

glois; que si mes compagnons alloient à la chasse

ét un hum Lo

té ou pesche de poisson pour coucher hors l’habita- Fu ni tion, qu il ne leur conseilloit qu’au préalable il ne it donnast un de ses compagnons pour les assister, 108 désirant vivre en paix avec nous, et que le des- , si plaisir qu'il avoit de voir perdre le pays, lui faidal soit tenir ces discours.

ns IL nous fit entendre au vrai la mort des Sauvaap- ges et du François appellé le Magnan, qui estoient ons : allez aux Irocois, pour traicter de paix, ne 1SA- l'ayant sceu asseurément comme il nous le conta, nus l'ayant appris des Irocois du mesme village, qui nge avoient esté pris prisonniers par une nation apde pellée Mayganathicoise (qui veut dire nation des ir de | loups) qui avoient guerre depuis deux ans avec sent les Irocrois à deux journées de leur village, et clai- trois à quatre des Flamands, qui sont habitués au de la 40° degré, à la coste tirant aux Virginies, les priaf- sonniers furent bruslez. Voici le récit de toute mme l'affaire.

ien , Un Algommequin de l’isle qui est à 180 lieues agommequin pour. tromper crai- de Québec, fut cause de la mort des Sauvages et Po D nous du François, lequel sçachant qu'un Sauvage ap-°"""" don- pellé Cherovouny, qui estoit en grande réputaer de uon, devoit faire ceste ambassade, lui voulant mes- mal et lui portant une haine particulière, s’en alla desjà, aux Irocois, où il avoit quelques parents : leur l'An- donne advis comme amateur de leur conservahasse tion, ne désirant point de troubles parmi les na-

tions : et que si ledit ambassadeur venoit pour moyenner la paix, ils n'eussent à adjouster foi

ae ile en lui, pour ce que le voyage qu'il entreprenoit w’estoit que pour recognoistre leur pays, et sous

ombre de paix et d'amitié les trahir, n'ayant autre dessein que de les faire mourir après qu'il auroit recogneu particulièrement leurs forces. Que c’es-

toit lui seul qui estoit cause de tant de divisions

RE parmi les nations, mesmes qu'il y avoit plus de dix ans qu'il avoit tué deux François, ce qui lui estant pardonné on n'osoit le faire mourir. Les lrocois lui prestent l'oreille trop légérement, lui promettent que venant il ne s’en retourneroit pas comme il estoit venu. De là il s’en retourne aussitost vers les Alzÿommequins, disant qu'il avoit esté poursuivi des ennemis, qui l’avoient pensé as- | sommer. Ceste nation se laisse aller à ses discours, : et croit ce qu'il disoit, jusques à ce que la vérité ur. eUSt esté recognue. Peu de temps aprés le galant

! #4 parmi les Iro- À # vois, CO . . . .

voyant qu il ne faisoit pas bon pour lui, il esquive

A 2 et se va ranger du costé des Irocois pour mettre sa EVER . , A vie en seureté.

F 2208 [3 e | . , 3 [JE 2: Les inieuns CS entremetteurs de la paix s’en allérent aux 1L 4 54 de paix bien . ; . .

ME rec d'eux premiers villages des Irocois, qui sçachant leur ‘Er venue font mettre une chaudière pleine d’eau sur & 4 . Vo ‘à le feu en l’une de leurs maisons, où ils firent : en , + entrer nos Sauvages avec le François, à l’abord ils

Cherovouny

ras, eur montrent bon visage les prient de s'asseoir

à chair humaine

auprés du feu, leur demandent s'ils n’avoient point de faim, ils dirent que oui, et qu'ils avaient assez cheminé ceste journée sans manger : alors ils dirent à Cherovouny où il est bien raisonnable qu'on t'appreste de quoi festiner pour le travail que tu as pris : l’un de ces lrocois s’addressant audit Cherovouny, Lirant un cousteau lui coupe de la chair de ses bras, la met en ceste chaudière, lui commande de chanter ce qu'il fait, il lui donne ainsi sa chair demi crue, qu'il mange, on lui demande s’il en veut davantage, dit qu'il n’en a pas assez, et ainsi lui en coupent des morceaux des cuisses

et autres parties du corps, jusques à ce qu'il eust

dit en avoir assez, et ainsi ce pauvre misérable 14 mu.

finit inhumainement et barbarement ses jours, le François fut bruslé avec des tisons et flambeaux d’escorce de bouleau, où ils lui firent ressentir des douleurs intolérables premier que mourir. Au troisiesme qui s’en vouloit fuir, ils lui donnèrent un coup de hache, et lui firent passer les douleurs en un instant. Le quatriesme estoit de nation iro-

coise qui avoit esté pris petit garçon par nos Sau-

vages, et levé parmi eux fut lié, les uns estoient”

d'advis qu’on le fit mourir, d'autant que si on lui donnoit liberté il s’en retourneroit : enfin ils se résolurent de le garder espérant que le temps lui feroit perdre le souvenir et l'amitié qu'il avoit de nos Sauvages de Québec, le tenant comme

ir.

Brusleut Le Francois,

Lient et gar-

dent uu lro dis.

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prisonnier : voilà comme ces pauvres misérables N: finirent leur vie.

Il semble en ceci que Dieu, juste juge, voyant

Dieu punit à . ; ; les homici- qu'on n’avoit fait le chastiment deu à ce Cherovou-

des:

ni, à cause de deux François qu'il avoit tuez au

cap de Tourmente allant à la chasse, lui ayant pardonné ceste faute il fut puni par la cruauté que lui HA res firent souffrir les Iroquois, et ledit Magnan de ê, Tougne en Normandie, qui avoit aussi tué un homme à coups de bastons, pourquoi il estoit en

fuitte, et fut puni de mesme par le tourment du

feu.

É( psbietaux Néantmoins nous avions un légitime suject de : LPS essentir d 8 . , 4 lus. nous ressentir de telles cruautés barbares, exer-

cées en nostre endroit, et en la personne dudit Li 2 Magnan, et pour ce que si nous ne l’eussions fait , jamais l’on n’eust acquis honneur ni gloire parmi

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